Pour moi, ça m'a fait penser entre autres choses à un
We Need To Talk About Kevin en réussi. Dans les deux films, le rôle principal est tenu par des égéries branchées (dans des genres différents) qui ont l'air d'avoir la hantise de vieillir. D'ailleurs, Huppert l'actrice vampirise trop le personnage malheureusement. Les rapports mère-fils y sont un peu semblables, avec ce questionnement autour de la psychopathie. C'est réussi par rapport au film de Lynne Ramsay car la satire n'y est pas involontaire, c'est d'ailleurs l'objet du film qui tend toujours vers le comique et le grotesque, n'en déplaise à certains. Il y a un côté boulevardier dans les histoires de coucherie, et d'autres avant moi ont noté le jeu théâtral des acteurs (surtout au début ou bien chez Jonas Bloquet qui en fait des tonnes tout du long comme s'il était sur les planches). C'est ce qui distingue le film, ce fonds sociologique typiquement français (et il faut que ce soit un étranger qui le mette en si bien évidence), et si la satire de la bourgeoisie est lourde, elle touche pratiquement toujours juste. Bon ça passera au-dessus de la tête de bien des gens.
L'avis de Gontrand est très intéressant. Cela dit, c'est l'évidence même que le film n'a pas d'inconscient, c'est le principe même de la satire, tout ce qui est présenté (des manières et des comportements si vous voulez, la mécanique humaine et ses dérèglements) y est objectif et à ce titre grotesque et ridicule (ceux qui voient des placements de produit, franchement, quand quelqu'un que vous connaissez vous dit qu'il travaille chez McDo, c'est du placement de produit pour vous? C'est la putain de réalité). Sinon ça rigolait très peu dans la salle où le public était plus jeune que celui qu'il décrit.
Art Core a écrit:
Ce que je trouve un peu limite niveau humour inutile c'est
C'est la vulgarité de Paul Verhoeven. C'est précisément là pour ça. C'est son côté irresponsable. Un réalisateur n'a de compte à rendre à personne. C'est du même niveau que la réplique tendancieuse "je croyais que t'étais juif" qui sonne très plausible dans la bouche de Michèle. Il s'autorise tout à un tas de choses qui donne cette apparence de richesse au film par rapport à ce qu'on a l'habitude de voir. Dans un autre genre, Les scènes de jeu vidéo sont aussi typiques du vieux franc-tireur qui fait du jeunisme (sans forcément que ce soit négatif) en mélangeant différents régimes d'images.