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MessagePosté: 20 Avr 2018, 20:28 
Bon papier de Jiko.

Qui résume très bien ce que j'ai toujours pensé - sorry - de la profondeur "thématique" de n'importe quel Spielberg, une fois admis que c'est un bon faiseur de spectacle.

Pour ergoter, je dirai qu'il faudrait ne pas céder aux demi-mesures, quand on s'essaye à un peu de radicalisme critique (chic & choc, cela va sans dire): par exemple, il faudrait oser abandonner le concept de "culture geek" lui-même, que rien ne distingue finalement et fondamentalement du fétichisme capitaliste de la marchandise dont il est ici question.


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MessagePosté: 20 Avr 2018, 20:38 
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Jerzy Pericolosospore a écrit:
Pour ergoter, je dirai qu'il faudrait ne pas céder aux demi-mesures, quand on s'essaye à un peu de radicalisme critique (chic & choc, cela va sans dire): par exemple, il faudrait oser abandonner le concept de "culture geek" lui-même, que rien ne distingue finalement et fondamentalement du fétichisme capitaliste de la marchandise dont il est ici question.


Certes, mais finalement c'est justement ce que dit mon texte, avec plus de mots. Mais quand même c'est un fétichisme précis, qui s'est appelé lui même comme ça, et qui a sa propre petite histoire, et ses propres petits enjeux dans l'industrie du divertissement (en bande dessinée notamment). C'est mon obsession à moi peut-être, mais pour abandonner le concept, j'ai besoin de lui tordre le cou spécifiquement.

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MessagePosté: 20 Avr 2018, 20:49 
jiko a écrit:
Jerzy Pericolosospore a écrit:
Pour ergoter, je dirai qu'il faudrait ne pas céder aux demi-mesures, quand on s'essaye à un peu de radicalisme critique (chic & choc, cela va sans dire): par exemple, il faudrait oser abandonner le concept de "culture geek" lui-même, que rien ne distingue finalement et fondamentalement du fétichisme capitaliste de la marchandise dont il est ici question.


Certes, mais finalement c'est justement ce que dit mon texte, avec plus de mots. Mais quand même c'est un fétichisme précis, qui s'est appelé lui même comme ça, et qui a sa propre petite histoire, et ses propres petits enjeux dans l'industrie du divertissement (en bande dessinée notamment). C'est mon obsession à moi peut-être, mais pour abandonner le concept, j'ai besoin de lui tordre le cou spécifiquement.



J'entends bien.

Mais comme tu sembles vouloir distinguer entre une culture geek et ce qu'en (a) fait Spielberg... Pour moi, son cinéma (comme schème culturel - pas sa personne) fait partie de ceux qui justement ont contribué à faire émerger cette fameuse "culture geek", qui a fini par se substituer à ce qu'on appelait (improprement, bien sûr) la "contre-culture" ou "underground" (pop, rock, sf, bd etc) dans les 60/70S.
Tout comme Star Wars a contribué à enterrer en ciné le genre SF dans la forme de merchandising qui a accouché de la posture spécifiquement "geek" avec toute son innocuité idéologique, politique et artistique.


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MessagePosté: 20 Avr 2018, 21:51 
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jiko a écrit:
Mais dans cette séquence Shining, c'est un problème de mise en scène, pas de thématique. C'est à dire qu'au moment ou Spielberg place ses personnages à l'intérieur de l'objet de leur amour (ici un film de genre), il a une chance de vraiment parler de cinéma, de prendre en charge la mise en scène de Kubrick et de travailler avec (donc justement de dépasser la référence pour parler vraiment des choses). Ce qu'il fait est la négation même d'un travail de mise en scène, il transforme ça en ride horrifique. Exit le cinéma, exit Shining. Ce que cette scène dit, c'est que les œuvres en elle-même n'ont aucune importance, ce sont des décors, des références, des images creuses et interchangeables. Spielberg effectivement en profite pur produire son idée d'enfermement etc, mais c'est justement là où il n'est pas critique avec ce rapport à la culture, il en fait lui même son moteur narratif. Il a besoin du superficiel pour faire avancer l'histoire et l'action. Par là il réduit bien une oeuvre (ou la culture, ou la pop culture) à de simples signes pour faire avancer son storytelling. S'il avait fait l'effort de traiter Shining non comme une référence mais comme une forme en soi, qui produit son propre monde et sa propre pensée, il aurait vraiment sorti son film du name-dropping creux, ça aurait eu du sens, et ça aurait peut être pu sauver les geeks de l'enfer.

Ouais enfin, pour rejoindre Art Core, c'est pas ce que le film cherche à raconter (et ça ne lui incombait pas de raconter ça). Comme je dis, l'utilisation qu'il fait de Shining reste de la référence mais c'est de la référence utilisée par Halliday dans le récit (et donc par Spielberg et les scénaristes) pour servir son propos. Ce n'est pas juste "se déguiser en untel", c'est utiliser le sens d'une oeuvre pour véhiculer un message, une émotion et, in fine, une leçon.
Globalement, c'est ce que Spielberg aimerait que les gens retiennent de ce qu'il a amené au cinéma. Comme l'a dit Jerzy, beaucoup ont reproché à Spielberg et Lucas d'avoir tout niqué dans les années 70 avec l'avènement du blockbuster et le Halliday de la fin qui a peur que les gens se perdent dans l'OASIS plutôt que de s'en servir pour créer des liens, c'est Spielberg qui s'interroge, à travers ce film, sur son héritage.

Citation:
Non l'Oasis est montré comme un endroit excitant et merveilleux

Le temps de l'intro.
Après, c'est une course chaotique sans règles où des mecs sont brutalement réduits à l'état de pièces comme ils l'étaient à l'état de cendre dans La Guerre des mondes, c'est une virée dans l'hôtel Overlook mais avec des zombies géants, c'est exploité comme un camp de travail façon Amon Goeth, et c'est une baston finale où, littéralement, tout le monde crève.

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MessagePosté: 20 Avr 2018, 21:54 
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Bon sinon, finalement, t'as raison sur les geeks :

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MessagePosté: 20 Avr 2018, 22:01 
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Amisant, le texte de Jiko ressemble sur le fond à une des rares critiques négatives lues sur Pulp Fiction à l’époque de sa sortie -mais ne me souviens plus où.

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MessagePosté: 20 Avr 2018, 22:35 
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Film Freak a écrit:
Ouais enfin, pour rejoindre Art Core, c'est pas ce que le film cherche à raconter (et ça ne lui incombait pas de raconter ça). Comme je dis, l'utilisation qu'il fait de Shining reste de la référence mais c'est de la référence utilisée par Halliday dans le récit (et donc par Spielberg et les scénaristes) pour servir son propos. Ce n'est pas juste "se déguiser en untel", c'est utiliser le sens d'une oeuvre pour véhiculer un message, une émotion et, in fine, une leçon.

Oui mais détacher le sens d'une oeuvre de sa forme, ça me paraît compliqué. Tu enlève la mise en scène du film, et c'est quoi Shining ? son scénario ? D'ailleurs ça me fait penser à l'énigme dans le film qui parle d'un créateur qui hait sa création, et qui du coup mélange dans la même personne Kubrick et King, ce que je trouve assez révélateur d'une forme de maladresse ou de cynisme du film à prôner l'importance de l'auteur (jusqu'à faire de son nom le dernier secret à trouver) tout en évacuant régulièrement son existence dans les différentes références du film.

Et pour clarifier un truc, mon problème c'est pas que les geeks aient un rapport superficiel avec les œuvres, c'est que c'est exactement le rapport qu'a l'industrie avec les films qu'elle fabrique. Les productions Disney et consort sont pensées comme ça, comme des signes qui clignotent pour faire plaisir aux fans (et Star Wars là dessus serait à la fois le point d'origine et la forme débilitante actuelle de cette manière de faire). Avec ce film Spielberg en donne une illustration exacte. Et c'est cet enfer là qui n'est jamais critiqué par le film (l'hotel Overlook ou le camp de travail sont des endroits flippants de l'Oasis mais c'est pas l'Oasis en lui même qui est montré négativement, c'est pour ça que je dis que Spielberg n'est jamais critique sur le fond de ce qu'il montre)

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MessagePosté: 20 Avr 2018, 22:36 
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Film Freak a écrit:
Bon sinon, finalement, t'as raison sur les geeks :

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Ah tu vois c'est dégueulasse.

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MessagePosté: 20 Avr 2018, 22:52 
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jiko a écrit:
Oui mais détacher le sens d'une oeuvre de sa forme, ça me paraît compliqué. Tu enlève la mise en scène du film, et c'est quoi Shining ? son scénario ?

Je dirais plutôt que si tu enlèves la mise en scène, tu as toujours son fond, parce que, oui, le scénario, forme non-visuelle, exprime ce fond également.

Citation:
D'ailleurs ça me fait penser à l'énigme dans le film qui parle d'un créateur qui hait sa création, et qui du coup mélange dans la même personne Kubrick et King

Ça mélange pas, ça parle que de King (et de Spielberg, si l'on suit ma lecture :D).

Citation:
ce que je trouve assez révélateur d'une forme de maladresse ou de cynisme du film à prôner l'importance de l'auteur (jusqu'à faire de son nom le dernier secret à trouver) tout en évacuant régulièrement son existence dans les différentes références du film.

On peut pas citer le créateur de chacun des personnages entraperçus dans la bataille finale non plus...

Citation:
Et pour clarifier un truc, mon problème c'est pas que les geeks aient un rapport superficiel avec les œuvres, c'est que c'est exactement le rapport qu'a l'industrie avec les films qu'elle fabrique. Les productions Disney et consort sont pensées comme ça, comme des signes qui clignotent pour faire plaisir aux fans (et Star Wars là dessus serait à la fois le point d'origine et la forme débilitante actuelle de cette manière de faire). Avec ce film Spielberg en donne une illustration exacte. Et c'est cet enfer là qui n'est jamais critiqué par le film

Ah bah si, via IOI et Sorrento, qui représentent les execs de studio, qui veulent exploiter les licences geek juste pour enrichir les actionnaires.

Citation:
(l'hotel Overlook ou le camp de travail sont des endroits flippants de l'Oasis mais c'est pas l'Oasis en lui même qui est montré négativement, c'est pour ça que je dis que Spielberg n'est jamais critique sur le fond de ce qu'il montre)

Oui enfin quand ce sont quasiment les seuls aspects de l'OASIS qu'il choisit de montrer, c'est pas innocent non plus (même si c'est l'histoire - aka le jeu de Halliday et donc les épreuves - qui veut ça).
Le film commence avec un speech "OASIS is good" et te montre un monde où "on peut tout faire"...et après, il (Halliday/Spielberg) te montre que l'OASIS ça peut aussi être l'horreur. C'est un cautionary tale quoi. Comme toujours chez Spielberg, la fantaisie (un extra-terrestre, Neverland, le talent de Frank Abagnale) c'est bien si ça te sert à évoluer.

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MessagePosté: 20 Avr 2018, 23:18 
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Film Freak a écrit:

Citation:
D'ailleurs ça me fait penser à l'énigme dans le film qui parle d'un créateur qui hait sa création, et qui du coup mélange dans la même personne Kubrick et King

Ça mélange pas, ça parle que de King (et de Spielberg, si l'on suit ma lecture :D).


Sauf que King n'est pas le créateur de Shining le film (sauf à dire qu'effectivement la forme n'est pas importante et que tout se mélange, d'où le sentiment qu'on n'est pas face à des oeuvres, mais à des paquets d'images qui forment une masse indistincte qu'on appelerai culture geek. C'est là le problème)

Film Freak a écrit:
Citation:
ce que je trouve assez révélateur d'une forme de maladresse ou de cynisme du film à prôner l'importance de l'auteur (jusqu'à faire de son nom le dernier secret à trouver) tout en évacuant régulièrement son existence dans les différentes références du film.

On peut pas citer le créateur de chacun des personnages entraperçus dans la bataille finale non plus...


Nan mais on pourrait faire exister la notion, l'idée de singularité plutôt que le magma pop.

Film Freak a écrit:
Citation:
(l'hotel Overlook ou le camp de travail sont des endroits flippants de l'Oasis mais c'est pas l'Oasis en lui même qui est montré négativement, c'est pour ça que je dis que Spielberg n'est jamais critique sur le fond de ce qu'il montre)

Oui enfin quand ce sont quasiment les seuls aspects de l'OASIS qu'il choisit de montrer, c'est pas innocent non plus (même si c'est l'histoire - aka le jeu de Halliday et donc les épreuves - qui veut ça).
Le film commence avec un speech "OASIS is good" et te montre un monde où "on peut tout faire"...et après, il (Halliday/Spielberg) te montre que l'OASIS ça peut aussi être l'horreur.


Oui mais là dessus on n'est pas d'accord, l'Oasis c'est toujours l'horreur, pas que quand y'a des zombies, quand y'a du Duran Duran et du A-ah avec un T-rex qui surgit devant une batmobile avant de rejoindre le géant de fer pour refaire la fièvre du samedi soir, là aussi (surtout) c'est l'horreur.
Enfin bon bref voilà quoi. J'ai l'impression qu'on va tourner en rond, du coup je pense qu'on a dit ce qu'on avait à dire. Je te souhaite une bonne nuit.

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MessagePosté: 20 Avr 2018, 23:28 
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Bon vite fait car je suis sur mon tel. Je trouve que c’est un des meilleurs Spielberg depuis longtemps (pas fan du cinéaste) même si son côté young adult à tendance à rendre un peu opaque les choses mortifères qui se jouent là dedans et qui rendent le film d’une ambiguïté assez émouvante (jusqu’à aller chercher de façon assez fine du côté de AI vers la fin). C’est à la fois, dans le cadre de la pop culture, sa divine comédie avec ses visions de l’enfer remplis de signes et la démonstration parfois d’une grande violence (la destruction des avatars à la fin qui m’a laissé bouche bée) ainsi qu’une revisite très personnel de citizen kane. Après, la tristesse derrière ça, manifestation de la solitude et de la difficulté du rapport aux autres à un peu de mal à s’accorder avec ce truc autour du groupe de Wade. Les persos en pâtissent un peu et s’enfoncent dans les clichés. Sinon je reconnais volontiers la poésie (la scène de la boîte écho de celle de la partie shining) , les jeux de miroir, la fluidité du passage d’un monde à l’autre (avec cette fin qui verse dns le fantastique du easter egg quasiment visible dans le monde réel)...assez unique.


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MessagePosté: 21 Avr 2018, 08:49 
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MessagePosté: 21 Avr 2018, 15:55 
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Jerzy Pericolosospore a écrit:
Qui résume très bien ce que j'ai toujours pensé - sorry - de la profondeur "thématique" de n'importe quel Spielberg, une fois admis que c'est un bon faiseur de spectacle.

En lisant cette remarque de Jerzy hier j'étais tenté de minorer ne serait-ce que la qualité de bon faiseur de Spielberg. Après avoir enfin vu le film et lu les 10 pages du topic, je préfère relever ce que dit
boultan a écrit:
Le film est pour ainsi dire son propre sujet, il ne cherche pas à bouleverser. Sa morale c'est que le jeu compte plus que la victoire, et par extension que ce film, et tout le cinéma, vaut par le (très grand) plaisir physique et identification culturelle qu'il procure au moins autant que par son discours, que c'est avant tout une expérience sensorielle, et, à de rares exceptions près, le cinéma de Spielberg est comme ça, ludique au sens noble du terme - y compris dans des circonstances dramatiques où il peut du coup devenir bouleversant, ce qui n'est pas le cas ici.

qui me semble plus juste que ce que mon aversion naturelle pour Spielberg m'aurait poussé à écrire.

D'ailleurs, la partie en gras dans le texte de boultan me fait répondre à
Film Freak a écrit:
Et ça s'incarne dans chaque épreuve, qui ne peut être remporté qu'en faisant à chaque fois ce que Halliday n'a pas pu faire (retourner en arrière pour l'épreuve 1, inviter Karen à danser à l'issue de l'épreuve 2, ne pas signer un contrat qui allait exclure son meilleur ami à l'issue de l'épreuve 3). Halliday voulait que celui qui gagne le jeu ne fasse pas les mêmes erreurs que lui. C'est la leçon instruite via son jeu.

La 3ème épreuve est de trouver le pixel perdu (je ne me souviens plus du terme exact, pixel dont le seul but est de permettre l'apparition du nom du concepteur du jeu à l'écran, donc totalement dérisioire) dans Adventure, que l'on ne peut obtenir qu'en déambulant aléatoirement, sans chercher à gagner. Ce que tu cites est un "bonus". Cette 3ème épreuve correspond exactement à ce que décrit boultan.

En toute sincérité RPO est probablement le film de Spielberg que j'ai le plus apprécié depuis Minority Report, en grande partie (voir uniquement) pour la qualité du monde virtuel dans lequel il nous plonge (pas la peine de s'étendre sur la partie "monde réelle", cela a déjà été suffisamment abordé et critiqué, le film n'aurait contenu que cela ça aurait donné une belle purge). En cela je semble avoir été plus convaincu qu'un certains nombres de forumeurs, probablement du à de grosses lacunes (ça fait très longtemps que je n'ai pas fait de jeux vidéos, je ne vois quasi aucun blockbuster, je ne lis pas de BD...) qui m'ont préservées de toutes comparaisons négatives.
L'analyse de jiko (même si je salue la qualité de son texte comme d'autres ici) me semble d'ailleurs faire un procès qui n'a pas lieu d'être, d'un horizon filmique que Spielberg n'a et ne sera jamais en capacité d'atteindre. Simplement parce que ça ne l'intéresse pas, parce que son but est d'assurer un divertissement de 2h à 3h le plus passionnant possible (selon ses critères), sans plus de prétentions. Analyser la culture pop, s'approprier l’œuvre de Kubrick, Spielberg n'en a que faire, je le pense tout à fait conscient du fait qu'il n'en utilise qu'une imagerie simplificatrice, et ça lui convient parfaitement.

Film Freak a écrit:
Ready Player One, c'est Spielberg qui s'inquiète de son héritage.

Exactement, et que l'on accorde trop d'importance à son "œuvre".

Comme tu le dis Halliway est l'alter ego de Spielberg. Et le défi qu'il propose dans l'Oasis est tout de même assez tordu. Il demande aux joueurs d'analyser en profondeur les moindres détails de sa vie, pour en extraire les informations qui leur permettront de résoudre les énigmes qui leurs sont offertes. Les plus à mêmes de s'en sortir sont donc tout naturellement ceux qui vouent un véritable culte à Halliway (côté face auto-satisfaction), pour se voir offrir le contrôle d'un puissant medium dont on leur dit qu'il n'est tout de même pas aussi fondamental que la réalité (coté pile humilité). C'est un peu tout le paradoxe spielbergien, jamais aussi bon que lorsqu'il se circonscrit à du "divertissement pur" (Indiana Jones, Jaws, les T-Rex dans la cuisine de Jurassic Park, le monde virtuel ici), jamais aussi raté que lorsqu'il a pour ambition de traiter d'un sujet "sérieux" (Schindler' list, Bridge of Spies ou Pentagon Paper...) qu'il massacre inexorablement puisqu'il ne sait appliquer aucune autre recette que celle du pur entertainment


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MessagePosté: 21 Avr 2018, 18:07 
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jiko a écrit:
Ça fait 100 ans que j’ai pas posté,


Enlève un zéro, et c'est à peu près ça...

Citation:
Le monde comme un comic-con géant, ça devrait terrifier tout le monde et en fait non c’est trop sympa. N’importe quoi.


Loool !

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MessagePosté: 21 Avr 2018, 20:56 
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Tetsuo a écrit:
jiko a écrit:
Ça fait 100 ans que j’ai pas posté,


Enlève un zéro, et c'est à peu près ça...


Mais oui, entre hier et mes précédentes interventions, tout le monde a fait des gosses !

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