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MessagePosté: 15 Juin 2026, 10:35 
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Heu moi non plus., quel complot j'aurais relayé ?

Après oui être trop verbeux ou donner l'impression que l'on poste pour suciter une approbation ou une reconnaissance offre un prisme (plutôt pour les amplifier que pour y croire soi-même).

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 11:00 
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Müller est votre fan numéro 1 et il voulait vérifier que vous lisiez ses messages.

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 13:22 
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Billy Budd a écrit:
Müller est votre fan numéro 1 et il voulait vérifier que vous lisiez ses messages.

:o


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MessagePosté: 15 Juin 2026, 13:42 
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Gnagnagna a écrit:
Müller a écrit:
Pas un seul foruméen ici présent ne croit pas, plus ou moins fermement, à une théorie du complot, qu’il l’assume ou non. A part peut-être Vieux-Gontrand et Gnagnagna. (sondage ?)


lol, le scud gratuit noyé dans la masse.
Qu'est-ce que je viens foutre là ?
A part ma petite marotte sur les ovnis quand j'étais ado, je ne suis pas du tout complotiste.


Euh c'est dur la double négation visiblement, vous comprenez l'inverse de ce qu'il vous dit : Pas de foruméen ne croit pas à une théorie du complot = tous les foruméens y croient minimum à une, excepté...


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MessagePosté: 15 Juin 2026, 13:44 
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MessagePosté: 15 Juin 2026, 13:44 
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bmntmp a écrit:
Euh c'est dur la double négation visiblement

C'est surtout très laid.

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 14:00 
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C'est surtout très vrai.

Je reviens à tête reposée à la question de l'empathie dans le film (spoils). N'ayant plus en mémoire la réplique exacte de Hugo à Noah durant leur face à face, j'ai du aller chercher dans le script : "They regard empathy as an evolutionary advantage, as the foremost evolutionary advantage. In fact, the core of animate existence. Our rejection of this understanding is leading us to our extinction."

Plus qu'une "valeur", c'est la clef biologique, évolutionniste, de la préservation de notre espèce. Dans le reste du film, cette idée est incarnée par Margaret, qui lit les pensées et les émotions des autres et les manipule (apparaissant à Noah sous les traits de son épouse décédée pour mieux le contrôler), qui a accès à toutes les langues existantes, qui peut tout accueillir et tout restituer en retour, même si ça l'épuise et la terrifie dans un premier temps.

Disclosure Day ne propose strictement aucune nuance sur la question de l'empathie. C'est bien, point. Pour tout le monde. Partout. Depuis toujours. Le film présente cette capacité (parce que c'est aussi une capacité) comme un bloc absolutiste, quelque chose qui peut être puisé et utilisé d'office. Collectivement, qui plus est.

Sauf que l'empathie, ce n'est pas du tout comme ça que ça marche. Déjà, la plupart des gens (et moi le premier) la confondent régulièrement avec un mélange de sympathie et de compassion, voire avec une forme de contagion émotionnelle ("tu pleures devant moi parce que tu es triste, ça me rend triste aussi"). La confusion n'est pas très grave parce que tout ça existe, et que quand c'est fonctionnel c'est "bien".

L'empathie, c'est surtout complètement subjectif. Personne n'est capable d'être empathique envers tout le monde, tout le temps. L'empathie s'épuise, aussi. Cet épuisement est un phénomène bien connu chez les soignants, il indique une forme de burn-out et joue un rôle majeur dans 100% des cas de maltraitances. Ironie des traductions (et des euphémismes), dans le monde anglo-saxon ça s'appelle compassion fatigue. Je prends l'exemple des soignants car c'est le plus parlant, mais en réalité ça se retrouve partout où les liens entre personnes représentent un enjeu fort, y compris dans les familles. C'est donc quelque chose de fluctuant, pour des raisons différentes, en plus d'être une affaire personnelle. Tout message qui consiste à faire un appel collectif à l'empathie entre donc en contradiction avec sa nature (et ce sans même m'aventurer sur la tangeante des cas où il ne faut pas faire preuve d'empathie).

Et puis l'empathie, ça s'exploite aussi. Mindhunter en contient un très bon exemple lors de la 1ère saison. Holden, qui écoute et écoute encore, finit par y succomber face à Ed Kemper qui appartient à cette catégorie de la population qui en est totalement dépourvue, tout en sachant la simuler pour exploiter celle des autres. Holen développe tellement d'empathie pour lui qu'il lui rend visite après sa tentative de suicide. Lorsque Kemper lui fait un câlin, il se révolte aussitôt, la réalité temporairement oubliée de l'individu qui l'enserre le heurte avec la force d'un train de marchandise, il quitte la chambre et tape la crise d'angoisse du siècle. Holden a trop écouté, il a accordé trop d'importance à sa réaction émotionnelle suite à son écoute, il a oublié de continuer à observer. "Juste" écouter, c'est risquer d'être trompé.

L'exemple est à la fois scolaire et parlant, mais ça rejoint ce conseil, sans doute le plus important (et le plus dur à tenir) en matière de relations humaines : rester attentif aux différences entre ce que les gens disent et ce qu'ils font. Autrement dit, écouter les gens c'est bien, mais pour savoir ce qu'il en est vraiment il ne faut jamais cesser de les observer. Non pas pour compter les points (on se trompe et on se dédit tous), mais pour évaluer à quel point les discours et les actes correspondent. Parce que moins c'est le cas, plus c'est problématique. Et si on surinvestit l'écoute, on s'offre en quelque sorte aux conséquences de cette discordance (autre exemple, une relation violente (physique et/ou psychologique) : "oui mais il/elle dit qu'il m'aime".) Listen and watch.

Et donc, si on pousse le bouchon encore plus loin, comme Disclosure Day se termine uniquement sur listen, on peut parfaitement imaginer la suite immédiate être un plot twist où les aliens se montrent finalement très hostiles. Ca ne changerait strictement rien au film, ça en ferait seulement une immense fausse piste au cours de laquelle toutes les personnes intimement convaincues d'être dans le vrai ont en fait été manipulés (après tout, les aliens ont un aspect monstrueux ET ils kidnappent des enfants au milieu de la nuit).

Encore une fois, je veux bien que ça soit une fable sur le réenchantement du monde, un message positif en des temps difficiles. Mais les lacunes morales et intellectuelles sont trop béantes.

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 14:35 
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L'argumentation s'entend mais c'est prendre au pied de la lettre ce qui est avant tout une parabole.
Et en vrai, même si on le prend pour argent comptant, les aliens n'ont pas doté les 8 Milliards de terriens du pouvoir donné à Margaret, ils ont fait ça pour arriver à leurs fins qui est de lui faire dire (au monde entier zarma) : "Listen". Alors peut-être que le vrai message vient après ce "Listen", après tout Daniel chuchote bien plus qu'un simple mot à l'oreille de Margaret, mais comme le dit Hugo plus tôt à Noah quand il lui dit un truc du genre "et tu sais tout ça en ayant écouté, c'est ça?", c'est là qu'Hugo rétorque que c'est "something I learned to do" avant d'embrayer sur le passage que tu cites sur l'empathie comme avantage évolutionnaire.
Bref, les aliens savent qu'on pas tous soudainement devenir des éponges d'émotions avec tout le monde et n'importe qui mais nous exhortent simplement à être plus ouverts. C'est effectivement Le Jour où la Terre s'arrêta mais sans la menace, sans le tsunami d'Abyss. Juste un pauvre alien rescapé des camps qui appelle à être à l'écoute (comme Margaret quand elle comprend ce que le prof coréen veut dire ou quand elle comprend ce que ressent vraiment son compagnon et ce qu'elle lui impose avec ses déménagements).
Je ne pense pas qu'il y a ait de lecture subversive à avoir sur l'hostilité potentielle des aliens (j'ai vu passer un thread sur X, interprétant la nature des animaux choisis par les aliens comme une Trinité renvoyant à la fin du monde, auquel je ne crois pas du tout), surtout que je m'étais déjà frotté à la question inverse sur Signs avant de tomber de haut, mais Spielberg ne choisit pas d'arrêter son film là-dessus pour rien. J'ai vu des gens (dont Paul Schrader) dire que le film s'arrête là où il aurait dû commencer mais c'est pas le propos. Spielberg ne sait pas comment les gens vont réagir. D'aucuns parleront de naïveté ou de ringardise ou d'un boomer out of touch avec la réalité d'aujourd'hui, qui croit encore qu'un flash info suffirait à être vu et cru de toute la planète, mais c'est surtout de l'idéalisme. Il a toujours été critiqué pour son sentimentalisme, sa "guimauve" par des gens qui n'ont jamais saisi la fin d'A.I., alors que la réalité, notamment dans ses fins, c'est que c'est un mec qui sait que le monde est pourri et que l'Homme a commis moults atrocités envers son prochain, mais qui ne désespère pas. Là c'est le cri du cœur d'un mec de bientôt 80 ans et donc bientôt mort qui ne sait pas de quoi demain sera fait alors il implore juste d'écouter.

J'espère pour lui qu'il pourra dire avant de mourir "tout est accompli". :D

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 15:32 
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Pas tout lu, mais j'ai l'impression qu'on est passé d'une situation où la critique recherchait la présence d'idées morales ou politiques fortes dans les films, à une situation où on reproche plutôt, de maniere encore plus passionnelle (mais aussi plus éloignées des oeuvres) au cinéma de ne pas parvenir à fonder des vérités, comme si c'était là sa mission. Et on verse ainsi dans la démagogie. Et ce n'est pas très intéressant, car les films ne sont plus que des prétextes.


Là j'ai lu en diago le truc de Müller, et je lis que l'échec de Spielberg serait celui de l'universalisme, des lumières. La victoire de Spengler sur Adorno. C'est bon à un moment peut dire que point trop n'en faut.

En soi ce type de démarche est tout à fait congruent avec l'idée d'hégémonie culturelle à la Gramsci revue par l'extrême-droite, avec un peu de fatalisme à la Girard qui servirait de métaphysiqie. Mais les textes produits sont pauvres, tout en prétendant refléter l'époque dans son entier, renouer avec le réel et le risque.
Déjà que je ne trouve pas Gramsci particulièrement intéressant au point de vue sociologique et même politique mais c'est un autre problème.

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Dernière édition par Vieux-Gontrand le 15 Juin 2026, 15:57, édité 2 fois.

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Je ne pense pas qu'il y a ait de lecture subversive à avoir sur l'hostilité potentielle des aliens (j'ai vu passer un thread sur X, interprétant la nature des animaux choisis par les aliens comme une Trinité renvoyant à la fin du monde, auquel je ne crois pas du tout), surtout que je m'étais déjà frotté à la question inverse sur Signs avant de tomber de haut, mais Spielberg ne choisit pas d'arrêter son film là-dessus pour rien.


Oui, le coup des aliens potentiellement hostiles, c'est un jeu d'esprit doublé d'une petite pique adressée au film qui est tellement béat de sa prémisse qu'il en vient à manquer de tension contradictoire. Ton simple rappel que l'alien est effectivement un rescapé des camps ferme cette porte, si tant est que des gens l'aient ouverte plus sérieusement que moi. En revanche, je veux bien que tu développes sur Signs, je ne vois pas où tu veux en venir.


Vieux-Gontrand a écrit:
Pas tout lu, mais j'ai l'impression qu'on est passé d'une situation où la critique recherchait la présence d'idées morales ou politiques fortes dans les films, à une situation où on reproche plutôt, de maniere encore plus passionnelle (mais aussi plus éloignées des oeuvres) au cinéma de ne pas parvenir a fonder des vérités, comme si c'était là sa mission. Et on verse ainsi dans la démagogie. Et ce n'est pas très intéressant, car les films ne sont plus que des prétextes.


1) je ne parle pas ici de cinéma en général, mais d'un film en particulier,
2) je mets en contraste ce que je pense avoir compris de certains sujets avec la manière dont ce film en particulier interagit avec,
3) je n'attends certainement pas qu'un film "fonde une vérité", mais ça m'arrive parfois, et c'est le cas ici, d'attendre qu'il se fonde sur des bases solides et réfléchies, surtout quand ça touche à la nature humaine,
4) c'est peut-être démagogique, RAF,
5) c'est peut-être inintéressant, RAF,
6) c'est peut-être d'extrême droite et réactionnaire, RAF,
7) Disclosure Day, qui est le film d'un believer sur sa croyance a un côté prétexte, oui

Sinon, histoire de faire un peu de synchronicité. Je lis actuellement Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues de René Guénon (1921), et je viens littéralement de finir ce passage du chapitre "pensée métaphysique et philosophique" :

Citation:
Il n’y a rien, dans tout le domaine de la philosophie, qui soit plus relatif et plus contingent que la morale ; à vrai dire, ce n’est même plus du tout une connaissance d’un ordre plus ou moins restreint, mais simplement un ensemble de considérations plus ou moins cohérentes dont le but et la portée ne sauraient être que purement pratiques, encore qu’on se fasse trop souvent illusion à cet égard. Il s’agit exclusivement, en effet, de formuler des règles qui soient applicables à l’action humaine, et dont la raison d’être est d’ailleurs tout entière dans l’ordre social, car ces règles n’auraient aucun sens en dehors du fait que les individus humains vivent en société, constituant des collectivités plus ou moins organisées ; et encore les formule-t-on en se plaçant à un point de vue spécial, qui, au lieu de n’être que social comme chez les Orientaux, est le point de vue spécifiquement moral, et qui est étranger à la plus grande partie de l’humanité. Nous avons vu comment ce point de vue pouvait s’introduire dans les conceptions religieuses, par le rattachement de l’ordre social à une doctrine qui a subi l’influence d’éléments sentimentaux ; mais, ce cas mis à part, on ne voit pas trop ce qui peut lui servir de justification. En dehors du point de vue religieux qui donne un sens à la morale, tout ce qui se rapporte à cet ordre devrait logiquement se réduire à un ensemble de conventions pures et simples, établies et observées uniquement en vue de rendre la vie en société possible et supportable ; mais, si l’on reconnaissait franchement ce caractère conventionnel et si l’on en prenait son parti, il n’y aurait plus de morale philosophique. C’est encore la sentimentalité qui intervient ici, et qui, pour trouver matière à satisfaire ses besoins spéciaux, s’efforce de prendre et de faire prendre ces conventions pour ce qu’elles ne sont point : de là un déploiement de considérations diverses, les unes demeurant nettement sentimentales dans leur forme comme dans leur fond, les autres se déguisant sous des apparences plus ou moins rationnelles. D’ailleurs, si la morale, comme tout ce qui est des contingences sociales, varie grandement suivant les temps et les pays, les théories morales qui apparaissent dans un milieu donné, si opposées qu’elles puissent sembler, tendent toutes à la justification des mêmes règles pratiques, qui sont toujours celles que l’on observe communément dans ce même milieu ; cela devrait suffire à montrer que ces théories sont dépourvues de toute valeur réelle, n’étant bâties par chaque philosophe que pour mettre après coup sa conduite et celle de ses semblables, ou du moins de ceux qui sont les plus proches de lui, en accord avec ses propres idées et surtout avec ses propres sentiments. Il est à remarquer que l’éclosion de ces théories morales se produit surtout aux époques de décadence intellectuelle, sans doute parce que cette décadence est corrélative ou consécutive à l’expansion du sentimentalisme, et aussi parce que, se rejetant ainsi dans des spéculations illusoires, on conserve au moins l’apparence de la pensée absente ; ce phénomène eut lieu notamment chez les Grecs, lorsque leur intellectualité eut donné, avec Aristote, tout ce dont elle était susceptible : pour les écoles philosophiques postérieures, telles que les Épicuriens et les Stoïciens, tout se subordonna au point de vue moral, et c’est ce qui fît leur succès auprès des Romains, à qui toute spéculation plus élevée eût été trop difficilement accessible. Le même caractère se retrouve à l’époque actuelle, où le « moralisme » devient étrangement envahissant, mais surtout, cette fois, par une dégénérescence de la pensée religieuse, comme le montre bien le cas du Protestantisme ; il est naturel, d’ailleurs, que des peuples à mentalité purement pratique, dont la civilisation est toute matérielle, cherchent à satisfaire leurs aspirations sentimentales par ce faux mysticisme qui trouve une de ses expressions dans la morale philosophique.


"Incr". Guénon est mort en 1951, on aurait eu de ces takes sur Hollywood et les OVNIs !

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 15:57 
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Pour Signes, voici la théorie que l'on avait échafaudé en 2002 :
https://www.filmdeculte.com/cinema/film/Signes-364.html

Et après, Shyamalan a dit en interview que les aliens étaient venus manger les humains. Plouf.

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 16:04 
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Merci, je comprends mieux. Marrant.

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 16:26 
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Je suis hyper surpris par les retours catastrophiques que j'arrête pas de lire sur Twitter. Et si je suis conscient que c'est clairement pas un Spielberg user friendly je m'attendais pas à un accueil si violent.

De mon côté j'ai adoré. Comment ne pas être totalement passionné par ce film quand on aime Steven Spielberg ? Pas seulement parce qu'il triture encore sa vieille marotte sur les extra-terrestres mais surtout parce que dans sa manière de le faire c'est totalement bouleversant. Espèce de faux blockbuster au scénario qui part un peu dans tous les sens, parfois très pataud (c'est son gros point faible) mais qui sert d'écrin pour une exploration d'une densité assez folle sur les obsessions d'un cinéaste qui se livre plus que jamais dans les recoins de son intimité. Car c'est un film qui prolonge The Fabelmans et dont le parcours est une nouvelle fois le retour à la cellule familiale (maison) ou du moins à se recréation dans un souvenir d'enfance brutalement constitutif. Et c'est sans doute là que le film m'a le plus cueilli. Car tout cela est pétri d'inquiétudes, de violence, de doute et surtout de trauma. Le Spielberg changtre du merveilleux a laissé place à une vision incroyablement sombre d'un monde au bord de l'apocalypse et de personnages perdus, pas loin de la folie. Tout débute par un coup de pied dans la gueule à travers ce premier plan très surprenant mais contenant déjà en germe beaucoup de ce qui constitue le film, sa brutalité mais aussi la facticité de ce qui nous est montré (on est dans un match de catch). Et rarement ai-je autant eu l'impression d'un parcours véritablement littéral, initiatique, philosophique et profondément métaphorique de notre époque entre ce premier plan et son incroyable dernier (d'aiilleurs je ne le souhaite évidemment pas, si ce dernier plan devait être le dernier de sa carrière, il acquerrait une incroyable puissance).

Car tout le film est une espèce d'élégie de la foi et à travers la foi, la compassion. Pas la foi catholique même si le film pose très littéralement la question et est infusé de références bibliques, mais une foi plus large, presque naïve dans l'autre, voire même dans l'autre dans un sens très concrètement cosmique. C'est vraiment ce trajet que j'ai trouvé beau et émouvant, de personnages qui apprennent à se reconnaître les uns dans les autres. qui se battent pour que l'humanité soit unie dans la vérité (jusqu'au personnage de Noah qui abandonne le combat à la fin) et c'est beau la manière de regrouper tout ça autour de deux élus sacrificiels. La scène de réinvention du conte entre Hansel & Gretel et Blanche-Neige (Emily Blunt guidée par les animaux) m'a littéralement mis les larmes aux yeux parce que c'est à la fois totalement littéral (le personnage l'a réellement vécu) mais qu'en même temps on dirait une espèce de métaphore presque exagérée d'un traumatisme mal digéré. D'ailleurs je l'ai lu ailleurs mais j'ai aussi pas mal pensé à Mysterious Skin de Greg Arraki où l'enlèvement extra-terrestre était la métaphore traumatique d'un abus sexuel (il y a même une référence directe avec les céréles qui tombent).

J'ai lu que Spielberg avait eu l'idée du film il y a genre 40 ans et ça se sent. Cela donne au film un côté totalement daté, comme s'il sortait des années 80 (voire 70). Même visuellement le film est un peu terne, un peu gris sans peps comme s'il était lui-même contaminé par une certaine déprime très thriller paranoïaque. J'ai aussi pas mal pensé à X-Files avec ce côté très premier degré "I want to believe" et son complotisme sous-jacent (même si le mot a été totalement dévoyé pour définir le film et Spielberg). Tout le rapport aux images et à la télévision est lui-même totalement anachronique à l'ère de l'IA (et j'ai déjà lu plusieurs personnes discréditer le film pour ça). La question de la révélation d'informations susceptibles de changer le monde est aujourd'hui bien plus trouble qu'une diffusion télé en direct (même si Steven se fait plaisir à filmer une régie, des journalistes sous pression et à nous montrer comment ça marche, on dirait presque The Post) et le film n'en fait pas grand-chose (un vague dialogue pour évacuer le sujet). Mais moi ça ne me gêne pas du tout, au contraire. Il ne cherche pas à faire une oeuvre du réel d'aujourd'hui, on est dans une très grande parabole et en cela c'est parfaitement réussi.

Alors le résultat est ce qui va sembler être un des films les plus clivants de la carrière de Spielberg parce que ce n'est pour le coup pas juste un blockbuster raté (The BFG, Hook) ou un film à Oscar ampoulé (Amistad) mais un vrai film personnel maladroit et incompris. Et ça m'a ému qu'à 80 ans il soit encore dans cette envie de cinéma là, synthétisant un peu toute sa carrière (cette scène d'action avec le train, tellement gratos mais en même temps, tellement Spielberg) tout en la commentant et en dévoilant le parcours qu'il a parcouru depuis Rencontres du troisième type. Alors oui je trouve le scénario assez bancal, trop complexe et en même temps parfois didactique dans des dialogues trop explicatifs. Alors oui le rythme est inégal et le film a un gros ventre mou central (la fuite de Josh O'Connor). Les comparses habituelles ne sont pas au plus haut niveau que ce soit Kaminski ou John Williams (même si de ci de là lui aussi semble revisiter ses anciennes BO). Et même la mise en scène de Spielberg ne m'a pas soufflé comme elle le fait habituellement (quelques très belles idées autour du reflet, quelques chouettes mouvements mais rien d'inoubliable). Mais je trouve le film véritablement émouvant, riche, passionnant et pour tout admirateur du travail de Spielberg, indispensable. Et ce dernier plan qui m'a hanté longtemps après la fin de la séance. Love you Steven, may you live until 100.

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 16:28 
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D'ailleurs, dans sa maladresse et sa bizarrerie, le film m'a fait penser à Shyamalan.

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MessagePosté: 15 Juin 2026, 16:59 
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D'ailleurs, dans sa maladresse et sa bizarrerie, le film m'a fait penser à Shyamalan.


C'est ce que lui reproche beaucoup d'après ce que j'ai lu.

On verra demain.


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