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MessagePosté: 05 Juin 2026, 22:56 
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Une étrange porte apparaît dans le sous-sol d’un magasin de meubles.

Succès phénoménal aux USA, tiré d'un conte urbain, ça pourrait etre la version horrifique du passe-muraille de Marcel Aymé. Il y a de bonnes choses dans ce film comme la manière dont Parsons arrive à créer une atmosphère étrange. Finalement, on ne filme que des pièces quasi-vides mais le travail sur le son, les quelques détails et apparitions sont plutot réussies et tire le film dans le haut du lot horrifique américain. Un peu comme le récent Obsession, c'est la mise en images qui transcende le pitch.

Et le choix des acteurs est bon. Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve concourent activement à l'impression anxiogène du film. Car finalement, on pourrait assimiler The backdoors a une version anxiogène du Projet Blair WItch par moments avec le passage de la caméra. Mais le gros problème de Kane Parsons, c'est qu'il a beau instaurer son concept de manière séduisante et intriguer, ça ne mène nulle part et c'est terriblement inabouti. Meme si l'horreur est réussie dans sa dernière partie, c'est au moment d'expliquer que le film se casse la gueule. Avec un sous-texte métaphysique confus et simplet peu convaincant.

L'impression de voir A24 s'emparer d'un concept qui n'a pas vocation a etre explicité, et qui avait plus sa pertinence en série. Là, dès qu'on explique, le mystère s'évapore à l'écran et malgré la bonne volonté de Parsons et de ses acteurs, ça finit en queue de poisson. Ca reste quand-meme recommandable et Parsons est à suivre.

EDIT : Une suite est déjà prévue, ce qui rend d'autant plus idiot la dernière partie qui veut terminer l'histoire


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MessagePosté: 09 Juin 2026, 14:21 
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Abyssin a écrit:
tiré d'un conte urbain


Plus précisément, d'un mélange transmedia et participatif parti initialement d'une photo et d'un post anonyme sur 4Chan façon creepypasta :

Citation:
If you're not careful and you noclip out of reality in the wrong areas, you'll end up in the Backrooms, where it's nothing but the stink of old moist carpet, the madness of mono-yellow, the endless background noise of fluorescent lights at maximum hum-buzz, and approximately six hundred million square miles of randomly segmented empty rooms to be trapped in
God save you if you hear something wandering around nearby, because it sure as hell has heard you


A noter que le réalisateur s'est fait connaître pour sa série de vidéos sur youtube explorant ce concept, sur le modèle du found footage. Gros morceau, cette sous-culture internet de l'analog horror. Elle a très largement doublé par la droite le cinéma en matière d'horreur et de malaise, notamment en épurant autant que possible la narration (pas de personnages à proprement parler, pas de récit, de dialogue, d'arcs, de thèmes etc.). La série Gemini Home Entertainment, un peu plus confidentielle que les Backrooms mais qui use, de manière plus abstraite, de la même esthétique camescope/VHS, est incroyable.

C'est sans doute, dans l'esprit, ce qui s'approche le plus de Lovecraft. Ce refus du psychologique, cette focalisation sur la donnée horrifique brute, composée principalement d'isolement, de perdition, d'étrangeté poussée à son paroxysme, de démonstration impitoyable qu'il existe quelque chose qui est "pire que la mort". Ca m'a d'autant plus parlé lors de ma découverte que, petit, je faisais un cauchemar récurrent avec la même configuration. Au lieu du papier peint jaune et de la moquette, j'avais du carrelage en mosaïques blanches façon piscine municipale. Mais c'était exactement la même chose, espace liminal aveugle, couloirs aux configurations étranges, pas de perspective de sortie. J'en ai encore les images en tête, et me rendre compte que ce genre d'angoisse cauchemardesque était partagée et explorée par d'autres a été un grand moment de WTF.

Curieux bien sûr, mais aussi circonspect à l'idée d'impliquer des acteurs, et donc des dispositifs de narration plus ordinaires... alors qu'un des intérêts majeurs du matériau de base était justement de complètement s'en passer. Je vois plus ce qui se perdra que ce qu'il y a à gagner.

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MessagePosté: 09 Juin 2026, 15:04 
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Müller a écrit:

A noter que le réalisateur s'est fait connaître pour sa série de vidéos sur youtube explorant ce concept, sur le modèle du found footage.

... Ce refus du psychologique, cette focalisation sur la donnée horrifique brute, composée principalement d'isolement, de perdition, d'étrangeté poussée à son paroxysme, de démonstration impitoyable qu'il existe quelque chose qui est "pire que la mort".


Meme si comme expliqué avant, le film est obligé de psychologiser et d 'expliquer dans les 20 dernières minutes, alors qu'il réussit très bien tout ce que tu décris dans les 70 premières minutes, je reste admiratif de la manière dont le cinéaste arrive à créer de l'étrange à partir de rien. Il y a des images qui me restent en tete après plusieurs jours et une vraie force d'évocation à l'écran.



Müller a écrit:

Curieux bien sûr, mais aussi circonspect à l'idée d'impliquer des acteurs
Ejiofor et Reinsve sont excellement employés. Surtout Ejiofor avec son coté un peu léthargique. Leur présence n'est pas le problème, au contraire.


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MessagePosté: 09 Juin 2026, 21:08 
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Abyssin a tout dit.

(spoilers)

J’avais exprimé mes appréhensions plus haut : qu’est-ce qu’un film Backrooms aurait comme valeur ajoutée comparé à l’œuvre originale, sa science du format et son impact ?

Je visualisais en revanche très bien ce qui pouvait l’appesantir. Personnages typiques des films d’horreur récents, donc soit des situations et attitudes zoomer coded, autrement dit unrelatable as fuck (dernier exemple en date : Obsession). Ou alors, peu importe la génération dépeinte, une prépondérance du trauma avec toutes les chouineries et hystéries que ça implique.

Tout ça potentiellement ajouté à une relégation des fameuses backrooms à un symbole de préoccupations politiques et sociétales de nos usual suspects (capitalisme, masculinité toxique, dominations diverses etc.), et/ou à une métaphore de ce que les personnages s’infligent à eux-mêmes. Ou encore— mieux mais quand même pas terrible— une explicitation contre-productive d’un lore resté jusque-là judicieusement allusif (via une enquête, par exemple). Enfin, et c’était la crainte la moins susceptible selon moi de se concrétiser : simple film gimmick, façon Skinamarink.

Je me prends sans doute trop la tête, mais les déceptions rendent méfiant. Et le résultat final est par bien des aspects un mélange de mes craintes… en pas mal.

Jusqu’à un certain point.

Duo de personnages principaux composé d’un grand frustré— déclassé, divorcé et alcoolique— et d’une psychologue au masque professionnel impeccable, méritante et empathique mais en grande souffrance par ailleurs (à cause d’une mère folle). Les deux scènes de thérapie (le jeu de rôles, l’explication de la découverte) sont à la fois directes et fines dans la dépiction de la relation thérapeutique (comme dans The Sopranos, dans une moindre mesure : écoute, non-jugement, inquiétude professionnelle etc.). Un duo de zoomers constamment caustiques, irrités et sans filtres— cela va de soi— pour former une petite équipe le temps d’un segment found footage.

Frisson d’angoisse quand Clark passe une porte en panique et se retrouve brièvement dans une zone carrelée, comme dans mon cauchemar d’enfant.


Mais voilà, exit d’office l’aspect abstrait lovecraftien qui sous-tend la mécanique horrifique d’origine. Même si le duo de personnages commence bien, on est ici dans du pur psychologisme.

C’est évidemment là que le bât blesse. Quand vient le moment de tout raccorder, c’est par une accélération puis un retournement de la situation, tous deux soudains, et le film se laisse alors aller à un pensum verbeux, ultra-didactique et statique dans la forme comme le fond— même si la psy qui craque et balance ce qu’elle pense vraiment de son patient, j’aime bien— par nécessité de clôturer le semblant d’intrigue imposé par les personnages. Nécessité qui met surtout un stop à l’expérience, qui reprend ensuite avec une poursuite/survie pénultième par trop ordinaire, et une fin ambivalente mais pas particulièrement surprenante.

Reste, et ce n’est pas rien, la puissance évocatrice des backrooms en question. Personnage à part entière, sa nature allusive et mystérieuse et les spéculations qui l'entourent restent intactes. Dimension parallèle ? Dark Stargate ? Remontée vers la surface d’une forme d’inconscient collectif ou d’un impensé ultra-matérialiste de la civilisation du pavillon/open space/zone commerciale ? Purgatoire pour les trous du cul ?

Ce non-lieu reste bien mis en valeur par un sens acéré de la mise en scène et du montage qui font la part belle à cette déplaisante familiarité toute de travers, à sa nature à la fois cyclopéenne et étouffante, ses angles, son absence d’issues, ses changements abrupts d’échelle et de formats (on pensera à la fameuse citation de Gertrude Stein : "there is no there there"). Le reste, qui relève du passage obligé au media cinématographique, a conforté mon a priori : l’écriture des personnages et de leurs arcs est nettement moins intéressante, et gérée de manière moins adroite, que la mise en images et l’originalité de ce dans quoi ils tombent.

Maintenant voilà, Parsons a 20 ans, il a déjà pour lui l’épure désormais aussi cultissime qu’exemplaire du matériau de départ, il peut tout à fait emprunter une voie moins saisissante, c'est déjà un succès financier. Press "F" to pay respects.

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MessagePosté: 09 Juin 2026, 21:29 
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Je pense que cette fin explicative lui a été imposée par la production, sinon ça aurait été trop radical. Vu le succès il devrait avoir les mains plus libres pour son prochain.

Par contre rien compris à
les scènes avec la psy (c'est bien elle??) et sa fille. C'est mal raccordé et tu comprends pas ce que ça vient foutre là, meme si ça dure 10 minutes à tout casser


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MessagePosté: 09 Juin 2026, 22:30 
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Ah ouais ça mate des bootlegs filmés dans la salle...

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MessagePosté: 10 Juin 2026, 08:39 
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Mon côté anticapitaliste.

Abyssin a du acheter le divx au marché nocturne de Huaxi Street, entre un stand qui vend de la soupe de serpent et un salon de massage pas net.

J'irai quand même le voir en salles, histoire que ma femme fasse dans son froc.

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MessagePosté: 10 Juin 2026, 08:42 
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Müller a écrit:
Mon côté anticapitaliste.

Abyssin a du acheter le divx au marché nocturne de Huaxi Street, entre un stand qui vend de la soupe de serpent et un salon de massage pas net.

J'irai quand même le voir en salles, histoire que ma femme fasse dans son froc.
Soupe de serpent c'est plus la Thailande. Toi t'as aucune excuse, t'habites en France. Si j'avais été sur Paris, je serais allé le voir en salles. A Taiwan, c'est plus compliqué.


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MessagePosté: 10 Juin 2026, 12:36 
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Tu peux attendre de le dl en 1080p.

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MessagePosté: 11 Juin 2026, 15:20 
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Tout a été dit.

Le film est plus fascinant dans ce qu'il révèle de la psyché de son jeune réalisateur de 20 ans que de la psyché de ses personnages trop stéréotypés. Je n'ai pas encore lu cet article sur Kane Parsons mais un auteur en disait "He doesn't know movies and doesn't care about them much." Les références qu'il cite sont effectivement étonnantes, One Hour Photo de Mark Romanek, Punishment Park mais sinon c'est la série Mr Robot et le jeu vidéo Portal alors que toi, quand tu regardes le film, tu penses à Shining, Massacre à la tronçonneuse et Lynch. C'est dire comme ces modèles, que Parsons ignore peut-être, ont pu infuser tout un pan de la culture qui est arrivée jusqu'à lui. Et en un sens, c'est ce dont parle le film.

S'il situe son action en 1990, en partie pour épouser l'esthétique vidéo low-res naturellement flippante lors de ses séquences found footage qui constituaient la websérie originale et qui trahissent effectivement l'art vidéoludique comme la plus grosse influence sur la mise en scène de l'horreur de Parsons (la déambulation dans des pièces et couloirs labyrinthiques façon Wolfenstein 3D, l'apparition flippante non pas du hors champ mais de la profondeur de champ), l'omniprésence d'un monde analogique s'articule en contrepoids avec une angoisse typiquement actuelle. Lors d'une des explications un peu didactiques du film, il est évoqué que cet espace liminal semble conjurer la mémoire de lieux et de personnes réelles mais "altérées", mal souvenues. Outre l'inquiétante étrangeté que revêtent inévitablement ces lieux et êtres, il est impossible de ne pas penser à l'IA générative et ses simulacres plus ou moins foireux de la réalité. Des imitations sans vie de la vie comme symboles de l'horreur existentielle vécue et ressentie par les protagonistes.

Le film n'est jamais aussi bon que lorsqu'il se tait et laisse le spectateur s'identifier au personnage évoluant dans ces backrooms à la moquette et au papier peint jaune malaisant, qui pourraient tout aussi bien être l'enfer de l'open space et autres bureaux comme lieux d'aliénation. Dans ces moments-là, la peur se fait viscérale, l'infiniment grand comme effrayant champ des horreurs possibles, nous refusant tout abri, toute cachette, renvoyant même à une imagerie de contes (les nano-portes à la Alice au pays des merveilles). C'est dans ces moments-là, qu'ils soient en found footage ou non, que Parsons témoigne d'un réel talent de découpage, loin des poncifs de mise en scène et autres jumpscares.

Il s'avère moins à l'aise dès que ça parle (il n'a d'ailleurs pas écrit le script). Les témoignages du personnage principal lors des sessions de thérapie sont assez basiques là où les flashbacks muets de la thérapeute, à défaut d'être terriblement originaux, explorent cette même notion de porosité entre les décors, entre les temporalités, dans une imagerie bien plus effective que la psychologie de comptoir qui va couler le dernier tiers du film, en donnant des explications un peu vulgaires à un mystère qui n'en nécessitait pas ou qui aurait gagné à se comprendre exclusivement sur le terrain visuel.

C'est vraiment dommage parce que la première moitié est vraiment prenante et intrigante et flippante mais peut-être qu'il n'y avait pas de quoi transformer un creepypasta en long métrage conventionnel. Heureusement, Parsons continuera et, je l'espère, avec un autre scénariste.

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MessagePosté: 11 Juin 2026, 16:05 
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Robot in Disguise
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Pas lu les avis car je veux le voir vierge, mais:
Et la séance ? Des gorilles au téléphone ?

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Liam Engle: réalisateur et scénariste
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MessagePosté: 11 Juin 2026, 16:16 
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Projection de presse donc non.

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MessagePosté: 11 Juin 2026, 18:25 
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Antichrist
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Oui, Bob a tout dit, par contre nous avons pas du tout les mêmes ref.... à part David Lynch bien sûr

mais sinon c'est La Maison des feuilles non ? Et Haze de Tsukamoto....


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MessagePosté: 11 Juin 2026, 18:32 
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Pas lu ni vu.

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