latique a écrit:
Castorp a écrit:
la gauche l'a dépossédée de la conversation.
...
Ce sont de bons contre-exemples, mais encore une fois, ils sont mineurs par leur importance dans la conversation générale : la gauche a aujourd'hui un pouvoir de mise à l'index que la droite n'a plus. Je te rappelle, et c'est important, que la gauche n'est pas au pouvoir, n'y est plus depuis longtemps, et que pourtant, elle a plus de poids sur le discours acceptable que n'en a la droite, qui, elle, est au pouvoir.
Mais Castorp franchement, c'est fou: la droite impose littéralement depuis des années toutes ses thématiques et sa manière de poser les problèmes: il faut régler le pb de la dette publique, de l'immigration, de l'insécurité et du terrorisme, du droit du travail... Et cette manière de poser les pb occupe H24 les tribunes de tous les journaux, les débats parlementaires et électoraux, les chaînes d'info continue,... à tel point qu'on considère que ce sont les débats "naturels", évidents du moment.
C'est bien simple, c'est presque impossible, de l'ordre de l'inaudible, du non-pensable, d'aborder d'autres sujets, posés différemment. Et tu dis, sans rire, que c'est la gauche qui a "le plus de poids sur le discours acceptable"? Tout ça parce que 3 branquignoles s'agitent, dans le verre d'eau de Twitter, sur la sexualité des dessins-animés Disney? Je caricature, je ne sais pas sur quoi tu t'appuies. Si tu veux parler des débats sur l'antiracisme ou sur les violences policières, j'ai vraiment pas l'impression que ce soit discuté sérieusement, puisqu'une grande partie des efforts de la droite ici (élus, chroniqueurs, etc), c'est, non pas de les discuter, mais de les refuser - et de présenter comme des "ennemis de l'intérieur", à surveiller, ficher, renvoyer, ceux qui osent ne serait-ce que poser les problèmes dans ces termes-là.
Comme quoi, yen a encore deux pour croire que le pouvoir a, depuis au moins Giscard, connu des politiques différentes selon les dirigeants.
Il n'y a plus de clivages idéologiques chez eux.
Sarkozy n'aura pas plus touché au code du travail que Hollande. Idem pour l'immigration. Macron, n'en parlons pas.
Et ça serait Mélenchon ou Le Pen que ça serait pareil.
C'est le plan Marshall qui décide de la politique en France. Jusqu'au jour où les US décideront de définitivement lâcher l'Europe.
Mais tout ça se passe tranquillement, histoire de ne pas déstabiliser une mondialisation basée sur l'Europe qui ne doit pas s' effondrer mais doucement glisser. Non pas qu'elle ne mérite pas ce qui lui arrive après 2 GM.
L'impulsion "socialiste" de Biden donne d'ailleurs l'impression que le modèle social européen arrive aux US là aussi pour atténuer le déclin inéluctable auprès de la population. À la différence que les US sont encore souverain.