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MessagePosté: 18 Aoû 2010, 18:35 
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Troisième ou quatrième que je le vois mais la dernière datait de quelques années. Je me souvenais surtout de l'imagerie (Tom Cruise devant ses écrans, notamment) mais pas de tous les détails de l'histoire, ce qui n'a fait que rajouter à mon plaisir ...
Grande joie et grande excitation ressenties donc en revoyant ce film de science-fiction passionnant de bout en bout malgré sa longueur (oui, même la fin qui lorgne sur le - faux - happy-end est parfaite), porté par des acteurs tous magnifiques (grand Tom Cruise, une fois de plus, Colin Farrell très juste), merveilleusement écrit, avec un matériau de base de K.Dick complété et enrichi, et surtout transcendé par la mise en scène fabuleuse de Spielberg. Le découpage lors des scènes d'action est formidable, les idées visuelles, jamais ostentatoires, s'enchaînent à la pelle, les effets spéciaux sont divinement intégrés ... Spielberg semble dérouler son film avec une aisance déconcertante. A voir et revoir sans se lasser.
5,5/6


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MessagePosté: 17 Avr 2011, 14:03 
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Putain, le Blu Ray quand même !

Énième vision pour le plaisir, avec dégustation intense du rendu extraordinaire de l'image, qui remplace même mon premier souvenir en salle...

Quelques séquences incroyables, comme l'ouverture avec le premier meurtre (montage dynamique hyper intuitif), la séquence de l'usine Lexus (qui me fait énormément penser à sa trilogie Indiana Jones), et les spiders dans l'hôtel (De Palmesque à mort). Malgré une scène pas très heureuse (les sauts d'une voiture à l'autre là, scène à chier) et une autre mal finalisée (les jetpacks, on sent les incrustations partout et y a une gestion chelou de l'espace), j'adore absolument ce film de bout en presque-bout (le dernier quart d'heure est à chier, rêve ou pas). Mais bon, avec Spielberg, je suis habitué à tiquer sur les premiers et derniers 1/4 d'heure (Schindler et Ryan sont pareils et pourtant c'est 6/6).

Voilà, rien de neuf... j'écris juste pour marquer le coup.

5,5/6

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MessagePosté: 17 Avr 2011, 14:07 
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David Swinton a écrit:
- on sent Spielberg qui veut se faire accepter d'une nouvelle génération de cinéphile éduqué aux mangas et aux films un peu dark.
- Du même coup, il veut aussi toucher aux vieux papy qui ont grandit avec John Ford.
- Et dans le centre, il veut se faire aussi provocateur qu'un Paul Verhoeven.
- L'ouverture (avec cette scène de cocufiage vu à travers le prisme déformé de la machine pré-cognitive) est d'une telle prétention dans ses effets.
- On sent que ça lorgne vers le Hitchcock technologique, mais il y a comme un trop plein d'effets sonores et de distortion visuelle qui sent le vidéoclip. Ça rebute quoi.
- Spielberg veut se la jouer jeune, et il énerve.
- Et cette photographie délavé et granuleuse, auquel on aurait extirpé toutes ses couleurs chaudes, est vraiment too much.
- En fait, ça fait tellement 2002 cette tendance.
- Et ça a déja vieillit malheureusement.
- Ça a la laideur de ces films qu'on voit à la pelle dans les festivals de films fantastiques
- Sinon, putain que Spielberg se la joue trop rebelle dans cette foutue scène où Cruise va voir son dealer de drogue sous la pluie.
- Oh lala. C'est tellement trop dark tout ça Spielby. Ça décoiffe! Tu es tellement sombre!!!
- trop froid, trop axé sur le look, les gimmicks visuels.
- Papy s'achète une BM


Quel incroyable ramassis de conneries... Guinness Book là.

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MessagePosté: 17 Avr 2011, 21:21 
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Z a écrit:
Quel incroyable ramassis de conneries... Guinness Book là.


Ce ne sont que des impressions. Libre à toi de prendre ça au sérieux ou pas. Mais Minority Report est peut-être le film qui m'énerve le plus de Spielberg. Ce film est écartelé entre la sensibilité de Spielberg, et la sensibilité qu'il voudrait bien avoir. Quand tu vois le bonhomme en entrevue, tu ne comprends pas comment il a pu faire un film comme ça. Ce film et lui, ça jure au possible. Et dans sa volonté de vouloir se faire aimer d'une nouvelle génération, il en fait trop. Tellement que ça ne lui ressemble plus. La mise en scène reste la même. Mais la noirceur y est fausse. Elle pompe celle d'autres cinéastes plus vrais dans le cynisme. La folie de Gilliam et Verhoven par ici. La froideur visuelle d'un manga live à la Time and Tide. Et la musique classique de Kubrick. Spielberg essaie de faire du Spielberg par moment (la scène de la vision de Samantha Morton qui imagine ce qu'aurait été la vie du petit de John Anderton s'il n'avait pas été enlevé), mais il y a un systématisme qui énerve. Rien n'est senti réellement. Tout obéit à une mécanique certes impressionnante mais froide. L’enchaînement de scènes et les changements de tons soudain ne font pas toujours sens, et trahisse le manque d'honnêteté du cinéaste.

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MessagePosté: 17 Avr 2011, 22:22 
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En quoi un hommage et/ou un exercice de style sont les marques d'un manque d'honnêteté?
Et puis la noirceur est là depuis Schindler et jusque dans Munich en passant par La Guerre des mondes...
Et pour le coup, ses propos en interview sont tout à fait cohérents avec le propos de ses films depuis qu'il se fait plus engagé.

Faut arrêter de dire n'importe quoi.

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MessagePosté: 18 Avr 2011, 01:25 
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David Swinton a écrit:
Ce ne sont que des impressions.


C'est bien ça le pire ! Au point où il n'y a qu'un tête à tête avec Spielberg en personne qui pourrait faire s'effondrer tes certitudes !

- Vous avez voulu séduire un public jeune avec Minority Report, non ?
- Au contraire, mis à part Ryan et Schindler qui sont des films historiques, ce film est avec La Guerre des Mondes mon film de divertissement le plus noir.
- Quand je dis "jeune", je ne parle pas des enfants, je pensais plus à la nouvelle génération d'ados, fan de mangas et de science-fiction.
- Je ne crois pas, non. Je me suis efforcé de présenter une science-fiction réaliste et des enjeux possibles à moyen-terme. Mis à part les précogs, qui sont également le point de départ de la nouvelle de K. Dick, il n'y a pas de pouvoirs surnaturels, de pistolets lasers ou de bullet-time façon Matrix.
- J'ai justement trouvé que vous forciez ce côté noir, quitte à ne pas écouter votre véritable nature. La noirceur sonne faux chez vous.
- La noirceur vient des personnages. John Anderton n'est pas si éloigné du Roy Neary de Rencontres du troisième type par exemple. Il porte la même obsession auto-destructrice en lui. Beaucoup de mes films plongent dans une certaine noirceur, même si je m'arrange pour que ça ne soit jamais trop traumatisant pour le spectateur...
- Mais cette esthétique froide, trop maîtrisée, délavée... c'est pas un peu too much et déjà-vu mille fois ?
- Si vous faites référence à I-Robot, The Island, Children of Men, Paycheck ou même Inception, je vous rappelle qu'en dépit de leurs qualités respectives, tous ces films de SF sont sortis après le mien.
- J'allais justement vous dire que vous pompez pas mal Verhoeven, Scott ou Gilliam quand même ! Comme si vous mettiez les pieds dans un cinéma qui ne vous correspond pas.
- Total Recall et Blade Runner sont des films K. Dickiens, comme le mien. Les films sont intéressants pris séparément, mais ensemble, ils forment un univers riche et complémentaire. Comme pour le Gilliam d'ailleurs, qui remake La Jetée - à moins que vous ne fassiez référence à Brazil, qui n'a qu'un lointain rapport thématique avec le mien - l'essence du récit se trouve dans l'anticipation, les codes de notre société actuelle poussés jusque dans leurs derniers retranchements, et dans les questions que Marker ou K. Dick soulèvent. Mon film présente comme le leur, un univers crédible, une projection possible de notre présent, mais j'ai tenté de me démarquer pour proposer ma vision personnelle. Non, mes références sont plutôt, comme toujours, de facture plus classique et cinématographique : John Huston et Alfred Hitchcock.
- Mais ce cynisme que vous ne semblez pas maîtriser alors ? Pourquoi vous forcer à changer de ton ?
- Je ne crois pas être cynique, mais assez perspicace. Et ambivalent sur la question. Tout dépend de l'angle que vous adoptez. Tous mes films ont un côté merveilleux, mais la plupart portent en eux une noirceur récurrente. Libre à vous de voir les extraterrestres sous un angle merveilleux. De ne voir que ET, les dinosaures, les aventures du capitaine Brody ou d'Indy, ou même celles les juifs sauvés par Schindler. Mais il est également permis de les voir sous un angle plus noir : ET devient les tripodes de La Guerre des mondes, les dinosaures vous arrachent un bras, le requin vous bouffe la jambe, les nazis déferlent sur le monde et nous plongeons au coeur de la Shoah...
- Et la musique classique de Kubrick ?
- Le film n'utilise qu'un morceau classique, joué à l'orgue. Le reste est signé John Williams, dans la plus pure tradition de Bernard Herrmann, créant une musique de suspense comme il l'aurait fait pour La Mort aux trousses. Je ne comprends pas votre question.
- Bref, je ne vous trouve pas honnête.
- Oui, bref. Va te faire enculer petit connard.

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MessagePosté: 18 Avr 2011, 01:36 
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Film Freak a écrit:
En quoi un hommage et/ou un exercice de style sont les marques d'un manque d'honnêteté?
Et puis la noirceur est là depuis Schindler et jusque dans Munich en passant par La Guerre des mondes...
Et pour le coup, ses propos en interview sont tout à fait cohérents avec le propos de ses films depuis qu'il se fait plus engagé.

Faut arrêter de dire n'importe quoi.


Je me base uniquement sur des impressions, et je vous les partage. Je ne suis absolument pas objectif.

Pour ce qui est de la noirceur chez Spielberg, je la trouve sincère dans Temple of Doom (l'énergie brute qui traverse le film traduit une certaine rage chez l'auteur qui profite d'une commande pour se défouler), à l'inverse je la trouve sincère dans Schindler's List (malgré son abnégation au sujet qui l'empêche de se laisser aller à ses travers sirupeux) pour sa retenue et son recueillement, son désir de remonter jusqu'à ses racines plantés dans la douleur de l'holocauste. Je la trouve aussi sincère dans A.I. et dans War of the Worlds, deux films très dédiés qui ne s'éparpillent pas du noyau de leur film. Pour ma part, il n'y a que le coeur qui peut faire tenir un film d'un seul bloc. Minority Report aurait pu être un bloc solide, mais des excès de gras l'empêchent de trouver une silhouette gracieuse. Les bouffonneries malvenues du film sont pour moi l'équivalent d'un déficit d'attention. Spielberg en fait trop, il fuit dans des gags, et change le ton de son film trop drastiquement. Et on se demande qu'est-ce qui lui a tenu à coeur dans tout ça, car il y une dichotomie entre deux faces. L'une est plus faible que l'autre, et on sent que Spielberg a pris parti pour l'une des deux faces. Certaines scènes sont hyper fortes, et d'autres hyper molles, fonctionnelles. Pour ma part, les Indiana Jones étaient beaucoup mieux équilibrés, moins boulimiques de références.

Ceci dit, j'aime bien le film. Je trouve toutes les scènes avec Samantha Morton hyper fortes, particulièrement la scène dans le centre commercial avec les ballons, avec la nervosité de la caméra et la poésie de l'image.

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MessagePosté: 18 Avr 2011, 01:50 
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Z a écrit:
David Swinton a écrit:
Ce ne sont que des impressions.


C'est bien ça le pire ! Au point où il n'y a qu'un tête à tête avec Spielberg en personne qui pourrait faire s'effondrer tes certitudes !

- Vous avez voulu séduire un public jeune avec Minority Report, non ?
- Au contraire, mis à part Ryan et Schindler qui sont des films historiques, ce film est avec La Guerre des Mondes mon film de divertissement le plus noir.
- Quand je dis "jeune", je ne parle pas des enfants, je pensais plus à la nouvelle génération d'ados, fan de mangas et de science-fiction.
- Je ne crois pas, non. Je me suis efforcé de présenter une science-fiction réaliste et des enjeux possibles à moyen-terme. Mis à part les précogs, qui sont également le point de départ de la nouvelle de K. Dick, il n'y a pas de pouvoirs surnaturels, de pistolets lasers ou de bullet-time façon Matrix.
- J'ai justement trouvé que vous forciez ce côté noir, quitte à ne pas écouter votre véritable nature. La noirceur sonne faux chez vous.
- La noirceur vient des personnages. John Anderton n'est pas si éloigné du Roy Neary de Rencontres du troisième type par exemple. Il porte la même obsession auto-destructrice en lui. Beaucoup de mes films plongent dans une certaine noirceur, même si je m'arrange pour que ça ne soit jamais trop traumatisant pour le spectateur...
- Mais cette esthétique froide, trop maîtrisée, délavée... c'est pas un peu too much et déjà-vu mille fois ?
- Si vous faites référence à I-Robot, The Island, Children of Men, Paycheck ou même Inception, je vous rappelle qu'en dépit de leurs qualités respectives, tous ces films de SF sont sortis après le mien.
- J'allais justement vous dire que vous pompez pas mal Verhoeven, Scott ou Gilliam quand même ! Comme si vous mettiez les pieds dans un cinéma qui ne vous correspond pas.
- Total Recall et Blade Runner sont des films K. Dickiens, comme le mien. Les films sont intéressants pris séparément, mais ensemble, ils forment un univers riche et complémentaire. Comme pour le Gilliam d'ailleurs, qui remake La Jetée - à moins que vous ne fassiez référence à Brazil, qui n'a qu'un lointain rapport thématique avec le mien - l'essence du récit se trouve dans l'anticipation, les codes de notre société actuelle poussés jusque dans leurs derniers retranchements, et dans les questions que Marker ou K. Dick soulèvent. Mon film présente comme le leur, un univers crédible, une projection possible de notre présent, mais j'ai tenté de me démarquer pour proposer ma vision personnelle. Non, mes références sont plutôt, comme toujours, de facture plus classique et cinématographique : John Huston et Alfred Hitchcock.
- Mais ce cynisme que vous ne semblez pas maîtriser alors ? Pourquoi vous forcer à changer de ton ?
- Je ne crois pas être cynique, mais assez perspicace. Et ambivalent sur la question. Tout dépend de l'angle que vous adoptez. Tous mes films ont un côté merveilleux, mais la plupart portent en eux une noirceur récurrente. Libre à vous de voir les extraterrestres sous un angle merveilleux. De ne voir que ET, les dinosaures, les aventures du capitaine Brody ou d'Indy, ou même celles les juifs sauvés par Schindler. Mais il est également permis de les voir sous un angle plus noir : ET devient les tripodes de La Guerre des mondes, les dinosaures vous arrachent un bras, le requin vous bouffe la jambe, les nazis déferlent sur le monde et nous plongeons au coeur de la Shoah...
- Et la musique classique de Kubrick ?
- Le film n'utilise qu'un morceau classique, joué à l'orgue. Le reste est signé John Williams, dans la plus pure tradition de Bernard Herrmann, créant une musique de suspense comme il l'aurait fait pour La Mort aux trousses. Je ne comprends pas votre question.
- Bref, je ne vous trouve pas honnête.
- Oui, bref. Va te faire enculer petit connard.


Tu t'amuses mec. C'est bien. Ça te conforte de personnifier Spielberg?

Mais qu'est-ce que tu essaies de faire passer comme message? Que ta vision du film est parfaitement en phase avec celle de Spielberg lui-même?

Mec, ça reste des impressions. Et je les respecte d'ailleurs. Mais là tu m'inquiètes avec ta p'tite crisette de schizo. Tu peux parler en ton nom svp? Car tu me fais un peu peur.

Allez, dis-le nous que tu as fait broder "JP" sur tes sous-vêtements

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MessagePosté: 18 Avr 2011, 02:01 
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David Swinton a écrit:
Tu t'amuses mec. C'est bien. [...] Mec, ça reste des impressions.


Arrête, j'ai l'impression d'entendre ta voix.



Citation:
Ça te conforte de personnifier Spielberg?
Mais qu'est-ce que tu essaies de faire passer comme message? Que ta vision du film est parfaitement en phase avec celle de Spielberg lui-même?
Et je les respecte d'ailleurs. Mais là tu m'inquiètes avec ta p'tite crisette de schizo. Tu peux parler en ton nom svp? Car tu me fais un peu peur.
Allez, dis-le nous que tu as fait broder "JP" sur tes sous-vêtements


C'était juste une blague, puisqu'il est vain de contre-argumenter des... impressions. Tu dis de la merde, je préfère m'en amuser plutôt que de l'avaler.

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MessagePosté: 23 Mai 2021, 21:57 
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Robot in Disguise
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En VO c'est Anderton Falls

Que dire sur ce film qui n'ait pas été dit depuis dix-neuf ans déjà ? Je vais rien apporter de neuf à l'édifice mais ma revoyure de ce soir m'a re-re-re-fait prendre conscience du génie de Spielberg sur ce coup. Le film est tellement riche, tellement "rond" (malgré une fin précipitée), et en même temps abrupt, avec ces petites saillies esthétiques ou tonales qui lui donnent de la rugosité. On sent que Spielberg est firing on all cylinders, c'est tellement libre et inspiré, aussi bien dans la mise en scène que dans les parti-pris de lumière, de montage, de raccord son/musique/image...

La base sur laquelle il travaille est admirable aussi: le script est une merveille d'imbrication sujet/thème/motif, entre les ramifications philosophiques du pitch, la notion de "voir"/être aveugle/aveuglé, ou encore ce mec qui a perdu son fils et aide une fille qui a perdu sa mère...

J'adore également comment le film avait l'intuition de ce que Cruise allait devenir dans les années 2000. Parfaite utilisation de cet acteur clean mais avec un côté crazy qui ne demande qu'à ressortir pour jouer ce flic bien sous tous rapports mais qui peut partir en sucette.

Toujours aussi impressionnant.

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MessagePosté: 24 Mai 2021, 04:50 
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MessagePosté: 16 Juin 2026, 20:40 
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"Can you see?"

Intéressante réplique récurrente de ce film à remettre à remettre en perspective avec les derniers films du cinéaste, que ce soit la dernière réplique de Disclosure Day ou tout simplement l'importance que prennent dans ce dernier et dans The Fabelmans les images comme vecteur de vérité.

Cela étant dit, si la présence de Cruise en agent accusé à tort de meurtre obligé de fuir et du fameux plan en plongée totale survolant les différents espaces d'un même étage rappellent respectivement Mission : Impossible et Snake Eyes (tous deux co-écrits par David Koepp), Minority Report est le plus depalmaien des Spielberg surtout pour ce qu'il dit de la manipulation des images et de comment le cinéma est à la fois la vérité et le mensonge 24 fois par seconde.

On est déjà dans une société où la surveillance règne, de la pub envahissante jusqu'au Spyders capables de se faufiler partout, et on parle d'un système (PreCrime) entièrement fondé sur le fait de prendre pour argent comptant des visions du futur renvoyées sur un écran puis manipuler par des agents sur ce qui ressemble à s'y mettre à une table de montage. Un système en apparence parfait et auquel l'incroyable ouverture nous fait croire, ou plutôt devrais-je employer l'expression anglo-saxone "makes us buy" avec son double-sens de croire et d'acheter, vu qu'il est question d'un referendum pour l'étendre à tout le territoire US. Avant de révéler qu'il y a un Jim Phelps, pardon, un Lamar Burgess en réalisateur derrière qui avait déjà manipulé lesdites images pour ne donner qu'une version tronquée de la réalité (tel Sammy Fabelman avec le premier montage de son film de camping).

Outre tout le trouble identitaire dickien qui parcourt ce film kafkaïen et parano, il y a le questionnement éthique posé non seulement par le concept de PreCrime lui-même mais par le sacrifice que son créateur était prêt à faire, tuant Anne Lively pour garder sa fille car celle-ci permet d'empêcher le meurtre de milliers d'autres. "Qui sauve une vie sauve l'humanité toute entière" mais on ne peut pas tuer même une vie pour sauver l'humanité, c'est ce que semble dire Spielberg ici et dans Munich (bon, pas dans La Guerre des mondes par contre mdr). Et il l'incarne jusque dans le figure de son héros en le plaçant délibérément dans LA situation où il serait prêt à tuer, à s'improviser judge, jury and executioner. Qu'est-ce qu'il ferait s'il se retrouvait face à l'homme qui avait kidnappé son fils? Le Dr Allen Hobby de A.I. n'était peut-être pas le premier personnage d'un Spielberg à avoir perdu un enfant mais il me semble que depuis ce film, le cinéaste a de plus en plus souvent recours à ce trauma pour explorer comme la mort d'un proche, et généralement un enfant, peut faire vriller l'humain. Hobby crééra David avec toute la cruauté qui s'ensuivra, Anderton adhèrera à un système totalitaire et manquera de tuer, Ray Ferrier croit perdre son fils et ira jusqu'à tuer pour s'assurer de ne pas perdre sa fille également, Lincoln a perdu un fils, même le BGG a perdu un précédent enfant recueilli...et Noah Scanlon a perdu toute empathie après la mort de sa femme dans Disclosure Day.

Indiana Jones se battait déjà contre des nazis mais les films du XXIe siècle de Spielberg sont tout autant des mises en garde contre la menace insidieuse du fascisme. Le tout est de pouvoir la voir.

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