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MessagePosté: 19 Oct 2018, 10:08 
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tape dans ses mains sur La Compagnie créole
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J'en peux plus d'attendre!

Me suis fait 5 films hier dont Kore-Eda Audiard et Lanthimos mais c'est celui-làààààà que je veux voiiiir!!!

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Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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MessagePosté: 19 Oct 2018, 10:53 
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Liam a tout dit et je suis particulièrement d'accord avec ça :

Citation:
Le film, parfois froid, parfois difficile à décrypter, trouve tout son sens dans son troisième acte lunaire, magnifique à tous niveaux. Le sommet d'émotion est atteint à la fin lorsque Gosling, déjà un cypher pendant la majorité du film, perd carrément son visage, ne devenant que cette visière dans laquelle nous, le spectateur, sommes amenés à nous projeter. C'est l'effet Koulechov ultime. C'est le "first man", et ce premier homme bah c'est un gars avec un deuil, avec des problèmes, avec des galères à gérer ses émotions, et en même temps c'est personne, c'est une visière, c'est tout le monde, c'est nous.
Incroyable moment de cinéma où on se prend à contempler cette visière, à s’y projeter. C’est quasi-mystique. Très rare pour un film hollywoodien.

Fou comme on lit tout derrière ce "masque", fou que le film puisse en arriver là.


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MessagePosté: 19 Oct 2018, 11:01 
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Attention ça spoile la flemme de mettre des hides

J'ai trouvé le film tout simplement extraordinaire. En fait ça a été une surprise totale. D'une part parce que je suis loin d'être le plus grand fan des deux précédents films de Chazelle sur lesquels j'ai à chaque fois des réserves de fond et d'autre part parce que pour le premier film (à ma connaissance) sur Armstrong et Apollo 11, First Man n'est absolument ce à quoi on pouvait s'attendre. En effet très loin du biopic académique et de l'hagiographie patriotique le film déroule totalement autre chose et idée absolument géniale si elle en est finit par fondamentalement raconter autre chose que le récit du premier alunissage, par trouver un angle d'attaque qui n'est pas celui du premier pas sur la lune. C'est avant tout le portrait de ce first man, Neil Armstrong, héros malgré lui, nerd renfermé qui tente par tous les moyens d'échapper à lui-même à cette tristesse qui lui colle à la peau et dont la seule solution est de partir le plus loin possible. Comme il le dit lorsqu'il quitte précipitemmment l'enterrement d'un astronaute, "tu crois que je suis parti parce que j'avais envie de parler à quelqu'un ?". C'est exactement pour ça qu'il part, parce qu'il ne parvient pas à sortir de lui-même, parce qu'il se love dans la solitude de sa mission pour pouvoir vivre.

C'est cette mélancolie (qui va encore une fois comme un gant à un Gosling parfait) qui mène le film, qui lui confère cette aura surprenante et mortifère de voyage parmi les spectres et qui bloque presque toute effusion de joie ou célébration. Comme ce moment génial où on lui annonce qu'il va être ce first man. Ou la conférence de presse où il est incapable d'exprimer une joie sincère. Ou ce dernier moment avec ses enfants où tu crois qu'après le speech de sa femme, on va avoir droit à un beau moment de tendresse. Mais non, Armstrong parle à ses enfants comme à des journalistes, il ne parvient pas à se "connecter" à eux. Et le film trouve une magnifique cohérence en faisant des moments d'exploits spatiaux des espèces de parenthèses de solitude claustrophobiques où, le point de vue, génialement focalisé sur celui d'Armstrong (et le film s'y tient, ce n'est qu'après la projo que j'ai réalisé qu'il n'y avait aucun plan de l'extérieur des vaisseaux) permet de faire ressentir ce frisson soudain de la mission sacrée et mystique qui, autre chose géniale, est incapable d'être justifiée. On ne saura pas pourquoi on va sur la lune, aucune tirade philosophique sur l'ailleurs, sur le désir d'exploration, sur l'avancée technologique. Il faudra se reposer sur le discours de Kennedy, sur les commentateurs télé qui font rêver les foules et qui comparent Armstrong à Christophe Collomb. Mais le film ne prend pas en charge cette donnée. Chazelle choisit de ne pas en faire autre chose que ce que c'est, concrètement, dans toute sa simplicité, simplement aller sur la lune. C'est pourquoi j'y ai vu un film parfaitement conscient de l'inanité de ce qu'ont apporté ces alunissages et ces efforts gigantesques pour y parvenir (aujourd'hui qui peut en dire l'intérêt autre que exploratif ?). La fin, me semble assez claire à ce sujet (même si elle est bien plus personnelle qu'à prendre comme une conclusion historique).

Comme je le disais sur Twitter le film m'a rappelé deux autres grands films assez différents, d'un côté Interstellar dont j'y ai retrouvé l'espèce de solitude mélancolique métaphysique de cet homme désespérément seul dans un mouvement entre le profondément intime et l'universel (ce plan sublimissime d'Armstrong, seul, immobile sur la lune, qui regarde Aldrin faire ses petits sauts) et de l'autre Jackie dans la vision en 16mm granuleux de ce destin iconique hanté par les fantômes à travers un portrait aux contours indéfinissables.

Le spectacle dans tout ça est assez impressionnant. Comme je l'ai dit pour ce choix radical et tenu du point de vue et pour le réalisme du truc. Ça m'a rappelé, encore Nolan, les scènes d'aviation de Dunkirk. Même soucis du détail, travail du sound design ultra précis qui te plonge dans l'ambiance, choix de faire durer les plans, les scènes (Gemini 8 étouffante et interminable...). C'est vraiment du travail d'orfèvre et la dernière partie n'est pas en reste avec cet alunissage qui, encore une fois, ne joue pas tdu merveilleux et de l'accomplissement mais bien plus de l'étrangeté et du vide. J'aurais tant aimé voir le film en IMAX sur un écran gigantesque (vu sur un petit écran de l'UGC Gobelins j'ai regretté...). C'est absolument superbe, ce moment littéralement suspendu, cette visière indéfinissable, ce cratère face à Armstrong comme un puits magique dans lequel il regarde et soudain ce qui s'y joue d'un point de vue personnel. Pfiouu c'est quelque chose. Et encore une fois le sound design est parfait.

Quant à la dernière scène, elle cristallise pour moi toute l'émotion du film et c'est parmi ce que j'ai vu de plus beau au cinéma cette année. Premièrement car je trouve que c'est une scène archi osée et deuxièmement parce qu'elle m'a brisé le cœur. Encore une fois Chazelle prend le contrepied total de ce qui est attendu. La mission est un succès total, 400 millions de personnes ont vu en direct cet exploit humain, un homme qui marche sur la lune ! Et au lieu de nous faire un ralenti des astronautes qui sortent de la navette applaudis par la Nasa et par le monde entier sur fond de drapeau américain qui flotte, il nous montre une scène d'interrogatoire de prison où Armstrong, plus accablé de tristesse que jamais n'a pas trouvé ce qu'il était parti chercher. Là-haut sur la lune, sa fille morte n'était pas là. Ce voyage lui aura peut-être permis de faire son deuil mais quelque chose en lui semble brisé à jamais et il restera enfermé dans cette quarantaine probablement le restant de sa vie. Et voir ces deux personnages séparés par une vitre, séparés par un drame c'est bouleversant. Ce regard, ce silence. Fin absolument parfaite, qui m'a fait lâcher les larmes que le film retenait si intelligemment jusque là.

Grand, grand film, il me poursuit depuis hier. Sa solitude mélancolique me colle à la peau, bien aidée il faut dire par la sublime BO d'Hurwitz que j'écoute en boucle. Très envie de le revoir, j'oublie de citer plein d'autres moments géniaux (la balançoire, le coup de fil à la Maison Blanche avec là encore un travail du son exemplaire...).

5.5/6

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Dernière édition par Art Core le 19 Oct 2018, 15:19, édité 1 fois.

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MessagePosté: 19 Oct 2018, 11:11 
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Oui très chouette texte Liam, quel film sérieux.

Je suis d'autant plus surpris que le film est un peu passé inaperçu à Venise (d'où il est reparti bredouille).

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MessagePosté: 19 Oct 2018, 11:25 
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Tiens scène coupée à 1'51 (maison qui brûle) : https://www.youtube.com/watch?v=4FRpG3iB4cg

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MessagePosté: 19 Oct 2018, 11:28 
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Mais même le premier plan de la bande-annonce, il est pas dans le film, si ? (je suis allé faire pipi pendant la scène de discussion entre Foy et l'épouse de Jason Clarke, c'était pas en montage alterné à ce moment-là par hasard ?)

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Liam Engle: réalisateur et scénariste
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MessagePosté: 19 Oct 2018, 11:34 
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En effet maintenant que tu le dis j'ai un doute et je crois qu'il y est pas (pourtant il tue).

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MessagePosté: 19 Oct 2018, 14:46 
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Art Core a écrit:
Quant à la dernière scène, elle cristallise pour moi toute l'émotion du film et c'est parmi ce que j'ai vu de plus beau au cinéma cette année. Premièrement car je trouve que c'est une scène archi osée et deuxièmement parce qu'elle m'a brisé le cœur. Encore une fois Chazelle prend le contrepied total de ce qui est attendu. La mission est un succès total, 400 millions de personnes ont vu en direct cet exploit humain, un homme qui marche sur la lune ! Et au lieu de nous faire un ralenti des astronautes qui sortent de la navette applaudis par la Nasa et par le monde entier sur fond de drapeau américain qui flotte, il nous montre une scène d'interrogatoire de prison où Armstrong, plus accablé de tristesse que jamais n'a pas trouvé ce qu'il était parti chercher. Là-haut sur la lune, sa fille morte n'était pas là. Ce voyage lui aura peut-être permis de faire son deuil mais quelque chose en lui semble brisé à jamais et il restera enfermé dans cette quarantaine probablement le restant de sa vie. Et voir ces deux personnages séparés par une vitre, séparés par un drame c'est bouleversant. Ce regard, ce silence. Fin absolument parfaite, qui m'a fait lâcher les larmes que le film retenait si intelligemment jusque là.

Ah c'est intéressant parce que je l'avais pas perçu comme ça. Pour moi, c'est justement "j'ai enfin fait mon deuil, maintenant on peut reconnect", symbolisé par le "contact" (malgré la vitre). Il fallait qu'il s'isole, qu'il parte loin, hors de lui-même comme tu dis, et qu'il enterre le souvenir de sa fille décédée, symbolisé par le bracelet.

En tout cas, ravi de voir le crew de darons accrocher :D

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MessagePosté: 19 Oct 2018, 15:01 
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Film Freak a écrit:
Ah c'est intéressant parce que je l'avais pas perçu comme ça. Pour moi, c'est justement "j'ai enfin fait mon deuil, maintenant on peut reconnect", symbolisé par le "contact" (malgré la vitre). Il fallait qu'il s'isole, qu'il parte loin, hors de lui-même comme tu dis, et qu'il enterre le souvenir de sa fille décédée, symbolisé par le bracelet.

Je pense aussi qu'Armstrong a pu faire son deuil mais que sa femme ne comprend pas pour autant comment il a pu prendre le risque de mourir/d'abandonner sa famille.


Citation:
En tout cas, ravi de voir le crew de darons accrocher :D

Je n'ai pas d'enfant(s) et ça m'a ému quand même, go figure/fuck yourself.


Le retour des balises hide, ça fait trop plaisir.


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MessagePosté: 19 Oct 2018, 15:24 
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Oui la fin on peut la percevoir différemment j'avoue et ce que vous dites paraît peut-être plus évident. Mais je trouve que c'est pas innocent
qu'on n'ait pas droit à un sourire, à une expression de soulagement. Gosling reste ultra fermé, dans cet espace physiquement à part.


Un truc quand même très fort chez Chazelle, trois films
trois fins sur un regard ambigu dont le sens n'est pas du tout évident.
(je compte pas son premier que j'ai pas vu et qui compte pour du beurre :o). D'ailleurs moi qui n'adore les deux précédents, j'ai tellement aimé First Man que j'en suis à les réévaluer à l'aune de celui-là.

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MessagePosté: 19 Oct 2018, 15:42 
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Merde, si Art Core a adoré je vais être obligé d'aller le voir...

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Netflix les gars, Netflix.


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MessagePosté: 21 Oct 2018, 01:13 
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Pour moi la fin va même plus loin que ça, Gosling est filmé comme un fantôme qui erre chez les vivants. Il a rejoint le monde des morts sur la Lune, il n'est jamais vraiment revenu. Outre l'incommunicabilité à la fin, c'est comme le voir dans l'au-delà, il a disparu auprès de sa femme et du monde. C'est ça moi qui m'a bouleversé dans les derniers plans.
Film totalement puissant.


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MessagePosté: 21 Oct 2018, 01:25 
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Pas encore vu le film, par contre la B.O est mortelle.
Avec ce morceau qui me fait grave penser au thème du Dernier des Mohicans.

https://www.youtube.com/watch?v=zcev7yEPeF8

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Réalisateur de blockbusters d'action français dans une économie maîtrisée d'1h30 max hors générique


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MessagePosté: 21 Oct 2018, 07:58 
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Massinfect a écrit:
Pas encore vu le film, par contre la B.O est mortelle.
Avec ce morceau qui me fait grave penser au thème du Dernier des Mohicans.

https://www.youtube.com/watch?v=zcev7yEPeF8

Putain heureusement que non, envie de me flinguer pendant le Mann avec son thème en boucle. Tu t’es spoilé le meilleur passage du film, c’est un peu dommage. Ça me fait plutôt penser à La La Land (à 2:18, moment que j’ai surkiffé du coup).


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MessagePosté: 21 Oct 2018, 08:02 
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Ça m'a fait penser à la BO du Mann aussi (qui est génial). Et +1 dur le fait qu'écouter une BO avant de voir un film c'est se spoiler.

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