
clint était dans sa phase d'adaptation de bons p'tits thrillers américains comme aime bien lire mon beau-père de temps à autre.
j'avais revu
pleins pouvoirs il n'y pas longtemps et c'était tellement ce que c'était que ça en était assez marrant, vue la réputation et le prestige de clint, totalement en décalage avec ce minuscule petit divertissement.
mais là...
le wiki us : gros flop (16m de recettes pour 55m de budget), fiche de 19 lignes, critiques mitigées-mauvaises - pointant l'absurdité du casting de clint et le rythme neurasthénique de la chose.
wiki français : 1 million d'entrées pour ce film americano-amerloque et surtout une section critique proprement hilarante - la critique française à qui on filait des champignons à l'entrée des projos des films de clint, dans le top 10 de l'année des cahiers du cinéma et des étoiles en cascade de partout.
pour un film absolument minuscule, pas activement désagréable quand on aime bien le format comme moi mais enfin...
le rythme est vraiment délirant, 2h avec une intrigue qui commence sérieusement à 50 minutes. un train de sénateur qui en devient comique, chaque scène dure trois plombes, le récit est détaillé micro événement par micro événement, vraiment même les colombo des années 70 avancent plus vite que ça.
le miscast totalement surréaliste de clint. dans le livre dont c'est tiré, le mec à une quarantaine d'années. pour commencer, ça a un peu plus d'enjeu quand on le menace de le virer qu'un mec de 70 ans - bon. il y a aussi le fait qu'on le présente comme un alcoolique en rémission (depuis quelques mois...) - à 70 c'est quand même pas la même qu'à 40 sur ce sujet. et enfin, surtout : le mec est présenté comme un giga queutard, baisant absolument tout ce qui bouge, papa d'une petite fille de 3-4 ans, qui s'est fait virer de son précédent boulot parce qu'il avait baisé une fille... "how could i know she wasn't 18..."... vraiment il y a 20, 30 scènes là dessus, c'est surréaliste et totalement creep, ça commence dans la première scène quand il tente d'embrasser sa collègue bonnasse de 23 ans et ça ne s'arrête jamais, c'est l'éléphant dans la pièce, vraiment perturbant.
et puis, ça raconte donc l'histoire d'un journaliste qui, je vous la fait courte, enquête de toute urgence pour innocenter un gars qui va se faire exécuter pour un meurtre dans 12 heures.
sauf que son enquête n'a : aucun sens, et est : nulle. il a donc une "intuition" ne reposant sur strictement rien, le meurtre est plus basique tu meurs, et ça n'avance quasiment pas jusqu'à la résolution proprement grotesque. vraiment si le pitch pur lui a bien plu, fallait penser à réécrire l'intrigue parce que c'est la catastrophe, là.
reste donc clint. ultra charismatique et efficace, dans l'absolu. mais totalement miscast. et vraiment ce filmmaking de papy les mains dans les poches c'est pas possible. même si il apporte le poids de sa carrière et de son aura avec lui et ça enrichit forcément la lecture.
mais enfin il faut convier tous les critiques français euphoriques à une nouvelle projection et les confronter sur scène à leurs textes de l'époque et ce sera vraiment un grand moment.