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En voyant Welles revenir au film noir et au contemporain, je pensais davantage accrocher à ce Mr Arkadin dont je trouvais intrigant le postulat (qui met tout de même plus d'une demi-heure à arriver, et si le mystère construit autour du personnage est cool, le protagoniste est vraiment bidon et mal joué) mais je n'ai sans doute pas vu la meilleure des différentes versions disponibles.
Si l'on excepte les deux versions tournées en espagnol, il existe quatre montages principaux :
1. Confidential Report (98 mins), the most common European release print of Mr. Arkadin, premiered in London in August 1955. Differences to this version include off-screen narration from Van Stratten. Rosenbaum speculates that the editing of this version was based on an early draft of Welles' screenplay, as its exposition is far simpler than that of the "Corinth" version.
2. The "Corinth" version (99 mins) is named after Corinth Films, the initial U.S. distributor of the film. Until the 2006 Criterion re-edit, it was believed to be the closest version to Welles' conception. Peter Bogdanovich discovered its existence in 1961 and secured its first U.S. release in 1962, seven years after alternative versions of the film were released in Europe.
3. The most widely seen version of Mr. Arkadin (95 mins) is the U.S. release version which entirely removes the film's flashback structure and presents a simpler, linear narrative. Rosenbaum describes it as "the least satisfactory version", which is a "clumsily truncated" edit of the "Corinth" version, often editing out half-sentences, making some dialogue incomprehensible.
4. The Criterion edit, "The Comprehensive Version" (2006) : While no version of the film can claim to be definitive, as Welles never finished editing the film, this version (105 mins) is likely the closest to Welles's original vision, though the assemblers of this restored version express their doubts as to the "correctness" of altering another artist's work. It was compiled in 2006 by Stefan Drössler of the Munich Film Museum and Claude Bertemes of the Cinémathèque municipale de Luxembourg, with both Peter Bogdanovich and Jonathan Rosenbaum giving technical assistance. It uses all available English-language footage, and attempts to follow Welles's structure and editing style as closely as possible and also incorporates his comments over the years on where the other editions of the film went wrong.
Si je m'en réfère à la durée du fichier et au titre qui apparaît à l'écran, j'ai vu la version européenne, Confidential Report, mais je pourrais lui faire les mêmes reproches que l'on peut lire ci-dessus concernant la version US.
Ce n'est pas la première fois que Welles se retrouve dépossédé du montage mais je n'avais jamais autant ressenti le charcutage auparavant. Il n'y a quasiment aucun plan long, tout est coupé à l'os, avec parfois des jump cuts plus amateurs que volontaires, des fondus au noir alors que les personnages parlent encore, une sorte de précipitation qui ne rend jamais l'intrigue engageante, la réduisant à une succession d'entretiens entre l'enquêteur et les témoins où tout est dit au lieu d'être montré et ce qui est dit n'est pas foufou.
Je trouve assez intéressant l'idée de rejouer, en quelque sorte, le récit de Citizen Kane (un homme enquête sur le passé d'un riche puissant en interrogeant des gens qui l'ont connu) mais à la sauce film noir, avec ce que ça implique de perversion (la manipulation par Arkadin, un thème de plus en plus présent dans la filmo de Welles), et bien évidemment le sous-texte sur la façon dont les puissants cherchent à dissimuler leur passé trouble pour se réécrire vainqueur, qui peut se voir comme une allégorie d'à peu près n'importe quel des pays de l'après-guerre.
Malheureusement, malgré la galerie d'intervenants vaguement hauts en couleur et les angles expressionnistes de la caméra, c'est pas follement intéressant à suivre. Alors je veux bien croire que la structure en allers-retours constants, alternant entre les rencontres au passé et le récit fait par Van Stratten à Jakob Zouk, ne servait pas simplement de cache-misère et donnait non seulement un autre élan mais surtout une autre sensation à la narration, mais en l'état c'est un peu pauvret et je suis vaguement deg d'avoir vu cette version.
Peut-être revisiterais-je le film un jour dans la version 99 ou 106 minutes mais c'est pour le moment le Welles que j'ai trouvé le moins convaincant.
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