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MessagePosté: 31 Oct 2025, 23:13 
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Robot in Disguise
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Le film m'a impressionné de bout en bout. La forme est extraordinaire et stimulante en diable. Dès cette première scène avec son plan-séquence admirablement blocké, puis dans ces courtes focales deep focus en contre-plongée magnifiant des décors insensés, et dans cette gestion du gigantisme, de l'utilisation des figurants comme des éléments de déco, le tout se conjuguant avec des épisodes plus fouillis et déjantés (les gamins). Magistral.

Cependant, si le début m'a immédiatement saisi, terrorisé et quasiment broyé, je trouve que le film devient au bout d'une demi-heure un peu usant, je finis par m'y perdre.

Après j'ai pas lu le bouquin, mais autant visuellement c'est pas ce que j'imagine quand je pense à Kafka, autant l'image me fait ressentir ce que je ressens quand je pense à lui. J'oserais presque dire, du haut de mon inculture, que c'est donc une excellente adaptation.

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Liam Engle: réalisateur et scénariste
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MessagePosté: 18 Oct 2026, 23:53 
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Holy shit, ce film.

Quand le film commence avec cette animation en écran d'épingles, j'ai pensé que Welles avait illustré son prologue de la sorte parce qu'il avait encore manqué de budget pour le tourner en vrai. Mais le reste du film témoigne au contraire du travail d'un artiste à qui l'on a enfin redonné les pleins pouvoirs pour concrétiser sa vision. Et quelle vision! Je n'avais pas vu une direction artistique aussi impressionnante depuis Playtime (je me demande à quel point Tati a pu être influencé par ce film).

Mais avant même la plongée vertigineuse en contre-plongée et grand angle accentuant les infinies lignes de fuites de ces décors expressionnistes qui font de ce monde un véritable dédale d'institutions oppressantes, il y a cette première scène filmée quasi-intégralement en plan-séquence, l'absence de coupe permettant de conserver remarquablement la tension et les mouvements de la caméra toujours motivés dessinant les contours d'une scénographie aussi théâtrale qu'angoissante. C'est incroyable. Et très vite, la géographie des lieux adopte la logique de rêve revendiquée dès (l'inutile) carton d'introduction que le récit épousera également par la suite, chaque porte pouvant donner sur un espace cohérent ou transporter ailleurs sans que le protagoniste ne s'en étonne, acceptant son évolution surréaliste alors même qu'il s'indigne contre les événements.

Dans ses meilleurs moments, j'ai regardé le film presque en transe, déjà parce que j'étais subjugué par l'esthétique absolument folle - chaque plan ou presque pourrait faire l'objet d'une capture d'écran pour One Perfect Shot - mais intrigué aussi par la spirale cauchemardesque sans fin, à me demander où le personnage allait bien pouvoir échouer ensuite, et amusé par les saillies d'humour noir que le film se permet. Plus qu'à Brazil, j'ai surtout pensé à After Hours pour son récit en simili-temps réel d'un pauvre hère s'émancipant dans la démocratie et allant de femme en femme qui veulent le baiser (et qu'il ne baise pas, les coitus interruptus rappelant également le non moins onirique Eyes Wide Shut).

Le choix de prendre Anthony Perkins - à l'époque secrètement homosexuel - dans le rôle principal confère également de manière métatextuelle une autre portée à cette histoire d'un homme qui sent coupable alors qu'il n'a rien fait et que l'on persécute sans raison. Une lecture de plus que l'on peut ajouter au catalogue d'institutions dénoncées, de la police à la justice en passant par le travail et l'Eglise. Certains passages m'ont moins convaincu (tout le segment avec Bloch) mais le film reste stimulant d'un bout à l'autre, masturbant sans cesse ma rétine de ses compositions spectaculaires et continuant de m'interroger sur le sens exact de certaines scènes (tout le passage chez le peintre dans sa cabane-prison cernée d'enfants espions rigolards).

Fou.

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MessagePosté: 19 Oct 2026, 08:26 
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Totalement d'accord. Dinguerie.
Kafka et Welles semblaient être faits pour se rencontrer.. Perfect match.

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Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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MessagePosté: 19 Oct 2026, 09:22 
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Ca donne envie de le revoir. Pas mon préféré de Welles


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MessagePosté: 21 Oct 2026, 08:51 
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Tiens, je pensais avoir posté ma critique ici ! J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, en même temps je n'ai pas lu le Kafka et je connais peu cet auteur si ce n' est ma hantise en cours de français : les analyses de texte. Je rejoins FF sur la DA qui encore aujourd'hui me laisse des images sublimes en tête. Mais vraiment aucun souvenir du scénario, du jeu de Perkins ou autres éléments du film :oops: je le lirai un jour pour pouvoir le revoir en ayant bien en tête le propos de l'auteur et mieux comprendre la proposition de Welles.


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MessagePosté: 21 Oct 2026, 09:04 
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Un peu pareil, j'étais passé à côté mais faut que je le revoie.

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MessagePosté: 21 Oct 2026, 09:24 
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Inscription: 28 Juil 2005, 10:08
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Paprika a écrit:
vraiment aucun souvenir du scénario

Après c'est pas du tout du tout un "film de scénario"..

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