Bêtcépouhr Lahvi a écrit:
Par contre, la musique obsessionnelles de certains sur les retraites, faut arrêter.
je ne comprends pas trop le "faut arrêter" dans le sens où ça fait quoi ? 2 ou 3 ans que ça a émergé dans le débat public ? avant ça je n'avais jamais vraiment entendu d'analyse sur le poids que ça représentait, c'était présenté comme une dépense naturelle, incontournable, juste. dans toutes les réformes des retraites le niveau et la réévaluation des pensions n'a absolument jamais été un enjeu - quand macron fait sa réforme qui prend 15 milliards aux actifs pour, 6 mois plus tard, indexer les pensions de 15 milliards ça n'a absolument pas fait bip, et il n'avait absolument jamais été proposé pendant le débat que l'effort soit de 7,5m pour les actifs et 7,5m pour les retraités - bonjour la "solidarité intergenerationnelle"...
et c'est un sujet passionnant parce que ça illustre les limites et les beautés de la démocratie.
les limites :
- quand un groupe démographique pèse aussi lourd et vote exclusivement pour son intéret personnel quitte à faire couler l'intéret général, ça donne cette folie.
- que ce soit devenu un vrai sujet de débat collectif il y a 3 ans alors que le bail est connu, identifié etc depuis des décennies c'est assez parlant sur le niveau de notre vie et maturité politique.
et les beautés :
- le fait est que ça a commencé à bien prendre sur les réseaux sociaux, avec des économistes et militants qui ont réussi à percer avec ça et à imposer le thème. très intéressant de voir sarah knafo, libérale en mode tronconneuse, qui reste prudente sur le sujet parce que son electorat est vieux se faire attraper le col et devoir se justifier de ne pas y aller plus franco, par exemple.
- et, comme avec beaucoup de choses en europe, c'est trop lent, ça se fait avec trop de retard, mais ça finira par se faire avant la grand catastrophe. le débat public fonctionne ^^
et oui, ça va évidemment au delà du seul niveau des pensions ou quoi. c'est financé par de la dette, qui empêche de faire fonctionner les services publics correctement vu qu'on a plus le budget pour autre chose - et fera une pression fiscale inadaptable pour les décennies à venir. ça ponctionne sans fin l'activité et les revenus ce qui a évidemment un impact sur le dynamisme économique, l'échelle des salaires, la rétention des talents, la démographie, etc. on peut même aller plus loin en disant que ça incite les boomers à conserver de beaux et grands bien immobiliers plutôt que de s'installer dans plus petit et donc ça fige le marché et oblige les actifs, eux, à vivre dans trop petit par rapport à leur foyer pendant que les boomers vivent dans trop grand.
bref faut pas du tout arrêter d'en parler, c'est fondamental.