Aucun rapport entre ces deux bouquins si ce n'est que je viens de les lire avec grand plaisir.
RoomEmma Donoghue

Tiré d'un fait divers, raconté par un enfant. Si j'avais eu seulement ces infos j'aurais passé mon tour, et j'aurais été bien con.
Je l'ai lu en français parce qu'on me l'a prêté ainsi, mais se lit probablement très bien en anglais vu le registre enfantin de language.
Une femme et son enfant sont prisonniers dans une pièce unique depuis des années. Leur quotidien est décrit par l'enfant avec ses mots, et à travers son horizon horriblement limité d'enfant né en captivité. Toute la beauté du récit réside dans la façon dont cet enfant décrit son micro-univers comme s'il n'existait que cela, et à travers ce récit anodin on devine le travail atroce de sa mère pour dédramatiser une situation fort dramatique. Le récit naïf de cet enfant parle en filigrane de la souffrance de sa mère et de ce qu'elle a dû endurer pour épargner son enfant, et cet artifice construit une émotion profonde.
J'ai morflé.
Entre ciel et terreJon Kalman Stefansson

Ici, certes les situations sont cruelles et dramatiques, mais c'est surtout la poésie de l'écriture qui m'a mis une claque monumentale.
Ce texte court est incroyablement travaillé, et chaque phrase suscite des images mentales fortes et provoque la rêverie. J'ai souvent relu des phrases, pour le plaisir de ces images, alors que je fais ça rarement d'habitude.
Le quotidien de marins pêcheurs islandais, dans toute sa précarité et sa brutalité, est relaté avec un style très surprenant, lyrique mais jamais cucul, d'une beauté qui te chope en haut de la vague et te maintient sous l'eau glacée avec ses petits bras musclés.
J'ai pleuré ma mère.
Je conseille ces deux bouquins sans réserves, et si ça ne vous plaît pas je rembourse la différence entre un pigeon.