La vitesse de l'obscurité

Lou réussit brillamment dans son travail. C'est un jeune mathématicien doué, employé dans un grand laboratoire de recherches. Mais sa vie personnelle est un maelstrom de peur et de honte.
Lou est autiste. Il a moins d'aptitudes qu'un enfant pour décoder le langage corporel d'un interlocuteur. Pour lui, les émotions d'autrui sont une énigme. Il vit dans la crainte de blesser ou de susciter la colère par un impair relationnel. Il a honte d'être différent et cherche désespérément à avoir une vie sociale.
Il fait de l'escrime, ce qui lui vaut l'attention et l'amitié de Tom et Lucia, les gérants du club. Lou est amoureux de Marjory, une fille qui fait de l'escrime avec lui. Mais il ne sait quoi faire. Son handicap mental l'empêche de réaliser que le sentiment est partagé et que Marjory espère qu'il fera un pas vers elle.
Une histoire intimiste, un héros sympathique et une petite prouesse littéraire. Le récit est entièrement rédigé du point de vue de Lou, mais de manière à ce que le lecteur saisisse parfaitement tout ce que Lou ne capte pas. La pertinence de l'auteure, sa description frappante de l'univers mental de Lou, vient sans doute de ce que son fils est autiste.
Le dernier quart du livre a reçu une teinture SF anecdotique afin de concourir pour le Nebula 2004. Mais les trois quarts du livre n'ont rien de SF. C'est juste un bon roman, original et attachant.
> Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon semble être écrit de la même façon. Quelqu'un l'a lu ?