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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 23 Jan 2026, 11:54 
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La maison dans laquelle de Maryam Petrosyan tome 1 : phénomène littéraire d'une russe

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 23 Jan 2026, 11:55 
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Ah oui en effet arménienne qui a écrit en russe :o.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 06 Fév 2026, 01:56 
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La Renaissance orientale de Raymond Schwab.
Anthologie publiée en 1950, sur la naissance de l'orientalisme scientifique et littéraire dans la période 1780-1900, que l'auteur appelle aussi deuxième Renaissance (mais deuxième a ici une connotation un peu dépréciatruce, il s'agit d'un boulversement moral de l'Occident qui se découvre situé et relatif, mais qui rate aussi une occasion de se transformer).
L'auteur n'était pas philologue ou anthropologue, mais un écrivain post-symboliste, assez précieux et décadent, ainsi que le chef de la retranscription des débats à l'Assemblée Nationale, au début de la IVème République. Apparemment apolitique par décision, il a été menacé par les loi de Vichy, étant d'origine juive lorraine (il a écrit un magnifique livre sur Nancy, sa ville natale). Il fait parti d'un même univers intellectuel et culturel que Léon Werth ou son presqu'homonyme Marcel Schwob.
Ce livre est revendiqué comme une influence majeure par Edward Saïd.

Le livre, se focalise plutôt sur l'Inde (moins les mondes musulmans et perse, si ce n'est que les langues iraniennes étant politiquement dominantes en Inde du 15ème au 18ème siècle, elles ont servi de langues-relais avant le déchiffrement du sanscrit) se divise en 4 parties :
-les premiers temps de l'orientalisme, par les premiers émissaires et administrateurs coloniaux, principalement anglais, à la fois haut-fonctionnaires, militaires, aventuriers saks attaches et lettrés. Leur curiosité, accidentelle et opportuniste, pour la religion et l'histoire des peuples en voie d'assujetissement est plutôt de nature à les amener à une forme de recul et de prémonition envers l'impérialisme colonial
-la formalisation académique, avec un resserement sur la France et la figure de Burnouf père à l'École des Chartes
-l'orientalisme littéraire des romantiques, avec en figure centrale (mais paradoxale, à la fois spiritualiste, matérialiste et universaliste et tout à la fois nationaliste et moraliste) Hugo, poète. Michelet est à la charnière des deux moments
-l'orientalisme allemand, perçu comme plus philosophique et idéaliste, avec Schopenhauer, Nietzsche de façon à la fois évidente et latérale (Zarazhoustra est à la fois un symbole historique et un fantasme biographique), mais aussi, de manière plus inattendue et intéressante, Hegel voire Marx avec les notions de téléologie historique et le primat axiologique (mais reculé dans le temps futur) de la totalité. Le rapport au protestantisme est aussi abordé dans cette partie : Burnouf perçoit qu'avec l'oecunémisme voire l'intérêt du new age pour l'exotisme, la moralité aborbe la religion, devient un absolu, mais pour un sujet ou une nation donnés, toujours singularisés avant les valeurs qui les confirment.

J'ai lu que la critique anglo-saxonne reprochait à Raymond Schwab de souscrire pleinement au projet orientaliste, pourtant sa Renaissance Orientale me parait rester prudente et méfiante envers la généralisation d'une curiosité intellectuelle vers des thèmes religieux et culturels. Il y voit des projections européennes, et le principal acquis de l'orientalisme semble pour lui technique et instrumental, lié à la traduction et la fixation de textes.
Il y a aussi je crois chez lui un usage de l'orientalisme pour critiquer l'idéalisme à la Hegel (dialectique est pour lui un terme péjoratif) ou à la version positiviste du marxisme, assez proche d'Adorno finalement. Il rappelle également Malraux par son goût des généralité et son souhait de brosser la psychologie générale de la civilisation de l'autre, mais dans une perspective opposée : il n'y a pas d'aventure ou de transfiguration, la culture reste une potentialité incomplète, obscursie par l'adhésion des hommes. En ce sens le comparatisme est voué à l'échec et inconclusif car l'idée morale orientant les crédos est à la fois différenciée, particulière à chaque culture, et aussi incomplètement réalisée qu'interprétée.

En fait il écrit moins sur l'orientalisme sur l'échec politique de la littérature, qui se joue pardoxalement lors du romantisme qui en fait un enjeu national, contre l'humanisme. Il y a une critique assez sèche du lyrisme de Rimbaud, déjà un poncif dès qu'il empreinte à l'Orient, et veut actualiser le désir et la transgression dans un lieu réel. Par ailleurs une identifcation forrte à Hugo, q'il présente comme un sceptique, déçu parce qu'il est parvenu le lmeux à traduire. L'humanisme chez lui résiste dans les informateurs et les écrivains secondaires, les grands comme Hugo font de l'idéologie malgré eux.
Le style souffre d'être par moments un peu ampoulé, mais certains passages sont brillants et précis, les plus incisifs politiquement. Et il cite très bien.


(sur la postérité de Schopenhauer) Obstination à exalter la race, comme toujours pour la venger d'une humiliation ancestrale, l'aryanisme ressemble à uen déformation locale de l'histoire-poésie : du rève y est appelé à régir la vie collective. De là, celle allure somnanbulique du monde raciste : ordre dictés dans la ranse et qui ont à in isnatller la transe ; victimes attendant si on ne va pas les réveiller du cauchemar ; meneurs hagards, qui dopés ou stupéfiés, se multiplient en démarches furtives et fulgurantes, nocturne et machinalle ; la notion d'Etat devenant une chose mécaniquement foisonnante en rouages rattrapés par des nouveaux rouages, dont les servants sont de plus en plus l'apprentis-sorcier. Voilà selon la formule de Hugo, la rencontre la conscience-de-soi et l'inconscience : Où l'Inde finissait par être l'Allemagne
..


A. Toynbee ne proclame pas seulement que "la totalité du monde habitable est maintenant unifié en une seule grande société", mais , parmis les 19 civilisations apparues en 6000 ans et dont 5 survivent seules, celles de l'Asie "sont de meilleures affaires que notre propre chrétieneté occidentale". Car "la primauté actuelle de l'Occident dans le monde nest certainement pas appelée à durer (...) la composange occidentale sera graduellement reléguée à une place modeste qui est la seule qu'elle puiise espérer en veru de sa valeur intrinsèque, comparée à celles des autres cultures - survivantes ou éteintes - que la société occidentale, a mises en rapport avec elle-même et les unes avec les autres".
J' avoue ma méfiance pour les prophéties statistiques. cette enquête sur la "valeur intrinsèque", cette entreprise de "mettre en rapport" tant de différences entre elles et avec soi, n'est-ce pas l'infime culture de la "composante occidentale" qui en eut seule le pouvoir, ou plutôt le besoin (car non, ce n'a pas été la conséquence, mais bien la cause de son "expansion") ? ne serait-ce pas le genre de supériorité de celui-là, qui sous le nom immodeste de génie, lui aurait assuré un destin effronté que toutefois nulle autre n'a pu ou voulu revendiquer ? En somme, ces séduisantes équations sont possibles, à condition d'additionner la masse et le levier. Dans cette autobiographie gigantesque que l'Occident du XIXème siècle a commencé d'intituler la civilisation, ne sera-t-il vraiment lui-même qu'un petit chapitre d'histoire locale ? les préjugés n'ont jamais tant de séduction que lorsqu'on les retourne.





...

Pas même Renan n'aura comme Flaubert, paru d'avance revenu de tous les voyages d'âmes ; l'amas de textes dont il se gorge, le sien même, sont un opium ; Sainte-Beuve lui faisait du tort en supposant de la plaisanterie dans ses reconstitutions, mais il y avait du pari, un pari contre l'homme sur les forces humaines : parce que derrière Antoine s'allongent déjà les ombres ironiques de Bouvard et Pécuchet, nous pressentons, sous les festons de la Tentation, autant de farce involontaire que de drame tronqué. [...]
Les scrupuleuses préparations de l'artiste ont beau attester une probité infini, il n'habite qu'évasivement tous ces pays et ces dogmes. [...] La prose de Flaubert produit la même innovation que les poésie de Leconte de l'Isle : une modernité archéologique. Le roman archéologique n'est pas concevable avant le siècle des écritures retrouvées ; ni les travestissements de Télémaque, ni les pédagogies d'Anacharsis n'avaient réussi à nouer le visionnaire au documentaire, ni à dégager la fiction des compromissions de la morale

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Imre Kertész


Dernière édition par Vieux-Gontrand le 06 Fév 2026, 21:46, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 06 Fév 2026, 10:51 
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Content de voir qu'il valide ma remarque sur la modernité de la traduction d'Homère par Leconte de L'Isle.


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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 06 Fév 2026, 12:41 
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Il en parle un peu, de manière un peu condescendante, mais fait remarquer la particularité de Leconte de l'Isle, directement mais marginalement exposé à l'Orient, car il était né à la Réunion.
De lui j'ai lu récemment (à la demande d'un collègue, histoire compliquée) une bonne trad de l'Electre de Sophocle (même si la pièce est moins marquante que l'Orestie d'Eschyle, chez qui d'ailleurs il relève des éléments orientaux, perses je crois).

Il ya aussi une brillante analyse du soubassement à la fois orientaliste, en décalquant du Ramayana, et chrétien radical du Parsifal de Wagner. Le thème hindou du non-vouloir et de la fusion du sujet avec le mondne se double de celui-ci du sacrifice du Christ et de la rédemption du sujet qui reproduit ce que le Christ a vécu à Paques, avec une symbolique du sang commune aux deux imaginaires - le livre est aussi écrit en critique de la mystique et des prétentions culturelles du nazisme)

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Imre Kertész


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