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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 10 Avr 2013, 23:39 
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Le cercueil Rouge

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Moscou, 1939. Staline donne les pleins pouvoirs à un enquêteur chargé d'élucider la mort d'un ingénieur travaillant sur une nouvelle arme surnommé "Le cercueil rouge"


Le cercueil rouge est un mauvais roman policier :
- l'enquête est presque marginale dans le récit
- le/la coupable est évident(e) dès la moitié du bouquin (double genre pour ne pas spoiler)
- le levier utilisé par commanditaire du meurtre sur le/la coupable est ridicule
Le cercueil rouge est aussi un mauvais roman tout court. Sa structure est bancale. Une moitié du volume est occupée par des flash backs sans liens entre eux, ni avec l'enquête. On a droit à des scènes sur l'entourage du Tsar avant l'apocalypse et des scènes d'épouvante sur l'extermination stalinienne. Sam Eastland possédait dans ses fonds de tiroirs une vingtaine de bonnes scènes se déroulant dans trois époques différentes. Il avait sans doute un pressant besoin d'argent alors il a fourgué à son éditeur un package disparate vaguement maquillé en roman.
Prises séparément, les scènes sont bien écrites. La reconstitution historique a une grande force de dépaysement et le personnage de Pekkala sort des sentiers battus. Dommage.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 20 Avr 2013, 21:09 
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World War Z (Max Brooks)
Ce qui est bien avec Max Brooks, c'est qu'il connaît ses limites et les utilise intelligemment. On voit bien, dans chaque chapitre, qu'il n'y a pas un grand écrivain derrière. Alors Brooks contourne le problème en compilant des fausses interviews pendant 400 pages. C'est foisonnant, flippant, parfois drôle, passionnant d'un point de vue géopolitique (l'auteur utilisant à plein toutes ses connaissances sur la politique actuelle), et, en dépit de deux ou trois longueurs et chapitres inutiles, ça se lit d'une traite. Comment adapter ça, là est la question...

Le Livre du rire et de l'ennui (Milan Kundera)
Un Kundera de temps à autre, ça fait toujours du bien, ça remet les idées au clair, et ça redonne une juste mesure aux écrivains lus entre temps. Kundera, c'est à la fois la perfection et la liberté. Tout dans son livre respire, surprend, bifurque, retombe sur ses pieds, c'est est incroyable. Ca ne vaut pas L'Insoutenable légèreté de l'être ni La Plaisanterie, notamment en raison des deux derniers chapitres en deçà, mais ça reste sublime pendant 150 pages.

Le Monde de Charlie (Stephen Chbosky)
A la rigueur, je me demande si je n'ai pas préféré le film. Pourtant, le livre est assez réussi, émouvant et drôle, mais certains défauts (le héros qui pleure huit fois par chapitre) ont su être gommés dans le film. Ca reste un beau portrait du début des années 90.

Et pour ceux qui se posent la question : les 200 premières pages du Siècle II, de Ken Follett, sont carrément en dessous du premier tome.

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MessagePosté: 21 Avr 2013, 07:04 
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J'aurais aimé un film ultra fidèle, certes. Mais je suis curieux de voir si le film conserve un soupçon de cette trame. On pourrait imaginer que certains personnages du livre soient dans le film, soient interviewés, ou amenés à raconter leur histoire, par exemple.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 26 Avr 2013, 15:10 
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Cosmo a écrit:
22/11/63 (Stephen King)
Longtemps, King a été reconnu pour ancrer le fantastique, qui n'était qu'un point de départ, qu'un détail, dans le réèl. Carrie, Shining, Simetierre, Sac d'os, Bazaar... Autant de livres dans lesquels le fantastique se révèle moins important que les relations entre les personnages, qu'il contribue à révéler et à exacerber. Or, depuis une dizaine d'années environ, King a opéré un virage post "Tour sombre", plongeant ses histoires dans un fantastique limite gonflant, à base d'objets magiques, de dimensions parallèles, de rêves interminables, de monstres lovecraftiens... Pour peu que l'on soit réfractaire au genre, impossible de terminer Duma Key, Histoire de Lisey, ou Roadmaster, par exemple (d'autant que pour ce dernier, la qualité n'est pas vraiment au rendez-vous). Heureusement, King s'est repris en main, a balayé tout ce qui faisait la lourdeur de ses derniers romans, et revient aujourd'hui avec un pavé épuré, tendu, émouvant... Un postulat fantastique (un homme découvre une porte le menant en 1958), et la découverte d'une époque, de ses codes, de ses standards, de ses mauvais côtés aussi (les chiottes pour noirs). 800 pages de bonheur et de retrouvailles avec Stephen, dans lesquelles certains personnages sorties de Ca ou de Christine, viennent faire un coucou. Forcément, tout ce qui tourne autour de Kennedy ne vaut pas un Ellroy, mais c'est suffisant détaillé et relié à l'histoire du personnage principal pour que l'on s'y laisse prendre. Si l'on retrouve quelques tournures un peu lourdingues, le livre évite à peu près tous les pièges auxquels on aurait pu s'attendre de la part de son auteur. Et si la fin, soufflée par son fils lui-même écrivain, n'est pas le meilleur du livre, elle nous emballe quand même avec une petite larme d'émotion. Un vrai plaisir, le King en a encore dans le ventre.

(Je n'ai pas lu Dôme, mais j'en ai entendu aussi le plus grand bien)


Je l'ai lu jusqu'au bout de ses 936 pages, c'est efficace, mais quand même assez décevant car on voit un peu trop les coutures de King pour gonfler son pavé. D'une part, si Freak le lit, je pense qu'il fera la même constatation que le sujet annoncé par le pitch n'est traité que sur les 200 dernières pages, ce qui apparaît du coup assez bâclé. Et de l'autre, on remarque que l'auteur n'arrête pas de peupler son récit de "et si j'avais fait ça, il se serait passé ci" de manière totalement artificielle vu qu'on se doute que toutes ces hésitations sont rajoutées car elles ne risquent pas de s'intégrer à la narration, défaut que j'avais déjà repéré dans son précédent bouquin, mais qui lui était un recueil de nouvelles.

Donc avant le sauvetage de JFK, on doit se cogner l'explication détaillée du processus de voyage dans le temps, le sauvetage de la famille d'un élève du héros (qui est prof anglais) traumatisé dans sa jeunesse, une histoire d'amour... Qui n'ont juste pour but de retarder ce fameux moment du 22/11/63 et à se demander s'il arrivera bien à temps pour contrer Oswald. Et tout le reste, la théorie du complot griffonnée en trois lignes de dialogue, ou les conséquences d'une altération de l'Histoire dans le futur, on a un peu l'impression que c'est taillé à la serpe à la va-vite. Encore cette impression de storyteller efficace mais pas révolutionnaire non plus qui aurait tout de même un peu besoin de dégraisser son bouquin.


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MessagePosté: 26 Avr 2013, 22:27 
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MessagePosté: 27 Avr 2013, 13:37 
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Jonathan Demme devait l'adapter en film mais la boîte de J.J. Abrams a acheté les droits pour en faire une série.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 04 Mai 2013, 21:43 
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En 1489, un enquêteur mandaté par un des dirigeants du Japon tente d'élucider une série de crimes. L'intrigue policière est correcte, il y a un peu d'action et les touches de dépaysement fonctionnent. L'enquêteur est sympathique et j'aime assez le thème du rite de passage à l'âge adulte autour des trois adolescents rebelles qui accompagnent l'enquêteur.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 05 Mai 2013, 07:47 
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La liste de mes envies / La première chose qu'on regarde (Grégoire Delacourt)
Deux feel-good romans "bienvenues en ces temps de crise"... Vraiment ? Si le premier est à peu près correct, souvent drôle et émouvant, ce qui n'est d'ailleurs pas le cas du second, insupportable de condescendance et de lourdeur, les deux livres ont ce désagréable parti-pris de regarder de haut la richesse, la beauté, la réussite, et d'affirmer, de démontrer, de marteler, que l'argent ne fait pas le bonheur. Quoi qu'on pense de cette affirmation, à ce point c'est de la malhonnêteté bien démago.

Le Siècle II (Ken Follett)
Ceux qui ont lu le premier tome attendaient ce second avec impatience, mais préparez-vous à une certaine déception. Pour plusieurs raisons, ce deuxième tome partait sur de mauvaises bases. 1/ alors que dans le premier tome, il y avait une certaine nuance dans la caractérisation des protagonistes, ici on a surtout à faire aux méchants nazis face aux gentils alliés. Toute la partie allemande est ainsi chiante comme la pluie, déjà vue ailleurs (et en mieux), ultra prévisible. L'auteur a la bonne idée de ne pas s'attarder sur des trucs rabattus (il privilégie la description du massacre des handicapés à celle du massacre des juifs), mais on reste en terrain ultra connu. 2/ les enfants des héros du premier tome sont ici les héros du second... Que de coïncidences, chacun a un destin exceptionnel et participe de près, de trop près, à l'Histoire du siècle. Ca fait beaucoup. Au delà de ces problèmes, le livre est tout simplement moins carré, plus lourd que le premier. Dommage.

+ quelques pages de Falaise, d'Olivier Adam
Dès le départ, cet énième personnage triste, qui a oublié son enfance, qui a vu sa mère mourir, qui ne sait plus communiquer... C'est non.

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MessagePosté: 05 Mai 2013, 07:53 
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Citation:
Je l'ai lu jusqu'au bout de ses 936 pages, c'est efficace, mais quand même assez décevant car on voit un peu trop les coutures de King pour gonfler son pavé. D'une part, si Freak le lit, je pense qu'il fera la même constatation que le sujet annoncé par le pitch n'est traité que sur les 200 dernières pages, ce qui apparaît du coup assez bâclé. Et de l'autre, on remarque que l'auteur n'arrête pas de peupler son récit de "et si j'avais fait ça, il se serait passé ci" de manière totalement artificielle vu qu'on se doute que toutes ces hésitations sont rajoutées car elles ne risquent pas de s'intégrer à la narration, défaut que j'avais déjà repéré dans son précédent bouquin, mais qui lui était un recueil de nouvelles.

Donc avant le sauvetage de JFK, on doit se cogner l'explication détaillée du processus de voyage dans le temps, le sauvetage de la famille d'un élève du héros (qui est prof anglais) traumatisé dans sa jeunesse, une histoire d'amour... Qui n'ont juste pour but de retarder ce fameux moment du 22/11/63 et à se demander s'il arrivera bien à temps pour contrer Oswald. Et tout le reste, la théorie du complot griffonnée en trois lignes de dialogue, ou les conséquences d'une altération de l'Histoire dans le futur, on a un peu l'impression que c'est taillé à la serpe à la va-vite. Encore cette impression de storyteller efficace mais pas révolutionnaire non plus qui aurait tout de même un peu besoin de dégraisser son bouquin.


Il faut accepter (ou pas) ce côté de King qui prend son temps, ce qu'il a souvent fait par le passé, l'histoire du titre devenant ainsi moins importante que tout ce qui la précède. Ici, c'est vrai que malheureusement, les 200 dernières pages ne sont pas les meilleures : la partie JFK ne vaut jamais un Ellroy, et la toute fin, apparemment soufflée par le fils, est assez naze. Mais j'adore, en revanche, ce voyage, au sens propre, dans le temps, cette visite, ces quelques années que le personnages passe de 58 à 63, naviguant dans la jeunesse de l'auteur et celle de ses personnages. Autre défaut, les innombrables répétitions sur le hasard, la destinée, les coïncidences, etc.
Mais j'aime le fait que King soit revenu à un fantastique plus terre-à-terre.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 05 Mai 2013, 10:54 
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Cosmo a écrit:
La liste de mes envies / La première chose qu'on regarde (Grégoire Delacourt).

Le Siècle II (Ken Follett)

J'avais pas du tout aimé La liste de mes envies de Delacourt, en gros j'en pense ce que tu penses du deuxième... bientôt au cinéma avec Mathilde Seigner dans le rôle principal...

Chier pour le Follett! J'ai sur-adoré La Chute des géants... J'attends le poche pour cet Hiver du monde.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 05 Mai 2013, 17:56 
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Je précise quand même que ça se lit à toute allure. C'est pétri de lourdeurs mais ça se lit vite.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 10 Mai 2013, 16:19 
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Ca démarre lentement en fantasy kitchen-boy avec jeune orpheline martyrisée, puis repérée et formée par magicien hors du commun. Il doit exister une agence d'intérim pour ça. Sinon, je ne vois pas comment ça peut arriver si souvent. Le tout sur une toile de fond anti-esclavagiste. Les skaa du roman jouant le rôle des noirs des plantations de coton. Les bases de l'univers magique imaginé par l'auteur agacent un peu. Les magiciens avalent des fragments de métaux qu'ils "brûlent dans leur estomac".
Mais après le premier quart du tome, le récit prend son envol. L'auteur jongle avec brio sur son postulat magique, et les intrigues politico-romantiques de l'héroïne se suivent avec plaisir, le mentor de l'héroïne est un personnage sympathique mais agréablement nuancé, le récit est dépaysant, bien rythmé et la fin spectaculaire.
Pour moi, c'est une réussite du genre.


Il y a un (inutile) tome 2
C'est un sandwich : un début excellent (200 pages environ), puis une escroquerie de 600 pages, puis une fin tout aussi plaisante que le début (la bataille, le duel final etc. 200 pages aussi). Les deux tranches de pain sont là pour nous faire avaler le truc avarié du milieu.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 14 Mai 2013, 13:56 
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Une semaine de vacances (Christine Angot)
Réel malaise à la lecture. Le concept est assez simpliste (en gros, ça baise pendant 130 pages), mais la révélation (déjà connue de tous a priori) qui survient au bout de 30 pages fout réellement les boules. La description de la relation qui perdure entre les deux personnages, le refus de l'enfant, les tentatives interminables de persuasion du père, amenée par petites touches, n'en fait pas moins froid dans le dos.

Une forme de vie (Amélie Nothomb)
Pas ce que la Nothomb a écrit de mieux, mais cela se situe sans peine au-dessus de ces habituelles petites histoires torchées en quelques jours. C'est court, mais on sent qu'elle a quand même un peu bossé son récit et qu'elle maîtrise son sujet. Ce n'est pas si fréquent chez cet auteur, capable du pire comme du meilleur.

La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (Joël Dicker)
Passées deux ou trois petites erreurs (notamment celle, impardonnable, de nous parler pendant deux cents pages d’un livre, écrit par un personnage, absolument fabuleux, un chef d’œuvre de la littérature américaine, mais de ne pas être capable d’en écrire un extrait qui se situe au dessus du reste), le livre se dévore à une vitesse impressionnante. L’auteur nous mène par le bout du nez et, même si la révélation finale est sans doute un peu prévisible, l’important est plus dans la description du village et de ses habitants, dans le parcours du personnage principal et son talent retrouvé, que dans une intrigue policière somme toute assez banale. Quelques personnages, notamment celui de l’enquêteur, sont dispensables.

Le Bouton (Leslie Heliade)
Petit récit assez rigolo, bien que vraiment trop lissé pour en devenir percutant. C’est dommage, certaines tournures, trop féminines dans le mauvais sens du terme, alourdissent le livre, alors que l’histoire est plutôt bien menée, les personnages attachants. Ça se lit cependant très bien, c’est souvent drôle, et il y a un vrai talent derrière. Disponible uniquement sur Amazon.fr, en numérique.

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MessagePosté: 16 Mai 2013, 18:11 
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L'Œuvre au noir (Marguerite Yourcenar)


Livre lu en pointillés sur 6 mois avec de grosses pauses (parce que ce livre c'est pas la teuf, et aussi curieux que cela puisse paraître, il y a des choses plus efficaces pour s'éclaircir la vie que de lire du Yourcernar).

Je suis lecteur débutant, donc je ne sais pas à quel point je peux donner la mesure, mais c'est de très loin le roman le plus dense dans l'écriture que j'ai jamais lu. Ce qui est assez terrifiant dans les tous premiers passages et chapitres, où le lecteur doit jongler avec le poids des mots, en plus du poids ce qu'ils convoquent (références historiques, géopolitiques et théologiques en surnombre, noms nouveaux de personnages dans tous les sens). Mais on prend goût à cette rigueur extrême qui pèse et investit de sens la moindre phrase, la moindre expression, le moindre qualificatif. Au point que lorsque dans la dernière partie du roman, le style se fait soudain plus dilué et descriptif, on en est presque déçu (de toute façon, l'ensemble est clairement moins découpé en trois parties équitables qu'aspiré par son final, de plus en plus chiche en chapitres, de plus en plus claustrophobe, de moins en moins virtuose ; même la toute fin, arrivant comme par surprise, à travers trois dernières pages quasi-insoutenables, donnent l'impression de faucher tout le roman en route).

Le personnages de Zénon, aussi représentatif de son temps que fantasmé et admiré (c'est quand même une sorte de super-héros froid), est un passeur d'exception vers une époque qu'on découvre finalement moins par l'amas de référents historiques (on abandonne vite l'idée de les comprendre) que par une certaine ambiance dans les relations, dans les réactions des personnages, dans leur pensée interne ou dans leurs discussions (je pense notamment au très beau dialogue à égalité, entre le froid Zénon et le plus rustre Henri-Maximilien, sur la sexualité).

Il y a un chapitre vraiment beaucoup trop dense dans l'écriture (L'abîme, uniquement centré sur les pensées du personnages, sans presque aucune action ni fait), d'autres un peu plus faibles (les derniers passages de la deuxième partie), et une difficulté générale à suivre la généalogie des personnages croisés. Mais globalement je trouve l'ampleur de l'ouvrage éblouissante, quand bien même il frustre beaucoup en s'alignant sur la vieillesse progressive de son personnage, et en nous privant de cette structure initiale savoureuse qui saute à chaque chapitre d'une contrée à l'autre, d'une année à l'autre, nous donnant l'impression qu'on va continuer sans fin à parcourir l'Europe de l'époque.

Voilà, j'irais bien lire les Mémoires d'Hadrien, paraît-il encore meilleur. Mais il est clair que ma prochaine lecture va sembler bien légère, tant le style ici est rigoureux, réfléchi, toujours souteneur d'une idée et d'une pensée, à chaque mot.


EDIT : un extrait d'un dialogue assez représentatif du style du livre, où Zénon (médecin en avance sur son temps, humaniste mais aussi paradoxalement glacial) raconte comment il découvre que son jeune valet (dont il est amoureux) a contracté la peste.
Citation:
Dès le seuil, une fétidité m'avertit, et ces efforts de la bouche aspirant et revomissant l'eau que le gosier n'avale plus, et ce sang qu'éjaculent les poumons malades. Mais ce qu'on nomme âme subsistait, et les yeux de chien confiant qui ne doute point que son maître lui puisse venir en aide... Ce n'était certes pas la première fois que mes juleps s’avéraient inutiles, mais chaque mort n'avait guère été jusque-là qu'un pion perdu dans ma partie de médecin. Bien plus, à force de combattre Sa Majesté noire, il se forme d'elle à nous une sorte d'obscure complicité ; un capitaine finit ainsi par connaître et par admirer la tactique de l'ennemi. Il vient toujours un moment où nos malades s’aperçoivent que nous La connaissons trop bien pour ne pas nous résigner pour eux à l'inévitable ; tandis qu'ils supplient et se débattent encore, ils lisent dans nos yeux un verdict qu'ils n'y veulent pas voir. Il faut chérir quelqu'un pour s'apercevoir qu'il est scandaleux que la créature meure.


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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 27 Mai 2013, 22:46 
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DPSR a écrit:
(Je n'ai pas lu Dôme, mais j'en ai entendu aussi le plus grand bien)

L'idée de base du roman est que des garde fous assez minces séparent une ville démocratique d'un état policier. Un dome indestructible isole la ville du reste du monde. Elle se retrouve avec un dictateur, une force de police composée de violeurs et d'assassins, des exécutions sommaires...

- King n'a aucune idée valable pour le dome. Son origine, la réaction de la communauté scientifque, l'impact écologique, la résolution finale (minable). Mais, si le récit fonctionnait sur d'autres ressorts, ça ne serait pas génant.
- King peint en noir et blanc l'émergence du petit Hitler. Les gentils sont courageux, cultivés, honnêtes, compétents.. Les complices du dictateur sont stupides, lâches, violents, peu instruits, fainéants, déséquilibrés ..
- Pour des raisons financières, le récit, 400 pages grand maximum, est dilué sur 1500. Ca se traine.

Côté qualités, les deux héros sont attachants, les dizaines de personnages secondaires ont droit à des backgrounds étoffés et il y a quelques scènes intenses. Meutres, fusillades, destructions spectaculaires.
Globalement, c'est un polar banal qui se cache sous un vernis de politique fiction sans intérêt.

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