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MessagePosté: 09 Avr 2022, 22:29 
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Mickey Willis a écrit:
Je veux bien vous croire, n'empêche que ça m'a l'air d'un avantage quand même très fort qui se joue sur un pauvre pile ou face.


Je crois que c'est l'offensé qui a l'initiative, dans l'idée ça se tient


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MessagePosté: 10 Avr 2022, 06:09 
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Dans le film en tous cas c'est un pile ou face. En faisant de rapides recherches je n'ai pas trouvé d'exemple d'un tel procédé, la règle habituelle serait plutôt de tirer en même temps, comme lors du premier duel au début du film d'ailleurs, ce qui me parait plus juste.

Tirer chacun son tour ça doit être une sous variante locale, un peu comme la belote coinchée.


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MessagePosté: 10 Avr 2022, 11:58 
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Oui et bon, il y a la mécanique dramatique et symbolique de la scène, ça vaut bien ça.


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MessagePosté: 10 Avr 2022, 13:58 
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Mickey Willis a écrit:
Dans le film en tous cas c'est un pile ou face. En faisant de rapides recherches je n'ai pas trouvé d'exemple d'un tel procédé, la règle habituelle serait plutôt de tirer en même temps, comme lors du premier duel au début du film d'ailleurs, ce qui me parait plus juste.

Tirer chacun son tour ça doit être une sous variante locale, un peu comme la belote coinchée.

Je viens de finir un récit ("Un héros de notre temps" de Lermontov) qui se termine justement par un duel, et le 1er tir est aussi décidé par un pile ou face.

Dans "Guerre et paix", y a une autre variante: les deux adversaires se placent à 40 pas l'un de l'autre, avancent l'un vers l'autre et tirent quand ils le veulent - c'est-à-dire quand ils commencent à se voir car c'est la Russie, y a plein de brouillard et on voit rien à 40 pas.


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MessagePosté: 10 Avr 2022, 14:19 
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Quelle belle époque ! C'était autre chose que les prises de tête avec Vieux-Gontrand !


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MessagePosté: 10 Avr 2022, 14:20 
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Le duel n'est pas dans le livre de Thackeray sinon (qui semble plus proche de la farce) c'est un ajout de Kubrick.

Et dans Guerre et Paix le brouillard sert surtout à expliquer que Pierre, terrorisé ne sait pas s'il a tué l'autre ou pas (Dolokhov) et ne cherche pas à le savoir. D'ailleurs le même problème se pose lors de son initiation maçonnique (l'aveuglemenr volontaire est le seul aspect qui confère une dimension solennelle ou ésotérique à des rapports avec des personnes qui par ailleurs forment son entourage habituel, une transcendance simulée qui mène au désinvestissement moral et délimite en fait ce qu'il est permis d'oublier)


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MessagePosté: 10 Avr 2022, 17:24 
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Sur les règles et le cérémonial du duel, un extrait des Miscellanées de Mr. Schott (Editions Allia) :

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MessagePosté: 20 Nov 2025, 20:59 
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Comme presque tous les Kubrick, j'avais découvert le film en salles au festival de Deauville en 2001 et le film ne m'avait pas déplu mais pas passionné non plus. Cela étant dit, je ne me souvenais littéralement de RIEN. Et j'étais, comme pour les autres, très curieux de lui redonner une chance.

Ce qu'il y a de fabuleux avec ce parti-pris formel, ce n'est pas uniquement la réussite à composer des tableaux rappelant ceux de l'époque, et donc proposant une reconstitution qui nous paraît authentique, avec el famoso tour de force dans l'éclairage naturel et à la bougie qui parvient à restituer une certaine authenticité, c'est aussi paradoxalement le caractère suranné que toute cette démarche apporte : ce n'est pas vraiment la réalité qui est capturée ou du moins elle n'est pas capturée avec réalisme. Le dispositif adopté par Kubrick consistant à partir fréquemment d'un plan serré pour dézoomer jusqu'à montrer l'étendue de la scène reproduit en un sens le regard d'un visiteur au musée, qui va d'abord saisir un détail sur un tableau avant de laisser ses yeux voir l'image dans son ensemble et donc pouvoir se concentrer sur tel ou tel détail de la profondeur de champ.

Coïncidence : je revois ce film quelques jours seulement après avoir maté la vidéo qui tourne depuis quelques jours sur les réseaux sur ce qui distingue les films d'avant de ceux d'aujourd'hui et pourquoi les premiers nous paraissent plus réels que les seconds et l'un des points portent justement sur la propension des films d'autrefois à favoriser les plans larges avec une profondeur de champ relativement nette, accouchant ainsi d'une image riche en informations, laissant tout le loisir au spectateur de promener son regard dans le décor comme il le ferait dans la vraie vie.

Ainsi l'approche de Kubrick parvient en un sens à reproduire à la fois l'expérience du réel mais également à inscrire l'action du film dans une dimension picturale historique qui confère à ce rise and fall un caractère mythique et même fatidique, appuyé par les cartons et la voix off, souvent en avance sur les événements avec un ton vaaaaguement teinté d'ironie. Il est intéressant de voir qu'à l'inverse de Lolita et Dr Strangelove, dont les adaptations apportaient humour et légèreté à des romans sérieux, Kubrick opère ici un mécanisme inverse, faisant d'un livre cynique un film tout de même plus premier degré, épousant la tragédie même si c'est toujours avec ce détachement kubrickien.

J'ai toutefois davantage apprécié l'étonnante première moitié, qui semble parcourir les genres, commençant limite comme du western (les duels, le détroussage à cheval) avant de passer au film de guerre (tout de même une obsession qui traverse toute la filmographie de l'auteur) pour basculer limite dans du film d'espionnage et d'arnaque (le service auprès du Chevalier), le tout cinglant l'aristocratie tout en s'animant autour d'une quête de figure paternelle autant que celle d'un statut. Un axe qui va se détricoter dans la seconde partie avec cette double paternité inégale qui finira par mener Barry à sa perte (et qui est plus pertinent que l'endettement quelque peu arbitraire du personnage à la poursuite de l'anoblissement car plus personnel, plus intime).

C'est peut-être aussi là que le rythme indolent du film commence à me perdre un peu même si le duel final, thématiquement porteur, retrouve une sublime tension et que la dernière phrase du carton d'épilogue est tout bonnement sublime, réussissant l'exploit d'être à la fois mordante et mélancolique.

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MessagePosté: 21 Nov 2025, 07:59 
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Ah la seconde partie est pourtant indissociable de ce qui précède, et c'est elle qui achève de donner un tour mélancolique et fataliste au film. Je suis à chaque fois enchanté des aventures de la première partie puis laissé le coeur serré par la deuxième.


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MessagePosté: 21 Nov 2025, 09:09 
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Film Freak a écrit:
je revois ce film quelques jours seulement après avoir maté la vidéo qui tourne depuis quelques jours sur les réseaux sur ce qui distingue les films d'avant de ceux d'aujourd'hui et pourquoi les premiers nous paraissent plus réels que les seconds

Qqn a le lien sous la main, svp?


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MessagePosté: 21 Nov 2025, 09:11 
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Pardon, je voulais le poster, j'ai zappé : https://youtu.be/tvwPKBXEOKE?si=nZDQLKyuD9JL4TXF

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MessagePosté: 21 Nov 2025, 11:33 
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tape dans ses mains sur La Compagnie créole
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6/6 Chef-d'oeuvre immortel et mon Kubrick préféré sans l'ombre d'une hésitation.

Je retroive un de mes vieux avis, je ne sais même plus de quand il date:

Electrochoc esthétique (ces éclairages en lumière naturelle ou à la bougie, les fameux zooms, sans oublier la meilleure voix off jamais écrite, ainsi que la fameuse BO) mais également terrible drame humain, Barry Lyndon est un film épuisant de beauté et d’intelligence, une œuvre monumentale qui défie le temps ; pour un film historique, c’est un beau compliment.
Les 182 minutes passent évidemment comme un coup de vent, et même à la énième vision (j’en suis à 8, je crois), au-delà de la magnificence visuelle, sonore et dramatique, ce film reste sidérant de maîtrise et de perfection du premier au dernier carton. Tant de choses resteront à jamais gravées dans mon cœur et ma mémoire de cinéphile : l’ironie de la voix off, la rencontre entre Barry et Lady Lyndon où Schubert remplace les mots, l'humour pince sans rire, les scènes de batailles qui paraissent absurdes, le jubilatoire Révérend Runt, ce cut hautement lacrymogène sur le petit cercueil blanc (et Haendel qui en remet une couche avec sa Sarabande), le duel final dans la grange, l’image figée sur les béquilles, la toute dernière scène… Un authentique chef-d’œuvre, à voir et à revoir.

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Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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MessagePosté: 21 Nov 2025, 19:48 
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Film Freak a écrit:
Pardon, je voulais le poster, j'ai zappé : https://youtu.be/tvwPKBXEOKE?si=nZDQLKyuD9JL4TXF
Merci pour le lien. Intéressant. Retour aux sources baziniennes : ça fera pas de mal.
J'avais bien aimé cette vidéo sur "One battle after another", qui développe les mêmes arguments de manière moins théorique, sur la "physicalité" de la lumière, du montage, le choix de laisser certains extérieurs surexposés, de ne pas trop lisser les mouvements de caméra, etc.
https://www.youtube.com/watch?v=QlL_FW20gMY


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MessagePosté: 21 Nov 2025, 22:23 
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Antichrist
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Il faut que tu mates des Hou Hsiao-hsien Film Freak.


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MessagePosté: 21 Nov 2025, 22:26 
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Vu Millenium Mambo à sa sortie.

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