latique a écrit:
Exercer un droit, ce n'est pas se l'arroger: il n'y a écrit nulle part qu'on a l'obligation de débattre avec qui que ce soit,
C'est vraiment le cop-out ultime, ça, l'excuse parfaite pour éviter de penser au-delà de sa zone de confort : le légalisme forcené. Peu importe les usages, ce qui compte, ce sont les textes, mais uniquement quand ça nous arrange, hein. Quand il faut aller manifester en plein COVID, ça passe.
latique a écrit:
une crapule antisémite ou n'importe qui d'autre.
Et là, on est dans la stratégie typique de néantisation de tout ce qu'une personne a à dire au nom d'une tare unique qui rendrait cette personne infréquentable.
Débattre avec Le Pen en 2002, c'est pas débattre de l'existence ou non des chambres à gaz, c'est débattre d'immigration et de préférence nationale, des thèmes qui sont encore douloureusement prégnants 18 ans plus tard.
latique a écrit:
Ta position aussi, c'est une position morale (il avait le devoir d'accepter, c'était "honteux" qu'il refuse...) : elle n'est donc pas plus fondée, à ce compte-là.
Le mot "honteux" est malheureux, mais non, ce n'est pas une position morale : c'est une question de tradition démocratique, et ce refus de Chirac, par calcul politicien, de la part du futur président de tous les français, était un crachat à la figure de la démocratie. La base de la démocratie, c'est le débat. Et comme je l'ai écrit à Lohmann, ce n'est pas parce que ce débat est une création médiatique qu'il n'a pas une position centrale dans le fonctionnement des élections sous la 5ème République.