Castorp a écrit:
Ca va de paire, non ?
Ca semble aller de paire parce qu'on a tendance à associer les concepts de radicalisation et d'extrêmisme aux djihadistes partis en Syrie. On a alors affaire, à quelques rares exceptions près, à des hommes et des femmes au QI bien plus bas que la moyenne nationale, très impulsifs, prédisposés à commettre des violences diverses, incapables de mentaliser le lien entre actions et conséquences, peu voire pas capables d'assumer leurs responsabilités, et donc de ressentir honte, culpabilité et remords (en l'absence de radicalisation religieuse, ils appartiendraient simplement au tout venant de la déliquance multi-récidiviste qui passe son temps à entrer et sortir de prison dans une boucle infinie de nuisance).
Mais ce sont des cas particuliers, sortes de
perfect storm de stupidité congénitale, de violence et de haine. On en conclut alors trop rapidement que ça ne concerne que les gens exceptionellement idiots.
Le fait est que la radicalisation n'est jamais une affaire rationnelle, on ne se radicalise pas parce qu'on a étudié ou réfléchi à un sujet : on se radicalise par un investissement et une identification émotionnels à une cause, et par contagion sociale (recherche de statut au sein d'un groupe ou milieu, chambres à échos, besoin d'appartenance et surtout de validation extérieure). Et là, le niveau d'intelligence, de capacités à réfléchir, argumenter, poser et se poser des questions n'entre pas en ligne de compte. On peut être intelligent et/ou cultivé tout en étant happé par le
high émotionnel d'être persuadé d'avoir raison, d'être "du bon côté de l'histoire", d'appartenir à un groupe qui partage librement ce genre d'éléments de langage et de signaux adressés à l'extérieur. La validation extérieure ("tu as tellement raison", "c'est tellement vrai ce que tu dis" etc.), c'est un des moteurs les plus puissants de la nature humaine. C'est aussi en grande partie à cause de ça que la flagornerie de ChatGPT est aussi efficace/désastreuse dès lors qu'il s'agit de demande de conseils en relations interpersonnelles.
Castorp a écrit:
Parce que la phrase que tu cites, dans le contexte dont on parle, elle n'a absolument aucun sens.
Elle n'a pas beaucoup de sens, en effet. Les différents éléments qu'elle contient s'effriteraient en seulement quelques questions, suscitant de la la frustration, puis de la colère et enfin des anathèmes.
Qu'est-ce que tu entends par modèle "culturel et politique" ? Quelle est la différence entre culture et politique ? Ou soyons fous : c'est quoi la culture ? C'est quoi la politique ? En quoi sont-ils liés ? C'est à dire, "continue d'être entretenu" ? Si ça "continue", ça a commencé quand, et ça a été initié par qui ? Qui exactement entretien ça, et pour quoi ? Etc.
J'imagine qu'il existe des gens capables de répondre calmement à ces questions, mais la plupart des personnes radicalisées vont s'énerver très vite et changer de sujet pour passer à des attaques et formuler des suspicions... alors que le seul vrai risque de l'échange, c'est que la personne qui pose ces questions ne sera pas d'accord avec les réponses apportées.
Si énèrvement, c'est qu'on est dans cet investissement émotionnel dont la remise en question par un tiers est insupportable.
Si les réponses et l'échange restent cordiaux, quand bien même les interlocuteurs ne sont pas d'accord, ça reste dans le domaine rationnel. C'est pas le cas le plus fréquent.