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MessagePosté: 15 Déc 2011, 12:31 
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Je dois mon seul moment de plaisir durant cette pénible séance à ma connerie. A un moment, j'ai en effet vu un sac à patates avec trois bandes noires, et je me suis dit, "Tiens un sac à patates Adidas", et j'ai ri (nerveusement) tout seul. C'est dire mon état de désoeuvrement au bout de deux heures de film ...

J'ai horreur des expressions "trip cinématographique" ou "expérience filmique" mais il m'est arrivé d'en apprécier quelques unes, dans ma vie de cinéphile. "Le cheval de Turin" n'en fait pas partie, et ce parce que ce trip ne cherche rien à raconter. Les images et les sons ne vont nulle part. J'ai franchement trouvé que c'était un film assez crétin. Au niveau de la forme, déjà, lourde et pompeuse, mais surtout archi-prévisible. Vers la fin, il y un plan-séquence (enfin, un plan quoi, vu qu'il n'y a que ça et qu'ils ont pratiquement tous la même durée ...) qui montre au loin le père, la fille et le cheval grimper une colline, de la droite vers le centre. Une fois en haut, ils redescendent la colline par l'opposé de nous, jusqu'à devenir invisibles. Et là le plan s'éternise. On a compris que Béla Tarr aimait bien faire durer tous ses plans quinze secondes de trop, mais ici, on est déjà à une minute. On comprend alors que les trois zigues vont rebrousser chemin pour réapparaître dans l'image. Et c'est en effet ce qui se passe. Le film est plein de choses comme ça.

Et puis au niveau du fond aussi, même si on va bien évidemment me dire que celui-ci se confond parfaitement avec la forme ici. C'est vrai. Comme la forme, le fond est prévisible, grandiloquent et pourtant creux. Dieu n'est pas présent, mais il n'est pas absent non plus. On voit juste les signes de sa présence, déposés par Béla Tarr ici et là. Les signes avant-coureurs du film métaphysique et du film de fin du monde. Finalement, Dieu n'est pas plus présent ou absent ici que Jésus n'est présent ou absent dans la coquille d'huître le représentant qui circulait sur Internet et qui faisait fureur sur Ebay. Il n'y a même pas d'humain dans le film, il y a simplement un connard slave typique, sa fille soumise, et un canasson gentil. C'est lui le plus humain. Les seuls moments qui m'ont d'ailleurs un peu touché sont ceux qui le mettent en scène - mais j'aimerais préciser que c'est aussi le cas dans la plupart des films d'animaux, même les plus nanardesques, où on se fout de la souffrance des humains mais où on chiale toujours devant le pov' chien qui a perdu ses maîtres. Béla Tarr passe donc 150 minutes à nous étaler sa misanthropie toc, du genre TOUS POURRIS !, et son imaginaire moisi. Evidemment, comme le dit elmomo, les paysans représentés peuvent nous sembler proches à nous autres campagnards, mais j'ajouterai tout de même que mes ancêtres savaient probablement utiliser des couverts, ou alors attendaient au moins que la patate refroidisse pour manger au lieu de se cramer les doigts. J'avoue être sarcastique sur ce genre de détails, franchement énervants à la longue, mais nécessaires cependant dans le projet de Béla Tarr. Il veut que ça soit noir, qu'il n'y ait aucun échappatoire, donc il y va à fond. Il ne faut pas qu'il y ait le moindre détail positif. Il faut que tout soit ennuyeux. Il ne faut pas qu'il y ait d'humour. Les rares visiteurs sont des prophètes de l'apocalypse ou des tziganes fous (à propos, ce sont les meilleures scènes du film, les seules où le film "vibre"). Tout est verrouillé, comme si rien ne devait rentrer ni sortir du film. Toute la signification est dans le film, ce n'est jamais au spectateur d'apporter ses expériences ou croyances personnelles pour se faire une idée du film. Il n'a qu'à piocher dedans et à bouffer du sur-signifiant et du symbole avec les doigts.

Pour autant je ne me suis pas ennuyé et je mentirais si je disais que ma séance fut un calvaire. Pour m'occuper, j'ai compté les plans-séquence comme on compte les moutons, chassé les détails et les symboles risibles, disséqué les "trucs" de mise en scène. Je me suis aussi souvenu de deux superbes aphorismes de Bresson "Ce qui est beau au cinéma, ce sont les raccords, c'est par les joints que pénètre la poésie" et "Ne cours pas après la poésie. Elle pénètre toute seule par les jointures.". Je crois dur comme fer à cela, contrairement à Béla Tarr je pense, qui court sans cesse après la surcharge et le trop-plein visuel qui voudrait naïvement se faire passer pour du vide. Je n'ai aucune sympathie pour ce cinéma-là ...

1/6

(pour info, j'avais vu "Les Harmonies Werckmeister" il y a quelques années, et ça m'avait assez ennuyé aussi. Cependant, je l'avais vu sur une petite tv, sans "préparation" préalable. J'étais donc jusqu'à hier convaincu que c'était moi le fautif dans cette non appréciation du film, et lorsque je suis rentré dans la salle pour voir "Le Cheval de Turin", je ne partais donc pas méfiant.)


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MessagePosté: 15 Déc 2011, 12:56 
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MessagePosté: 15 Déc 2011, 14:57 
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MessagePosté: 17 Déc 2011, 23:01 
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sinon le film est aussi la meilleure adaptation de la Route de Cormac McCarthy


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MessagePosté: 18 Déc 2011, 15:20 
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Karloff a écrit:
sinon le film est aussi la meilleure adaptation de la Route de Cormac McCarthy


Une adaptation très libre alors...

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MessagePosté: 17 Jan 2012, 11:44 
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Pour ma découverte du cinéma de Béla Tarr, je n'ai pas été déçu. La radicalité du parti-pris de la succession des plans-séquences peut énerver sur le papier mais j'ai dû mal à concevoir comment on peut ne pas être envoûté par leur intensité, créée à l'aide d'une virtuosité de chaque instant d'autant plus impressionnante qu'elle se fait quasiment invisible (et pourtant, pour reproduire ça, faut se lever tôt), intensité créée aussi par l'effet non de la répétition pure et simple mais de la variation (les mêmes actions ne sont jamais filmées tout à fait de la même façon), qui, contrairement à ce qu'on pourrait penser de cette forme a priori paresseuse, a donné en musique les plus grands chefs d'oeuvres, et qui trouve ici une raison d'être pleinement cinématographique: le monde décrit par Béla Tarr ne saurait être présenté autrement, dans sa dureté minérale millénaire, enveloppé d'un voile blanc mortifère qui condamne les personnages à rester attachés à leur triste condition. Je ne saurais dire s'il faut trouver belles toutes ces actions quotidiennes des deux protagonistes, qui manifestent certes une certaine grâce dans leur exécution; j'ai l'intuition cependant que s'en délecter en parlant, imaginons, de la "grande beauté de ce monde paysan, ces vies si simples et si pures loin du grouillement de nos vies modernes", serait faire une injure au discours du film qui ne s'y complait pas du tout. Au contraire, on frissonne constamment au vu de cet enfer éternel... Et puis il y a cette musique pleine d'aspérités, brute, dont on pourrait dire qu'elle est laide si on a en tête les canons actuels de musique lissée et aseptisée, mais qui remue chaque fois quelque chose de profond en nous; nous nous frottons là à une œuvre rêche, sans concessions. Le Cheval de Turin est (plus, ou moins qu'un film? La question mérite en effet d'être posée, sans prétention aucune) comme un bijou de pierre sorti du fond des âges, pur, archaïque peut-être, mais pour cela plus précieux encore.

6/6


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MessagePosté: 17 Jan 2012, 12:02 
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J'adore la zik.


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MessagePosté: 17 Jan 2012, 13:47 
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Super critique Baptiste ça fait vraiment plaisir. Et j'adore la musique aussi, elle est très émouvante.

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MessagePosté: 17 Jan 2012, 13:52 
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elmomo a écrit:
Bon, j'aime bien les expériences, alors j'ai tenté le coup.

Ce que j'ai vu, c'est un film qui décrit le vide existentiel, et qui, en correspondance totale avec son sujet, est vide.

Parce que c'est trop facile de voir seulement dans le film le récit d'une fin. Ce que j'y ai vu est bien pire : une crise au milieu d'une existence, certainement pas la première et certainement pas la dernière. Ces 2 paysans, dès le début du film, ont renoncé à l'excitation, ont renoncé à la joie, ont renoncé à ce qui fait la vie, enfermés dans une routine chiante à en mourir. Je me suis demandé "Mais à quoi pensent-ils ? Pensent-ils seulement ? Sont-ils encore des êtres humains ?". Leur décrépitude tout au long du film est finalement plus morale que physique...

Car le film ne décrit pas des miséreux : ils ne mangent que deux patates et ils en jettent la moitié parce qu'ils n'ont pas besoin de plus. Ils sont déjà morts au début du film, c'est l'hiver, on ne peut pas travailler aux champs, la tempête les empêche de trop vivre dehors... Mais c'est pareil tous les hivers. Le film a trouvé un écho particulier chez moi aussi parce qu'une partie de ma famille est issue d'un milieu pauvre et paysan. Des gens qui vivaient comme ça il y a 60 ans, j'en connais. La principale différence aujourd'hui, c'est qu'ils ont l'électricité et la TV.

Mais ce qui rend le film très fort pour moi c'est la certitude qu'il ne raconte pas une fin, il raconte un passage. Un passage dans une vie morne, triste et détestable, qui emmène lentement vers la mort (par inanition, presque, par disparition de la volonté de vivre, comme celle du cheval). Pourtant, ils continueront.

Ce plan de la fille à la fenêtre, fantôme effacé par le vent, comme une vieille photo qui se teint, est très significatif : l'existence est vide et il n'en restera rien.

Ce film est une cause suffisante de suicide.

Mais par contre, que c'est loooooong, que c'est chiant, ça a beau être bien filmé, pourquoi s'éterniser ? Entre répétitions poussées jusqu'à la nausée et plans interminables de signification forcée, on ne peut que se réfugier au fond de son cerveau et subir le film comme un mauvais sermon de messe proféré par un curé aviné. Dans un état de semi-hébétude, j'ai vu les images défiler devant moi, refusant d'accepter la soupe ultra-signifiante qui m'était servie, mais le film se glissait insidieusement dans mon cerveau à force de scènes d'habillages, de patates, de bruits de mastication et de verres de gnôles.

C'était une vraie souffrance. Mais si le but du film est de décrire le vide existentiel d'une vie non-vécue, il y réussit pleinement. je dirais même avec génie.

Alors je lui mets 0.5/6 et 5.5/6.


Tient ? C'est elmomo qui a écrit l'avis dont je suis le plus proche...

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MessagePosté: 17 Jan 2012, 16:35 
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MessagePosté: 27 Jan 2020, 22:20 
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Cosmo a écrit:
Je me tâte fortement. Pour découvrir le cinéaste, ça vaut le coup ou bien mieux vaut lancer un des films que j'ai de lui en DVD (Damnation, Le nid famillial, Almanach d'automne) ?


Et je regrette fortement de ne pas l’avoir découvert au cinéma.

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MessagePosté: 27 Jan 2020, 22:33 
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MessagePosté: 28 Jan 2020, 06:07 
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Une des rares exceptions :)
(Et si c’est pour le voir au Mk2 Beaubourg, je préfère encore mon canapé)

Edit : cela dit, je réponds mais je n’ai jamais dit ça.

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MessagePosté: 19 Fév 2020, 08:39 
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Hypnotisant, balayé par le souffle du vent qui n'en finit pas, ce film entre direct dans le top 10 des années 2010.
6/6

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MessagePosté: 20 Fév 2020, 14:46 
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Gerry a écrit:
Il y a pourtant des passages avec un léger burlesque, mais qui ne semble pas tout à fait assumé, de sorte qu’on ne sait pas s’il faut rire avec ou contre le film. Je pense par exemple à ce plan large où les personnages dépassent la colline, puis rebroussent chemin deux minutes après.


Ce plan qui dure jusqu'à un personne disparaisse à l'horizon, derrière une colline éventuellement ou pas, avant de revenir parfois est quand même une tarte à la crème du cinéma chic et radical. Il y avait un plan similaire dans le film d'Albert Serra sur les Rois Mages, qui est aussi une purge.

(Les avis divergent)

Mr.Orange a écrit:
Le moment notamment où l'on voit les Rois Mages disparaitre et réapparaitre à l'horizon est très beau.


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