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MessagePosté: 21 Mai 2019, 08:25 
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La facture du film est sublime: noir et blanc contrasté old school, format 1.19 unique et claustro, décor à la L'HOMME D'ARAN, bande-son bruitiste où la musique se mêlent aux sons industriels (rappelant souvent le fameux BWAAAAAH... d'INCEPTION). Un joyau.

L'ambiance fait très Dreyer, aride, minérale. L'angoisse sourde est là. La flippe naît progressivement, dans une sorte d'aura lovecraftienne du plus bel effet: peur de la mer, de ses secrets, qui risque de mener à la folie...

Le film est étrangement assez peu taiseux. Il est même verbeux. Eggers confirme son statut d'archiviste des phrasés anciens à travers ses dialogues fleuris et inimitablement vieillot (merci les sous-titres...), portés par les voix gruff des parfaits Pattinson et Dafoe. J'ai vu passer un tweet génial qui disait un truc du style "The Lighthouse: imaginez un There Will Be Blood avec deux Daniel Day-Lewis qui arrêtent pas de s'engueuler" et c'est un peu ça. Le film offre des tirades génialissimes, parfois à mourir de rire.

Mais au final le partage en vrille permanent me fait décrocher et j'arrive pas à jouir du dernier tiers comme j'avais joui du début. Je n'en sors donc pas sur le cul, mais ça reste un film vraiment précieux par son atmosphère et les images qu'il laisse en nous.

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MessagePosté: 21 Mai 2019, 08:45 
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Très envie de le voir!

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MessagePosté: 21 Mai 2019, 09:37 
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Pareil très curieux, j'avais absolument adoré The VVitch.

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MessagePosté: 21 Mai 2019, 11:12 
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sponge a écrit:
The VVitch.
C’est pas ca le titre.

C’est The VVitch: A New England Folktale

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MessagePosté: 21 Mai 2019, 12:23 
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T'en avais pensé quoi d'ailleurs ? Tu préfères lequel des deux ?

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MessagePosté: 21 Mai 2019, 12:27 
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sponge a écrit:
T'en avais pensé quoi d'ailleurs ? Tu préfères lequel des deux ?
J'avais vachement aimé THE VVITCH, il était dans mon top. Je le trouve peut-être plus épuré donc meilleur que THE LIGHTHOUSE, mais ce dernier n'a pas à rougir et aura des fans.

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MessagePosté: 06 Juin 2019, 22:10 
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Avant de révéler les éléments qu'il a en commun avec The Witch, le précédent film de Robert Eggers, The Lighthouse surprend surtout par la manière dont il s'en distingue radicalement. Avant même que le film ne commence, lorsque les rideaux devant l'écran se sont refermés pour n'en laisser visible qu'une parcelle au format 1.2.1, la divergence fut annoncée. Et ce n'est que le premier de nombreux points sur lesquels ce deuxième opus se présente comme une antithèse de son prédécesseur. Certes, il est à nouveau question d'une lente descente dans la folie pour un petit groupe de personnages isolés du monde (et où une mouette borgne remplace le désormais célèbre bouc Black Phillip), mais de son parti-pris formel des plus ostentatoires, et sublimes, jusqu'à son dénouement ouvrant la voie aux interprétations variées en passant par l'écriture verbeuse, c'est une tout autre expérience que propose le cinéaste, non moins immersive mais surtout beaucoup plus sadique.

Peut-être le projet n'est-il plus d'actualité mais, fut un temps, le deuxième long métrage d'Eggers devait être un remake du Nosferatu de Murnau. En fin de compte, ce n'est pas son histoire qu'il a choisi de rejouer mais sa mise en scène. Néanmoins, si le film regorge d'images à tomber et de jeux d'ombres expressionnistes, ce qui peut passer pour un exercice de style sert en réalité une fonction sensorielle presque métafilmique. Dans un premier temps, tout en reconnaissant les formes filmiques du muet et du début du parlant, je fus renvoyé à ma relative méconnaissance des classiques de l'époque, avant de me rendre compte que j'étais sans doute le spectateur idéal du film, le public-cible d'Eggers. En effet, l'adoption d'un langage cinématographique d'un autre temps joue un rôle dans l'immersion désirée par le metteur en scène. Ce n'est pas le seul format "carré" qui rend l'assistance claustrophobique, c'est tout l'apparat qui figure la privation vécue par les protagonistes. Pour le spectateur, il s'agira d'une privation technique. Pas de format large et confortable, pas de couleur, un son qui paraît étouffé et non surround, le public aussi est soudain en terre inconnue, loin de ce à quoi il est habitué.

Tout comme The Witch puisait ses dialogues d'antan dans des retranscriptions de procès de sorcières, The Lighthouse s'inspire, en plus d'écrits d'auteurs comme Herman Melville, de journaux de bord tenus par des marins et gardiens de phares. Outre l'authenticité qui naît irrémédiablement d'un vocabulaire aussi idiosyncratique, sa musicalité et ses expressions y sont pour beaucoup dans l'humour inattendu du film - qui passe également par un nombre improbable de gags scatologiques (!) ou par un sens du burlesque également hérité du cinéma balbutiant - mais son abondance participe également à l'abrasion du spectateur, croulant sous le jargon jusqu'à ne plus pouvoir les entendre parler. Si la solitude est aliénante, l'Enfer, ça reste les autres. Et le vieux gardien salé campé par un Willem Dafoe au sommet de son art est aussi oppressant que le sound design du film avec ce cor de brume qui s'apparente davantage au ululement fantomatique de quelque monstre marin.

Choisissant de laisser planer davantage l'ambigüité que pour son précédent film, Eggers offre un terreau fertile aux différentes lectures. Toutefois, le traitement qu'il inflige au spectateur n'est en rien gratuit tant il reflète celui que subit le personnage interprété par Robert Pattinson, épatant dans une performance où l'acteur se laisse exploser comme jamais. De Sysyphe à Prométhée, le protagoniste traverse le film en proie à une figure dominante qui se comporte davantage comme un pervers narcissique, poussant le jeu jusqu'à un sous-texte éminemment psychosexuel, que comme le dieu chez qui il cherche le pardon, en vain. Avec sa Tour de Babel déceptive, The Lighthouse raconte l'inanité de la dévotion malgré l'abus, de la soumission dans l'espoir de l'illumination.

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MessagePosté: 10 Juin 2019, 21:10 
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Pendant on va dire les 30/45 premières minutes j'étais un peu déçu. Les intentions de Eggers sont claires comme de l'eau de roche et le film ne surprend pas au contraire. Deux mecs gardiens de phare isolés sur une île déserte, pas besoin d'être Robert McKee pour savoir comment ça va évoluer. Même visuellement finalement le film est presque trop "évident" avec son format carré, sa pellicule, son noir et blanc charbonneux et ses lumières expressionistes. Mais peu à peu d'une part la dynamique narrative se fait plus complexe (ce n'est pas du tout une montée progressive dans l'animosité entre les deux personnages) et d'autre part, le jusqu'au-boutisme de Eggers fait que le film se fait quand même génialement jouissif. L'un des premiers plaisirs du film est quand même son casting, le duo Dafoe/Pattinson qui régalent de la première à la dernière minute. Il faut aimer les interprétations outrées, cabotines, excessives mais ils sont tous les deux génialissimes, surtout que le film a beaucoup d'humour. Pour Pattinson j'ai vraiment eu le sentiment qu'il passait une espèce de pallier dans son jeu et montrait des choses qu'on avait encore jamais vu. On a eu échos des conditions de tournage particulièrement difficiles et on le sent totalement, le truc a dû être un enfer à faire.

Pour le reste je trouve que le film à un côté bourratif, généreux dans sa narration qui n'échappe à certaines longueurs ou répétitions (les scènes de beuverie) et qu'il y a une espèce de côté un peu brouillon dans des pistes à peine esquissées qui me dérange un peu
le côté fantastique, mythologique avec les sirènes et Dafoe et la lampe, tout le côté paranoïaque où Pattinson et Dafoe ne font plus qu'un, les mensonges des uns et des autres, cette (non) fin un peu facile qui résout/montre rien...


Mais encore une fois j'ai pris tellement de plaisir devant les scènes de dialogue abusées avec une lumière de fou (le visage de Dafoe c'est un poème à lui seul), devant plein de petits moments totalement dingos
la meurtre de la mouette, Dafoe enterré vivant
visuellement c'est quand même à tomber, sans parler des quelques plans de "vision" sublimes. Le sound design aussi est d'une lourdeur impressionnante. On retrouve aussi ce goût de Eggers pour le folklore, pour une espèce de véracité que ce soit dans les dialogues et ses formulations anciennes, que ce soit dans les mythologies évoquées et dans le réalisme du quotidien de la vie de gardiens de phare. C'est assez unique, comme une espèce de contrepied total de l'époque actuelle.

Le film est moins immédiatement fort que The Witch, moins original en fait tout simplement mais il n'en demeure pas moins une expérience unique et la confirmation d'un réalisateur passionnant et profondément singulier. Déjà bien envie de le revoir.

4.5-5/6

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MessagePosté: 04 Juil 2019, 12:17 
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Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Quasi rien lu sur le film. Vu une seule photo.
Ce n'est pas plus mal: mieux vaut ne rien en savoir à l'avance.

Sans être original, le choc esthétique est quand même indéniable. Le combo "format carré" + noir et blanc contrasté + le grain poisseux + les décors "minéraux" + l'eau/l'humidité omniprésente + sound design de fou furieux, ça fonctionne du tonnerre. On jurerait voir l'adaptation d'un graphic novel fait à l'encre de chine.
L'autre choc, c'est le duo de comédiens. Ils se surpassent totalement. On connaissait leur talent, mais on ne les avait jamais vu aller aussi loin. Leur prestation est juste démentielle.
J'ai également fort apprécié le soin porté à l'authenticité de la langue et du vocabulaire (aucun fuck par ici), les touches d'humour bien noir avec un zeste de scatologique et de burlesque...

Tout cela donne un spectacle peu banal, une sorte de petit théâtre de l'absurde dans un cadre ultra expressionniste, qui divertit, surprend et met mal à l'aise.

Après, sur le "fond", je ne peux pas dire que j'y étais - à fond. A partir du moment où l'on comprend (assez vite) que
tout est raconté du point de vue du perso de Pattinson, que les éléments "fantastiques" ne seraient que des projections de son esprit (ses peurs et sa parano, ses démons intérieurs et ses fantasmes)
, je trouve quand même que le film manque de réel enjeu. Même si le climat est oppressant, que le "doute" est entretenu, et même si le récit reste juste assez imprévisible pour être intrigué jusqu'au bout, on se laisse tout simplement entraîner dans
cette lente descente vers la folie pure
. Le film mise avant tout sur son esthétique et son spectacle, et je le respecte, mais je ne me suis jamais senti très "impliqué".

Je reste toutefois assez admiratif du projet (à voir sur grand écran!), et mon respect pour Eggers s'en trouve grandi. (J'avais aimé The VVitch, sans être non plus à fond.)

Bref c'est un gros 4/6, à voir comment le film vieillit.

En tout cas content de l'avoir vu (dans le cadre d'une reprise de certains titres de la Quinzaine à Bruxelles) car il est peu probable que le film ne sorte même pas en Belgique, à l'instar du dernier Jarmusch..
Le genre de titre dont ils ne savent que faire, et ils (C'est Sony/Universal qui a les films A24) en ont un peu rien à branler du marché belge.

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MessagePosté: 28 Aoû 2019, 13:32 
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Sortie en salles le 18 décembre.

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Une bonne nouvelle pour mon top car cette année j’ai rien.

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MessagePosté: 28 Aoû 2019, 15:41 
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Le mec.

L’année prochaine je vais à Cannes à ta place (même si c’est là-bas que tu as vu The Lighthouse).


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MessagePosté: 29 Aoû 2019, 13:55 
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Qui-Gon Jinn a écrit:
Une bonne nouvelle pour mon top car cette année j’ai rien.


Faut dire qu'en ayant vu qu'un seul film...

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