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MessagePosté: 30 Sep 2026, 23:01 
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L’homme le plus puissant au monde se lance dans une mission effrénée pour s'ériger en sauveur de l’humanité avant que la catastrophe, qu’il a lui-même déclenchée, n’anéantisse la planète.

Pauvre, pauvre, pauvre Tom Cruise.

Talk about betting on the wrong horse.

Quoique, sur le papier, Digger a un propos plutôt intéressant et je comprends pourquoi l'acteur a choisi, pour son retour au cinéma "d'auteur", ce projet dont la nature méta promise par le pitch m'attirait mais qui, s'il dispose bien d'une introspection sur le rôle de l'acteur, situe sa mise en abyme complètement ailleurs de façon pour le moins surprenante.

En lieu et place de la satire écolo vendue par la promo, le film s'avère davantage une farce sur l'art du spin, de la façon de recontextualiser les faits via le storytelling, tant par les politiques que par l'art, mais le film est trop conscient de sa propre inanité pour être satisfaisant. En gros, c'est un film qui dit que rassembler un cast de stars pour faire un Don't Look Up est une entreprise complètement vaine...et qui passe ensuite le plus clair de ses 2h09 sur du sous-Dr Strangelove formellement criard dans l'esthétique, le jeu et l'écriture et jamais drôle.

Le premier virage narratif qui transporte le film ailleurs intrigue mais le second enfonce le clou dans le cercueil d'un film qui semble dénoncer son humour hystérique et sa théâtralité. Je crois n'avoir jamais vu un film s'auto-détruire de la sorte. Le cinéaste y voit peut-être une complexité subversive, symbole de l'ambivalence de l'artiste, conscient simultanément que la satire est futile dans un monde comme le notre et qu'elle demeure peut-être la seule manière de trouver d'y sens ou du moins une expérience cathartique.

Mais il aurait fallu s'engager pleinement et assumer l'exercice, s'assurant que la comédie est aussi convaincante que le commentaire (et, en réalité, peut-être qu'Iñárritu pense vraiment que son film est drôle alors que je me demandais fréquemment ce qui était censé l'être). Au lieu de ça, le scénario paraît content de lui à balancer son discours de manière didactique qu'il culpabilise le public en ce qui concerne l'écologie (dans un monologue de Cruise en plan-séquence ininterrompu d'une dizaine de minutes) ou qu'il justifie la satire dans une explication de texte finale.

J'ai toujours trouvé le réalisateur lourdingue dans ses démonstrations, notamment ses films choraux, mais la comédie et l'univers de Birdman s'était avéré salutaire. Digger partage des similitudes avec ce dernier mais derrière son dispositif visuel, son prédécesseur était surtout character-driven là où ce nouvel opus est complètement désincarné, fier dans sa distance.

Alors c'est intéressant aussi du point de vue Cruise, dans le regard, toujours autobiographique, qu'il pose sur des fictions le mettant en scène comme sauveur du monde, mais le plus triste dans tout ça, au-delà du fait que le film privilégie largement les scènes où il joue (bien mais bon) Daniel Plainview version Tropic Thunder aux rares moments où il pourrait se mettre à nu en tant qu'interprète, c'est que l'accueil critique négatif et l'inévitable bide du film vont probablement garantir qu'en plus de le voir bientôt dans une suite de Jours de tonnerre, il faut se préparer à une fin de carrière exclusivement composée de Cocktail$, Edge of Yesterday et Né un 5 juillet.

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MessagePosté: 30 Sep 2026, 23:59 
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Curtis/Cruise le dit lui-même « Cela ne fonctionne pas ».

Une vraie torture.

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MessagePosté: 01 Oct 2026, 10:21 
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Bande-annonce insupportable qui ne ment pas donc.


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MessagePosté: 01 Oct 2026, 10:49 
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Oui et non mais oui.

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MessagePosté: 01 Oct 2026, 11:05 
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Film Freak a écrit:

(dans un monologue de Cruise en plan-séquence ininterrompu d'une dizaine de minutes)


La promo en fait des caisses, mais il y a au moins une coupe.

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MessagePosté: 01 Oct 2026, 12:28 
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Au moins deux, et flagrantes.


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MessagePosté: 01 Oct 2026, 14:12 
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J'ai piqué du nez entre la scène d'avant et celle-ci donc ça m'a peut-être échappé.

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MessagePosté: 01 Oct 2026, 18:45 
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Antichrist
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Je me souviens de rien de Bardo, c'est horrible, mais ça a l'air proche non ?


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MessagePosté: 01 Oct 2026, 20:27 
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Karloff a écrit:
Je me souviens de rien de Bardo, c'est horrible, mais ça a l'air proche non ?

Bardo était plus fouillis et, dans l'absolu, moins intéressant (je me rappelle quasi de rien) mais aussi moins éreintant.

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MessagePosté: 06 Oct 2026, 10:22 
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j'ai trouvé ça à la fois brillant et insupportable, j'étais à la fois admiratif de jusqu'au boutisme kamikaze de la chose et incongruité du temps et de l'argent et du talent dépensé sur un film dont je ne vois pas qui a pu penser une seconde qu'il provoquerait autre chose qu'un rejet radical dans toutes les classes de la société, j'ai adoré ce mélange de show-off spectaculaire parce que tous les gens qui ont travaillé sur ce film de une heure jusqu'aux artistes principaux ne sont que du a-level et ils ont apporté leur a-game et de provocation ouverte quant aux normes de goûts et de sensibilités contemporaines, j'étais fasciné par le mélange d'idées absolument brillantes et de trucs franchement ratés, j'étais émerveillé par la puissance d'un réalisateur qui a un truc si particulier en tête et qui arrive à avoir les bons collaborateurs et leur transmettre ses intentions pour que tout le monde soit sur la même longueur d'ondes quand celle-ci est à ce point unique, j'étais cas d'écolisé en me disant que de fait ça braque nécessairement 99% du public et je ne m'exclus pas totalement parce que 1000 trucs ne sont pas *du tout* ma sensibilité, j'étais aussi cas d'écolisé en admirant les folies furieuses de filmmaking que permet le déluge de pognon et de talents qu'ils ont aux usa, j'oscillais perpetuellement entre "plus jamais je vois ce truc de ma vie c'est insupportable" et "j'y retourne la semaine prochaine c'est dingo ce truc".

une expérience intense et pleine de sentiments divers donc.


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MessagePosté: 06 Oct 2026, 23:09 
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Robot in Disguise
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SPOILERS

Je ne savais rien du film ou presque mais j'avais vu quelques plans et je craignais la satire grotesque et irregardable. Et il y a en effet de ça. J'ai l'impression qu'il y a toute une frange du gros cinéma d'auteur qui s'est lanthimosisé: un cinéma d'artifice voyant et satirique. Bref ce fut donc assez pénible. Pourtant DR STRANGELOVE fait partie de mes Kubrick préférés, mais c'était il y a soixante ans. Là tout sent le réchauffé. Lorsqu'il y a la blague, sur le coup excellente, sur la présence de femmes dans la pièce j'ai trouvé ça marrant (et le Max Linder sporadiquement rempli a rigolé) -- mais que les persos partent alors dans un rire gras m'a immédiatement crucifié.

Pourtant au bout d'une trentaine de minutes de films le projet change. Et là j'ai été surpris et ait davantage compris le rapprochement avec BIRDMAN. T. Cruise/Curtis qui critique cette pantalonnade, qui trouve ça exagéré et non-drôle, subitement le métaphile que je suis ne peut que se redresser dans son siège. Mais aussitôt le film repart en mode "pièce de théâtre" et je peine à en comprendre le moindre intérêt.

J'ai apprécié la scène morceau de bravoure au milieu (qui en effet a des coupes) mais mon intérêt a rechuté juste après.

Je dirais pas que je vois ce que le film essaie de faire, mais disons que j'apprécie comment Inarritu "mâche" un peu son sujet, le digère, et nous questionne. Mais perso je suis largué depuis longtemps, et trop de scènes sont pénibles pour que la mise en abyme suffise à me titiller.

Au final pas le cauchemar redouté mais j'ai néanmoins trouvé ça foutraque et trop éparpillé pour viser juste.

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Liam Engle: réalisateur et scénariste
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MessagePosté: 12 Oct 2026, 15:08 
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BIG SPOILERS

Film très étonnant, je n'en savais quasiment rien et donc j'ai été vraiment surpris par la nature du film, par sa construction et évidemment par son aspect méta que je n'attendais pas du tout. La première "cassure" m'a totalement prise au dépourvu. Mais j'ai beaucoup aimé comme le scénario s'organise et nous révèle les choses petit à petit comme ce goût de futur que l'on ne s'explique pas mais qui finit par faire sens. Cela donne au film un côté ludique qui vient un peu donner de l'air à un ensemble étouffant et totalement déprimant. Que ce soit dans son esthétique (maîtrisée, le film est magnifique) grise et monochrome où l'on a l'impression d'être dans une espèce de Roy Andersson (surprenante photo de Lubezki) ou dans cette farce à l'humour semblant déjà volontairement vieillot et ringard (cette vanne sur les femmes citée plus haut). Cela donne l'impression d'un film très malaisant, offrant une vision d'une société malade, sur le point de trépasser à l'image du chat du personnage. Tout est un peu pourri, décâti, prend littéralement l'eau de partout et révèle peu à peu sa véritable nature qui dit tout de son projet : c'est un film postapocalyptique.

C'est pourquoi l'inanité de la farce m'a presque paru être le projet du film. Comme une impression que quoiqu'on fasse tout est déjà foutu, raté, grotesque. C'est pourquoi je trouve passionnant ce personnage principal objectivement immonde mais impossible à totalement détester parce que comme il le dit lui même dans cette excellente scène centrale (là encore quel décor bizarre, tous ces costumes délavés, sans couleurs), il incarne trop bien nos propres contradictions. Je m'attendais à déteser la prestation de Tom Cruise d'ailleurs alors que finalement je le trouve très bien, parfois dans l'excès mais pas tant que ça, c'est plus mesuré, plus insaisissable qu'une singerie à la Trump, j'aime le côté inquiet (et là aussi forcément un peu méta) de son rôle d'acteur qui joue Digger et qui n'est plus très sûr de lui.

Du coup dommage qu'il y ait un petit goût de démagogie à la fin où forcément, nous public, on se sent comparé à ce public de veau qui a applaudi et célébré la mort du grand méchant capitaliste et qui retourne bien sagement dans son monde au bord de la destruction, Si j'aime ce discours presque désabusé sur le rôle de l'art qui ne sauvera pas le monde, j'ai le sentiment qu'Inarritu aurait pu le faire paser de manière plus subtil, moins immédiatement culpabilisante. Mais en même temps c"est à l'image global d'un personnage et d'un film qui foncent dans le tas, sans finesse, sans chercher à l'être mais juste en mettant à plat une certaine vision de notre monde actuel. Un film vraiment fascinant, passionnant, surprenant (adoré la BO aussi). Je comprends mieux son rejet général tant il est presque volontairement antipathique, mais je suis pas loin d'avoir trouvé ça brillant.

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 12 Oct 2026, 19:00 
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oui, bien dit, c'est ce qu'il m'en reste plusieurs jours après.

punk et brillant et nihiliste et kamikaze. ce ne sont quand même pas des mots qu'on emploie souvent.


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