C'est vrai que c'est un film bifide. IJames Baldwin, qui lui a consacré un beau et exact texte, le formule bien.
Il est composé d'élément qui séparément sont séduisants et fonctionnent bien. Il y aussi un contraste intéressant entre la situation, le Sud profond et réactionnaire, et une stylisation moderne (les couleurs Pop Art qui pêtent, les recadrages , le zooms et les discrètes accélérations, comme sur le feu rouge de la voiture de Warren ates au moment où il voit lee meurtre, la superbe musique de Quncy Jones, l'interrétation 5 étoiles, mêlant vérisme sociologique, aisie du présent et violence chorégraphique - par ailleurs on rmarque que le monteur est Hal Ashby, dont les films sont une forme de dépassement et d'approfondissement de celui-ci), mais cette modernite formellement élégante est aussi le point de vue Nord progressiste opposé au Mississippi, elle représente de manière valorisante le spectateur à la fiction (en sens inverse), et relie la critique politique au fait de donner une valeur esthétique à un monde trop arriéré pour en avoir une.
Car malgré la précision des annotations psychologiques et la vivacité formelle, l'intrigue est échevelée et prétextuelle, paresseuses et bâclée. il y a tout un pan du dénouement qui ne tient pas et m'a largué
.
Cette absence de mobile affaiblit le propos antiracise du film, car il n'est pas dialectisé mais il est énoncé et connu dès le début. Il est juste assumé par le village, mais comme une honté équivalente à un autre meutre carthasi (presuque un suicide sans affct) que le film invente de façon imprivisée et boiteuse.
Le film emprunte de nombreux traits de
L'assasssin qui est en moi de Jim Thompson (également une histoire de flic sudiste), mais sous une forme affadie et paresseuse, trop explicitement paresseuse. Le flic Gillepssie (très bon Rod Steiger) fonctionne exactement avec Sidney Poitier comme le Bob Maples du livre. L'usage de la discréationnaire de la cellule de police (plus elle est modeste plus elle peut être détournée en levier de pression) et la volonté de se trouver un faux coupable, mais issu de la communauté (et avec lequel on peut négocier un prix), par des billets marqués ou un portefeuille est aussi reprise au roman de Thompson, tout comme le fait de mettre le flic dont on doute directement dans la cellule de ce faux supsect, pour qu'is se neutralisent mutuellement. Mais cela met Poitier dans la position de Lou Ford, le flic noir est l'apparence de vertu que le flic blanc n'arrivait pas à simuler. Et l'un est justifié par sa compétence comme 'l'autre l'est pas le savoir qu'il a de son sadisme.
Mais les bons sentiments du film, à l'inverse du cynisme et du baroque de Thompson, indiquent une limite du propos politique : dans le film, ce qui est gêné par la grossièrete du racisme sudiste et le considère comme un scandale n'est pas la société, mais plutôt et uniquement les institutions : l'état avec sa fonction régalienne - le chemin de croix intiatique, la thématique de la honte, de la tentation morale et de la conversion à l'autre qui les neutralise, le risque d'oprobe publique sont entièrement assumés par les flics blancs (Oates et Steiger). La part sociologique du film tient dans la critique qu'ils font de leur lâcheté. Ils sont édifiés à la place du spectateur en somme, leur faillibilité le protège.
Badwin parle assez négativement du film, et pointe bien le ridicule de certains situations (un policier noir du Sud qui attend un train à 4h du Matin dans le Sud, c'est à dire qui ne sait rien de la ségrégation qu'il va pourtant confondre - en creu le moindre savoir préalable, parce qu'il est une réalité sociale, le condamnerait à être une victime et le déposséderait de ses atributs moraux, et le film se contredirait, il montrerait à la foix au spectateur l'archaïsme du Sud, devenu cause nationale, et le fait que sa violence n'a pas d'extériorité), mais remarque finement que le professionnalisme de l'interprétation, la franchise des situations sexuelles (la séduction de Poitier sur Steiger au premier chef, dans la scène de cuite), correspond à ce qu'il appelle
une soif commune d'amour et de libération malgré tout. Mais la situation de racisme est critiquée tout en gardant en conservant en permancence son caractère incompréhensible et cryptique - et le plan sociologique est alors celui qui recommence sans cesse, les formes plutôt que le contenu d'une éternelle violence et d'une immédiate honte.