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MessagePosté: 07 Jan 2025, 10:16 
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Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Retombé sur les premières minutes hier soir sur Arte et je suis resté jusqu'au bout. Je ne l'avais pas revu depuis le cinéma où je me souviens avoir été un peu déçu même si le film m'avait quand même bien marqué. J'ai réalisé que j'en gardais un souvenir assez vif (j'avais juste totalement oublié cette histoire de frère). Je l'ai en tout cas revu totalement à la hausse et je ne comprends même pas vraiment ce qui m'a déçu à l'époque tant le film est exceptionnel. Je crois que j'attendais une grande fresque alors que ce n'est évidemment pas ça mais bien plus un portrait paradoxalement intimiste d'un homme entièrement mauvais, une espèce d'incarnation vivante du capitalisme rampant où tout n'est que domination, mensonge, violence et surtout humiliation. Tout le film n'est qu'une succession d'humiliation pour les personnages. Quel film sombre, quel vision du rise & fall absolument cauchemardesque. C'est ce qui est très fort dans le film, le rise et le fall sont intimement lié, pas de séquence montage pour montrer à quel point la réussite de Plainview est totale et sa richesse grandit tout n'est qu'un long chemin de croix vers l'anénantissement menant à ce dialogue final qui résume tout "I'm finished" (m'a rappelé le "qu'on n'en parle plus" de Bardamu). Toute la dernière partie, qui semble avoir été montée en coupant des bouts tant c'est sec et brut est un sommet de tragédie américaine. Le capitaliste dépravé face au religieux pathétique dans l'antre du divertissement (un bowling) où tout n'est que destruction. C'est vraiment très très fort. Beaucoup pensé à Cormac McCarthy mais aussi, ça m'a plus surpris, à Killers of the Flower Moon qui, il me semble, travaille une matière très similaire. Chef-d'oeuvre.

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 07 Jan 2025, 12:13 
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tape dans ses mains sur La Compagnie créole
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That's my boy.

L'un des plus grands films de la décennie 00, et le plus grand chef-d'oeuvre de PTA.

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Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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MessagePosté: 07 Jan 2025, 20:13 
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Son meilleur et très loin pour moi.


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 Sujet du message: Re:
MessagePosté: 27 Aoû 2025, 08:41 
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Film Freak a écrit:
Mmmm...je ne sais pas trop quoi en penser en fait.

A la sortie du film, après la dernière scène, je m'interroge encore sur ce que le film cherche à dire, à montrer, à raconter.

Hein? Mais c'est limpide, bonhomme.

Citation:
S'il s'agit d'évoquer la corruption par l'argent, le pouvoir, la religion, tout en ressassant les thématiques chères à PTA (le père, la famille, etc.), je ne trouve pas vraiment la démonstration des plus probantes.

Je sais pas trop en fait, il se peut que je sois passé à côté du truc mais j'ai pas l'impression. C'est juste que c'est peut-être un peu trop épars dans le scénario et je ne parle pas uniquement de l'inévitable ventre mou des deux tiers.

Ah quand même, j'étais pas complètement à côté de la plaque.

Citation:
Il ne s'agit pas tellement d'une question d'appréhension ou de déception mais disons que je pensais que tout le film serait à l'image de ses 10 premières minutes, muettes, aussi belles et fortes que les meilleures scènes sans dialogues du Nouveau Monde et No Country For Old Men, où seule la surpuissance de la mise en scène parle.
Ca, j'étais vraiment, VRAIMENT, à FOND dedans quoi...de l'apparition sans crier gare du titre, qui intervient comme une sentence, dès le départ, au dernier plan de la première séquence et sa musique qui sonne comme une sirène d'alarme et évidemment la suite, les premiers pas de ces pionniers, ce baptême à l'or noir, le tout jusqu'au plus beau plan du monde dans le train et même le premier monologue de Daniel Day-Lewis (et hop, après Gangs of New York, je reviens t'imposer mon gros talent de bâtard monumental en plein dans ta tronche, énormissime), pfooooo...c'est violent.

Le début est proprement incroyable. La minutie du travail manuel, d'abord seul puis en équipe, la difficulté du processus, son coût en accidents parfois mortels qui vont s’égrener tout au long du film, et cet accès simultané à un double statut de paternité, celle du gisement et celle de cet orphelin. Le plan que j'évoque ci-dessus est vraiment le plus parlant, l'un des rares moments où Daniel Plainview apparaît comme bienveillant, touché, le contact soudain du bébé tendant sa main pour caresser sa moustache créant un lien vers autrui pour cet homme seul qui sera tiraillé entre son envie d'une famille et sa misanthropie, exploitant autant son propre fils que la communauté qu'il prétend construire sur ses terres.

Je trouve le film plus intéressant, même politiquement, au travers de ce prisme que dans son allégorie finalement un peu évidente de l'Amérique capitaliste obsédée par l'enrichissement personnel même si j'aime également beaucoup ce que ce post-western travaille dans la notion d'une nation en fondation (en restant dans la Californie chère à l'auteur mdr), en la caractérisant par ses deux principaux maux, symbolisés donc par Plainview et Eli, incarnation des deux addictions létales du pays, ses deux religions, celle du profit et ce bon vieil opium du peuple, non moins mû par la soif de pouvoir.

L'ambition du film est indéniable mais je ne trouve pas l'articulation entre le professionnel et le personnel toujours très organique, sans doute parce qu'Anderson se fiche complètement de composer un rise & fall plus classique et rigoureux (absence totale de scènes où Plainview jouit de sa réussite et de sa richesse) et se concentre sur l'amertume inextinguible d'un homme sans cesse déçu par la vie et le monde (le pétrole jaillit mais son fils devient sourd, il perd un fils et gagne un frère mais qui s'avère imposteur), prêt à tuer ceux qu'il a pourtant déjà battu.

Citation:
Le reste du film ne manque pas de maestria, à commencer par les plans-séquences qui ne paient pas de mine mais te plongent dans un décor vérace, présent à 360°, au milieu d'une action qui te prend aux tripes avec explosions de gaz, geysers de pétrole, incendies éternels et la folie des hommes, qu'ils soient pétroliers ou évangélistes...

Et c'est donc le vrai reboot stylistique d'Anderson, qui s'éloigne de ses références initiales, pour d'autres certes, plus austères et contemplatives mais surtout plus digérées.

Citation:
Donc voilà, c'est parcouru de scènes fortes mais au bout d'une heure, je me demande où va exactement le film, le traitement n'est pas toujours passionnant, puis je décroche et si les dernières séquences sont plus pertinentes, il m'est difficile de pénétrer à nouveau l'univers du film.

Je vais y repenser, lire dessus, peut-être le revoir, on verra bien...

Il y a toujours un peu de ça, qui fait que ce ne sera jamais pour moi l'un des meilleurs de ce début de siècle (ni même le meilleur Anderson) mais c'est tout de même un gros morceau.

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