Tom a écrit:
Le mythe de Cthulhu, il est passionnant, mais je trouve qu'il s'insère assez mal dans les nouvelles.
Alors que ce qu'on a appelé le mythe de Cthuthlu n'a pas été conçu à priori, il n'existe pas de manière cohérente chez Lovecraft (qui se contente parfois de balancer des noms au hasard) et a été développé au fil des nouvelles (et surtout par les reprises du thème par d'autres auteurs qui ont remis plus ou moins d'ordre dedans).
Après, Lovecraft, ca n'a jamais été un grand auteur, et ce n'est pas une question de traduction - l'accumulation des adjectifs est déjà en anglais, c'est bourré de tics stylistiques, les structures sont absurdes, et ca reste du Weird tales (ce que Lovecraft assumait). C'est toujours un peu décevant, l'écriture n'est que rarement à la hauteur de l'imaginaire qui a été développé à partir de ses textes, qui est lui aussi assez daté (sorte de retour de bâton contre le positivisme de la fin du XIXème).
Kadath relève de la fantasy horrifique, et c'est un texte que bizarrement beaucoup de lecteurs de Lovecraft n'aiment pas, mais il me semble qu'on est là en plein dans son imaginaire, et plus dans la structuration de l'horreur. C'est aussi ce que je préfère, avec certains textes courts qui relèvent de l'évocation poétique, comme L’étrange maison haute sur la colline ou Nyarlatothep.
Après, il faut quand même lire
Le cauchemar d’Innsmouth, qui reste un des principaux archétypes du récit d'horreur de tout le XXème siècle, et qui est un des textes de Lovecraft qui fonctionne le mieux sur le plan de l'efficacité (l'attaque de l'hôtel, repris dans les adaptions cinés et dans le jeu vidéo, est sans doute une des plus grandes scènes de suspens de toute la littérature).
Et
le Seigneur des porcheries, c'est quand même un roman américain typique, qui sent le premier roman et le camions d'influences mal digérées... ca augurait d'un potentiel, et comparé à la prose actuelle française c'est évidemment d'un autre niveau, mais dans le paysage de la littérature américaine ca me paraît anecdotique.