Jack Barron et l'éternité - Norman Spinrad
J'avais adoré une nouvelle de Spinrad et j'ai été ravi de retrouver dans ce classique de la SF son écriture vive, intelligente, iconoclaste et en même temps volontiers mélancolique voire romantique, sur un sujet Ô combien fascinant, l'immortalité...
On est d'abord amusé, grisé et accroc à ce duel survolté entre un magnat et une vedette de la télé (et on se prend à rêver d'un tel courage chez nos veaux du PAF). Puis on sombre dans l'horreur pure et alors même l'histoire d'amour, si émouvante soit-elle, se fait écraser par les enjeux métaphysiques. Spinrad arrive aussi à éviter le manichéisme en décrivant un magnat avant tout gouverné par sa peur de la mort et non pas par la méchanceté gratuite. Il retranscrit très bien ce pour quoi le monde est tel qu'il est, dans toute sa complexe cruauté: les forts, pas si forts que l'on croit, doivent s'assurer de la complicité de ceux qu'ils dominent, sous peine d'être écrasés sous la masse de la colère populaire.
Chroniques martiennes - Ray Bradbury
N'ayant lu que Fahrenheit, je ne savais pas que Bradbury était aussi mélancolique, aussi anti-science... Il fait très clairement le lien entre progrès technique galopant et aliénation puis guerre. Son écriture est diablement poétique lorsqu'il décrit les vides magnifiques de Mars, grands espaces où se rejouent la conquête de l'Amérique et les crimes qui vont avec. Aucune nouvelle n'est mauvaise, par contre je n'étais pas à fond, il manque peut-être une histoire plus liante, je ne m'attendais pas à ce que Bradbury verse autant dans la poésie. Mais ce n'est pas un défaut en soi, c'est mon attente qui m'a trompé.
Sur la fin pour ceux qui connaissent, y a-t-il quelque chose à comprendre de plus que