Promenade de santéPépinière Théâtre
Une danseuse nympho, schizo et un peu parano et un dépressif nihiliste et alcoolo se parlent et se désirent sur le banc d'une clinique psychiatrique. Ecrit (remarquablement) et mise en scène (light) par le fils de Guy Bedos, cette courte pièce de séduction ping pong possède un charme ténu qui doit beaucoup à ses deux interprètes qui ne font pas des pataquès de leurs névroses, le très charismatique Jérôme Kircher d'abord et la jolie mais moins éblouissante Mélanie Laurent ensuite.
4/6
On purge bébé / Léonie est en avanceThéâtre du Palais Royal
Je n'avais pas vu de Feydeau depuis le très efficace Dindon à la Comédie Française, et j'appréhendais pas mal au vu de cette distribution de bric et de broc un boulevard fumeux. Et bien que nenni! D'une part ces deux courtes farces sont très bien huilées, mari aux fraises, personnages féminins castrateurs, cocufiage et familles insupportables en tête, et de l'autre celle qui tire son épingle du jeu par un art du camouflage c'est bien Christina - Terre Indigo - Reali, qu'elle trimballe un pot de chambre avec sa robe de chambre encombrée de bigoudis ou qu'elle crapahute en sage-femme vieille fille à la prothèse dentaire et aux sourcils portugais. Cassignard et Pinon ne sont pas en reste, avec un plaisir évident de jouer au seuil du cartoon, même s'il faut reconnaître que les ressorts se sont davantage sentir sur la deuxième partition et que la frénétique exubérance de tout ce beau monde tourne parfois à vide au niveau de l'écriture.
4/6
Les naufragés du fol espoirThéâtre de la Cartoucherie
Relative déception. Même si un nouveau spectacle du théâtre du soleil est toujours un évènement qui n'arrive que tous les trois-quatre ans, la façade et l'intérieur de la Cartoucherie étant relookés pour l'occasion, avec de fausses affiches de vieux films peints au mur, et que le lieu est toujours aussi beau et familial, de l'accueillante cantine au petit mot rituel d'Ariane Mnouchkine qui distribue ses couvertures aux spectateurs des premiers rangs à cause des courants d'air (elle a même remboursé les places des trois premières représentations à tous les premiers spectateurs car elle trouvait que le spectacle n'était pas encore assez prêt), même si ce spectacle librement inspiré d'un roman posthume de Jules Verne sur l'invention du cinématographe et les premiers heurts entre socialisme et capitalisme à la veille de la seconde guerre mondiale possède une ambition, un sens du détail, une confection artisanale de décors en toiles peintes et d'accessoires de belle facture, cette fresque de quatre heures tourne un peu en rond avec ses bons sentiments et ses dialogues naïfs sur l'ère des temps et les fléaux humains. Je suis bien embêté mais l'incontestable générosité de cette oeuvre qui s'agite beaucoup autour d'une grandeur thématique trop riche pour elle n'empêche pas un ennui profond.
3/6