Nous avons les machinesjusqu'à samedi au centre Pompidou
Retour du collectif des chiens de Navarre avec une nouvelle performance-happening à mourir de rire, avec ces moments totalement autres qui partent soudainement en live. Accueillant le public défroqués la bite à l'air avec des masques de carnaval, les comédiens apostrophent le public "hey salut Nadine Morano! salut mon psychanalyste!" jusqu'à vociférer avec agressivité... Puis le spectacle commence, une sorte de conseil municipal avec plusieurs associations à la monotonie irréelle, aux brainstormings débiles, avant que tout ça mute en combat de catch, en partouze martienne en bouffant de la pastèque, en délire anthropophage. Vivement recommandé!
Manonjusqu'au 13 février à l'opera Bastille
Manon transposé chez les punks par Coline Serreau, et effectivement c'est le naufrage annoncé, avec un monumentalisme dans les décors (dommage que les assistants à la mise en scène sont englués dans ce ratage car l'argent se voit sur scène) qui ne remplacent pas des coupes béantes dans le texte, avec des moments cocasses où De Grieux s'affale sur son père quand il ose à peine caresser l'épaule de Manon dans une scène d'adieu censée être déchirante. Dessay, qui manque clairement de coffre pour ce genre de rôle, s'est faite huer par un gars (salle plutôt disciplinée d'ailleurs j'ai trouvé, qui charge le spectacle plutôt dans leurs commentaires en off) et c'est peu dire qu'elle l'avait mauvaise.
Oh les beaux jours!jusqu'au 29 Mars au théâtre de la Madeleine
La mise en scène soporifique et ronronnante ne me fera pas changer d'avis sur ce monologue surréaliste d'une quinqua farfelue en fin de vie, dont la particularité est que la comédienne a le corps encastré dans le décor, au buste puis jusqu'à la tête. Le côté désespéré du texte est amoindri au profit d'un comique de bon aloi de salles MK2 favorisé par la voix de mamie confiote de Catherine Frot.
Shirley Souagnonles dimanches et lundis à la Comédie de Paris
Comme le comte de Bouderbala, Shirley Souagnon a connu les cultures françaises et américaines et s'amuse des différences culturelles entre les deux avec un jeu physique, à l'énergie, très cartoonesque, qui fait souvent mouche, en interaction permanente avec le public, passant des files d'attente des Mcdo à Georgia on my mind. Dommage que le spectacle ne dure à peine qu'une heure et que le chrono file à toute vitesse. A noter qu'elle serre la main de chaque membre du public à la sortie tel un révérend à la fin de son office. Très pêchu.
La trilogie de la villégiaturejusqu'au 12 Mars au théâtre éphémère de la comédie française
Gros casting pour l'ouverture de cette salle au français pendant la durée des travaux: Laurent Stocker, Michel Vuillermoz, Danièle Lebrun, Eric Ruf, Guillaume Galienne. La compilation des trois pièces de Goldoni souffrent d'une durée trop excessive vu le peu d'inventivité de la mise en scène d'Alain Françon, où les préparatifs de vacances à la campagne voient s'affronter mariages d'amour et de raison, bourgeoisie insouciante et aristocratie désargentée, le besoin de sauver les apparences au milieu des comères. On comprendra rapidement que ceux qui finiront heureux sont les plus bêtes, pas encore parasités par l'avidité. Une soirée charmante (même si la troisième pièce, moins dans le marivaudage et l'insouciance, ennuie un peu), très spectacle du français, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard non plus.