Billy Budd a écrit:
C'est une blague ?
Non, c'est une hyperbole.
La notion de surpopulation est martelée au grand public depuis des décennies, y compris auprès des enfants. J'en ai un souvenir très net, pour avoir grandi aux années 90 et avoir vécu à l'école les collectes de riz pour les famines en Somalie. Niveau notions pré-apocalyptiques auxquelles on a été exposés dès l'enfance, la surpopulation associée à la famine a cohabité avec celle du trou dans la couche d'ozone qui faisait psychoter nos mères dès qu'elles devaient racheter de la laque. Ce sujet là a fini par disparaître des préoccupations puisque le trou commencé à se résorber grâce à des accords et coopérations et actions concrètes internationales, avec des prédictions à l'heure actuelle encore très optimistes. Comme c'est une réussite, on n'en parle plus :
good news is no news, et ça aussi ça ne peut qu'alimenter le
dooming comme comportement psychologique.
Pour revenir à la surpopulation, c'est comme le trou dans la couche d'ozone. Ce n'était pas le cas il y a 30 ou 40 ans, mais maintenant ça ne fait plus aucun doute : il existe une chute globale de la natalité. C'est l'affaire d'encore quelques générations, donc au moins 50 ans, mais à l'heure actuelle, et même sans décimation soudaine et majeure, la population mondiale est vouée à diminuer "naturellement".
D'autre part, les croissances explosives de populations, celles qui ont vraiment changé la donne, ont eu lieu surtout dans les pays sous-développés et dans la foulée des indépendances. ONGs et interventions en matière de santé, prophylaxie, éducation, pics d'urbanisation etc. Tout ça a boosté la natalité dans ces régions car les conditions étaient réunies, mais a aussi produit à terme le ralentissement actuel des naissances (plus de capotes, plus d'agentivité pour les jeunes femmes etc.).
Pour l'instant, aucune famine récente n'a eu lieu parce qu'il y aurait trop de bouches à nourrir, même dans ces pays-là. C'était toujours dû à de l'instabilité politique, des conflits, de la mauvaise gestion etc. Rien à voir avec la qualité des sols ou quoi que ce soit d'écologique.
Donc j'ai bien conscience que la surpopulation n'est pas une question d'occupation de l'espace. Mais je pense qu'on peut faire l'effort de contextualiser cette notion, qui n'a rien de l'absolu inéchappable qui nous est présenté.