Une sorte de bio explosée de Spiegelman en recueil approfondi de ses anciens travaux et qui ressemble à une sorte d'incroyable tourbillon graphique où chaque case semble se lancer le défi d'explorer tous les recoins qu'elle peut, coq à l'âne thématique ou visuel mais où le récit intime apparaît en pointillé, sur les drames personnels d'Art ou la parution de
Maus par exemple. Du pur virtuose très excitant par ce qu'il propose, sans cesse, alors que de l'extérieur j'avais un peu peur de la boursouflure.
Pavé de chronique familiale à la finesse psychologique de dentelle, avec une galerie de portraits fouillés et profonds autour d'un clan éparpillé par le divorce très tardif de papa et maman. Dash Shaw fait preuve d'un sens du détail magnifique, du point de vue du récit ou du dessin, dans ce décor de sable dont le château peut s'écrouler à la première vague, avec un ton poétique, une façon de jouer sur le tempo par le croisement ou l'étirement des cases, qui font merveille. C'est très très bien.
Motivé par Jiko, je ne me doutais pas (même s'il le disait déjà) que le volume que me sortirait le mec de Super Héros serait si petit. Et même s'il y a un côté frustrant à ce "sommaire" d'histoires, Tony Millionaire (ouais!) ouvre les lourdes portes d'un imaginaire victorien souvent sublime à force de grandes planches oniriques voguant vers le pur merveilleux. Du genre dans lequel tu peux te replonger à répétition.
Je crois que j'en avais un 4e sous le coude mais je ne me souviens plus. Ca devait être moins bien.