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MessagePosté: 07 Jan 2015, 03:38 
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Entendu à la projo de presse : "C'est James Bond version anglaise." #journalisme #culture

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Sans grande surprise, cette nouvelle adaptation d'un comic book de Mark Millar par Matthew Vaughn n'est pas sans rappeler la précédente, Kick-Ass, ainsi que l'autre roman graphique de l'auteur britannique porté à l'écran, Wanted.

Outre le postulat de départ - un jeune banlieusard est intégré par un mentor gentleman dans une organisation secrète - on y retrouve ce ton irrévérencieux qui passe par une violence sans concessions et une exacerbation des codes du genre. Toutefois, je trouve l'exercice autrement plus efficace que dans le film de Timur Bekmambetov, qui sentait juste la gaudriole, et que dans le premier essai de Vaughn & Millar.

Kick-Ass partait d'un pitch en or (un ado sans pouvoirs s'improvise justicier) pour ne pas l'exploiter (ah bah finalement il ne ressent pas la douleur donc il a des pouvoirs) et gérait mal l'équilibre entre la semi-parodie et ses velléités plus sérieuses, au demeurant inabouties. Le film partait trop loin dans le pastiche (les mafieux relous) pour que ses scènes à vocation dramatique (la mise à mort de Big Daddy) fonctionnent.

Tonalement parlant, Kingsman est bien plus homogène, toujours fun et relativement décomplexé mais sans jamais tomber dans le je-m'en-foutisme d'un Wanted. Là où le pari semble davantage payer que pour Kick-Ass, c'est dans l'amour du genre qui transpire à chaque image du film. À l'heure où la saga James Bond adopte une approche plus terre-à-terre, Vaughn se fait un malin plaisir à rendre hommage aux aspects les plus délirants de la célèbre franchise : un gadget directement repris de Bons baisers de Russie, un clin d'oeil unissant Opération Tonnerre et Moonraker en une mission improbable, ou cette Oddjob féminine plus fatale qu'Oscar Pistorius. On jubile devant chacune de ses scènes tout comme on devine les auteurs jubiler à l'usage de certains gadgets, clairement inscrits dans les excès de la tradition Moore/Brosnan (le parapluie).

Dans X-Men : First Class, Vaughn exorcisait déjà une envie de 007 mais ici, en retrouvant Millar, le cinéaste renoue avec sa démarche quelque peu post-moderne, poussant le côté "gentlemen" de la figure de l'espion britannique - du casting de Colin Firth à la façade derrière laquelle se dissimule l'organisation Kingsman - et en l'associant à une figure à l'extrême opposé, le loubard londonien tout droit sorti d'Attack the Block. Un choix qui s'avère plus probant que ne l'étaient les héros losers de Wanted et Kick-Ass.

Je suis moins convaincu par la caractérisation un peu trop cartoonesque du bad guy, sorte de Steve Jobs maléfique campé par un Samuel L. Jackson avec casquette et cheveu sur la langue, même si j'apprécie assez les fondements de son plan ainsi que l'espèce de célébration anarchique anti-establishment du climax, indéniablement puérile dans une certaine mesure, au même titre que la scène dans l'Église du fin fond du Kentucky, mais tout de même jouissive.

Faut dire que l'action est rondement menée, avec une énergie qui m'a rappelé le Edgar Wright de Scott Pilgrim Vs. the World et The World's End (ce qui n'est pas étonnant car le stunt coordinator et réalisateur de deuxième équipe, déjà sur Kick-Ass, est le même) dans ces bagarres générales où la caméra tournoie autour des protagonistes avec des zooms numériques bien sentis pour souligner un geste.

Le souci, c'est qu'il manque clairement une scène d'action dans le deuxième acte qui s'attarde un peu longuement sur l'entraînement par trop classique du héros. Le récit du film aurait gagné à adopter le rythme non-stop de ses scènes d'action et à trancher un chouille dans ses 129 minutes. Ce ventre mou a quelque peu entamé mon enthousiasme mais je ne boude pas mon plaisir, Kingsman demeure réjouissant.

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MessagePosté: 07 Jan 2015, 09:44 
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Film Freak a écrit:
Entendu à la projo de presse : "C'est James Bond version anglaise." #journalisme #culture


Putain, c'est chaud...

Citation:
je ne boude pas mon plaisir, Kingsman demeure réjouissant.


Ah cool, et ça sort quand ?

Oh non, attends... j'ai plus le droit d'aller au ciné !

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MessagePosté: 07 Jan 2015, 15:47 
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MessagePosté: 15 Jan 2015, 10:06 
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Ce film c'est un peu la vision cauchemardesque d'un reboot de la saga James Bond par un réalisateur et des producteurs trisomiques.

J'ai trouvé ça globalement affligeant de connerie, de vulgarité, de laideur (pires fonds verts vus depuis longtemps, photo dégueue) et sans cesse à l'encontre de son propre projet. Tout est traité avec la même approche "post-moderne" débile où tout est traité sur la même ligne parodique sans aucun recul. Le film d'ailleurs peine un peu à trouver son ton. Après une première partie plutôt sérieuse, la deuxième part dans le n'importe quoi le plus débridé parfois amusant, souvent relou. A l'image du méchant le plus nul depuis Jamie Foxx dans Spiderman. Personnage totalement pas expliqué (d'où il vient, ses motivations profondes), incarné par un Samuel Jackson en streetwear et casquette avec un cheveu sur la langue qui a en horreur la vue du sang (d'ailleurs la réplique sur la tâche du tapis présente dans le trailer a disparu). Son plan est évidemment nul à chier (même si assez marrant dans les faits) et surtout son exécution totalement absurde
le mec obligé de laisser sa main sur une table pendant l'opération. What ?
Bref tout est un peu de ce niveau. L'univers des Kingsman supposé ultra classe et célébrant l'élégance anglaise est traité par dessus la jambe, les scènes d'entraînement sont super moyennes (et surtout on voit pas très bien en quoi c'est supposé en faire des super agents).

Après je cache pas qu'il y a une certaine efficacité dans certaines scènes d'action (une façon assez jouissive de filmer les combats à base de zooms, ralentis, accélérés), que parfois l'esprit absurdo-punk fonctionne et caresse du doigt ce qu'aurait pu être le film (notamment une scène improbable dans le climax)
celle de l'explosion colorée des têtes
et une violence toujours assez surprenante (mais purement théorique, quasiment pas de sang, on démembre et on décapite proprement)mais on est quand même dans un film qui se termine par
une princesse qui promet au héros une sodomie s'il parvient à sauver le monde.
Voilà le niveau. Beaucoup trouvent ça ultra fun, décomplexé etc... mais j'ai pour ma part l'impression d'un total nivellement par le bas, d'un divertissement faussement sale, faussement provoc, juste totalement bête et beauf.

Bref Vaughn c'est définitivement pas ma came, First Class restera un peu comme une anomalie étonannte dans sa carrière.

2-3/6

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MessagePosté: 18 Fév 2015, 00:21 
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deudtens a écrit:
c'est totalement gogol : j'ai adoré

Grosse surprise.



Mais tu tends tellement des perches aussi, lààààà.... :D


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MessagePosté: 18 Fév 2015, 09:49 
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C'est marrant quand j'avais écrit mon message j'avais pensé écrire un truc du style "c'est tellement con que deudtens va adorer" et puis, par respect pour l'homme derrière le forumeur je m'étais ravisé :mrgreen:.

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MessagePosté: 23 Fév 2015, 05:04 
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Typiquement le film qui mange à trop de râteliers pour convaincre complètement - même si chacun y piochera des choses différentes. Pour ma part, après un début qui prend son sujet (fut-il parodique) au sérieux - en unissant ses héros dans un drame originel et un contexte familial et social, en s'attachant au decorum british, etc. - j'ai apprécié le vrai/faux côté Bond (les gadgets, la formation des jeunes) mais j'ai été gêné par l'aspect plus bouffon de la fin
(le cheveu sur la langue de Jackson, son vomi final, les cerveaux qui explosent en petits champignons atomiques multicolores...)
, alors que tout, surtout après la scène de l'église, tendait vers un final un peu moins Mars Attack (et encore, ce dernier me semble plus cohérent dans son genre). Et tout est à l'avenant : la plupart des scènes d'action ont carrément de la gueule, mais certaines font bâclées ou bouche-trou (
le jeune héros qui dégomme les gardes par paquets de douze à chaque tournant dans la base, bof
) ; le casting (et les personnages) oscille entre les bonnes idées (Firth, Hamill, la méchante) et le loupé (Jackson, ou même Caine qui vient là juste pour claquer son accent anglais pour la milième fois, je l'aime bien mais y'a pas d'autres acteurs anglais de cet âge ?). C'est compliqué d'être à fond dans un récit qui, dans la même minute, montre
une mère soulagée de ne pas avoir massacré son enfant et une princesse scandinave réclamant une sodomie
. "This is not this kind of movie" semble être le leitmotiv, ou le mot d'excuse, en tout cas ça ne suffit pas à justifier la fin.
3,5/6


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MessagePosté: 23 Fév 2015, 09:20 
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MessagePosté: 04 Mar 2015, 23:05 
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La critique de Freak est parfaite et reflète exactement ce que je pense.

BD jouissif que ce Kingsman qui a de jolies idées comme la méchante nommée Gazelle ou la scène "artifice" qui est magnifique. Acteurs au top (j'aime beaucoup Mark Strong), c'est du bel ouvrage qui a le bon goût de ne jamais se prendre au sérieux.

Petite récréation qui ne vole pas haut mais qui est extrêmement divertissante. Dans la filmo de Vaughn, Je place ça au dessus de Kick ass mais un cran en dessous de son Xmen.


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MessagePosté: 05 Mar 2015, 11:46 
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Tous les acteurs sont bons, on sent vraiment qu'ils se sont éclatés à tourner ce film et le plaisir est communicatif. J'aime bien Colin Firth et la gazelle aussi.

En rentrant dans la salle, j'avais peur de voir un james bond à la sauce teen et je trouve que Vaughn arrive bien à détourner les codes du genre. Après, c'est pas un grand film mais du bon cinéma d'exploitation bien foutu et plein d'idées. Je trouve quand-même qu'il y a quelques longueurs et la scène du début est loupée
Je n'ai pas compris pourquoi le père d'Eggsy sauve ses collègues espions. Il se jette sur la grenade mais de toute façon l'impact de l'explosion ne les aurait pas touché, c'est pas une bombe non plus. Et ça a l'air d'une grenade classique pas comme leurs briquets-grenades qui explosent tout à 20 mètres à la ronde comme le montre l'explosion. Bref, sacrifice inutile du mec


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MessagePosté: 05 Mar 2015, 12:02 
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Art Core a écrit:
les scènes d'entraînement sont super moyennes (et surtout on voit pas très bien en quoi c'est supposé en faire des super agents).



Moi je vois plus ça comme des défis pour savoir qui a la capacité de faire partie des Kingsman. C'est un peu un entrainement mais les candidats crédibles sont sensé déjà avoir le potentiel pour être super agent. Bref, à mi-chemin entre la sélection et l'entrainement. C'est clair qu'ils ne vont pas devenir super agents du jour au lendemain, on va plus dans cette phase révéler et affiner leur capacité à faire partie de la famille.


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MessagePosté: 05 Mar 2015, 12:40 
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Abyssin a écrit:
J'aime bien Colin Firth et la gazelle aussi.


T'es un blédard en fait?! Tope-là!


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MessagePosté: 05 Mar 2015, 12:58 
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Lol.

J'invente rien, c'est le nom qu'il lui donne dans le film. D'ailleurs, grosse réussite que ce personnage totalement cartoonesque avec ses prothèses coupantes. Je sais pas pourquoi mais ça m'a fait un peu penser à Kill Bill.

L'actrice c'est Sofia Boutella. Danseuse franco-algérienne de hip-hop, elle avait joué dans le merdique Streetdance 2. Là, elle est parfaite et c'est une très très belle trouvaille de casting. Je voudrais bien la revoir dans d'autres films.

Les jeunes acteurs du casting sont tout aussi bons :
- Eggsy est campé par Taron Egerton dont c'est le premier film et il a une belle carrière devant lui
- Lancelot est joué par Sophie Cookson qui va être dans le prochain Lee Tamahori et c'est aussi son premier film

Matthew Vaughn a pris pas mal de paris sur le casting et il a eu du flair.


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MessagePosté: 22 Mar 2015, 14:52 
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deudtens a écrit:
Tiens j'ai jamais posté un vrai avis du coup :

Pour moi c'est un gros mélange de First Class et Kickass, mais genre quasi littéralement quoi, limite auto-pompage :
- remake de la scène de saut en parachute de First Class (juste le moment où ils sautent), avec la même instru et mêmes notes de musique.
- remake du plan séquence de Cage seul contre tous dans Kickass, en 10 fois plus fort.
- une ambiance générale teen/cool comme dans Kickass.

La démonstration la moins probante DU MONDE.

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MessagePosté: 30 Avr 2015, 20:35 
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J'ai été très surpris d'être franchement enthousiasmé par ce film, d'y sentir quelque chose de fort et d'assez neuf sans réellement comprendre pourquoi. Car concrètement on est dans un programme ronflant : un apprentissage prolo VS haute société des plus banals, l'identité anglaise du film peinte à traits caricaturaux et feignasses, le comique résumé à un leitmotiv consistant à faire faire ou dire des choses cash à de nobles gentlemens civilisés...

Je ne sais du coup pas trop d'où vient le panard, qui est peut-être simplement celui d'un univers fantasmé et chatoyant qu'on refuse de contrebalancer autrement que par la brutalité sèche des situations, qui lui donnent du poids sans avoir à sacrifier le ludisme. Un mélange plus frais et captivant, en tout cas, qu'une pesanteur qu'on chercherait à atteindre en désenchantant l'univers.

Une autre chose qui m'a vraiment frappé, c'est la qualité des scènes d'action. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu une action au ciné qui m'avait semblée aussi "neuve", que je n'aurais jamais ressentie et vue ainsi auparavant. Pas tant pour les zooms/dézooms et le rythme syncopé, que pour la façon dont dès elle ouvre instantanément l'espace dans toutes les directions, découvrant des angles et des configurations dans tous les sens, sensation d'ivresse et de puissance renforcée par l'emploi des plans longs qui en gonflent l'énergie. Vraiment l'impression, à chaque fois que l'action arrive, que le film devient un film "3D", exaltant et plein de possibilités, ce qui se marie particulièrement bien à la confiance gagnée petit à petit par le perso dont l'univers prolo s'ouvre soudain de milles horizons (c'est frappant lors de sa mini-scène yamakazi par exemple).

L'énergie prometteuse du film est malheureusement assez souvent minée par sa vulgarité et son imbécilité, aux relents d'ailleurs parfois nauséabonds (à commencer dès le début par cette femme digne qui, une fois le solide mari parti, se retrouve en un clin d’œil projetée pouf prolo en déchéance sans plus d'explication, raccord aussi couillu que douteux). Sans parler de la beauferie de l'ensemble (ce générique de début, cette fin...), la vulgarité tient surtout à cette façon dont le film va toujours sans broncher vers la satisfaction des pulsions de son spectateur, sans jamais y opposer la résistance de la noblesse (d'esprit, de tradition) dont il chante le prestige. Le massacre à l'église, où l'on se déchaîne soudain sauvagement sur "ces méchants sur lesquels on a le droit" avec une excuse scénaristique bien pratique (d'ailleurs pas tout de suite révélée, histoire de jouir à fond de l'ambiguité), ou encore cette catastrophe finale globale qu'on suit de manière désinvolte sur fond de musique comique, ont quelque chose d'assez dérangeant - on pourrait aussi parler de l'élévation spirituelle du jeune héros en apprentissage, qu'on nous vend à coups de citations d'Hemingway, pour lui offrir sa pute en récompense à ses efforts, qu'il vient chercher avec le sourire crâneur d'un homme enfin bénéficiaire des privilèges allant avec son héroïsme nouvellement acquis.

Bien sûr tout cela est déjà dans les James Bond, mais beaucoup d'entre eux, jusqu'à la figure de Bond lui-même, mettent justement en scène l'incongruité de cette distance froide (voire cynique) entre cette élite reptilienne obsédée par ses besoins primaires (le sexe en premier lieu) et le peuple évacué (soit laissé hors-champ, soit propriété de l'exotisme). Souvenir par exemple, dans Bons baisers de Russie, de cette superbe scène à Saint Cécile où, pendant qu'on fait la visite guidée du passé du bâtiment à un groupe de touristes, la danse des espions entre les colonnes nous montre la "vraie" Histoire ce qui se déroule littéralement derrière l'Histoire officielle. Ne plus exprimer cette distance est un parti-pris risqué, et l'idéal moral de la noblesse (ambiguïtés comprise) qu'on entend confronter au peuple bovin aurait mérité un médium un peu plus élaboré qu'une satire des riches (certes réjouissante) mettant grossièrement tout le monde d'accord. Cette aristocratie aurait aussi mérité un meilleur traitement que ce folklore clichesque (beaux costumes et accent british, basta) dont la première leçon émise ne sera rien de moins qu'un tabassage en règle dans un pub parce qu'on veut "se défouler" - leçon que l'élève devenu gentlemen reproduira à l'identique pour fermer le film et signifier qu'il en est, à présent...


Ça reste un film motivant et intriguant (qui a bien plus capté mon attention en tout cas que le X-men de Vaughn), l'un des rares à m'avoir vraiment surpris dans l'approche cette année (et ce malgré son avalanche de facilités), mais dont les problèmes me semblent quand même rédhibitoires.


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