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MessagePosté: 30 Mai 2017, 11:55 
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Inscription: 07 Oct 2012, 15:32
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Bonjour à tous,

Pas trop emballé par ce film au message lourdement asséné : l’Amérique blanche (en tout cas sa haute bourgeoisie) rêve du bon temps de l’esclavage des noirs et le film vous explique comment elle s’y prend pour le restaurer. Et méfiez-vous surtout de ceux qui prétendent voter Obama, ce sont les pires.

Ok à la limite pour le constat mais comme le disait quelqu’un plus haut, y a aucun sous-texte ici, c’est lisible au premier degré. On n’a pas besoin de creuser beaucoup la métaphore (une histoire d’horreur entre L’invasion des profanateurs et L’île du Dr Moreau) pour découvrir le pot aux roses. Amateur de subtilités, passez votre chemin.

Le massacre final, ça m’a aussi rappelé celui de Django de Tarantino, on s’y délecte de la mort de ces salauds de négriers, comment faire autrement, ils sont tellement horribles. J’ai trouvé ça assez répugnant, les sentiments que ça suscite en nous.

Parmi les maladresses du récit, celle qui m’a paru la plus criante c’est celle
de la découverte des photos où l’on comprend que la fille est dans le coup : la porte du cagibi où se trouvent les photos est ouverte. Qui l’a ouverte ? Sûrement pas un des membres de la famille : ce n’est pas leur intérêt au moment où le héros commence à sentir le danger et veut fuir. On se dit alors que ce sont les domestiques. Oui mais on apprend après qu’il sont en fait les grands parents. Elle s’est ouverte toute seule ? Un peu trop gros à ce stade du récit.

Sinon cette histoire de blancs qui veulent absolument se mettre dans la peau d’un noir pour les asservir, j’y vois comme un détournement ironique de cette idée qu’avait eu un journaliste blanc (John Howard Griffin) dans les années 60 de se faire la tête d’un noir pour enquêter sur les discriminations subies par eux. Il le relate dans un bouquin célèbre appelé justement en français : Dans la peau d’un noir. Lui œuvrait évidemment pour leur libération, pas pour leur asservissement, comme nos petits camarades du film.


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MessagePosté: 03 Juin 2017, 12:02 
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Inscription: 14 Oct 2007, 11:11
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Petite déception. Pas forcément pour la hype qui a entouré la sortie du film et qui produit souvent une attente surévaluée sur son public, mais plutôt parce que Jordan Peele s'en sort plutôt bien pendant un long moment, créant une ambiance de malaise suffisamment prenante je trouve, mais n'en fait au final pas grand chose:

Je trouve la fin franchement bâclée: le héros arrive à sortir de la maison et à s'enfuir quasiment sans résistance. J'aurais aimé un vrai duel psychologique avec la mère par exemple, alors qu'il se contente d'exploser sa tasse et de la démonter en deux temps, trois mouvements. En 5 minutes il se sauve d'un endroit où une bonne dizaine de personnes ont été victimes avant lui. Tout ça est fait à la va-vite je trouve.

Au niveau des incohérences, ce qui m'a le plus choqué perso c'est la toute fin: le mec va forcément être le suspect n°1 de la mort de toute la famille, toutes les preuves qui auraient pu le disculper crament dans la maison, c'est quasi-sûr qu'il va finir la fin de sa vie en prison alors qu'il est lui-même la victime à la base. Et Peele nous présente ça comme un happy-ending, j'ai trouvé ça bizarre.


3/6


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MessagePosté: 13 Juin 2017, 23:24 
Pas totalement convaincu (fin volontairement bâclée en effet) mais j'ai bien aimé le côté hybride, avec l'idée que la comédie sociale névrotique est finalement plus effrayante que le slasher paranoïaque . Le systematisme "blancs contre noirs" m'a gêné, mais il y a une dimension initiatique à la Alice au Pays des Merveilles qui l'atténue. Le discours sur la race et l'opposition de classe n'est pas non plus frontal et caricatural, mais habilement positionné comme le refoulé des recherches sur le transhumanisme et l'allongement de la vie subsidiées par Google et Musk, contre les programmes sociaux.

C'est aussi un film de cinéphile relativement jeune mais nostalgique, assez plaisant, dont les goûts vont dans la zone grise entre le A et le B. Ce n'est pas pour rien que l'ami qui suit l'histoire par téléphone dit "Tu es dans Eyes Wide Shut".
On pense à Romero bien sûr, mais aussi à des films comme Gattaca, Zardoz et surtout Seconds de Frankenheimer (Daniel Kaluuya a d'ailleurs un côté Rock Hudson dans son jeu) voire The Go-Between de Losey (le domaine verdoyant = le trauma enfantin qui empêche le personnage d'être un adulte) . Spellbound d'Hitchcock n'est pas non plus si loin avec la belle scène du rêve et de l'hypnose.

Le potentiel horrifique de la Porsche 924 est bien traité et cela fait plaisir de revoir Catherine Keener. "On passe un bon moment".

Par contre cela doit être le cinquième film que je vois en deux ans où, dans les premières 10 minutes, un couple renverse en voiture un daim qui est la métaphore prophètique de sa déréliction - et du meurtre de l'un par l'autre (on trouve quasiment la même scene dans Night Moves et dans Elle).
En gros l'aspect codé et référentiel du slasher, comme exercice de style, entrave un peu le film, qui est très bon (assez fincherien et chabrolien) dans la partie comédie


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MessagePosté: 27 Juil 2017, 11:35 
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Inscription: 30 Avr 2013, 08:44
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Je suis plutôt sur la ligne Art Core, pas super convaincu. J'ai trouvé ça assez anodin malgré un malaise bien construit, et les incohérences citées sont gênantes.

Un autre truc :
Le héros débourre l'accoudoir de son fauteuil pour se faire des bouchons d'oreilles et échapper à l'hypnose. Comment se les met-il dans les oreilles alors qu'il est attaché ? J'ai raté quelque chose ou quoi ?


Egalement, il est question dans le film de "la partie de son cerveau qui est reliée à son système nerveux", on parle de quelle partie exactement ? :D

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-I failed.
-Good. Now go fail again.


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MessagePosté: 27 Juil 2017, 19:41 
Je n'ai pas perçu le debourrage du fauteuil, mais il n'y a rien qui dit que le but de la vidéo soit d'hypnotiser, finalement. Au contraire elle humilie la victime en l'informant sur son sort, ainsi que les tenants et aboutissants de la manipulation.,avec un ton tenant autant du reportage que de la vidéo de famille presque baguenaudante, qui l'empêche de s'oublier. Le sujet est à la fois impuissant et condamné à une veille permanente (c'est pas pour rien que la technique de de domination la plus sophistiquée est la psychanalyse, d'ailleurs très efficace car elle met à jour un réel complexe de culpabilité chez le personnage de Chris) . Et l'ambiguïté se prolonge dans les personnages zombifiés (l'horreur est que leur ancienne personnalité n'est pas détruite et reste pleinement consciente). C'est au contraire la personne blanche qui est le simulacre qui se laisse hypnotiser par les flashes et la fille-appât qui n'a pas de personnalité, ni de voix, fixes.

L'expérience de metempsychose raciale est en fait mal conçue et foire dès le début, mais le fait dialectiquement (elle éteint l'esprit qu'il s'agit de préserver à tout prix, et fait du corps une compensation plutôt qu'un instrument permettant la toute-puissance) . En outre les grands-parents patriarches ont dû se réincarner dans leurs domestiques. Il y a un truc qui réunit les commentaires aiguisés sur les complexes des blancs de 'La Prochaine Fois le Feu' de James Baldwin et le fantastique gothique de la Maison au sept Pignons de Hawthorne.


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MessagePosté: 27 Juil 2017, 20:47 
Le scénario du film est construit autour d'une incohérence centrale, par rapport à laquelle le personnage de Chris effectue lui-même le travail d'accepter le saut de crédibilité. Comment le galériste aveugle peut-il comprendre qu'il est un photographe prometteur ? Mais cette incohérence est aussi un transfert, qui limite le présupposé racial paranoïaque du film tout en étant impuissant à annuler la violence de la situation et à s'y soustraire . D'une part c'est le seul personnage de la party avec lequel il n'a pas une conversation empoisonnée par des sous-entendus racistes, et le courant passe entre les deux. Mais d'autre part, c'est justement lui qui est le prédateur qui veut se réincarner en lui. Aveugle, il ne jalouse pas une aptitude de séduction sexuelle prêtée aux noirs, mais une sensibilité artistique individuelle et intangible. Même la personne en dehors du préjugé convoite et aliène. Le film indique dans le même mouvement un amer complexe de culpabilité, qui ressemble au racisme, mais n'est que l'impuissance artistique, et l'espoir avoué puis aussitôt refoulé d'une fraternité aveugle et discrète.


Dernière édition par Gontrand le 27 Juil 2017, 21:02, édité 7 fois.

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MessagePosté: 27 Juil 2017, 20:51 
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T'es encore bourré Gontrand.

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 27 Aoû 2017, 23:32 
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Concernant la dernière question: c'est pas un simple tirage au sort ? Une sorte de bingo ?


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MessagePosté: 27 Aoû 2017, 23:50 
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Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Ben oui
ils décident qui va avoir le droit de repartir avec le mec lobotomisé. Pareil pour les dix autres gars d'avant donc ils sont disséminés dans les familles bourgeoises alentour (et ne sont donc pas forcément à la fête)
Tu m'étonnes que deud se prenne pas la tête avec les incohérences il comprend la moitié du film :mrgreen:.

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 28 Aoû 2017, 07:42 
Dans les Cahiers, leur correspondant américain expliquait que le Bingo est typique des petits bourgeois blancs du sud. Pour le public américain le crescendo est plus fort. Ce qui est important c'est que le photographe comprenne à ce moment qu'il ne s'agit pas du tout d'une famille de grand patriciens democrates de la côte est pro-Obama, sans connaître encore l'expérience de transfert corporel.


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MessagePosté: 28 Aoû 2017, 07:50 
Oui enfin il voit que les gens viennent pour un jeu dont le père est l'organisateur


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MessagePosté: 28 Aoû 2017, 08:46 
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Le bingo est une couverture. Ils n'y jouent pas vraiment. C'est juste une vente aux enchères.

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MessagePosté: 28 Aoû 2017, 09:42 
Je ne me souviens plus où est Chris pendant le Bingo ?
Dans la chambre avec la domestique qui se met à pleurer, ou en train de récupérer de son choc après la scène de l'appareil photo (mais cela ne change pas grand chose du point de vue de la progression dramatique ressentie par le spectateur)?

C'est vrai que je n'avais pas tilté que l'ami qu'il reconnaît est peut-être mis là à dessein pour l'éloigner du bingo (de même que la charge nocturne du domestique contre lui est apparement accidentelle, mais sans doute voulue pour le pousser dans les mains de la mère et commencer la psychothérapie sans qu'il ne soit demandeur).


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MessagePosté: 28 Aoû 2017, 14:21 
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Non il est en train de discuter avec sa copine, il a envie de se barrer; c'est son amie qui l'empêche d'y assister.

Gontrand n'a pas tort sur un point :

au moins un autre personnage "dragué" par Rose est un jazzman. Donc le complexe raciste se double d'une jalousie inavouée pour une position sociale. Peut-être aux yeux du patricien, l'artiste est toujours cet usurpateur et parasite, dont il jalouse l'ascension sociale et le prestige dans la société, bien qu'il en soit également le mécène. C'est un des thèmes non abordés mais tout de même suggérés - inconsciemment - par le film.


Quand à deudtens s'il n'a pas compris que le "bingo" est en fait une sorte d'enchères,
ou de loto où le noir est attribué comme prix
, rien d'étonnant à ce qu'il ne s'offusque pas des incohérences (pas importantes ici néanmoins). Juste bizarre qu'il s'appesantisse sur cet épisode du bingo, où les règles ne nous sont pas vraiment données mais dont on comprend la finalité, et ça suffit.


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MessagePosté: 28 Aoû 2017, 15:15 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bingo
Cela a l'air de cumuler la connerie des automatismes mentaux du sudoku (ou du morpion) avec la naïveté statistique du Lotto.

Et une page dédiée à cette scène :
http://www.smash.com/get-out-bingo-scene-explained/

En fait, ils ne jouent pas vraiment au jeu (la scène relève plutôt de l'imagerie et du symbole, à la manière d'un clip, que du récit): For one thing all of the player’s cards already have ‘bingo’ scored on them, which could point to the fact that due to class privilege these people are already seen as the winners in society.

De toute manière, c'est un aveugle qui remporte le jeu, sans pouvoir y participer (beau personnage d'ailleurs).


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