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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 07 Oct 2020, 10:22 
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D'après ce que j'ai lu (jusqu'ici des passages plus ou moins importants, sans fil chronologique), le cycle du Monde Réel est plus retors qu'il n'y paraît, avec des livres écrits chacuns dans des styles différents, qui contiennent souvent une dimension de pastiche (et de réactualisation) d'autres auteurs (Flaubert, Zola, Stendhal, Balzac, voire même plus souterrainement Laclos comme le relève Barthes).

Les Beaux Quartiers ont l'air de servir à "densifier" les Cloches de Bâle pour introduire (en province) la famille des Barbentane qu'Aragon va développer ensuite, à Paris, puis pendant la débâcle de 40 (quand le volet économique, avec Wisner - très inspiré d'André Citroën, est présent dès le début). Les Cloches de Bâle (= "le bal des cloches" inconséquentes mais définissant néanmoins une structure sociale rigide, qui sont moralement prêtes à la première guerre mondiale et la préparent sans le savoir, à l'exception des flics, dotés d'une singulière super-conscience politique, et bizarrement cela renvoie quelque-part autant à Balzac dans l'art qu'à l'affaire Paul Nizan dans le réel...) ont l'air d'avoir été pensées comme un roman autonome (avec cette conclusion historique sur le Congrès de Bâle), pour devenir ensuite le premier élément d'un cycle. Chaque chapitre des Cloches est d'ailleurs un roman à part entière.

Mais il est vrai qu'il y a une dimension populiste dans ces romans. Dans les Cloches de Bâle, il y a un moment (impressionnant) ou on passe d'un style assez sophistiqué et proustien (et une analyse sociologique fine de la bourgeoisie et d'une ses franges plus opaques) à un monologue halluciné d'un personnage (indic de police et souteneur bien introduit socialement) qui exprime le thème d'un complot économique derrière la guerre (Aragon est conscient de pointer une rhétorique commune au communiste et à la droite, et sort de cette ambiguïté en donnant au personnage des allures méphistophéliques, et plusieurs identités) sur un ton qui n'est pas sans rapport avec Céline (alors que le contenu serait plutôt proche du Vautrin de Balzac). Etrangement Aragon crée un système où la politique ne peut-être un contenu explicite du roman que là où la dimension feuilletonnesque absorbe toutes les autres (elle reste ainsi , développée seule, opposée au naturalisme qui lui ne doit concerner que le social).

Les portraits de femme du livre (Diane de Nettencourt et Catherine Simonidzé) sont quand-même réussis, et la manière dont ils sont articulés (comme des phases successives d'une émancipation, partiellement ratée car le communisme n'est pas encore là) très fine.

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Mais elle ne pouvait pourtant effacer ce que Crampas lui avait dit, et tout en prodiguant ses tendresses et en faisant mine de l'écouter avec intérêt, elle entendait sans cesse résonner ces mots : Un fantôme par calcul, un fantôme pour te maintenir dans la norme


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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 09 Oct 2020, 11:44 
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Vous secouez un homme, et ses mots forment de nouvelles étoiles idiotes.

Il y a même des bouts du surréalisme ou plutôt d'écriture à la Tzara qui surviennent cachés dans la masse.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 02 Nov 2020, 18:53 
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C'est pas mal. Très belge dans le ton (alternative permanente entre le confort et de la plainte) mais pas idiot, dense et court. Superposition de trois crises (rupture avec le parti communiste, histoire amoureuse bancale avec une danoise où l'enjeu est le dépaysement permanent confondu avec la rencontre de l'autre, ce qui ne peut que décevoir, et tuberculose) par un écrivain (et très bon poète) clé de la transition entre surréalisme et Cobra. La langue est assez belle (plutôt rattachée à un existentialisme gonflé à la métaphore à la DH Lawrence, avec un côté gonzo avant la lettre), et n'a pas trop vieilli.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 12 Nov 2020, 13:26 
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Repris Aurélien. Cela met 350 pages à démarrer mais une fois le livre sur les rails c'est une tuerie.
Aurélien c'est Drieu, mais à ceci prêt qu'Aurélien dans le livre n'est pas un intellectuel. Il n'a pas d'idées, juste des sensations et des intérêts qui se contredisent la plupart du temps. Il est juste un rentier parisien (héritier d'industriels lillois) un
peu plus sensible aux questions de justice sociale que ne l'est son milieu, potentiellement à gauche, inculte mais inséré dans la vie culturelle, qu'il confond avec une classe sociale. C'est que Bérénice n'est pas la transposition d'une personne mais d'une idée (et donc elle est vouée à s'épuiser), de la fausse doctrine sociale et pacifiste du fascisme. Son cousin Edmond (Mussolini) la pousse dans les bras d'Aurélien pour détruire sa femme (qui représente démocratie bourgeoise : l'alliance du capital et de la mélancolie) folle amoureuse d'Auélien qui n'y comprend rien. Il souffre trop, est trop conscient d'être justifié (par la guerre de 14) pour être intelligent.. Le complot (il y a beaucoup de complots chez Aragon comme chez Balzac) est moins le contenu du livre qu'une métaphore de plus : grâce à lui la passivité du politique est la même chose que sa prétention à la totalité. Le complot ne permet pas de quitter le registre naturaliste et descriptif. Et pourtant malgré ce symbolisme (une sorte de dialectique historique blessée) les personnages existent vraiment.
C'est très bien construit (son personnages se souvient de la première guerre mondiale comme Aragon lui-même, depuis l'occupation, se souvient à travers lui des années 20), un sommet du roman psychologique (mais qui enterre en même temps le genre). Ça défonce Nizan et Sartre. Passage sur Picabia (Zamora) intéressant esthétiquement.

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 24 Nov 2020, 12:40 
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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 01 Déc 2020, 11:16 
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Livre de 1996, très important mais accessible, d'une part au plan théorique, avec la discussion explicite d'un rapport de filiation critique au structuralisme et , de façon plus implicite et latente au marxisme. D'autre part il vaut par ce qu'il dit de notre société, dans laquelle les notion de caritatif et d'aide humanitaire entrent forcément en concurrence avec d'autres formes de redistribution sociales. Selon Godelier elles sont issues du même imaginaire que celui qui fonde une vision plus étatiques ou légales de la solidarité, et d'autre part l'imaginaire commun est justement ce que l'histoire conserve. Il ne change pas de nature et de fonction car seule la "praxis" lui manque. Déja lui-même une interprétation, il a dès lors besoin d'être appliqué plutôt qu'interprêté une nouvelle fois.

Il est aussi intéressant de voir que la notion de gender est en partie issue du domaine anthropologique et d'essai de dégager les structures sociales sur lesquelles s'appuyait la théorie du potlach chez Mauss et Malinowski entrepris dans les années 60-80: elle caractérise l'écart entre le sexe biologique et le rôle sexuel acquis dans les rituels d'initiation, l'idée aussi de faire correspondre l'écart objet/sujet avec la différence entre l'homme naturel et l'homme social. Elle est très rivale à la religion finalement, elle implique à la fois l'idée que l'on acquiesce consciemment au fait de devenir un sujet, et inversement une certaine naturalité des rapports économiques, avec l'idée que les objets épuisent ou plutôt délimitent complètement le monde matériel donné spontanément à l'homme.

Les pages sur l'Essai sur le Don de Mauss sont remarquables. Pourquoi je n'ai pas eu la curiosité de lire cela plus tôt ?

Cela me semble représentatif d'un courant dans la recherche anthropologique française qui a lui-même été supplanté par d'autres (c'est très différent de ce qui transparaît de Descola, que je connais mal, qui marque peut-être un retour à une inspiration à la Levi-Strauss, plus esthétique et comparatiste, moins politique)

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Dernière édition par Vieux-Gontrand le 05 Déc 2020, 14:10, édité 2 fois.

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MessagePosté: 05 Déc 2020, 13:48 
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On parlait récemment de Gerard Reve à propos de Verhoeven, dont un ami m'a confirmé que c'était un bon écrivain, peu traduit en français (il m'a déconseillé son livre le plus connu, "les Soirées"/"de Avonden").

En littérature néerlandaise, je suis intrigué par Jacob Israël de Haan. Il correspond à peu près à la génération de Paul Valéry (un peu plus jeune). Il était juif orthodoxe (converti après un début de vie plutôt socialiste) et gay. Sioniste mais sensible à la situation des Arabes et critique sur certains aspects du mouvement, il gênait et s'est fait assassiner peu avant la seconde guerre mondiale par un militant de la Hagannah. On dit que c'est le premier assassinat politique en Israël. C'est assez compliqué mais on sent qu'il s'apercevait de l'intérieur que la laïcité initiale du mouvement pouvait renforcer de manière irréfléchie l'agressivité de sa doctrine nationaliste. Il fallait les extrêmes pour exprimer un équilibre impossible, qui pouvait être paradoxal et se transformer en secret.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Jacob_I ... Bl_de_Haan

On trouve peu de textes de lui, même en néerlandais (mais il y a bien des francophones qui ricanent quand on leur mentionne l'existence de Léon Werth ou Rachel Bespaloff et qui posent à l'intellectuel) mais j'ai trouvé sur le site du projet Gutenberg "Jerusalem", un recueil de chroniques, centrées sur la vie et la culture populaire des Juifs non pas sefarades mais de la péninsule arabe, très différentes de sa communauté d'origine et dont il sent qu'elles vont disparaître avec les changements politiques.
J'ai lu avec un peu de difficulté la première d'entre elles qui est superbement écrite, une langue très moderne : concise, factuelle et sensuelle. Cela fait penser à Kateb Yacine par le souffle de la langue, et à Giorgio Bassani sur le regard sur la communauté (qui touche au politique et au social dans sa part la plus nostalgique, après avoir pointé l'impuissance du désir) . Il y a une dimension rimbaldienne, en même temps qu'une grande précision dans l'observation sociale. Ce serait difficile de préserver cela dans une traduction française (langue faussement simple, qui vieillit bien à cause de cela). Mais c'est assurément un écrivain très intéressant, négligé car il provient d'une langue un peu périphérique dans la littérature européenne.

On trouve une phrase decrivant ainsi une danse d'hommes pendant un mariage
Wonderlijke windingen en wendingen van de machtelooze lijven.

En français cela donnerait : "Merveilleux tours et rebondissement des corps impuissants". C'est déjà pas mal mais on perd la musicalité de la langue et le jeu sur la répétition d'un mot à une lettre près. C'est un travail simultané de la langue et de la réalité du niveau de Beckett, dans un texte par ailleurs très précis, ironique mais respectueux envers le groupe qu'il décrit, ayant ainsi presque un intérêt anthropologique.

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MessagePosté: 10 Déc 2020, 18:57 
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Toujours étonnantes, les libertés prises par la série noire avec les textes originaux. Dans Les Mois d'avril sont meurtriers de Robin Cook, alias Derek Raymond (le nom de Robin Cook sous lequel étaient originellement publiés ses romans ayant été annexé par un autre Robin Cook, américain, lui aussi auteur de romans policiers - mais plus vendeur), la fin est carrément différente que dans l'édition américaine. Ainsi si le face-à-face final se termine par des coups de feu prévisibles, ce n'est pas le cas dans le texte en anglais.
Je me demande quel mot l'auteur avait à dire à l'époque alors qu'il bénéficiait sans doute d'une diffusion plus grande via la Série Noire que dans son propre pays - ainsi que deux adaptations de Deray et de Heynemann en témoignaient dans les années 80.


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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 14 Déc 2020, 14:34 
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Logiquement, après Aurélien, je me suis intéressé d'une part à Bérénice de Racine, d'autre part à la Comédie de Charleroi de Drieu La Rochelle. Aragon plaçant son roman entre ces deux références par un jeu de déconstruction
et renvoi hypertextuel assez sophistiqués, et même presque ludique, du moins en ce qui concerne Racine.
Bérénice est un éblouissement, dès la préface. C'est presque une comédie tant l'action est épurée, blanche,et caricaturale. La lamentation de Titus qui renverse la pièce
en réalisant qu'en s'abandonnant au récit, à son amour, il cesse d'exister. S'il se laissait jouer par la fiction il n'y aurait pas d'intermédiaire possible entre être entièrement pouvoir ou tout amour. C'est que le desir est sans résistance et transparent chez tous : il n'est que le même. La situation de la pièce est sans origine : nationalités et titres semblent crées au moment de la pièce . Mais plus les personnages s'enfoncent vers l'origine plus ils retournent vers une forme de discours (la voix de Rome qu'ils connaissent en doutant en même temps du fait qu'elle desire elle-même se manifester), abstraite, dense et parfaitement logique : le sens fonctionne comme un point zéro originaire. La royauté absolue de Louis XIV se justifie en étant la seule chose que ce sens peut tourner en dérision. Elle peut toujours être critiquée par sa propre raison qui la conditionne plutôt que par la peuple.
L'absurde qui clôture la pièce est l'injustice visible et convertie en non-sens. La critique est manifeste mais son explication hors-champ (les personnages sont conservés).

Drieu c'est compliqué et torturé, on en mesure tout de suite l'ambigüité morale et politique. Mais il y a quand-même même des pages marquantes et fortes. En le lisant à travers Aragon il est particulièrement lucide sur le traumatisme de la première mondiale : la violence devient la condition réelle de l'introspection et de l'analyse de soi. Le nationalisme d'avant-guerre fonctionne comme une raison théorique auquel on reproche de n'être pas à la hauteur de ses effets (d'où une hésitation politique appareb,e entre gauche et droite : aucun camps ne modifie l'essence qu'il a révélée).
Les pages sur le corps au combat sont étonnamment proches du Sartre de la Nausée de l'Etre et le Neant. Sartre avait du le lire. La facticité y est déjà conceptualisée, comme une découverte, erotisée et partout innommable (parce que c'est elle qui nomme le reste). Sartre semble avoir transféré ce qui chez Drieu la Rochelle est la violence de la guerre sur le domaine des objets et de la matière.

Différence paradoxale avec Aragon, chez Aragon, l'autre (la femme) peut mediatiser lui-même les valeurs pour le sujet. Il ressent lui-même l'opacité du monde. Chez Drieu il est rejeté car au contraire transparent et mediatisé par la valeur (ce que la guerre rend définitif).

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 18 Déc 2020, 12:29 
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Je viens de finir le Goncourt.
Je ne connais pas les critères exigés par ce prix, j'en avais quasiment jamais lu avant.
Et bien c'est faible.
Alors certes c'est plutôt bien écrit, mais ça reste un page turner très classique dans le style efficace, avec des chapitres courts, des personnages bien caractérisés.
J'ai l'impression que l'écrivain a essayé d'écrire un bouquin à suspense en cochant tous les passages obligés.
Et puis, vu le sujet, je trouve que le traitement est superficiel, il n'exploite pas son sujet. On reste sur sa faim.
C'est de la SF très classique, avec un clin d'oeil à Matrix et des références à la culture populaire.
Si Philippe Dick avait écrit sur le même sujet (il aurait pu, car le roman de Letellier interroge superficiellement sur la question de la réalité), il aurait su comment susciter le doute, l'interrogation, mettre le lecteur dans l'inconfort. Un bouquin de Dick ça secoue. Le livre de Letellier, est, de ce point de vue, pas dérangeant pour un sou, et sera vite oublié.
Dommage au vu du thème utilisé.


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MessagePosté: 18 Déc 2020, 13:44 
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Gnagnagna a écrit:
JAlors certes c'est plutôt bien écrit, mais ça reste un page turner très classique dans le style efficace, avec des chapitres courts, des personnages bien caractérisés.
J'ai l'impression que l'écrivain a essayé d'écrire un bouquin à suspense en cochant tous les passages obligés.


J'ai un peu l'impression que c'est le cas des 2/3 des lauréats de ces dernières années. Ce qui n'est même pas une critique en soit, certains préfèreront Chanson douce aux Bienveillantes ou à Boussole. Je ne sais pas si c'est nouveau, quand je vois par exemple le prix attribué à Un aller simple il y a 26 ans (un tout petit livre que j'aime beaucoup, mais qui fonctionne surtout par sa pirouette finale - et ce n'est même pas le meilleur van Cauwelaert).

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MessagePosté: 18 Déc 2020, 22:54 
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Pour lire les Goncourt, presque par tradition, je suis assez d'accord avec toi : au final, ce sont des "petits" romans ces dernières années, pas forcément des mauvais livres, au contraire, mais pas d'une ambition littéraire incroyable.


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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 18 Déc 2020, 23:10 
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Ces 20 dernières années, me semblent sortir du lot L’art français de la guerre, Le sermon de la chute de Rome, L’ordre du jour, Les bienveillantes. Sans doute aussi Boussole et Trois femmes puissantes, que je n’ai pas lus. Le reste ressemble vraiment à un prix du public (et comme dit plus haut, ce n’est même pas une critique, mais on attendrait parfois autre chose du Goncourt).

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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 19 Déc 2020, 10:49 
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L’art français de la guerre et Les Bienveillantes (que je n'ai pas fini)... Boussole sans doute, oui, connaissant l'auteur.


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 Sujet du message: Re: Vos dernières lectures
MessagePosté: 20 Déc 2020, 14:04 
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La Carte et le territoire c'était marquant aussi.


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