Forum de FilmDeCulte

Le forum cinéma le plus méchant du net...
Nous sommes le 13 Déc 2019, 09:43

Heures au format UTC + 1 heure




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 68 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5  Suivante
Auteur Message
MessagePosté: 17 Mar 2015, 00:41 
Hors ligne
Expert

Inscription: 25 Sep 2012, 15:31
Messages: 2130
Merci de me corriger, c'est plus approprié en effet.
On s'en fout, tout ce qu'on veut, c'est que Lyon gagne, que Bahlouli perce, et qu'on se fasse pas humilier en LDC l'année prochaine.
Mais moi, ce truc évident m'a gêné, entre des dizaines de défauts (qui n'engagent que moi et le fait que le son est pourri au studio galande).


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 05 Avr 2015, 00:44 
Hors ligne
Teacher

Inscription: 13 Mai 2010, 11:50
Messages: 11669
SPOILERS


Comme tout le monde, je suis enthousiasmé par la puissance du pitch, par la beauté mélancolique du film, par le regard respectueux sur les ados, ou par l'invention horrifique et fantastique de la première partie. Mais je partage aussi les réserves de Baptiste et Chow.

Pour un spectateur particulièrement sensible aux films d'horreur, je trouve que le film me propose une série de mises à distance bien pratiques et pas très bienvenues. Par la musique à la fois référentielle et intellectualisante, par la foire aux métaphores envahissantes (MST, fin de l'enfance...) - panier de bonbons trop offerts où le réal a du mal à s'empêcher de fourrer la main -, et enfin par la galaxie de références à la lignée horrifique (y compris ça, comme quoi) dont le film se réclame l'héritier. Par exemple, dans la séquence du climax, que fait-on de ce décor de la piscine ? Celui auquel on rattache justement mais bien trop vite, par deux lignes de dialogues, les premières escapades, les premiers émois, et dont le plan final renvoie à l'angoisse des premières menstrues collégiennes ? Pourquoi le neutraliser finalement dans le théâtre d'une énergie très "club des cinq" déconnectée des questions de désir, et dans l'écrin d'une nuit d'orage à l'iconographie confortable ? C'est assez typique je trouve d'un film qui peine, au fur et à mesure qu'il se précise et se délimite, à conserver le cap du trouble qui fait sa force : au final, tout ce que j'ai retenu de la séquence de la piscine, c'est une tentative de relecture mastodonte de la scène iconique de Tourneur, et c'est quand même un problème.

Comme pour les films de zombies, j'ai l'impression que les films d'horreur, sortis depuis longtemps d'un innocent rapport aux spectateurs des cinémas de quartiers pour être anoblis par un regard théorique, sont un peu coincés par leur inévitable capacité à provoquer du propos, qui semble les poursuivre où qu'ils aillent tel le monstre du film. Il semble de ce fait que le genre ne peut, pour y échapper, que se réfugier vers l'horrifique le plus pur, le plus primal (ce en quoi on avait loué The Descent à l'époque, que j'ai pas vu), soit à brouiller au maximum les pistes pour empêcher de clore la métaphore, et conserver son pouvoir d'évocation.

C'est en ça, je crois, que la première partie du film est davantage réussie : pas encore compris, pas encore verbalisé, même pas figuré dans la sublime ouverture, le monstre reste assez flou pour qu'on y projette des angoisses dénuées d'une dimension analytique. Les configurations du début sont d'ailleurs moins efficaces horrifiquement que poétiquement : l'ouverture qui évoque les fugues ado tragiques, puis le meurtre sadique en forme d'art abstrait, l'attache au fauteuil qui prend la forme d'un rituel archaïque... C'est ensuite, à la manière de ces différents visages que prennent le monstre, comme si le film hésitait sur son propos (pauvres ? âge adulte ? sexualité sordide ? papa ?), que l'ensemble vise trop clair et trop près pour ne pas perdre en mystère et en portée émotionnelle. Exemple le plus parlant, il me semble : cette matérialisation physique du monstre (façon homme invisible), qui passe d'une belle illusion Kaïro-esque (présence inéluctable, intime, hallucinogène) à une concrétude inutile (il aurait d'ailleurs été plus beau que les amis la croient d'eux-mêmes, pas besoin de cette "preuve").

La plus belle piste du film, celle qu'il tient plus longtemps, c'est la plus évasive : celle de la cohésion de ces ados, que Mesdinot dans sa notule des Cahiers résume très bien : "jeunesse somnambule et perdue (qui) finira tôt ou tard (par) être rattrapée par l’univers mortifère des adultes". Ces fuites d'abord urgentes et paniquées, puis rassurantes (exactement la même sensation que l'exutoire du road-movie salvateur à la fin de Massacre à la tronçonneuse) mais aussi assez amères et nihilistes, dans la voiture où l'on se tient solidaires et tristement blottis, mélancoliques, à regarder la route absurdement défiler comme dans les mauvais songes de Psychose... Là le film tient vraiment un bel enjeu.

Bon ma critique est encore plus référencée que le film, et j'ai l'impression de taper dessus d'un bout à l'autre... Malgré les défauts, et ma frustration de pas avoir été très touché émotionnellement, je suis assez content du film, notamment pour les jolis derniers plans qui m'ont cueilli comme une fleur.


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 09 Avr 2015, 13:01 
Hors ligne
Il vous dira quoi
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 04 Juil 2005, 14:39
Messages: 12035
Localisation: No soup for you!
5/6. très bon boulot sonore. Incroyable.

_________________
Image


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 09 Avr 2015, 13:17 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 26 Aoû 2014, 10:45
Messages: 818
Localisation: Une ville de merde
Tom a écrit:
La plus belle piste du film, celle qu'il tient plus longtemps, c'est la plus évasive : celle de la cohésion de ces ados, que Mesdinot dans sa notule des Cahiers résume très bien : "jeunesse somnambule et perdue (qui) finira tôt ou tard (par) être rattrapée par l’univers mortifère des adultes".


C'est vraiment par ce regard sur la jeunesse que le film s'extraie du commun des films d'horreur (même s'il est très bien mis en scène).


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 04 Juin 2015, 14:50 
Hors ligne
Titilleur
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 01 Sep 2013, 17:45
Messages: 73
Je dois dire que ce film m'a bien plu, certes il est très référencé au Carpenter d'Halloween, certes il reste dans les clous du genre teenage movie horreur gothique, effectivement de fait puritain, et manque quelques scènes un peu moins ratée que celle de la piscine, gros point noir, pour en faire un grand film.

Mais quand même les prises, la photographie, le montage et la bande-son sont badass, ces longs plans-séquences en travelling panoramique inventent un rythme de cinéma très maîtrisé, dans une belle nonchalance, une mélancolie de l'image-mouvement, ce plan-séquence de la scène d'ouverture repris quelques minutes après dans la maison dans une scène d'exposition de la petite bande familiale de teenagers, c'est quelque chose. Encore repris avec la vieille dans la high school, c'est quelque chose. J'aime aussi les quelques séquences pistes perdues coupées, lorsque Paul va voir les prostituées, lorsque Jay va sur la plage avec ce bateau à l'horizon, points de fuite incertains dans le métrage, coupures puritaines mais pas que.

Sur cette scène de la piscine j'entends la référence au Cat People de Jacques Tourneur, mais je suis pas sûr qu'elle travaille à la même puissance du hors-champ, autre rapprochement c'est que Morse a aussi une scène de piscine de quasi-conclusion dont le souvenir lointain me la ferait dire nettement plus réussie. Pourtant It Follows est loin d'être exempt de puissance du montage, outre les travellings panoramiques il y a des champs/contrechamps vraiment somptueux, aussi tout ce travail des plans sur les mains de Jay qui trouve une conclusion.

Quant à l'interprétation qu'on peut faire du film il y va du it comme dans la seconde topique de Freud, le "ça" des pulsions qui montent en puissance pendant l'adolescence, avec le mouvement oedipien d'effacement du visage de la mère (aucun plan où on le voit net et dans le champ), effondrement du cocon familial dans la banlieue pavillonnaire à Détroit par ces pulsions. Le monstre me semble surtout intérieur, matérialisation des pulsions de libido et de mort. Mais évitons la surinterprétation analytique. La séquence quand ils vont vers la piscine avec les dialogues sur la frontière entre les pavillons et la ville je sais pas trop quoi en penser, petite piscine matricielle et grande piscine politique, il y a pas mal de trucs moyens c'est certain, dans les dialogues en particulier.

J'ai aussi trouvé la fin, même si morale et puritaine, très belle dans ses derniers plans, comme quoi je peux être un gars romantique parfois.

4,5/6


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 20 Juin 2015, 21:41 
Hors ligne

Inscription: 20 Juin 2015, 21:13
Messages: 4
Salut un tous :)

Pour moi l'un des meilleurs films du genre de ces dernières années, pour dire Laurent Guido (historien du cinéma et professeur en université) nous a parler de ce film au moins 10 fois cette années dans son CM à Lille 3, d'ailleurs en allant le voir un autre de mes profs y étaient xD J'ai tellement adoré que j'en ai fait une critique vidéo pour inciter les gens à la voir, parce qu'il est passé inaperçu malheureusement !

https://www.youtube.com/watch?v=mHCvKYu6Bpg


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 20 Juin 2015, 22:28 
En ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 23 Juil 2011, 12:46
Messages: 10395
Salut à toi,

Si c'est pour nous balancer tes vidéos crispantes au possibles accompagnées de 3 lignes sans intérêt, tu t'es trompé d'adresse.

Cdlt,


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 20 Juin 2015, 22:34 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 12 Fév 2010, 02:40
Messages: 1876
Localisation: Avignon mdr
Non j'aime beaucoup ses petites anecdotes, j'aimerais qu'il continue ! Mon passage préféré c'est quand il dit que Laurent Guido lui a parlé du film au moins dix fois cette année dans son CM à Lille 3 et qu'il a vu un de ses profs dans la salle, j'ai été ému aux larmes

_________________
"PACIFIC RIM" Massinfect


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 20 Juin 2015, 22:58 
Hors ligne
Ap'héros
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 19 Juin 2007, 16:19
Messages: 14436
Localisation: Lille
Lille3 c'est une fac de branleurs.

_________________
Image


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 20 Juin 2015, 23:23 
Je suis pas convaincu par la vidéo qui me donne pas envie de voir le film, mais j'ai fait Lille 3 il y a 20 ans (pas en filmo) et la phrase "le synthétiseur était un des instruments-phare des années 80 voyez-vous" est très bonne, donc pour moi il peut rester.


Dernière édition par Gontrand le 20 Juin 2015, 23:25, édité 1 fois.

Haut
  
 
MessagePosté: 20 Juin 2015, 23:25 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 12 Fév 2010, 02:40
Messages: 1876
Localisation: Avignon mdr
Oui il peut rester sur Youtube, personne ne l'empêche !

_________________
"PACIFIC RIM" Massinfect


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 20 Juin 2015, 23:42 
Personnellement Regarder Cyprien ou Norman sur YouTube je ne peux pas, mais un étudiant qui explique où sont les caméras subjectives dans un film ça passe (et apparemment cela a l'air bien pompé sur l'histoire de la vidéo de Lost Highway).


Haut
  
 
MessagePosté: 21 Juin 2015, 13:10 
Hors ligne
Robot in Disguise
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 13 Juil 2005, 09:00
Messages: 26004
Localisation: Paris
morgancine a écrit:
https://www.youtube.com/watch?v=mHCvKYu6Bpg

"Tout est là pour que vous soyez angoissé".

Je confirme.

_________________
Liam Engle: réalisateur de comédie, publicité, série, cinéma !
Image


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 30 Juil 2015, 23:39 
Hors ligne

Inscription: 28 Juil 2015, 17:32
Messages: 5
Salut,

Ce film est flippant ! Je pensais que c’était un navet, mais il faut croire que je me suis gouré. Le concept est assez original et le long-métrage en lui-même est bien rythmé. De plus, certaines scènes m’ont carrément fait sursauter. Le fantôme du grand monsieur m’a donné la chair de poule. Il y a également celle de la vieille dame… Bref, ce film est réussi !

À bientôt !


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 31 Juil 2015, 07:37 
En ligne
Garçon-veau
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 08 Juil 2005, 15:48
Messages: 17358
Localisation: FrontierLand
LEOCINE


Haut
 Profil  
 
Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 68 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5  Suivante

Heures au format UTC + 1 heure


Articles en relation
 Sujets   Auteur   Réponses   Vus   Dernier message 
Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Under the Silver Lake (David Robert Mitchell, 2018)

[ Aller à la pageAller à la page: 1, 2 ]

Film Freak

26

2048

30 Avr 2019, 14:22

JeanJacquesSchool Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. The myth of american sleepover (David Robert Mitchell - 2010)

[ Aller à la pageAller à la page: 1, 2 ]

DPSR

21

1688

10 Juin 2014, 09:49

Karloff Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Maleficent (Robert Stromberg, 2014)

Film Freak

0

688

03 Juin 2014, 01:21

Film Freak Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Joe (David Gordon Green - 2014)

DPSR

6

1175

09 Oct 2014, 15:14

Nada Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Sabotage (David Ayer, 2014)

Film Freak

14

1403

21 Juil 2014, 15:35

Caribou Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. The Rover (David Michôd - 2014)

Cooper

12

1404

31 Aoû 2014, 23:25

Caribou Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Gone Girl (David Fincher - 2014)

[ Aller à la pageAller à la page: 1 ... 20, 21, 22 ]

Karloff

325

15736

15 Mai 2016, 04:23

Mr.Orange Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Fury (David Ayer, 2014)

[ Aller à la pageAller à la page: 1, 2, 3, 4 ]

Film Freak

51

3352

15 Mar 2015, 17:01

Karloff Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Le Juge (David Dobkin, 2014)

Film Freak

3

729

04 Nov 2014, 19:00

Film Freak Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Sin City - j'ai tué pour elle (Frank Miller, Robert Rodriguez - 2014)

[ Aller à la pageAller à la page: 1, 2 ]

Karloff

24

1918

23 Sep 2014, 08:49

Tetsuo Voir le dernier message

 


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 10 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Rechercher:
Aller à:  
Powered by phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO
Hébergement mutualisé : Avenue Du Web