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MessagePosté: 03 Juin 2026, 12:22 
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rodrigooooooo.
 
il est trop beau, il a 44 ans, une carrière impressionnante, il ne se fige pas dans une case tout identifiée, ni auteurat certifié conforme ni simili-amerloque, c’est pas un immense quoi que ce soit mais c’est mon pote.
 
alors le nouveau, j’étais content.
et c’est intéressant en dialogue avec deux œuvres.
 
la première c’est valeur sentimentale, puisque c’est globalement la même histoire, ce qui est quand même cocasse.
c’est intéressant d’imaginer les chemins qu’ont pris les choses pour que la même idée arrive à deux cinéastes en même temps – le mélange de films sur le cinéma (jeanne herry dans son q&a disait que c’était assez logique que les cinéastes parlent de ce qu’ils vivaient et connaissaient, mais qu’elle comprenait aussi que c’était saoulant les films auto-centrés pour les spectateurs) – de conflit de générations boomer vs millenials, avec le moment où les factures des erreurs commises arrivent, les erreurs personnelles et les erreurs collectives, et c’est là que j’imagine que l’idée d’un père et sa fille s’impose aux deux avec toutes les réflexions récentes sur la masculinité etc. il y a évidemment les différences de traitement, autant dû aux personnalités de l’auteur, de la culture du pays, de choix narratifs fondamentaux (ici ça se passe massivement pendant le tournage), et puis les similitudes dû aux normes actuelles. ce film-là, il est plutôt touchant même si pas particulièrement riche ni profond et, de fait, beaucoup de choses sont émoussées depuis l’année dernière. ça se regarde sans déplaisir mais bon.
 
et la deuxième c’est los anos nuevos, la série qu’il vient de faire (y a un topic dans la section série).
et c’est là que c’est le plus intéressant. parce qu’il reprend et poursuit un aspect important de son travail sur la série, c’est-à-dire des scènes très longues, quasiment en temps réel parfois, qui sont de vraies conversations humaines où on voit naître les sentiments, puis les sentiments s’exprimer, puis se confronter, puis… il utilisait le format série pour exploiter ça à fond, et ici le film commence par une scène de déjeuner très longue qui semble sortie de la série, et son point d’orgue est une scène de tournage très impressionnante, longue, tendue, réaliste. je me suis dit que la démarche avait quelque chose d’un kechiche en version scénarisée, vraiment laisser la vie prendre et s’étaler, mais tout semble parfaitement écrit, décidé. ça donne des choses vraiment très impressionnantes.
 
et très impressionnantes aussi parce que le film est donc largement un tournage – et on voit un truc qui me marque toujours c’est-à-dire le travail très concret : avoir la bonne prise, la bonne lumière, le bon mouvement, la bonne intention d’acting… ce qu’on cherche sur un tournage, ce qu’on est malheureux de ne pas réussir, et ça sur 10000 plans. et en même temps, je suis toujours frappé de voir à quel point c’est souvent absent des commentaires sur les films : les gens se prennent la tête pour trouver le bon décors, le bon angle, mille détails que personne ne relève ou n’apprécie. et j’ai aimé voir ce travail, d’autant que le sien est réussi : les prises sont systématiquement super bien, tous les acteurs top, les figurants aussi, plein de petits moments parfaits.
et à commencer par javier bardem qui est exceptionnel, magnifique, puissant, charismatique, movie star 5000, plein de choses subtiles, crédibles, touchantes, absolument spectaculaire dans la scène-clé de tournage… smash.
(assez marrant parce que la fille est beaucoup moins bien et pas très charismatique mais... c'est l'histoire, donc c'est très bien)
 
c’est un petit film, hein, ce sera oublié de tous, c’est éminemment zappable, mais c’était plein de belles choses intéressantes.


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 12:32 
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tape dans ses mains sur La Compagnie créole
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Inscription: 28 Juil 2005, 10:08
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Localisation: 26, Rue du Labrador, Bruxelles
Un peu déçu car après As Bestas et Los Anos Nuevos, j'osais espérer adorer.
Il faut reconnaître que les acteurs sont formidables, et surtout Bardem - je le trouve franchement exceptionnel, il est parfait et impressionnant (une fois de plus). Grâce à lui, mais aussi grâce à plusieurs scènes très fortes (et très bien écrites), je n'ai pas vu le temps passer durant les 2h15 de film.
Le principal souci c'est que je n'ai pas été très touché par le coeur du film (la relation père-fille), qui manque de quelque chose, dans doute un enjeu un peu plus fort. La résolution est très simple, et touchante, mais cela manque d'impact, de force, de pay-off. Cette épure et ce refus de "drama" sont bien sûr voulus, et je le respecte, mais je n'ai pu m'empêcher de penser "tout ça pour ça".
L'autre souci est d'ordre formel. C'est très bien mis en scène mais Sorogoyen a curieusement opté pour toute une série d'effets d'image qui paraissent inutiles et donc injustifiés. Tout d'un coup, on passe au noir et blanc, on change de format, on change de résolution d'image... Je n'ai pas compris ces effets qui me sont parus comme aléatoires et gratuits, ce qui a nuit à mon implication émotionnelle. Le film n'avait pas, à mon sens, besoin de ça.
Hormis ces deux réserves, le film se suit avec plaisir car, je le redis, c'est bien écrit et super bien joué, mais aussi parce que Sorogoyen nous montre les coulisses hyper réalistes d'un tournage de cinéma, loin des clichés (celui de la glamourisation, celui de l'enfer chaotique). C'est un vrai plaisir de voir ça, et Sorogoyen désacralise totalement "le cinéma" et filme le tournage comme un simple lieu de travail, là où des gens bossent, vivent, sont eux-mêmes. Les moments de vérité et de vie sont ainsi captés en dehors et en marge de ces fameux moments où le "moteur tourne" et où on y joue "l'action".

4/6

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Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 13:23 
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Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Etonné d'entendre Bégaudeau défendre le film (avec d'excellents arguments). Sinon un peu déçu aussi mais il vieillit bien.

Je sortais des merveilleuses "anos nuevos" donc j'attendais pas mal le film et ce fut une belle déception. Récit assez banal sur une relation père/fille rompue qui tente de se reconnecter grâce au cinéma, le film n'est pas avare en très bonnes scènes (la première, le pétage de plomb durant le tournage...) mais ne m'a jamais totalement emballé dans sa construction un peu trop lâche et ses effets de mise en scène ringards (ces quoi ces plans en noir et blanc on est en L1 cinéma là ou quoi ?).

Reste que Sorogoyen n'est pas un manchot et que j'aime beaucoup comme il désacralise d'une certaine manière le cinéma et le cinéaste. Alors qu'on aurait pu s'attendre à une fameuse "lettre d'amour au cinéma" ce n'est pas du tout ça. Le réalisateur n'est pas un génie démiurge, juste un mec maladroit avec des accès de violence qu'il ne maîtrise pas, un mec pas follement intéressant en fait (la scène où il regarde sa fille raconter une anecote est excellente) et le tournage n'est pas un lieu de thérapie et de catharsis mais c'est au contaire par tous ce qui tourne autour qu'il y a véritablement la vie. J'adore d'ailleurs le dernier plan qui ne fait que confirmer cette idée, ce n'est qu'après le "coupez" que le personnage rit et s'anime et trouve là sa vérité.

De belles idées donc mais il manque un crescendo émotionnel plus puissant même si on peut saluer l'absence de pathos ou de "coups de force", là encore le film me semble réussi dans ce réalisme (le tournage vu comme une minie entreprise où les moments de pause se passent avec les collègues).

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 16:33 
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Messages: 10532
Localisation: Ile-de-France
J'ai trouvé que c'était tout petit, ça ne décolle jamais et ça ne raconte rien de bien original, par contre confirmation que j'aime bien Sorogoyen et son classicisme ample et modeste, je vais essayer de rattraper ce que je ne connais pas.


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 17:51 
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Inscription: 25 Nov 2005, 00:46
Messages: 89184
Localisation: Fortress of Précarité
Si je trouve El Reino et As Bestas moyens et que la bande-annonce ne me dit rien, je tente (lol oui j'ai déjà ma réponse)?

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