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MessagePosté: 02 Mar 2026, 10:29 
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L'affiche espagnole parce que c'est la seule qui est pas maousse

Bon je me devais quand même de rattraper le César du meilleur film. Petite stat perso dont vous vous foutez royalement mais depuis l'an 2000 j'ai vu tous les César à l'exception des Vénus Beauté, les Invasions Barbares, Séraphine et Adieu les cons (les mauvaises langues diront les pires).

J'avais vu plusieurs fois la bande-annonce au cinéma et le sujet me paraissait très fort, forcément émouvant et surtout en tant que père de famille forcément ça touche une corde (qui n'y a pas pensé au moment d'un accouchement ?). Et j'ai beaucoup aimé la première partie, le traitement indirect de cette tragédie à travers le regard de cette voisine d'abord distante. C'est subtil, ça ne tombe pas dans le pathos grossier et j'ai vraiment l'impression que c'est à la bonne distance, bien aidé par ce personnage d'enfant qui dit tout ce qui lui passe par la tête, désamorçant par sa candeur la douleur d'un deuil si brutal.

Cependant je trouve que le film se perd totalement par la suite. En décidant de sauter d'ellipses en ellipses il change totalement de braquet et me semble s'égarer un peu dans un scénario qui se cherche et un point de vue qui n'est pas tenu. Soudain l'enfant disparaît totalement, le point de vue de la voisine n'est plus assumé et on se concentre sur celui du père qui cherche à se reconstruire par l'amour. Mais pourquoi cette double tentation amoureuse ? En fait j'ai compris à la fin que le personnage (pourtant émouvant) de Vimala Pons était totalement superflu. Elle ne sert que de fonction dramatique pour asséner la proposition thématique du film autour de son titre, l'attachement. Comment dans la douleur on se crée une famille de substitution dont les interconnexions sont aussi mystérieuses que puissantes.

Du coup j'ai l'impression que le film passe totalement à côté du coeur de son émotion et perd sans cesse du temps pour nous raconter des choses futiles et superflues. J'aurais trouvé bien plus fort que l'on se concentre uniquement sur la relation de cette voisine avec les enfants (par contre red flag total du tabagisme abusé de Valeria Bruni-Tedeschi qui clope comme un pompier autour des gamins, il y a vraiment que dans le cinéma français que l'on voie ça), avec le père biologique, personnage très réussi je trouve (je savais pas du tout que Quenard jouait dans le film, il a le nez pour être dans les bons coups lui). Mais en l'état je trouve ça moyen, presque un peu téléfilm, ça manque quand même clairement de cinéma dans la manière de filmer les enfants. Sinon tout le monde joue bien et le film n'est pas vraiment mauvais, mais clairement un César qui restera pas dans les annales du cinéma français.

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MessagePosté: 02 Mar 2026, 10:34 
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Art Core a écrit:
Bon je me devais quand même de rattraper le César du meilleur film. Petite stat perso dont vous vous foutez royalement mais depuis l'an 2000 j'ai vu tous les César à l'exception des Vénus Beauté, les Invasions Barbares, Séraphine et Adieu les cons (les mauvaises langues diront les pires).

Venus Beauté certainement pas.


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MessagePosté: 02 Mar 2026, 10:38 
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Alors là, je m'attendais pas du tout à voir Lohmann défendre Tonie Marshall.

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MessagePosté: 02 Mar 2026, 10:39 
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Seul film d’elle que j’ai vu je pense.


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MessagePosté: 02 Mar 2026, 11:22 
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Art Core a écrit:
Séraphine (les mauvaises langues diront les pires).
Tu pourrais etre très agréablement surpris.


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MessagePosté: 02 Mar 2026, 11:26 
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Lohmann a écrit:
Art Core a écrit:
Bon je me devais quand même de rattraper le César du meilleur film. Petite stat perso dont vous vous foutez royalement mais depuis l'an 2000 j'ai vu tous les César à l'exception des Vénus Beauté, les Invasions Barbares, Séraphine et Adieu les cons (les mauvaises langues diront les pires).

Venus Beauté certainement pas.

Et Séraphine c'est vachement bien! Avec une incroyable Yolande Moreau.

Merci Art pour le post, je copie/paste mon avis du coup:

Carine Tardieu monte en puissance de film en film. Dans un roman d’Alice Ferney elle trouve la matière nécessaire pour montrer les multiples manières de faire famille aujourd’hui, et pour explorer tous ces liens qui nous unissent. Qu’ils soient faits d’amour, d’amitié, de consolation, de tendresse ou d’affection tout simplement, peu importe l’âge, le sexe ou la situation de la personne, tout est question ici de cet attachement - titre parfait.
Le film démarre sur une situation fort tragique mais jamais il ne tombera dans le pathos dégoulinant, bien au contraire. Au contact des autres, les personnages vont évoluer, s’ouvrir, apprendre. Le scénario paraît parfois un peu dispersé mais les personnages sont tellement beaux et complexes à la fois (et jamais jugés) qu’on vibre pour eux du début à la fin, on partage leurs rires et leurs larmes, leurs peines et leurs espoirs. Voilà donc un film pas forcément parfait mais terriblement humain, qui gonfle le cœur.
La réussite du film doit bien sûr beaucoup à la qualité de son casting, ils sont tous formidables, même le gosse, et particulièrement Valeria Bruni Tedeschi, qui trouve ici son plus beau rôle sans doute.
Et que ce film soit un succès me met en joie.

Après, je suis assez d'accord que ce n'est pas un chef-d'eouvre (pour moi c'est 4,5/6) et que ce n'est pas un "grand" vainqueur, mais plutôt une espèce de consensus mou..

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MessagePosté: 14 Avr 2026, 13:37 
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il y a quelques années, qui-gon avait posté une photo de tromperie d'arnaud depleschin en légendant ça "film français : le film" et ça avait bien fait rire mon mari qui continue d'y faire régulièrement référence quand on tombe sur certaines oeuvres.

et il y a été fait référence quand on a lancé l'attachement, donc.

le film est de manière impressionnante un condensé chimiquement pur d'une identité actuelle du cinéma français, de la forme au fond, dans sa conception, absolument parfait pour les commissions et les boomers retraités qui vont au cinéma l'après-midi. le cesar est à la fois vaguement abusé et en même temps logique pour récompenser le consensus de l'époque sur l'identité de cinéma à la mode.
d'autant plus marrant qu'au début, je m'amusais à l'imaginer sous sa forme américaine, style kramer vs kramer ou ma meilleure ennemie, et ça marchait bien aussi.
et comme le dit art core, ça bascule ensuite, on pensait regarder l'histoire de valéria mais non, puis du petit garçon mais non, ça devient l'histoire de pio, puis de son histoire d'amour, mais non, non plus. en tant que spectateur, c'est d'autant plus marquant que l'intéret des storylines est très variable - la nouvelle histoire de pio dans l'absolu c'est un truc classique de famille recomposée, la spécificité passe largement au second plan.

mais ça n'est pas un défaut. c'est une caractéristique fondamentale du cinéma français à l'ère des commissions : ça n'est pas un scénario, c'est une note d'intention sous forme narrative. les scènes ne sont pas là pour raconter quelque chose, mais pour montrer et illustrer un point thématique. d'ailleurs, les quelques éléments strictement narratifs du film sont ellipsés, racontés par le ricochet puis que par le fait lui-même.

et tout ça a le mérite d'être clair puisque le titre indique clairement le thème de la dissertation narrative que constitue le film.

et c'est fait de manière tout à fait qualitative, hein. avec un soin quasi scolaire, ce qui n'empêche pas une réelle sensibilité artistique. c'est assez clair et évident pour être accessible et pas assez pompier pour permettre de se sentir intelligent en captant les illustrations.

l'entre soi de fabrication et de destination du film est aussi tout marquant autant qu'efficace qu'iconique.

c'est donc un magnifique petit instantané culturel des moeurs des csp+ urbains, ces catégories socio-professionnelles supérieures non par leur capital financier, mais intellectuel et culturel. il y a donc évidemment la profession de valeria, il y a la naturel de ces familles recomposées, des liens familiaux au delà des liens du sang, ce monsieur qui s'occupe naturellement de ses enfants et qui pleure, ces coucheries totalement randoms mais où on se demande 10 fois si "ça va ?", ces psychologisations formulées à voix haute de manière parfaitement naturelle. (même les dialogues de l'enfant, qui me semblaient totalement ratés tellement ce sont manifestement les mots d'une scénariste qui simule la candeur d'enfant pour passer ses idées d'adulte, me semblait représentatif d'une vision de l'enfant comme futur adulte dont l'enfance construit la psychologie). il y a même le témoin arabe de pio marmai à son mariage (qui n'existe pas dans le film et est juste placé à sa droite pour la scène) et les clients noirs de la librairie féministe radicale pour illustrer le confort multi-culturel strictement théorique, puisque dans la réalité tout ça est une petite bulle sociologique endogame.

ce n'est vraiment pas la forme de cinéma qui me parle le plus, je trouve par ailleurs que la mode dure un peu trop et qu'il va falloir inventer autre chose, etc. et en même temps je reconnais l'efficacité de la chose, il y a des jolies moments, tous ces personnages étaient attachants et je leur souhaite le meilleur, et c'était marrant de me dire que cette histoire aurait pu exister chez truffaut dans les 70s, ou aux usa dans les 90s, ou sous plein de formes mais là c'était un film français des années 2020 et elle a tout donné.


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MessagePosté: 14 Avr 2026, 13:47 
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"FingersCrossed: The Review"

Même si ça manque de smash, un peu.

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