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MessagePosté: 15 Aoû 2026, 15:31 
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david robert mitchell avait 8 ans à la sortie d'e.t., 18 pour jurrasik park, 22 pour le monde perdu, puis les suites de merde de jp l'ont poursuivi tout le long de sa vie adulte, comme nous tous.

c'est donc un gars de la génération spielberg, dont l'imaginaire a été lourdement marqué par ça, c'est aussi un cinéphile et ça donne ça.

en gros : la première vraie bonne suite de jurrassik ? et x jurrasik ? la fin du monde perdu, les dinos dans la vraie vie, mais en bonne et due forme ?

l'idée est absurde comme une idée de blockbuster américain, et hyper simple et efficace comme les idées de bons blockbusters américains.

la grosse ref à e.t. étant évidemment dans ce portrait de banlieue us, la vie classe moyenne us, tout ça. c'était un mode de vie représenté, célebré, exporté. une aspiration pour les peuples, en vrai. puis c'est devenu une sorte de symbole d'oppression, ça a globalement disparu. puis on est dans la crise des classes moyennes dans la plupart des pays occidentaux - on est aussi dans une crise de la natalité dans une société où, globalement, l'épanouissement n'est pas représenté comme se trouvant dans la famille. le portrait qu'il fait de ce milieu, de cette famille n'est donc pas qu'un cosplay un peu creux comme on en a vu dans les films de la génération spielberg. il y a un aspect profondément nostalgique à la chose, il y a un amour sincère de la vie de famille, des moments où on rigole avec ses enfants, il y a un authentique hommage aux adultes qui travaillent et s'organisent pour protéger leurs enfants et qu'ils puissent s'épanouir - le film est dedié à son père. j'ai aimé ce couple, ensemble, individuellement, en tant que parents, en tant que famille. c'était pas des storylines d'écriture, de l'arc au chausse-pied, c'était un vrai truc sur le mariage et la parentalité, dans ce que ça a de plus banal mais du coup de plus universel et profond. c'est dur mais c'est chouette.

il y a aussi une pureté dans l'imaginaire qui est était émouvante. impossible de ne pas l'imaginer à 12 ans inventer des histoires de ce style, impossible de de ne pas imaginer des garçons de 10 ans s'éclater à imaginer des dinosaures attaquer leur maison. le soin et le plaisir mis dans les scènes d'action est merveilleux, là encore en mode old school : point de surenchère, un concept par scène, on privilégie l'intensité "réaliste", on sait que c'est mieux quand il y a un enjeu émotionnel vis à vis du personnage attaqué (autant parce qu'on l'aime que parce qu'on ne l'aime pas et c'est chouette de le voir se faire bouffer !). vraiment nickel, fun, rigolo, j'ai sursauté, j'ai espéré qu'ils s'en sortent, j'ai vibré quand elle court. top.

j'ai absolument adoré l'aspect ludicrous de la résolution finale, totalement assumé, issu d'un imaginaire totalement enfantin, et qui offre aux adultes le plus doux des rêves. ouais l'être aimé est mort mais en vrai on va trouver un passage dans le temps et on fait on va revenir juste avant qu'il meure et comme ça on pourra vivre encore plus heureux, soulagés et riches de ce que nous a appris cette épreuve. tkt.


c'est un petit film, dans l'absolu, heureux d'être ce qu'il est. davis espère sûrement que ce sera le film préféré d'une version de lui à 13 ans qui vit en ce moment quelque part, puis gardera une place spéciale dans son coeur. ça en aura une petite dans le mien. c'était fun, émouvant, nostalgique pour la société - c'était pas mal la vie de classe moyenne dans les oak street - , pour le cinéma - c'était pas mal ces blockbusters pas totalement débiles - et pour lui-même - c'était pas mal d'être jeune.


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MessagePosté: 15 Aoû 2026, 20:26 
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Je ne sais pas s'il m'est arrivé d'être hameçonné par un film aussi rapidement qu'avec The End of Oak Street. J'étais déjà chaud à l'idée de voir un blockbuster amblinien par un réalisateur dont j'ai aimé les trois précédents films, produit par un autre cinéaste que j'apprécie, mais c'est en entendant les premières notes de la BO signée Michael Giacchino, vraisemblablement le go-to guy actuel pour imiter les sonorités de John Williams ou Jerry Goldsmith, que mon cerveau a instantanément réagi comme pour dire "ils ont tout compris". C'était pavlovien.

Mais n'est-ce pas un problème?

Ca pourrait si David Robert Mitchell n'en était pas parfaitement conscient or ici cela informe tout le film, de son concept même jusqu'à sa fin à moitié abusée.

Au premier niveau de lecture, la proposition principale de The End of Oak Street est déjà joyeusement ludique, comme un Denver le dernier dinosaure qui tournerait mal, offrant ce spectacle surréaliste et réjouissant de dinosaures évoluant au sein d'une normalité rockwellienne (et que Mitchell filme régulièrement de manière subtile, même après la révélation, une queue apparaissant subrepticement à l'arrière-plan entre deux maisons, une forme écailleuse - et plumeuse! - entrevue derrière les feuillages au fond du jardin) et transformant plus que jamais l'environnement cher aux réalisations et productions Spielberg en véritable terrain de jeu, arène d'un survival pur et dur (c'est même plus sanglant que Jurassic Park). Et quel putain de bonheur que cette mise en scène royale qui navigue à la perfection dans ses décors, qu'il s'agisse des étroits intérieurs (oner dynamique dans un vestibule, découpage tendu d'une pièce à l'autre et d'un étage à l'autre) ou de l'espace offert par la banlieue, ses rues, ses toits, son labyrinthe de maisons et de jardins identiques.

Un soupçon de métatextualité s'invite déjà dans cette idée, substituant la banlieue quadrillée aux jungles hostiles généralement traversées par le genre, et c'est un peu tout ce que le film raconte en exacerbant les codes de ses influences : peut-on survivre à la vie de banlieue (et, par extension, à la vie de famille nucléaire)?

Après une relecture naturaliste du teen movie en guise de premier long, l'artiste a surenchéri dans sa manière de revisiter les genres et les décennies de façon plus ou moins subversive. Ainsi It Follows rejoue Halloween et les slashers des années 70 en faisant du sous-texte sur la mortalité associée au sexe le thème même du film (survivre à l'adolescence) et Under the Silver Lake voyait un millénial s'improviser enquêteur de film noir pour trouver du sens dans la pop culture des '90s (survivre à la première rupture). Ce n'est donc pas simplement par geste fétichiste que Mitchell situe son dernier opus l'année de la sortie d'E.T. et Poltergeist, ce dernier étant autant la pierre de Rosette de The End of Oak Street que ne l'est Jurassic Park. En un sens, les cinéphiles comme moi, de la même génération que le cinéaste, nostalgiques du cinéma de leur enfance, aimeraient bien revenir en arrière...et c'est exactement ce qui arrive à ce quartier de banlieue pavillonnaire, renvoyé tout entier (exacerbant le caractère iconique du décor), tel Marty McFly, dans un passé auquel il est résolument inadapté.

Mais même avant ça, c'est un film de gens coincés dans une image du passé. Et pour la première fois, Mitchell s'intéresse aux adultes.

J'ai été surpris de constater que la toute première scène du film durant laquelle le format passe du 2.35 au 1.90 de l'IMAX numérique ne concernait pas une scène fantastique mais cette scène où le désir d'échappatoire de la mère interprétée par Anne Hathaway (MVP 2026) est évoquée par sa voisine éditrice. Mitchell souligne le sens de la séquence doublement, en agrandissant l'image donc mais en ayant également recours à un split diopter qui superpose alors la netteté de l'avant-plan et de l'arrière plan, le visage de l'héroïne et l'image d'Epinal de l'Americana qui la tient prisonnière.

La caractérisation des personnages paraît délibérément limitée aux archétypes (et je me demande si quelques coupes n'ont pas été opérées) pour aller au plus vite au cœur de l'intrigue (et pour s'en amuser aussi, cf. l'issue de la sous-trame sur le crush du gamin, qui renverse les clichés pour le coup), les présentant séparément pour mieux les réunir. Une fois de plus, le split diopter vient servir d'outil narratif pour rapprocher les différents membres de la famille qui viennent littéralement de s'enfermer chez eux, les uns avec les autres. La métaphore amenée par le concept est à peine voilée, la mère l'explicite presque dans une de ses confrontations avec son mari (et oui, il y a un couple en crise, autre héritage spielbergien). C'est l'histoire de personnages coincés dans leur maison de banlieue et qui vont devoir s'en échapper pour survivre à la vie de banlieue pour y revenir vainqueurs, guéris, réunis. C'est très simple comme déroulé et comme arc mais ce que ça raconte de la parentalité, dans cette façon de se retrouver dans l'épreuve et pour ses enfants, est plutôt juste. L'intimité du récit, était présente dès le titre : c'est pas la fin du monde, c'est la fin d'Oak Street et peut-être plus précisément de cette famille, du fait de vivre ensemble, dans cette maison, si papa et maman divorcent.

A ce titre, la fin, notamment dans ce qu'elle implique tacitement, m'apparaît presque aussi satirique que celle de Retour vers le futur, avec son idéal reaganien
(et aspirations littéraires concrétisées en un livre inspiré des événements du film incluses!)
, comme si Mitchell cinglait la possibilité de cette conclusion tout en assumant ses pay-offs les plus "hollywoodiens" (le chien wesh). Encore une fois, comme ses précédents, c'est un film conscient de soi, de sa relation avec tout un pan de la pop culture, qui s'en amuse tout comme il l'assume, pour mieux parler, une fois de plus après The Myth of the American Sleepover et It Follows, en moins spleenesque et plus mainstream mais non moins personnel, du dédale de la banlieue qu'il faut parcourir pour ressortir grandi.

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