Nijal a écrit:
Qu'a apporté "Alix" à la bande-dessinée?
Tout d'abord, il ne faut pas oublier que "Alix l'intrépide" est paru en 1948; c'est donc le premier véritable péplum en BD, rien qu'en cela il pourrait paraître novateur. Le dernier "très bon" album date de 1983. Entre les deux, des albums qui se ressemblent, mais ne se répètent pas.
Ce qui caractérise Alix et en fait une BD originale (tout du moins dans les années 50), c'est, qu'avec "Blake et Mortimer", c'est une des seules BD où l'effort de documentation a été porté aussi loin, aussi bien sur le plan géographique qu'historique et ethnologique (malgré certains "délires" comme "l'Ile maudite").
Alix, ce n'est pas seulement "l'aventure à papa bien sage"! Certes le modèle du héros modèle de droiture et d'honnêteté paraît aujourd'hui désuet. Mais la série, à côté des albums d'aventure pure (la griffe noire, le sphinx d'or) comporte une réflexion sur le pouvoir (La tiare d'Oribal, Iorix le Grand, l'empereur de Chine), la religion (le tombeau étrusque, le dieu sauvage), la rapport à l'autre (la tour de Babel), des sujets de psychanalyse (le fils de spartacus, l'enfant grec surtout).
Et comment définir cette mélancolie amère et pessimiste qui se dégage d'albums comme "la tour de Babel" ou "l'empereur de Chine"!
Bref, "Alix" est bien plus que la série qu'on caricature volontiers pour sa narration désuette.
Hum, je ne sais pas quoi te répondre à ce stade. Oui Alix est très documenté et c'est le premier du genre. On peut porter ça à son crédit même si je trouve que c'est pas grand chose finalement et que ça ne dit rien de sa qualité (ça n'est pas mieux qu'un Flash Gordon par exemple, pourtant pas très documenté sur le futur).
Ensuite tu fais une liste des thèmes abordés, je veux bien te croire, et tu me parle de ce que te fait ressentir cette série, ok.
Je reste sur ce que je disais plus haut, qu'Alix dans la production de l'époque n'est pas inventif, que son style est ampoulé, que les décors et les détails sont parfois indigestes, que tout ça est froid et rigide, et qu'au milieu du bouillonnement dans le médium des années 60, Alix fait figure de vieux réac étriqué.
Que Jacques Martin continue jusqu'à nos jours sans avoir jamais évolué, en faisant du Alix comme si le monde s'était arrêté, ça me fait l'effet d'un type besogneux, et c'est exactement ce que me renvoient ses dessins et ses histoires qui me sont toujours tombés des mains.
Je sais pas si on peux se comprendre à ce niveau. Si je veux du peplum, je relis Les Olives Noires de Guibert et Sfar ou le Péplum de Blutch. Si tu vas voir de ce côté là, peut être que tu comprendras le gouffre qui me sépare d'Alix aujourd'hui.