Petit retour sur mes séries américaines préférées du moment (pour faire plaisir à Nijal).
PROMETHEA tome 6 de Alan Moore et J. H. Williams III, chez Panini Comics
Moore n'est jamais aussi bon que lorsqu'il mélange sa science ésotérique à une certaine efficacité pulp. Depuis deux tomes, la série ressemblait à un cours sur les symboles, la magie et la kabbale illustré, très lourd et indigeste. C'est la grandeur de Moore de se permettre se genre de tunnel (cf l'exposé en calèche de From Hell) mais c'est aussi assez pénible lorsque ça prend trop de place, qu'on en oublie le récit et les personnages.
Là, retour en force de l'histoire, on raccorde la plupart des arcs narratifs et on reprend avec plaisir les aventure de la déesse de l'imagination.
Preuve du nouvel intérêt de ce tome pour l'aventure, Moore se permet un cross-over avec son personnage Tom Strong (personnage pulp s'il en est).
Graphiquement c'est toujours aussi kitsch et magnifique, principalement structuré en doubles pages très généreuses de la part du dessinateur (impossibles à scanner), construites comme des petits objets précieux et sinueux qui tiennent autant du labyrinthe narratif que de l'illustration.
Et aussi
LA VIE... A QUEL PRIX ! de Neil Gaiman et plein de dessinateurs, chez Vertigo.
Sympathique spin-off de la série des Sandman qui se concentre sur le personnage de Death.
Un bon cru, qui montre encore une fois l'attention de Gaiman pour ses personnages, et son talent de conteur. C'est toujours aussi agréable d'être face à un comics premier degrés (on n'est pas dans le post moderne des super héros d'aujourd'hui) qui se permet de développer un univers personnel et une certaine poésie des situations et des personnages.
Alors c'est court, plutôt mineur, mais de très bonne qualité. Le dessin ne fait pas le malin, complètement au service de l'histoire, un peu daté (début des années 90) et plutôt élégant.
Avec en fin un "récit" autonome surprenant, un monologue de Death sur la prévention du sida dessiné par McKean. Gaiman se sort bien de la commande, humour et information, et on est amusé de ce saut dans le temps, vers une époque où la prévention est à ses débuts (donc tout est assez naïf, qu'est ce que le préservatif etc...).
Avec une apparition drolatique de Constantine en mannequin de démonstration qui me fournit mes cases de sexe (safe) pour faire vendre mais informer aussi (on est marchand mais citoyen quand même).
