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MessagePosté: 16 Mai 2010, 14:04 
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Tom a écrit:
Pour Kechiche, et ce dont tu parles de manière générale, j'ai l'impression que c'est globalement le problème du cinéma naturaliste. Objectivement, c'est une série de procédés inattaquables, mais tous les efforts de découpage ne courent finalement qu'après la recherche d'un mimétisme parfaitement abouti (avec certes ce que ça implique d'astuces, de travail, et d'intelligence pour recréer cette impression de réel), et non après le besoin d'en faire émerger, par des choix de mise en scène, des idées et une vision du monde qui découlent de la forme comme par épiphanie. En gros, on pose dans le film une idée déjà toute prête, et on essaie parallèlement de rendre ce qu'on filme le plus réaliste possible, en partant du principe bizarroïde que si le tout a l'air "vrai", ça cautionnera du coup forcément le message qu'on a posé à l'intérieur (que ça le transformera en "preuve", puisque par la forme on lui a donné toutes les apparences du naturel). C'est le genre de démarche qui m'irrite chez Loach , par exemple, qui croit qu'en montrant une série de méchants flics et en leur donnant un air diablement naturel/documentaire, il va par-là même me prouver que les flics sont méchants...


Mouais. Je ne suis pas certain que Kechiche fasse du cinéma à message. Je disais que sa mise en scène ressemblait plus à une captation qu'à un découpage réfléchi, c'est vrai.. mais je pense aussi que son découpage, il le fait déjà lors de l'écriture de ses dialogues. Il est plus à rapprocher de Guédiguian que de Loach, qui lui est un véritable cinéaste plastique, même si celle-ci est relativement invisibilisée. Le découpage de Loach est précis, sa mise en scène est remarquable et toujours pensée (autant qu'un Tavernier). J'aime tous ces cinéastes, perso, j'aime leurs forces distinctes et complémentaires, j'aime le fait que chacun tente une approche pour arriver au même but : servir une histoire réaliste, servir des personnages crédibles, servir un public émotionnellement impliqué.

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MessagePosté: 16 Mai 2010, 15:06 
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Je n'ai jamais répondu à ce top, et je trouve ça archi compliqué.

Je vais tenter de prendre les 10 cinéastes vivants qui me nourrissent le plus actuellement, et pour chacun prendre le film le plus emblématique de cette inspiration.





CASINO de Martin Scorsese (1995)
Scorsese reste mon cinéaste préféré, parce que le plus proche de la définition que je donne à la mise en scène, et le plus prolifique en terme d'inspirations diverses. Il a été aussi le guide de ma cinéphilie et m'a poussé à devenir éclectique, ce que j'étais loin d'être en commençant à m'intéresser au cinéma. Casino est particulièrement emblématique de son savoir faire dantesque, c'est une Bible, tout y est. S'il ne fallait ne garder qu'un film pour apprendre le cinéma, ce serait celui-là (que ce soit d'un point de vue écriture sur le scénario, la narration, ou technique, avec le montage ou la photographie). Un léger cran en dessous, il y a le JFK de Stone. Si Stone avait mieux réussi les scènes de famille dans son film (Sissy Spacek est assez gadget), il aurait peut-être pu le faire vaciller.

HEAT de Michael Mann (1995)
J'aime toutes les tentatives HD récentes du cinéaste, son exploration des ambiances nocturnes, sa captation du soleil de Miami, le mélange film d'époque et technologie numérique de Public Enemies. Mais son maître étalon reste Heat. La maîtrise du découpage, ces ambiances de pure testostérone, la plongée dans ces destins qui se percutent, l'inexorabilité de l'entreprise. C'est un mastodonte ce film. Avoir réalisé mon mémoire dessus ne m'a permis qu'à effleurer la bête... récemment je le redécouvre en Blu Ray. Sublime. Vivement que Révélations sorte à son tour.

IRREVERSIBLE de Gaspar Noé (2002)
Le film qui correspond à ma philosophie du cinéma : il faut que la technique soit légère, et que de cette liberté retrouvée, l’image puisse respirer et s’envoler. C’est une philosophie que l’on pourrait rapprocher du mouvement danois de 95, le Dogme, qui revenait à une certaine simplicité de la technique, qui tendait à se débarrasser de la lourdeur du cinéma, avec son côté ampoulé, l’usine à gaz avec 20 machinos sur le plateau etc., mais que Noé a encore abrogé de certaines restrictions. Aujourd’hui, parce qu'il fait confiance à la technique et à la post-production, et qu’elles lui permettent d’être totalement perfectionniste jusque dans le moindre détail, il se retrouve sur le plateau avec énormément de liberté, dans la narration et la mise en scène. Et puis le film reste une expérience inoubliable en salles, et un film puissamment organique à se réinjecter de temps en temps. Pour moi ça agit comme un coup de fouet, ça me redonne envie de faire du cinéma, ça me booste chaque fois.

CACHÉ de Michael Haneke (2005)
Haneke m'a chaque fois, film après film, un peu plus tué avec sa mise en scène. Trop puissante, trop intelligente. Écrasante. Mais brillante, pas ostentatoire, et parfois même rebutante. Moi qui écrit sur un thème où la violence joue un rôle essentiel, je me suis penché vers ses films pour réfléchir, pensant rejeter un cinéma trop froid ou trop démonstratif... et j'ai été happé par son magnétisme.

L'IMPASSE de Brian De Palma (1993)
Peut-être formellement le plus excitant de la liste, c'est dire mon amour pour ce film. De Palma reste une influence indétrônable en termes de mise en scène plastique.

LA NUIT NOUS APPARTIENT de James Gray (2007)
Little Odessa était déjà un 6/6 scotchant. Gray possède ces talents de mise en scène et de narration parfaitement impériaux. Il est la preuve vivante que le cinéma ne s'est pas arrêté le jour où Il était une fois l'Amérique de Sergio Leone est sorti sur les écrans... Il est porteur de beaucoup d'espoir, car il sait parfaitement doser les vieilles recettes de narration, y insérer de la modernité baroque, puiser dans le classicisme et à la fois proposer une mise en scène parfaitement modèle.

LES PATRIOTES d'Eric Rochant (1994)
Le film est un modèle de réussite quasiment inatteignable en France. Il est aussi l'oeuvre d'un cinéaste meurtri, complètement écrasé aujourd'hui par ses échecs au box office, comme entamé dans ses profondes aspirations et touché dans son talent. J'aurais pu mettre LA HAINE de Mathieu Kassovitz (1995), tant il a été longtemps un modèle, et tant Kassovitz s'est révélé par la suite (mis à part Assassin(s)) condamné à décevoir. En 1995, Rochant et Kassovitz pouvaient devenir des cinéastes. Aujourd'hui, ce ne sont que des réalisateurs.

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN de Steven Spielberg (1998)
Spielberg, c'est en moyenne un film sur deux. Quand ça marche, c'est souvent du 90% d'implication pour moi (Munich, Minority Report). Mais celui là est à 110%, comme Duel , Jaws, Indy I et III et Schindler. J'adhère totalement, et cette mise en scène reste le top du top, impossible de faire mieux. Impossible. Cuaron s'en approche le plus avec Les Fils de l'Homme lors de certains passages, mais je pense que Spielberg a été touché par la grâce sur Ryan. Tous les choix étaient les bons, le regard était novateur, et en plus le casting et le scénario étaient outrageusement au niveau de cette excellence...

FRANTIC de Roman Polanski (1988)
J'ai longtemps pensé que Polanski avait la mise en scène qui me parlait le plus, qui me correspondait le mieux. Je sens une grande osmose entre ses mouvements de caméra, ses compositions de cadre et mes tripes :wink: . Il sait me remuer et me mettre parfaitement à l'aise. Reste qu'il n'y a pas UN film qui représente ce bien-être, c'est un spectre qui s'étale sur sa filmographie, très décevante depuis La Jeune fille et la mort, que j'adore. Ça aurait pu être Chinatown, ou Cul-de-sac.. je choisis Frantic, dont la fin est foirée, mais qui est une perfection pendant près d'une heure et demie. Si un jour j'ai l'occasion d'en faire le remake... ce serait extra.

PARIS, TEXAS de Wim Wenders (1984)
Le plus beau film du monde. Ça aurait pu être La Ligne rouge de Mallick, mais je préfère celui-ci, la photographie y est plus crue. Une grande inspiration pour faire de la composition de cadre, faire des photos, et voyager, aussi.





Les autres cinéastes français encore en activité qui m'inspirent énormément : Jacques Audiard, Bertrand Tavernier, Xavier Beauvois, Laurent Cantet, Abdellatif Kechiche, et dans un moindre mesure Cédric Klapisch (Patrice Leconte est malheureusement sorti de cette liste depuis 10 ans).

Les autres cinéastes étrangers encore en activité : Lars Von Trier, Robert Zemeckis, Paul Thomas Anderson, Peter Weir, Amos Gitai, Oliver Stone, Fernando Meirelles, M. Night Shyamalan, Quentin Tarantino, Alfonso Cuaron, Alejandro González Iñárritu, Steven Soderbergh, Spike Lee, Terrence Malick, les frères Coen, James Cameron, Paul Verhoeven.

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MessagePosté: 16 Mai 2010, 17:45 
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Je me permets de commenter un peu, puisque tu commentes ton top.

Z a écrit:
HEAT de Michael Mann (1995)
...

Il faudrait sans doute que je le revois (en HD !) mais quand tu parles de testotérone je trouve qu'il l'est au contraire largement moins que ses autres films, même moins que Public Ennemies qui saoulent pourtant pas mal avec Cotillard.
La relation qu'a De Niro avec sa compagne et Val Kilmer avec Ashley Judd m'a quasiment autant marqué que le braquage de banque. Mais là je ne peux pas vraiment développer car je ne suis pas très bon dans cela.


Citation:
IRREVERSIBLE de Gaspar Noé (2002)
Le film qui correspond à ma philosophie du cinéma : il faut que la technique soit légère, et que de cette liberté retrouvée, l’image puisse respirer et s’envoler.

J'ai le sentiment inverse. Je le sens lourd de sa forme.
D'abord moi quand je vois un plan séquence, plus le temps s'étire et plus je "sens" le gars qui galère avec sa grue, les acteurs qui ont du apprendre par coeur leur texte, l'ingé son qui galère sa race,... Je suis complètement déconnecté du film.
Je le subis plus comme une prouesse narcissique du réal et un refus de "couper" que je ne comprends pas au cinéma. Enfin là je parle de plan séquence vraiment long et à répétitions, comme ceux de ce film.
Et ce n'est pas les mouvements de la caméra qui se fascinent du moindre truc malsain qui m'ont aidé à alléger ma peine.

Ce qui sauve la forme chez moi, c'est la puissance de l'intrigue, racontée dans le sens inverse. Terrifiant.

Citation:
Et puis le film reste une expérience inoubliable en salles, et un film puissamment organique à se réinjecter de temps en temps. Pour moi ça agit comme un coup de fouet, ça me redonne envie de faire du cinéma, ça me booste chaque fois.

Néanmoins je ne peux que être d'accord. J'en parlais hier comme une "bouffée d'air frais", je crois que c'est un peu ça. Le film est riche, que je sois à fond dedans ou pas.

Citation:
CACHÉ de Michael Haneke (2005)
Haneke m'a chaque fois, film après film, un peu plus tué avec sa mise en scène. Trop puissante, trop intelligente. Écrasante. Mais brillante, pas ostentatoire, et parfois même rebutante. Moi qui écrit sur un thème où la violence joue un rôle essentiel, je me suis penché vers ses films pour réfléchir, pensant rejeter un cinéma trop froid ou trop démonstratif... et j'ai été happé par son magnétisme

Je connais mal Haneke, je croyais que Festen était de lui (/gifle) et comme ça m'avait ennuyé je n'ai réitéré l'opération qu'avec le Funny Games U.S. qui m'a endormi.
J'ai le Ruban Blanc dans mon disque, il faut que je retente.

Citation:
L'IMPASSE de Brian De Palma (1993)
Peut-être formellement le plus excitant de la liste, c'est dire mon amour pour ce film. De Palma reste une influence indétrônable en termes de mise en scène plastique.

Le genre de film où je me sens con, j'ai vraiment beaucoup aimé mais je ne le mettrais jamais dans mon top, ni même en premier chez De Palma.
Je ne "comprends" pas ce qu'on lui trouve.

Par contre pour celui là :
Citation:
LA NUIT NOUS APPARTIENT de James Gray (2007)

Oui.

Citation:
LES PATRIOTES d'Eric Rochant (1994)
Le film est un modèle de réussite quasiment inatteignable en France.

Je n'ai vu aucun de ses films :?

Citation:
IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN de Steven Spielberg (1998)
...

Bon c'est bon, il a cité au moins un Spielberg.

Citation:
FRANTIC de Roman Polanski (1988)
...

Pareil j'ai pas vu, j'ai Chinatown qui m'attend car j'avais lu ici que c'est considéré comme "le" meilleur Polansky.

Citation:
PARIS, TEXAS de Wim Wenders (1984)
Le plus beau film du monde. Ça aurait pu être La Ligne rouge de Mallick, mais je préfère celui-ci.

Ah ouais quand même. Je note.


Désolé d'avoir...tout commenter.


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MessagePosté: 16 Mai 2010, 18:20 
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Citation:
Z a écrit:
HEAT de Michael Mann (1995)
...

Il faudrait sans doute que je le revois (en HD !) mais quand tu parles de testotérone je trouve qu'il l'est au contraire largement moins que ses autres films, même moins que Public Ennemies qui saoulent pourtant pas mal avec Cotillard.
La relation qu'a De Niro avec sa compagne et Val Kilmer avec Ashley Judd m'a quasiment autant marqué que le braquage de banque. Mais là je ne peux pas vraiment développer car je ne suis pas très bon dans cela.


Tout à fait. J'ai vanté bien des fois à mes amis la présence essentielle que tiennent les femmes dans ce film. Je ne le réduisais pas à un univers masculin. Ici tout s'articule autour de tous ces couples. Dans mon dossier pour Filmdeculte, j'avais écrit ceci à propos du personnage Mannien : "Une issue fataliste qui découle d'un chemin de croix inévitable, où le héros a continué coûte que coûte, parfois à raison, souvent à tort, courant à sa propre perte, avançant vers un néant final vertigineux, pour rarement y trouver la rédemption, du moins pas aussi souvent que dans les films de Scorsese. Et dans la tempête de leur vie, tout disparaît, y compris les femmes. Du Frank du Solitaire au Mohammed Ali de Ali, en passant par le Jeffrey Wigand de Révélations, les Neil McCauley et Vincent Hanna de Heat, ou encore Will Graham du Sixième Sens, tous se trouvent devant l'évidence qu'il faut avancer seul vers son destin, se détacher de ses biens, de sa maison, de ses proches, de ses enfants, et même de sa propre compagne, pourtant autrefois synonyme de paix et d'achèvement. Une conduite suicidaire, murée dans le silence ou la réplique rare, épreuve sine qua non du héros macho et endurci, qui traverse un désert de solitude pour trouver son reflet au bout du parcours, et s'apercevoir qu'il est devenu ce qu'il s'était juré de ne jamais devenir." Et ici c'est on ne peut plus vrai. C'est même ce qui retourne les tripes lorsque De Niro décide de faire demi-tour, alors qu'il a - à ce moment précis - tout gagné.

Autrement, je ne peux que renvoyer à ma critique, sinon j'en parlerais des heures et des heures :
http://archive.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=130

Citation:
Citation:
IRREVERSIBLE de Gaspar Noé (2002)
Le film qui correspond à ma philosophie du cinéma : il faut que la technique soit légère, et que de cette liberté retrouvée, l’image puisse respirer et s’envoler.

J'ai le sentiment inverse. Je le sens lourd de sa forme.
D'abord moi quand je vois un plan séquence, plus le temps s'étire et plus je "sens" le gars qui galère avec sa grue, les acteurs qui ont du apprendre par coeur leur texte, l'ingé son qui galère sa race,... Je suis complètement déconnecté du film.
Je le subis plus comme une prouesse narcissique du réal et un refus de "couper" que je ne comprends pas au cinéma. Enfin là je parle de plan séquence vraiment long et à répétitions, comme ceux de ce film.
Et ce n'est pas les mouvements de la caméra qui se fascinent du moindre truc malsain qui m'ont aidé à alléger ma peine.

Ce qui sauve la forme chez moi, c'est la puissance de l'intrigue, racontée dans le sens inverse. Terrifiant.


C'est étonnant cette aversion pour le plan-séquence.

Je t'ai déniché quelques citations sur le sujet, avec lesquelles tu trouveras plus ou moins d'écho à ton malaise (certaines sont contradictoires d'ailleurs) :

"Le plan-séquence est la meilleure manière de filmer la foudre lorsqu’elle tombe dans la bouteille. Orson Welles avait coutume de citer cette métaphore que connaissent bien tous ceux qui ont fait du documentaire. Cela signifie qu’il peut arriver que l’on fixe sur la pellicule quelque chose qui n’a eu lieu qu’une fois et que l’on ne captera plus jamais. Si vous parvenez à filmer un moment pareil dans tout son développement, alors vous aurez en votre possession un vrai bloc organique dont la force ne pourra jamais être recréée par des effets de montage. Car lorsque vous collez deux plans ensemble, vous créez de l’émotion, mais de manière artificielle, vous manipulez le public, c’est déjà du mensonge. Si vous voulez vraiment filmer quelque chose d’authentique au cinéma, vous n’avez pas d’autre solution que de laisser tourner la caméra pour que les acteurs fassent naître l’émotion d’eux-mêmes. C’est pour ça que certaines performances sont si impressionnantes sur scène. Elles se déroulent dans la continuité du temps théâtral. L’émotion que vous voyez monter sur le visage de l’acteur a lieu devant vous, c’est le contraire de ce qui se passe au cinéma où on s’imagine pouvoir tout recréer artificiellement." Brian De Palma

"Plan-séquence ou découpage ? J’admire les scènes sans coupe, sans trucage, dans lesquelles toute l’acuité d’un moment d’interprétation s’offre au public dans sa continuité vraie. C’est ainsi que je m’affirme fanatique de George Cukor et de son école. Mais je n’en aime pas moins les films fortement découpés : cet héritage de Griffith, cette précision toute mathématique du montage qui se pratiquait dans le cinéma muet, nous ne devons pas les refuser. Je n’apprécie le montage que lorsqu’il est le fruit d’une inspiration pure, et que chaque plan existe en fonction du style. Truffaut ou Malick n’avaient jamais recours au montage pour rattraper des faiblesses de tournage." Nestor Almendros (chef op des Moissons du ciel de Malick, entre autres)

"On dit souvent que le plan-séquence laisse une grande part à la réalité, c'est faux. Dans le plan-séquence, il y a aussi un montage qui ne se fait pas sur la table de montage mais dans le tempo du plan, dans les choix de cadrage, dans le choix de suivre untel, à tel moment… donc, pour moi, il n'y a pas de surplus de réalité qui surgirait d'un plan-séquence. Même si c'est l'illusion que ça peut créer. Je pense qu'il y a du montage dans le plan." Pierre Carles

"J’aime bien les plans-séquences parce qu’ils t’obligent à créer une ambiance pour après la filmer. Alors c’est vrai que s’il y a de mauvaises vibrations sur le plateau, du coup, ton plan est foiré et tu ne peux plus rien faire. Mais même si c’est peut-être un peu de la paresse, c’est surtout un choix. En ce moment, ça ne me gêne pas de voir du découpage chez les autres, mais je n’ai plus envie de découper les unités temporelles moi-même, à moins que je ne trouve une raison particulière de sauter d’un plan à un autre. Peut-être que c’est une phase. En ce moment, je me sens bien à tourner des plans-séquences et dans la plupart des trucs que j’ai en tête, il n’y a presque pas de montage." Gaspar Noé

"Je suis habitué aux plans-séquences. Dans Code Inconnu, j'avais déjà des plans-séquences très longs avec beaucoup de monde. Pour les acteurs, c'est très agréable parce qu'au théâtre, ils ont l'habitude de développer les sentiments. Dans le cinéma, en général, on a champ / contre-champ, l'acteur doit produire des morceaux de sentiments. Chaque acteur aime avoir la possibilité de développer ses sentiments. En même temps, si un seul fait une faute, il faut tout refaire, c'est le risque mais c'est aussi une chance. L’idéal serait de faire un film avec un seul plan. C’est difficile. J’ai entendu que Sokourov a fait un film de 90 minutes en un seul plan. Je ne l'ai pas vu, je ne peux rien dire. Théoriquement, c'est une belle idée parce que ça veut dire que la manipulation, du temps au moins, n'existe plus. Le cinéma manipule toujours, car le cadre c'est déjà une manipulation. Mais au moins du point de vue du temps, il n'est pas manipulé si on est en plan-séquence. C'est aussi pour ça que j'aime beaucoup ce procédé." Michael Haneke

Citation:
Je connais mal Haneke, je croyais que Festen était de lui (/gifle) et comme ça m'avait ennuyé je n'ai réitéré l'opération qu'avec le Funny Games U.S. qui m'a endormi.
J'ai le Ruban Blanc dans mon disque, il faut que je retente.


Comme pour Noé, ce n'est pas un cinéma que je peux recommander. Surtout si Funny Games t'a endormi.

Citation:
Citation:
L'IMPASSE de Brian De Palma (1993)
Peut-être formellement le plus excitant de la liste, c'est dire mon amour pour ce film. De Palma reste une influence indétrônable en termes de mise en scène plastique.

Le genre de film où je me sens con, j'ai vraiment beaucoup aimé mais je ne le mettrais jamais dans mon top, ni même en premier chez De Palma.
Je ne "comprends" pas ce qu'on lui trouve.


Un ton mélancolique unique, l'anti-film de gangsters par excellence (précisément l'anti-Scarface pour De Palma et Pacino) et surtout une mise en scène somptueuse, basée sur le caméra subjective et le plan-séquence. A un moment, De Palma abandonne son scénario sur le côté et se met à raconter son histoire rien qu'avec ses plans et ses images. Et je trouve ça sublime. De toute façon, De Palma utilise tellement bien le steadycam, qu'il pourrait me faire suivre un type qui monte en caméra subjective et en continu les 50 étages de la Tour Montparnasse, je serais littéralement fasciné.

Citation:
Citation:
LES PATRIOTES d'Eric Rochant (1994)
Le film est un modèle de réussite quasiment inatteignable en France.

Je n'ai vu aucun de ses films :?


Je n'en conseille aucun autre. Mais Les Patriotes, ça se tente.

Citation:
Citation:
IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN de Steven Spielberg (1998)
...

Bon c'est bon, il a cité au moins un Spielberg.


Si tu fouilles dans les méandres de ce forum, tu retrouveras peut-être une discussion dantesque autour de La Liste de Schindler, où ton humble serviteur s'est démené corps et âme pour défendre le maître.

Citation:
Citation:
FRANTIC de Roman Polanski (1988)
...

Pareil j'ai pas vu, j'ai Chinatown qui m'attend car j'avais lu ici que c'est considéré comme "le" meilleur Polansky.


Chinatown, ça passe ou ça casse. Soit on n'y voit que classicisme poussiéreux, soit on est démonté en mille morceaux par la mise en scène d'une précision d'orfèvre du violeur le plus connu de la planète.

Citation:
Citation:
PARIS, TEXAS de Wim Wenders (1984)
Le plus beau film du monde. Ça aurait pu être La Ligne rouge de Mallick, mais je préfère celui-ci.

Ah ouais quand même. Je note.


C'était un foruméen qui m'avait intrigué sur ce film, je le remercie encore au passage..

Citation:
Désolé d'avoir...tout commenter.


Ben non, c'est chouette.

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MessagePosté: 16 Mai 2010, 18:53 
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Puisque tout le monde y va du sien...

Un condamné à mort s'est échappé (Robert Bresson, 1956)
Vaudou (Jacques Tourneur, 1943)
Disneyland, mon vieux pays natal (Arnaud Des Pallières, 2002)
La splendeur des Amberson (Orson Welles, 1942)
Si tu tends l'oreille (Yoshifumi Kondo, 1995)
Le miroir (Andreï Tarkovski, 1975)
Abyss (James Cameron, 1989)
La terre (Alexandre Dovjenko, 1930)
Le village (M. Night Shyamalan, 2003)
L'aventure de Mme. Muir (Joseph L. Mankiewicz, 1947)

J'ai beau avoir réfléchi le truc 50 fois, j'ai l'impression que c'est quand même gentiment aléatoire...


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MessagePosté: 16 Mai 2010, 18:55 
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Citation:
Disneyland, mon vieux pays natal (Arnaud Des Pallières, 2002)


Tiens, en fouillant mes disques durs, j'ai retrouvé ça en me disant "kesse c'est c'truc". C'est quoi, dis ?

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MessagePosté: 16 Mai 2010, 19:04 
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Z a écrit:
Tiens, en fouillant mes disques durs, j'ai retrouvé ça en me disant "kesse c'est c'truc". C'est quoi, dis ?

A la base, c'était une commande d'Arte à plusieurs cinéastes sur le thèmes "Voyages" : il devaient réaliser un film qui fonctionne par une structure en petits segments (7-10 minutes, au cas où quelqu'un zappe). Comme destination, Des Pallières a choisi Disneyland, donc. Et contrairement à ce que je pensais, il a pas filmé à la sauvette du tout : y a eu un contrat avec le parc, dont les dirigeants étaient sans doute pas assez cinéphiles pour se dire que le cinéma, c'était aussi du son (rien dans le contrat là-dessus, apparemment). Cela dit, le film a jamais été sorti après sa diffusion, sans doute pour des problèmes avec le parc, ce qui fait qu'on a que ces copies internet pourries à se mettre sous la main (bon, à la base c'est du DV, mais quand même).

Le film lui-même, c'est bizarrement pas du tout un truc à charge - le côté "disney méchant capitaliste" ne l'intéresse pas du tout, ou tellement peu.
Je vais très mal en parler... Voyons voir : c'est un film qui parle de l'enfance, et du chagrin abyssal de savoir qu'on ne le sera plus jamais. Plus concrètement, ca parcourt le parc comme un monde en soi, une sorte d'utopie ratée (Bioshock quoi !) dont on partage la tristesse. C'est aussi bizarrement hanté par le spectre de la Shoah (ce dernier plan, brrr), comme une vision étrange de ce qu'ont pu les camps vus à travers les yeux des enfants. C'est incroyablement narratif (j'ai jamais vu un film raconter aussi bien les histoires). Et c'est une fusion totale, constante, images-musique-son, un rythme qui ne se relâche jamais.

Voilà, je le vends très mal, mais c'est un film fulgurant, d'une beauté incroyable, et je vous le conseille.


EDIT : si tu veux un extrait pour te convaincre > http://www.youtube.com/watch?v=oszr35xNhqQ


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MessagePosté: 16 Mai 2010, 19:07 
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Tu as vu son truc sur Gertrude Stein?


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Tom a écrit:
on a que ces copies internet pourries à se mettre sous la main


Ouais, c'est ce que j'ai. Téléchargé lorsque Zad - je crois que c'est lui - en avait dit du bien. Ok je vais regarder ça. Merci.

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MessagePosté: 16 Mai 2010, 19:11 
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Gerry a écrit:
Tu as vu son truc sur Gertrude Stein?

Oui, et bon, j'ai absolument pas accroché. C'était y a 5 ans, je devrais peut-être re-essayer, mais sur le coup ca m'avait déçu, je m'étais fait chier.
Pour la suite, j'adore Les choses rouges, j'accroche à une bonne partie d'Adieu (un peu moins sur les 3 frères), je trouve Parc raté ; et j'ai très envie de voir Drancy Avenir.

C'est marrant parce que je me rend compte que bien que considérant la plupart des films vus comme ratés, c'est dans ma tête le meilleur cinéaste français actuel...


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MessagePosté: 16 Mai 2010, 19:25 
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Non non t'en parles bien et tu m'as donné envie de le voir surtout que Cow-Boy et Zad en avaient parlé en bien je crois, jadis, donc si ces deux cinéphilies aux antipodes ont été séduites, je demande à voir, d'autant plus que même à l'âge adulte, après une dizaine de visites, je trouve toujours au parc une certaine magie.

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MessagePosté: 16 Mai 2010, 19:39 
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Film Freak a écrit:
Non non t'en parles bien et tu m'as donné envie de le voir surtout que Cow-Boy et Zad en avaient parlé en bien je crois, jadis, donc si ces deux cinéphilies aux antipodes ont été séduites, je demande à voir, d'autant plus que même à l'âge adulte, après une dizaine de visites, je trouve toujours au parc une certaine magie.

Bah en plus, le truc génial avec ce film, c'est qu'effectivement le parc est tellement charismatique (c'est un truc qu'on connaît tous, qu'on a tous vécu, aimé) que ça aide énormément à rentrer dans le film : moi quand je l'avais vu en le choppant sur le net, c'était y a un bail quand même, je sais pas si j'aurais été aussi dedans sans connaître le lieu et son atmosphère si spéciale. C'est pas ça qui en soi fait un bon film, mais je trouve géant que Des Pallières s'attaque pas au parc de l'extérieur (il suffit de voir le segment sur les syndicats, qui au final verse tellement plus vers le film fantastique qu'autre chose), comme le ferait un critique distant, mais rentre vraiment tête baissée dans l'expérience.

Moi ce qui me fascine avec ce parc c'est que quant tu arrives, que tu te tapes l'entrée clean, géante, incroyablement sûr d'elle, t'as toujours ce petit réflexe : "bordel, en fait les américains ont raison". Que cette espèce d'utopie capitaliste (j'aime pas le mot, qui a un tel bagage de théories merdiques derrière lui, mais on se comprend) ca peut être le truc ultime, quoi. Et puis au fur et à mesure de la journée, il y a une usure, une espèce d'épuisement, tout le lieu glisse sur toi, et tu es limite content de retrouver le métro avec son quai sale, des sièges usés, des gens qui font un peu la gueule... J'adore ce lieu, c'est à chaque fois une expérience humaine hallucinante.


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MessagePosté: 16 Mai 2010, 19:53 
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Inscription: 15 Avr 2010, 11:07
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Z a écrit:
Tout à fait. J'ai vanté bien des fois à mes amis la présence essentielle que tiennent les femmes dans ce film. Je ne le réduisais pas à un univers masculin. Ici tout s'articule autour de tous ces couples. Dans mon dossier pour Filmdeculte, j'avais écrit ceci à propos du personnage Mannien

Ah c'est de toi ce dossier ? :o je connaissais pas le forum à l'époque car le site en lui-même me suffisait, en partie grâce à ce genre d'article.


Pour ce qui est de la valeur que j'attache au plan séquence, je vois mieux où est mon malaise et je pense qu'il s'opère sur la répétition du procédé.
Je suis de l'avis des trois premiers cités (ceux-là je ne les trouve pas contradictoires), en particulier ce que dit Pierre Carles : le plan-séquence est aussi un montage. Il est une illusion de liberté : il y aura toujours une "coupe", une manipulation mentale quelque part, sans même que la caméra bouge parfois. Tout ça à cause de notre tête qui ne voit que le présent et qui ne se souvient que du passé. L'idée de rythme ou de tempo qui nait du fait que l'on ne peut "que" regarder l'écran, on n'a aucunement le choix, on est quoiqu'il arrive dans l'attente. Cette liberté du plan-séquence n'existe pas selon moi.

"L’idéal serait de faire un film avec un seul plan." - Haneke
Pour moi, avec cette phrase on est à la frontière entre le théâtre et le cinéma. Le théâtre n'est pas un plan séquence mais si je devais l'imiter avec une caméra, c'est ce que je ferais.
Envier ce genre de plan, c'est pour moi renier tout le boulot qu'a pu faire des mecs comme Orson Welles pour cette séparation entre ces deux arts bien distincts. Bon je ne m'étirerai pas dans les références puisque je ne peux de toute façon pas aller très loin mais je sais bien que Welles a aussi beaucoup fait pour le plan séquence. Mais lui ne les répétait pas ou ne s'en servaient pas comme couteau-suisse : t'as la flemme de monter ton film ? tu ne sais pas ce qui sera au final important au beau milieu de ta scène de tournage ? tu veux donner l'illusion du temps qui s'écoule ? >>> plan séquence.
D'ailleurs, croire que le plan-séquence est la meilleure façon de représenter le temps sans manipulation, c'est croire que le cinéma à l'état pur existe et qu'il ressemble à une caméra filmant du vide. Le temps est relatif, encore pire dans le cinéma puisqu'il intervient l'inévitable notion de rythme (qui rallongera de 10 minutes une scène qui en fera véritablement 5 parce qu'elle sera constitué d'un plan fixe sur l'océan).
Bref, tout ça ressors chez moi lorsque l'on abuse du plan-séquence...

Je ne suis pas sûr d'être clair ni très juste.


Citation:
Comme pour Noé, ce n'est pas un cinéma que je peux recommander. Surtout si Funny Games t'a endormi.

Je tenterai tout de même le Ruban Blanc car le thème a l'air de plus me brancher. Mais c'est vrai que je n'ai quasiment rien aimé dans Funny Games.

Citation:
Un ton mélancolique unique, l'anti-film de gangsters par excellence (précisément l'anti-Scarface pour De Palma et Pacino) et surtout une mise en scène somptueuse, basée sur le caméra subjective et le plan-séquence. A un moment, De Palma abandonne son scénario sur le côté et se met à raconter son histoire rien qu'avec ses plans et ses images. Et je trouve ça sublime. De toute façon, De Palma utilise tellement bien le steadycam, qu'il pourrait me faire suivre un type qui monte en caméra subjective et en continu les 50 étages de la Tour Montparnasse, je serais littéralement fasciné.

En effet. Faut que je le revois.

Citation:
Si tu fouilles dans les méandres de ce forum, tu retrouveras peut-être une discussion dantesque autour de La Liste de Schindler, où ton humble serviteur s'est démené corps et âme pour défendre le maître.

Le truc avec les douches là ?
Bon sang que c'était chiant :D


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MessagePosté: 16 Mai 2010, 21:00 
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L'impertinent pertinent
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Inscription: 14 Juil 2005, 01:55
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Localisation: Previously on Premiere
Ihsahn a écrit:
Ah c'est de toi ce dossier ? :o je connaissais pas le forum à l'époque car le site en lui-même me suffisait, en partie grâce à ce genre d'article.


J'ai seulement oeuvré pour les dossiers Scorsese et Mann, en puisant dans mon mémoire de fin d'études pour ce dernier. Tous les autres dossiers sont de nos camarades de FdC.

Citation:
Pour ce qui est de la valeur que j'attache au plan séquence, je vois mieux où est mon malaise et je pense qu'il s'opère sur la répétition du procédé.


Je pense que c'est l'idéal pour torcher une scène d'exposition en début de film, et que c'est aussi l'idéal pour une scène de suspense.

Bien que pour le suspense, y a le choix entre deux écoles, et le plan-séquence n'a alors pas la même signification.

Exemple classique : une bombe dans un restaurant.

METHODE 1 : Ouverture du plan-séquence : la caméra montre une bombe sous l'une des tables, puis remonte et suit les évènements pendant quelques minutes, jusqu'à l'explosion. Méthode Hitchcock / De Palma. Le spectateur est de connivence, quasi complice, témoin impuissant. Le plan-séquence renforce le temps qui s'égraine. Le montage pourrait justement fragiliser cette temporalité.

METHODE 2 : Ouverture du plan-séquence sur un personnage qui entre dans la pièce ou se lève de l'une des tables, la caméra le suit pendant quelques minutes, et soudain l'endroit explose. Méthode Scorsese / Cuaron (liste non exhaustive :) ). Le spectateur est surpris, réduit à un témoin impuissant, presque même une victime. Le plan-séquence souligne de façon anormale le temps qui s'égraine. Le spectateur doit ressentir un malaise de ne pas avoir de cut (mentalement, c'est inconscient, et ça se traduit généralement par le fait qu'il attend un cut pour cligner des yeux), il ne cligne pas des yeux, se demande pourquoi cela dure, puis à l'explosion un sentiment de réalité, puisque comme dans la vie, la bombe explose sans prévenir.

Citation:
"L’idéal serait de faire un film avec un seul plan." - Haneke
Pour moi, avec cette phrase on est à la frontière entre le théâtre et le cinéma.


Oui et non. Le théâtre ne se réduit pas à la temporalité continue. Le cinéma a des atouts en terme d'impact pour compenser cette perte (principalement le gros plan et le montage).

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I think we're gonna need a helmet.


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MessagePosté: 17 Mai 2010, 00:35 
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Disneyland, mon vieux pays natal c'est complètement génial oui !


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