Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François, écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque, et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair. Alors, y a-t-il vraiment eu un crime au 3 e étage ?Quand j'avais 15 ans, j'ai commencé à réaliser des courts métrages en VHS-C avec mes potes du lycée et, dans le deuxième, intitulé
Big Boys, je voulais signifier qu'un des personnages se rêvait un peu trop dans un film, alors forcément il avait des affiches dans son salon et j'enchaînais un plan où on le voyait regarder la scène où Mia Wallace sniffe de la coke dans les chiottes dans
Pulp Fiction avec un plan où il sniffait de la coke lui aussi.
Le Crime du 3e étage est écrit de la même manière.
Il ne suffisait pas de plagi...de rendre hommage à
Fenêtre sur cour, dont le titre est cité littéralement 3 ou 4 fois dans les dialogues, il fallait aussi que la protagoniste soit prof de cinéma (et son mec romancier) et qu'elle montre à ses élèves
Fenêtre sur cour, dont on voit donc les derniers plans dans le film. Assumer la parenté et le pastiche, c'est une chose (pas besoin de réitérer ici mon amour pour De Palma) mais Bezançon va au-delà de la citation, qui est d'ailleurs toujours superficielle, rejouant l'union du couple au travers de l'enquête comme dans son modèle et multipliant les clins d'oeil appuyés (scène de douche, scène de coulisses), c'est comme s'il entendait faire cours lui aussi (le personnage de Lellouche se nomme d'ailleurs François Tarnowski comme Jean-François Tarnowski, prof de Bezançon à l'ESRA).
Il faut voir cette fausse interview de Hitchcock (animé par IA! je m'interroge vraiment sur une quelconque autorisation des ayant-droits) par Casta (se projetant dans le rôle d'une journaliste baptisée...Clarice Sterling, oui parce que le film est plein de projections mentales superflues où Lellouche et Casta jouent également les enquêteurs du livre qu'écrit le personnage de Lellouche, en mode
Le Magnifique) où il va réétablir sa conception du suspense, non pas avec le célèbre exemple de la bombe sous la chaise mais avec exactement la même argumentation appliquée à la scène précise que sont en train de vivre nos héros (Lui qui s'infiltre chez le voisin, observé par Elle) et sur laquelle l'explication de texte du maestro se superpose en voix off, désamorçant au mieux toute tension et prenant au pire le spectateur pour un teubé.
C'est incompréhensible comme choix.
Enfin si, ce n'est compréhensible que si l'on accepte que toute l'entreprise du film est d'être "Hitchcock pour les nuls".
Et d'ailleurs, après avoir parcouru les avis sur Letterboxd, les notes positives viennent toutes de jeunes incultes avoués. Au sujet du
Mystère Henri Pick, je m'étonnais qu'un jeune cinéaste aux deux (voire trois) premiers films générationnels semblait avoir précipitamment atteint le troisième âge en signant un téléfilm France 3 mais quand je vois son dernier, il a changé de public en basculant à l'extrême opposé avec une vulgarisation digne d'un film du bac.