C'est admissible si on part de l'idée que ces expériences ou un habitus monolithique déterminent un seul type d'opinion (ou de comportement électoral, qui est finalement perçu avant tout comme un caractère sociologique) de la part du "peuple", et qu'il est incapable de se comprendre et de se critiquer lui-même. Or ce n'est pas ce que j'observe (ni vis) ni dans ma famille ni auprès de mes collègues et camarades d'études secondaires (par contre quelques amis qui se croient progressistes ou viennent d'un milieu bourgeois ou travaillent dans des métiers intellectuels sont à fond dans cette représentation, tant en France qu'en Belgique). De sorte que le progressisme implique pour eux automatiquement l' extériorité craintive et fantasmée sur le peuple. Tout ne se réduit pas au filtre du vote RN (qui a aussi une dimension bourgeoise, le populisme cible toutes les classes).
C'est du bourdieusisme light qui veut passer pour de la création
Problème qui m'a fait aussi lâcher Leurs Enfants après eux.
Au fait je trouve que les écrivaines (et journalistes) belges Myriam Leroy et Adeline Dieudonné sont meilleures dans ce type de roman, pas inintéressantes. Plus ironiques (et capables d'humour dans le tragique) et en mesure de critiquer la bourgeoisie à laquelle elles appartiennent.