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 Sujet du message: The Blade (Tsui Hark, 1996)
MessagePosté: 16 Avr 2009, 08:15 
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Un jeune homme, fils d'un armurier, est contraint à l'exil après l'assassinat de son père. Amputée d'un bras, il mettra au point une nouvelle technique de combat afin de combattre le meurtier.



Bon je pose là une conversation commencée avec Oncletom. On est chiant de pas ouvrir les topics de suite, mais là pas le choix, ça va se perdre dans les méandres si noire du forum si on ne réagit pas.

the black addiction a écrit:
The Blade, Tsui Hark. 1996.

6/6


Tetsuo a écrit:
Faut ABSOLUMENT que je le revois celui-là.


Oncletom a écrit:
Je viens de le faire (merci pour l'idée TBA), et si la première vision était un peu confuse (que vois-je, que cours-je, dans quel état j'erre ?), cette deuxième me confirme la merveilleuse réputation du film. 6/6 du coeur, parce que même si la fin, bond en arrière sur l'histoire du wu xia et sous-contexte nationaliste, n'aide pas à parachever, sur le principe, le film, c'est une bombasse de malade, des raccords de montage et de focales qui donnent des frissons, une mise en scène de génie pur, des meufs trop bonnes, une barbarité de tous les instants, etc... Chef d'oeuvre.


Suite à quoi je demande une explication à Oncletom pour le sous contexte nationaliste.

Sa réponse:


Oui, oui, j'y ai repensé aujourd'hui, c'est un terme réducteur que j'ai balancé trop vite. Aller, j'y vais de ma vision extrapolante, mais il y a un discours lors du duel de fin qui parle des origines fantômes de la constitution d'un individu dans une société en passe d'être annexée.
Le manchot revient sans qu'on lui demande botter les fesses de celui qui "prend le contrôle" (la détruit, littéralement, de l'intérieur en fait) de la société qui l'a engendré : "ma génération n'a pas le choix, elle doit se venger car la suivante ne le fera sans doute pas", il ne compte pas tirer un trait sur son passé, alors qu'il était jusqu'alors flou (il ne connaissait pas le nom de son père). Pour moi, la nécessité de venger son père face à l'ennemi envahissant est en fait le besoin de s'affirmer comme identité propre, ce qui n'était jusqu'à présent pas le cas (et c'est la conclusion de la meuf après le combat, "de générations en générations, on avait besoin de changer de noms et d'endroits"). L'ennemi envahisseur final est à mes yeux l'incarnation d'une puissance provocatrice qui permet aux instincts identitaires de reprendre le dessus, suite à l'oppression humiliante que subit Ding On et aux tentations de Tête d'acier (cf plus bas l''emprise' de la pute lesbienne).
Le fait que la conclusion redevienne comme avant (les fantômes qui disparaissent) est un déclin lié à l'imminence de la rétrocession ("je ne suis pas parti à leur recherche, ils ont promis de venir me voir") et la meuf qui centralise le récit n'est finalement qu'hantée par les fantômes du passé (le film peut être pris comme un flash-back rétrospectif, comme peut l'indiquer la répétition des premier et dernier plans du film), ceux qui ont su s'affranchir de toute identité extérieure et se battre contre les démons envahisseurs (le fameux, en vf, champ de l''emprise' et sa lesbienne tentatrice qui fait écho à tous les personnages qui tentent d'emporter les héros des films de Hark). La meuf est l'incarnation de la génération suivante qui ne tire pas un trait sur le passé mais ne se venge pas non plus (elle est tout le temps passive au final).
Bon, je vois donc cette fin non pas tant comme un discours purement nationaliste, mais comme une "ode" aux ancêtres qui ont forgé une terre de résistance qui va devenir terre d'autrui. Mais avec une résolution face à l'avenir qu'on peut prendre comme fataliste ou résignée, mais avec le besoin de conter l'Histoire qui a eu lieu.

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MessagePosté: 16 Avr 2009, 08:16 
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Et bien là je suis totalement d’accord, disons que le film est tellement abstrait et non contextualisé que le terme nationaliste me semblait un peu fort, je trouve qu’il colle mieux à Il était une fois en chine, par exemple…
Il n’est question que de résistance dans ce film, que de rage qui doit être canalisée, maitrisée, pour parvenir à vaincre l’oppresseur, Hark est LE cinéaste qui rend intense la simplicité de ces idées, de l’unique idée de résistance, beaucoup plus qu’un John Woo qui joue plus sur l’émotion, Passer de Hark à Woo c’est passer de l’intensité à l’émotion (c’est plus complexe que ça étant donné que rien n’empêche d’avoir les deux mais disons que chacun se dirige plus vers un pôle). En plus Hark complexifie le truc il me semble, Ding On résiste de tous les côtés, à la fin il ne reste pas chez les fabriquant d’armes, il demeure au plus bas de l’échelle sociale, hors du monde, d’où la notion de fantôme, en effet, il incarne désormais l’esprit résistant qui sommeille, qui peut revenir… C’est pour ça que nationaliste me dérange un peu, même si j’ai forcément pensé à la rétrocession vu la date du film, car c’est très universalisé, les personnages renvoient à des idées simples qui combattent entre elles, le trajet du manchot est clair, d’abord hors du monde, enfermé dans le cocon de l’entreprise, il va sortir pour s’insurger, perdre un bras, symbole fort de l’insurrection et du choix de camp, on ne peut choisir les deux… Et il perd le bras droit (D’ailleurs j’ai lu quelque part que Chiu Man-Cheuk avait demandé si ça ne pouvait pas être le bras gauche de coupé, car il était droitier, mais ça n’a pas été possible bien sur, le film n’avait plus de sens pour Hark si c’était le cas)… Puis revient avec un seul beaucoup plus destructeur que les deux réunis, c’est très parlant.
Enfin y aurait beaucoup de choses à dire là, mais en buvant mon café et mes tartines ce n’est pas l’idéal.

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MessagePosté: 16 Avr 2009, 09:12 
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Faut que je le voie.

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MessagePosté: 16 Avr 2009, 09:14 
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Oberkampf Führer
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Film Freak a écrit:
Faut que je le voie.


J'ai.


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MessagePosté: 16 Avr 2009, 09:19 
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Inscription: 25 Nov 2005, 00:46
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Ozymandias a écrit:
Film Freak a écrit:
Faut que je le voie.


J'ai.

Donc on va le mater en 2012. :D

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MessagePosté: 16 Avr 2009, 21:00 
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the black addiction a écrit:
C’est pour ça que nationaliste me dérange un peu, même si j’ai forcément pensé à la rétrocession vu la date du film, car c’est très universalisé, les personnages renvoient à des idées simples qui combattent entre elles, le trajet du manchot est clair, d’abord hors du monde, enfermé dans le cocon de l’entreprise, il va sortir pour s’insurger, perdre un bras, symbole fort de l’insurrection et du choix de camp, on ne peut choisir les deux…

Oui, cette notion d'insurrection est universelle, et c'est d'ailleurs pourquoi j'ai précisé que c'était essentiellement la toute fin qui ne permettait pas au film de "décoller" vers cette totale universalité, avec ces quelques réflexions sur les générations notamment. Bon, cependant ça reste du pinaillage et puis je parlais également du retour aux sources assez brutal (mais loin d'être un raté chez Hark) avec l'assaut avant le duel final. De toute façon, je trouve que les fins de films ne sont pas le fort du réalisateur, qui tombe souvent dans la lourdeur (Green Snake, même L'auberge du dragon,...) avec quelques notables exceptions qui sont, à mon avis, tout simplement liées au rythme (We Are Going To Eat You et la sensationnelle dernière demi-heure de Peking Opera Blues). Enfin, à côté y'a juste des chef d'oeuvres de A à Z (T&T, The Lovers,...) et puis des merdes.
Ahah, ça nous avance bien.


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MessagePosté: 17 Avr 2009, 08:36 
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Même dans les merdes je trouve un truc à grapiller, je ne déteste jamais réellement. :D

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MessagePosté: 11 Juin 2013, 12:38 
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Pas tout compris mais bien terrassé par ce film, qui m'a mis mal à l'aise aussi. Le truc le plus fort que j'ai vu de Hark, c'est totalement compact et brut dans sa rage...


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MessagePosté: 11 Juin 2013, 12:41 
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Antichrist
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L'un de mes films préférés. Furieux.


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MessagePosté: 11 Juin 2013, 23:13 
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Ennui poli bien qu'admiratif devant les scènes de fight. La narration m'avait juste pas du tout intéressée...


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MessagePosté: 11 Juin 2013, 23:14 
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Très envie de le revoir.
Faudrait que je le choppe en Blu Ray (enfin si il existe) !

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 16 Juil 2013, 23:49 
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Film Freak a écrit:
Ozymandias a écrit:
Film Freak a écrit:
Faut que je le voie.


J'ai.

Donc on va le mater en 2012. :D


Alors ? C'est marrant parce que tu viens de dire dans la shoutbox que t'apprécies particulièrement la narration par l'image dans le meilleur film du monde. (JFK) et c'est précisément l'impression que vient de me donner The Blade. Un espèce de fouilli narratif (ce que n'est pas JFK au demeurant, mais la narration, si elle y est maîtrisée, demeure complexe) transcendé par l'image, et surtout son mouvement, sa dynamique, ses raccords. Tsui Hark crache ses images à l'écran, et en leur donnant une telle force que c'est comme si leur enchainement determinait le sens du film: tu peux te perdre dans le récit (attends mais il était pas mort lui ? ..) mais tu t'y raccroches en pénétrant le flow des images. C'est une bande dessinée, une histoire picturale. Enfin c'est plus que ça évidemment, mais c'est ce qui est le plus frappant (pour moi en tout cas).

Allez, 5/6 !


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MessagePosté: 16 Juil 2013, 23:57 
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Toujours pas vu.

Mais avec Ozy, on doit mater Fée malgré lui avant.

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MessagePosté: 17 Juil 2013, 00:11 
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La priorisation des tâches, c'est pas mon fort moi non plus !


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MessagePosté: 18 Juil 2026, 10:17 
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En 2009 :
Film Freak a écrit:
Ozymandias a écrit:
Film Freak a écrit:
Faut que je le voie.


J'ai.

Donc on va le mater en 2012. :D

Ce fut donc 2026.

Oncletom a écrit:
la première vision était un peu confuse
Mr Chow a écrit:
Pas tout compris
Baptiste a écrit:
La narration m'avait juste pas du tout intéressée...
Mickey Willis a écrit:
Un espèce de fouilli narratif

Connaissant l'illustre réputation du film, je suis tout de même rassuré de voir plusieurs avis évoquer cette narration bordélique qui a tout de même sérieusement entamé mon adhésion au film. Je n'ai vu que 11 des 46 films de Tsui Hark donc ma connaissance de son cinéma est encore lacunaire mais il me semble évident que sur ce film, le cinéaste travaille plus que jamais une approche purement iconographique où l'écriture prend une place secondaire pour laisser l'imagerie parler, quitte à se fonder sur des coups de pinceaux grossiers en termes de caractérisation et structure.

Les vingt premières minutes m'ont vraiment donné l'impression de regarder la version sévèrement tronquée d'un récit beaucoup plus ample, précipitant des séquences qui s'enchaînent parfois de façon inélégante quand elles ne donnent pas carrément l'impression de rebooter l'intrigue brutalement, avec le soudain flashback sur la mort du père de Ding On. En un sens, même si j'appréciais déjà le dynamisme de la mise en scène jusqu'alors, qu'il s'agisse des mouvements fluides et constants ou du blocking habitant le cadre de façon toujours vivante, c'est là que le film décolle thématiquement et esthétiquement. Il y avait déjà eu une baston bien cool mais c'est ici que Hark annonce la couleur avec un abattage visuel fiévreux, expressionniste dans l'image (couleurs, lumière, détails, mouvements) mais impressionniste dans le découpage (créant une tapisserie sensorielle plutôt qu'un enchaînement parfaitement cohérent et lisible) qui reste d'ailleurs ce que le film propose de plus épatant.

Cela étant dit, si cette nouvelle donnée apporte une direction à l'histoire, j'ai tout de même trouvé la progression du scénario hachée, hoquetante, alternant sans harmonie entre ses deux trames, d'autant plus que celle suivant Tête d'acier manque d'enjeux dramaturgiques (déjà que celle de Ding On est réduite à des motivations rudimentaires).

Heureusement le film ne s'éternise jamais et redouble sans cesse d'idées graphiques dans l'action, Hark n'abordant jamais deux combats de la même façon, exploitant toujours le décor de façon à compliquer l'affront, complexifier la mécanique, la géographie, énervant la rétine de ses raccords exigeants et ajoutant du cachet aux images, parfois semblablement inspirées du manga et de la japanime, trouvant toujours une idée plus YOLO dans les armes ou les envolées câblées.

C'est le type de film où je passe mon temps à dire "stylé" ou "badass" devant le flow de l'imagerie, un film dont j'aimerais un jour voler des plans mais à l'arrivée, malgré un certain romantisme qui peut me parler, ça manque bien trop de substance pour m'emporter.

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