18 octobre 1973. L’équipe des Aventures de Rabbi Jacob, le film de Gérard Oury avec Louis de Funès dans le rôle principal, attend avec impatience la sortie en salles. Le succès sera planétaire. Ce même jour, une jeune femme détourne l’avion Paris-Nice.
Parmi ses revendications : que toutes les bobines du film soient mises sous scellés.
Qui est cette femme ? Comment en est-elle arrivée là ?Je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois que je suis allé (de mon plein gré) au théâtre. Mais lorsque ma femme m'a envoyé
cette story Insta, j'ai trouvé l'histoire incroyable et, avant la fin de la vidéo, je me disais que ça ferait un super film, avant de découvrir à la fin qu'elle faisait déjà l'œuvre d'une pièce, à l'affiche en ce moment. J'ai pris mes places dans la foulée pour le lendemain.
Et j'ai trouvé ça excellent.
Derrière son affiche cheapos (et un peu hors sujet) et son titre vaguement comique, il y a le superbe portrait d'une femme cherchant précisément à répondre à la question qui clôt le synopsis ci-dessus ou plutôt à donner un visage humain à une anecdote qui tient quasiment de la blague, la revendication de la "terroriste" pouvant prêter à rire.
Durant près d'une heure et demie, ce qui commence comme une comédie à tendance presque
screwball, avec un
meet cute entre Danielle et Cravenne, qui vont régulièrement ping-ponguer des bons mots, se mue progressivement en un récit brassant une multitude de thèmes, de l'engagement politique, notamment des bourgeois, au rôle de l'art en passant par la place des femmes en société et la dépression que peut causer tout simplement l'état du monde.
C'est fait avec un humour qui ne désamorce jamais l'importance grandissante de la situation (exception faite d'une ou deux blagues sur la fin) et surtout la rage croissante qui anime le personnage qui n'est pas non plus écrite comme une sainte ou un martyr.
Les acteurs sont top, même si je trouve la comédienne un peu trop âgée, et la scénographie à base d'écrans se substituant à des accessoires pour servir de décor est super maligne.
En tout cas, ce récit qui voit se croiser l'Histoire du cinéma (l'un des persos secondaires est quand même De Funès! et le mec qui le joue parvient à marcher sur le fil pour ne pas tomber dans la simple imitation...qu'il fait à merveille) et l'Histoire tout court est forcément Hospyan-core.
J'adorerais l'adapter.