Massinfect a écrit:
Moi j'en suis au point tant attendu où je suis frustré quand je peux pas y jouer. Une fois que t'es dedans, t'y es pour de bon. Alors certes, le gameplay est anti-intuitif dès lors qu'il s'agit d'aller vite ou de réagir au quart de tour. Deud l'a très bien dit : le bouton pour parler et viser est LE MÊME. C'est extrêmement con, car dans le feu de l'action tu te retrouves à braquer des pnj à qui tu ne voulais que du bien, ce qui te ferme certaines quêtes ou lignes de dialogues que tu aurais aimé connaître. Et il y a malheureusement beaucoup de choses comme ça, qui rendent certaines missions assez pénibles. Non pas qu'elles soient dures (bien au contraire), mais déjà qu'elles sont extrêmement scriptées, alors quand en plus tu t'emmêles les pinceaux à cause du gameplay mal foutu c'est le ponpon...
Ce trop plein, cette rigidité, sont la marque de fabrique de Rockstar. Sauf là c'est poussé au paroxysme. Et c'est d'autant plus dommage qu'ils ont eu 8 ans de développement, et plein de titres exceptionnels dont ils auraient pu s'inspirer. Ils l'ont fait, en partie (on sent que The Witcher 3 et Zelda sont passés par là), mais globalement ils se sont dit "on les encule, on fait notre truc à nous". Bref, ils sacrifient le gameplay et le plaisir sur l'autel de l'immersion.
Ceci étant dit, cette volonté de faire un jeu lent fonctionne du tonnerre lorsqu'on se balade entre deux missions. Là c'est le kiff intégral. Il n'est pas rare que je m'arrête dans la pampa pour contempler un orage qui s'approche, ou que je prenne le temps de me reluire le fusil au clair de lune. Il y a un vrai plaisir d'exploration, de non recherche de l'action. Les meilleures quêtes sont d'ailleurs celles qui ne se soldent pas par la traditionnelle fusillade ringarde made in Rockstar, où une vingtaine d'ennemis sortent de nulle part pour t'encercler. Les fusillades c'est un vrai problème : tu sais pas qui est où ni qui te tire dessus, mais c'est pas grave car il suffit de viser et ça locke automatiquement un ennemi à 100 mètres. Résultat, en 3h de jeu t'es déjà le plus gros mass murderer du pays. Pénible.
Bref ça souffle le chaud et le froid, comme un vulgaire jeu Ubisoft. Une ambition démesurée d'un côté, un gameplay pété de l'autre. Mais le chaud l'emporte vite quand tu t'adaptes au rythme du jeu. Là par exemple je viens enfin de prendre le temps de comprendre comment fonctionnait l'inventaire du cheval - j'en avais marre de descendre du canasson pour me rendre compte que mon fusil préféré était resté dessus. J'aimerais avancer plus vite dans l'histoire principale, mais non, je me retrouve comme un con à jouer au poker ou parler à tout le monde.
Là j'ai décidé d'aller explorer un peu, et en suivant les rails je suis tombé sur une putain de ville. Pas un truc en bois, non. Une ville gigantesque, qui grouille de partout. L'ambiance change radicalement, et je me suis pris une grosse faciale d'ambition et de démesure. Le contexte du jeu m'est apparu plus clairement après cette découverte : les personnages vivent ce moment charnière entre l'ancien et le nouveau monde (qui résonne avec notre propre époque), et ils vont devoir s'adapter ou mourir. Ils savent au fond d'eux que leur mode de vie n'a aucun avenir, et ça donne une belle mélancolie de tous les instants.
Après ça, je suis convaincu que le meilleur est à venir.
J'en avais un peu rien à foutre, mais là, pour le coup, tu me chauffes bien. Et une pensée pour Ozymandias qui y joue sur son sèche-cheveux.