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MessagePosté: 30 Aoû 2026, 19:53 
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je constate que je me fais trash quand j'écris une virgule non conforme à la doxa, mais si je ne suis pas là pour ouvrir les topics heiiiiin...


bref, je me suis retrouvé à beaucoup penser à dodin bouffant, ce qui était assez incongru et totalement personnel.

mais bon, les deux seront clairement dans ma liste de films français préférés du siècle, ouais. j'avais la même émotion viscérale dans les deux cas, à choke up toutes les dix minutes pour presque rien, une phrase, un plan, un truc totalement random mais qui me bouleverse. j'ai eu une larme sur un plan de virginie efira muette et immobile, c'est ridicule.
dans les deux cas c'était une célébration de la vie, de l'humanité, de l'intelligence, des belles choses, du lien entre les êtres, avec une haute conscience de la mort, du temps qui passe, de la transmission. le travail bien fait, l'amour de la tâche, les liaisons parfaitement prononcées. quelque chose d'existentiel, de civilisationnel dans une blanquette de veau parfaitement cuite et dans un massage de pieds. ça m'émeut.
de manière random, ou pas, ce sont aussi deux films de réalisateurs asiatiques faits en france. la rencontre est ici un élément important, dans dodin bouffant non. mais dans les deux cas les films sont long avec un rythme qui est une révolte contre le rythme moderne ? une invitation à casser son rythme, à apprécier le temps qui passe comme un cadeau à déguster parce que tout se finit à un moment, à déguster les choses et les gens, prendre le temps de bien faire les choses, de regarder les gens, de les aider, de les aimer, de les écouter. il y a cette même magie de la caméra, cet instrument qui permet de regarder et de montrer en même temps. la même magie des bons et vrais cinéastes, l'impression qu'ils voient et ressentent un truc unique et te le font partager, et que pendant le film tu vois et ressens la même chose qu'un gars avec un oeil et une sensiblité extraordinaire.
y avait aussi juliette binoche et virginie efira, pour lesquelles je n'ai aucune passion particulière et qui sont dans les deux cas absolument extraordinaires, movie stars et actrices d'un autre monde, bouleversantes en étant low keys, magnifiques, profondes, dans un alignement tellement parfait et miraculeux avce le rôle, le cinéaste, le film. il y a une dimension particulière avec virginie, qui se débattait comme une malheureuse avec des dialogues catastrophiques dans un des pires films de l'année présenté au festival le jeudi, puis qui est une déesse dorée dans un des meilleurs présentés le mercredi suivant. c'est cocasse.
puis dans les deux cas, des relations d'une beauté et d'une pureté tellement incroyables entre deux êtres. dodin bouffant et soudain, vraiment, les plus belles histoires d'amour.

ensuite il y a un million de choses dans ce film, le segment before sunrise, le karma, des plans sublimes en cascade - virginie en contre jour au japon ! les arbres !, les vieux et la mort, un de mes meilleurs amis qui a longtemps travaillé en ephad et pouloulou y avait des trucs émouvants, ce mélange extraordinaire d'intelligence et d'émotion...

puis dans les deux cas, aussi, une monstrueuse image numérique, quelle tristesse. dodin bouffant en pellicule ca aurait été le plus grand film de tous les temps, là juste une photo, des reglages, un peu d'étallonage pas mal auraient suffit. mais bon, c'était rigolo, cette adoration infinie de ce que je regardais puis une petite voix au fond de moi qui me disait régulièrement "punaise c'est répugnant cette image, vraiment".

un beau petit grand truc qui restera dans une petite place cosy dans mon coeur.


Dernière édition par FingersCrossed le 30 Aoû 2026, 19:58, édité 1 fois.

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MessagePosté: 30 Aoû 2026, 19:55 
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FingersCrossed a écrit:
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je constate que je me fais trash quand j'écris une virgule non conforme à la doxa, mais si je ne suis pas là pour ouvrir les topics heiiiiin...


bref, je me suis retrouvé à beaucoup à dodin bouffant, ce qui était assez incongru et totalement personnel.

mais bon, les deux seront clairement dans ma liste de films français préférés du siècle, ouais.

Deux films avec un point commun important. Interetsing.

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MessagePosté: 30 Aoû 2026, 19:59 
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pas compris :(


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MessagePosté: 30 Aoû 2026, 22:10 
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Films français de cinéastes asiatiques.

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MessagePosté: 31 Aoû 2026, 07:41 
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Le film m'a plu aussi, une fois de plus Hamaguchi prouve qu'il est un cinéaste à part, qui prend le temps d'étirer les séquences et de faire nouer les relations dans un temps et un espace comme arrachés au rythme contemporain. D'où l'impression de rafraîchissement intense devant ses films.

Ici, c'est mélangé curieusement avec une attention très terre à terre voire experte des rouages du fonctionnement d'un Ehpad, et au portrait d'une femme prise dans l'étau entre son idéal proche des résidents et les consignes de sa direction. N'empêche qu'après le film sur le "glamping", il commence à se fabriquer un bon pedigree de marxiste nouvelle manière :D (même s'il me semble qu'une réplique dans celui-ci vient semer le doute, le marxisme est épinglé je crois).

Mais j'ai quand même un souci avec la durée abusée de ce film, qui sans doute est le corrollaire de ce que je disais sur le temps et l'espace, mais le dernier tiers me semble tout de même d'une complaisance coupable. En particulier, j'ai été assez écoeuré par la bienveillance qui ne fait que gonfler, gonfler, gonfler sur la fin avec l'utopie en Ehpad qui prend vie devant nos yeux, ces plans sur les sourires et les rires qui n'en finissent plus, et j'ai pouffé sur la séquence de la pièce de théâtre et du massage de pied collectif spontané. C'est marquant, mais je ne suis pas sûr que ce soit dans le bon sens...

En fait, si je fais le compte, je n'aime aucune des fins de ce réalisateur, et ça me pose problème. Je crois qu'il est très conscient de choisir des gestes candides ou en tout cas radicaux mais ça me paraît surfait.


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MessagePosté: 30 Sep 2026, 15:22 
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J'ai compris au générique d'où venait le film. C'est une adaptation d'un livre épistolaire entre une anthropologue et une philosophe atteinte d'un cancer. Cela explique l'approche très pédagogique et même carrément scolaire du film où il n'hésite pas à nous balancer des tunnels entiers de dialogues informatifs (sur notamment ce concept d'humanitude que je ne connaissais pas) voire même de cours magistral (cette improbable scène avec le tableau blanc). Alors c'est une façon de faire du cinéma totalement valable et même pertinente dans son projet mais je dois dire que ça ne m'a pas totalement touché ou ému et qu'il m'a manqué d'une certaine manière, la matière plus humaine que théorique du film même s'il y revient dans sa dernière partie.

Ce que j'ai préféré je crois c'est son aspect quasiment documentaire sur le fonctionnement d'un Ehpad, sur la tentative d'une approche différente face aux résidents, pétrie d'humanité et d'un regard d'une tendresse assez bouleversante. Mais il y a là une matière théorique qui, je trouve, nous tient à distance. En fait j'ai eu le sentiment d'un film se construisant tout autour de son exposé plutôt qu'une dramaturgie qui épouserait un discours. Comme cette pièce de théâtre dont le sujet est étrangement proche des préoccupations du personnage d'Efira ou cette manière de jouer avec la langue et de faire de Virigine Efira un personnage bilingue en japonais. Tout cela est un peu artificiel.

Le résultat est que j'ai trouvé le film quand même très long et si parfois bouleversant, pas suffisamment intime pour me faire lâcher les larmes. J'aime la fin, son côté presque trop naïf avec cet accident durant la représentation qui se transforme en un massage de pieds collectif. C'est osé mais ça m'a ému. Donc j'ai aimé le film, je suis content d'avoir pu le voir en salles, je trouve qu'Hamaguchi propose encore un film finalement assez différent de ce qu'il a déjà fait tout en creusant des thématiques évidentes (le rapport à l'art, à la mort, au langage) et c'est un concentré d'humanité vraiment pur et sincère mais je n'ai pas adoré.

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