Film Freak a écrit:
New York 1997 et Los Angeles 2013 en VF.
Ca faisait un moment que je les avais pas vu...
Le premier n'a jamais été culte pour moi, le second je l'ai vu en salles.
J'ai dû les voir 2 fois chacun.
Et donc 3 fois maintenant.
SPOILERS DE PARTOUT
J'accroche bien plus au second qui choisit de remaker le premier mais avec une approche plus "film d'action décomplexé" (en opposition à l'approche "film d'horreur" du précédent avec sa ville-fantôme et ses prisonniers-zombies).
C'est plus peuplé, plus vivant. Le dépouillage de l'original n'est pas embelli avec les années et le film, déjà mou pour l'époque je pense (il y a des ellipses foirées, des transitions assez nases, des scènes où t'as l'impression qui manque un plan dans le montage, un ou deux plans probablement déjà très cheaps à l'époque). De plus, je suis moyen fan de trucs limites (comme le gag du "twist" de fin avec la cassette, c'est déjà pour ce genre de trucs que j'avais pas trop kiffé Invasion LOs Angeles, notamment la fin là aussi, si je me souviens bien).
Et ça, ça passe mieux dans le suivant qui ne cache alors plus du tout son relatif je-m'en-foutisme (le combat bien trop furtif du premier film remplacé ici par...une petite session de basket, le surf, le deltaplane) et assume davantage son propos (le choix final du Plissken justicier a plus de portée dans 2013 que dans 1997), là aussi exploité plus avant (le speech certes très didactique de Golina avec la "liberté" trouvée dans cette "île" abandonnée).
Tout comme le protogoniste. Il est déjà bien charismatique dans le premier mais il a dans le second plus de punchlines, plus de "mythe" crée autour de son personnage, qui achèvent sa réputation d'anti-héros.
Je trouve que Romero parvient plus finement à traduire son fond politique dans sa tétralogie que Carpenter dans ses films, où c'est souvent grossier (le président qui mitraille le Duc à la fin du premier, le président peureux à la foi surlignée dans le second, la scène dans le labo de chirurgie esthétique, etc).
Enfin bref...je me demande ce qu'un remake pourrait y apporter étant donné que 2013 en est déjà un...mais il y a peut-être justement moyen de garder le côté épuré du premier film en l'actualisant et en le dopant un peu sans pour autant verser dans le relatif nawak de 2013.
Et pour ce qui est d'une préquelle, je sais pas trop...ça pourrait permettre un film avec une intrigue qui ne sera pas IDENTIQUE (comme c'est évidemment le cas entre 1997 et 2013) mais bon, ça aurait plus de sens avec Russell...
Peut-être faudrait-il un amalgame...une première partie préquelle avec Snake à l'armée, puis sa chute dans le "cirme" et là son recrutement et hop remake du 1...ça fait un peu update vulgaire cela dit...mais bon, ça c'est moi et mes idées de remakes épiques...
4/6 aux deux.
Ca faisait donc presque 20 ans que je n'avais pas vu le premier et ma réévaluation de certains Carpenter ainsi que la ressortie en 4K du film m'ont poussé à lui redonner une chance. Et j'ai presque complètement changé d'avis.
J'ai davantage apprécié cette fois l'improbable mélange des genres du film, prédécesseur de
Terminator et ancêtre de...un tiers des jeux vidéos?
New York 1997, c'est un personnage de western (le vétéran devenu hors-la-loi) propulsé malgré lui dans un film d'horreur (la science-fiction n'étant finalement que le prétexte au postulat). Avant même que la suite ne joue cette carte à fond, il y a donc déjà quelque chose de vaguement méta dans ce
high concept à l'exécution
low energy où le personnage a plus que jamais pas envie, poursuit un objectif parce qu'il n'a pas le choix et ne se découvrira même pas une cause au cours de l'aventure. Au contraire, ça finit plus nihiliste que jamais, le gars refusant l'espoir d'une paix entre les nations au vu de la façon dont les puissants traitent les faibles.
Ca, c'est la fin, que j'ai trouvé géniale, cette fois-ci et qui achève l'iconisme entamé par l'intro du film, avec cette partition qui elle joue sur un registre héroïque mais émergeant de quelque chose de plus laconique. Sa simplicité est tellement porteuse et elle s'accorde à merveille avec le
world-building là aussi réduit à sa substantifique moelle qu'opère le film, entre son carton d'ouverture et son anticipation dystopique incarnée de la façon la plus symbolique possible (Manhattan est devenu une prison : simple, concis, redoutablement efficace).
Toute la mise en place est carrée et l'exploration initiale de Snake intrigante, avec ces bas-fonds et leur faune que Carpenter filme comme un cauchemar, avec des trucs flous passant dans l'arrière-plan anamorphique. C'est vraiment au milieu que le film me perd, quand l'écriture révèle ses limites et que l'intrigue ne sait plus trop quoi faire une fois que Duke capture Snake, à part une baston et une fuite. Là, ça manque trop de ressources narratives pour me séduire, je trouve ça plus faible. L'échappée finale sur le pont, terriblement fataliste, remonte la pente et la fin est top, comme dit plus haut (mais je préfère toujours le dernier plan du 2).