Bub a écrit:
Ouais, il est très clairement très bon, ce film!
5/6 (et je suis un vendu à Carpenter)
Lol.
Film Freak a écrit:
Pour remettre les choses un peu en place : ça vaut 1,5/6.
A part les maquillages, tout est cruellement cheap (le plan du temple est le meilleur symbole, gravé à vie dans ma tête) et le scénario inutilement alambiqué genre "moi aussi jpeux faire moderne en faisant une construction pas linéaire" est d'un boîteux...
Action faussement bourrine, ambiance inexistante, acteurs mauvais...
Reste le discours.
Pas de miracle, je ne revois pas le film à la hausse et j'aurais pu quasiment écrire le même avis mot pour mot.
A une exception près :
Citation:
C'est là où tu passes totalement à côté du film. La construction du film est non seulement importante, mais laisse en plus apparaître une vraie évolution dans l'oeuvre de Carpenter (il me semble que le seul film similaire, c'est L'Antre de la folie). Le doute sur la personnalité ne passe plus par les FX (The Thing) mais par le scénario. Nous sommes dans un récit à tiroirs façon Potocki, où tout peut être remis en doute.
En effet, je perçois davantage le sens de la construction narrative aujourd'hui mais je trouve l'exécution complètement ratée, que ce soit dans la forme ou le fond.
Formellement, l'articulation entre les différents flashbacks (et parfois flashbacks dans le flashbacks) est inélégante dans ses transitions, et je ne parle pas uniquement d'un point de vue esthétique (les volets, iris et surtout l'overdose de fondus enchaînés vieillots et faussement oniriques) mais de la façon dont chaque scène se termine et la suivante reprend, la dernière réplique, la façon dont le plan de fin de l'un et le plan de début de l'autre se succède. C'est malaisé, jamais fluide et pas à dessein.
Concernant ce que ça raconte, effectivement, j'ai été surpris par le potentiel
Rashomon-esque du parti-pris, vu qu'à chaque fois le film illustre le témoignage d'un membre de l'équipe qui s'est séparé des autres mais...le scénario n'en fait rien? Jamais les points de vue ne se contredisent, jamais la parole de quiconque n'est remise en question et pour cause, ils disent toujours la vérité? Et pareillement pour le dispositif narratif général de la déposition du personnage d'Henstridge devant le tribunal. Il y avait quelque chose à développer autour de la notion de l'Histoire écrite par le vainqueur vu la métaphore évidente du génocide des natifs américains mais là aussi, c'est laissé complètement en friche (comme cette notion de gynocratie). Par conséquent, ça n'a aucun semblant d'utilité.
C'est pas moi qui passe à côté du film, c'est Big John.
Cosmo a écrit:
Citation:
A part les maquillages, tout est cruellement cheap (le plan du temple est le meilleur symbole, gravé à vie dans ma tête)
Certains plans sont très cheaps niveau décors et fx. Pas tous. Et d'autres le sont volontairement (un peu à la manière de Coppola dans Dracula).
El famoso plan du temple était moins horrible que dans mon souvenir et aujourd'hui, sans aller jusqu'à sortir l'argument du "charme désuet" qu'on brandissait il y a 25 ans, je me fiche un peu que les matte painting et maquettes du film semblent tout droit sorties d'un film des années 80. C'est davantage la platitude générale de la mise en scène qui rend le film cheap.
Citation:
Citation:
Action faussement bourrine, ambiance inexistante
L'action reste ce qui me plait le plus dans ce film : ce côté totalement gratuit. Notamment ce plan où Ice-Cube loupe le train, s'en fout, se retourne, et tire dans le tas. Pour moi, c'est la jouissance absolue, cette scène.
C'est pas la "gratuité" de l'action le problème, c'est qu'elle est complètement inintéressante. Ca n'a jamais été le fort de Carpenter et le film s'appuie beaucoup dessus dans son dernier tiers.
Outre son principe narratif, c'est un film très mal construit. Il faut 52 minutes (sur 1h38) pour que "l'équipe" soit formée, ce qui n'est pas un souci si ce qui précède est engageant, mais dans ce mégamix de précédents films de l'auteur (vengeance de fantômes lésés, retranchement de flics obligés de s'allier à des criminels dans un commissariat, espèce extra-terrestre qui passe de corps en corps), ça n'a jamais la beauté de
The Fog, la tension d'
Assaut ou la parano de
The Thing.
Je suis toujours client de SF mâtinée de western mais au bout du compte, j'attends toujours la même chose d'une série B, comme de tout autre film : ne pas me faire chier.
Et là c'est chiant.
Citation:
Citation:
acteurs mauvais...
Pour les acteurs, c'est une constante chez Carpenter. On peut dire ça de tous ses films sans exception, ses personnages sont des archétypes, des carricatures, ses acteurs n'auront jamais d'oscar.
L'écriture d'un personnage n'a rien à voir avec la qualité de son interprétation. Certes, des fois un acteur n'a "rien à jouer/défendre" mais là, les tentatives de joutes verbales et
punchlines de Papy John, déjà pas folichonnes sur le papier, sont complètement desservies par l'absence totale de charisme et de talent de Natasha Henstridge. En passant un Statham (capillairement au stade où généralement tu dis à ton pote que "le temps est venu") du rôle du taulard à celui de collègue qui ne cherche qu'à pécho son capitaine, Carpenter le miscast complètement. Et Ice Cube n'est pas Kurt Russell (ni même le Napoleon de
Assaut).
Même Big Daddy Mars devient ridicule quand il se met à gueuler des borborygmes d'attardé mental en guise de langage, gaspillant le sympathique maquillage post-
Mad Max/
Hellraiser déjà pas aidé par la BO de metal qui ringardise le tout dès qu'on passe du film de mystère au film d'action.
Nan, il est très clairement très mauvais, ce film!