Müller a écrit:
Je n'ai pas le souvenir d'avoir amalgamé les intérêts US et EU, encore moins récemment.
Ton enthousiasme sur la politique étrangère de Trump me semble influencée par les intérêts express US.
Se réjouir de l'enlèvement de Maduro ou de la ddécapitation du régime des mollahs est forcément influencé par une vision américaniste.
En tant qu'européen, c'est au mieux une neutralité froide à adopter.
Müller a écrit:
Trump fait preuve d'un mépris paternaliste et humiliant à notre égard. Par moments c'est entièrement jutifié. Deux exemples me viennent en tête :
1) lorsqu'il avertissait les Allemands quant aux risques liés à leur dépendance au gaz Russe. Les mecs dans l'assemblée l'écoutaient en se moquant. C'était avant la guerre en Ukraine. Ca rigole sans doute moins ces jours-ci, surtout maintenant qu'ils font péter la combustion de charbon (tout en restant obsédés par l'écologie (mais c'est l'Allemagne, on s'en fout : son destin est de foutre l'Europe à feu et à sang, tout le reste pour eux n'est qu'un séjour poli en salle d'attente)).
Ca aussi, c'est un ramassis de connerie d'une vision américanocentrée qui une réaction sous-jacente à l'idée de création d'un bloc européen.
La dépendance au gaz russe est une donnée physique, géographique.
Müller a écrit:
2) son attitude vis à vis de la France nous rappele que notre Etat Providence "que le monde nous envie" n'est en grande partie possible que parce que la France n'a pas eu à tant investir que ça dans sa propre défense. Ce qui ne n'a pas empêché la classe politique des dernières décénnies, tous bords confondus, d'endetter les 300 générations à venir pour continuer à l'entretenir. En sachant que la plus grosse dépense publique chez nous, loin devant tout le reste (police, armée, éducation, santé), c'est le système de retraites qui ne s'étendra jamais jusqu'à la dernière de ces 300 générations. Même si le fantasme bolchévique de l'expropriation des biens et fortunes des méchants milliardaires venait à se concrétiser, les fortunes d'Arnault, Niel et Bolloré, avant qu'ils ne finissent au Goulag, seraient rapidement englouties par les caisses de retraites.
Non, la fin de l4etat-Providence est directement lié à l’assujettissement d'une certaine élite européen envers les US, qui a décidé d'une politique agressive envers elle à partir du moment où ils savaient que l'URSS ne pouvait plus représenter une alternative. Toute l’ascension parallèle de Thatcher et de Reagan va dans ce sens. Et on ne peut pas dire que le RU se soit battu plus que de raisons pour son modèle. Et on voit le résultat.
Les US ne se portent pas beaucoup mieux. Malgré l'absence d'un Etat-Providence.
Müller a écrit:
Immense reality check qui aurait dû secouer bien plus profondément notre classe politique. On est à un an des présidentielles, je n'ai encore entendu personne en parler (à part Bayrou, la honte). L'attitude des US sous cette administration représente une opportunité pour prendre nos distances, aussi bien au niveau national qu'européen. J'ai l'impression qu'on est dans la phase travolta.gif, ce que je peux comprendre aussi.
Là, nous sommes d'accord.
Que les Européens soient amorphes, c'est une chose. Mais qu'il faille encore attendre que ça vienne des US pour les réveiller, même, et surtout, contre leur gré, n'apportera rien.
Il y a tout une tradition européenne allant à l'encontre de assujettissement eurpéen envers les US qui existe depuis au moins 1917. La politique de Charles de Gaulle étant évidemment la plus forte et symbolique, évidemment d'abord en France. Que son nom soit dilué dans tous les partis s'en revendiquant plus ou moins n'est bien sûr pas très constructif. Tout comme il ne faut pas laisser à l'extrême-gauche une critique de l'impérialisme américain sous prétexte qu'lle est phagocytée par des fokloristes séduits par la révolution cubaine et qui se sont piqué de Fanon il y a 20 ans, en cherchant vainement dans des amphis une critique qui colle à leur anti-impérialisme universel, évidemment pas universel, mais l'universalisme étant un impérialisme, il faut évidemment maîtriser les pilates pour ne pas se faire un claquage.
Bref, compliqué de soutenir aujourd'hui que la Musulmanie (quand on amalgame Iran/Al Quaida/ISIS), et la Russie, représentent un plus grand danger pour l'équilibre mondial que les US. Et donc on ne peut simplement se satisfaire de certaines décapitations. En prendre acte sans s'en apitoyer, c'est autre chose.