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 Sujet du message: Top Lectures 2015
MessagePosté: 27 Déc 2015, 12:05 
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Le topic top lectures 2015. Postez vos tops en incluant aussi les livres de l'année, y'a pas de raison. Il y a pas mal de lecteurs de littérature contemporaine sur ce forum (Art Core, Karloff, Cosmo, et j'en oublie), et c'est cool d'avoir des retours sur ces bouquins aussi.

J'ai très peu lu cette année, faute de temps, mais il y a de jolies choses quand même. Je me contente donc d'un top un peu raboté.

1. Le Docteur Faustus, de Thomas Mann

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Ce n'est pas mon Mann préféré, parce que souvent trop théorique, mais il n'empêche que c'est souvent beau à pleurer. Le destin d'Adrian Lerverkuhn, compositeur de génie, qui navigue entre pulsions créatrices et destructrices, torturé par la morale chrétienne et le désir de pécher. L'ensemble est entrecoupé de longues digressions sur la nature de l'art et de la musique, et même si ces passages sont brillants et informatifs, je trouve qu'ils ont tendance à casser tout ce que la narration de Mann a d'organique, comme ce passage sublime où il décrit l'amour des expériences du père de Leverkuhn. Le bouquin est dans mes cartons, je ne peux donc pas citer, mais c'est magnifique.

2. A Wizard of Earthsea, d'Ursula K. Le Guin

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Je recopie ce que j'avais écrit dans un autre topic :

Terremer, d'Ursula K. Le Guin, c'est vraiment vraiment bien. Je suis séduit au plus haut point par cette narration sans flamboyance mais d'une parfaite élégance, comme si une grand-mère nous racontait une histoire au coin du feu, avec bienveillance et d'une voix un peu chevrotante.

Il y a là un désir évident de partage, une douceur de raconter qui transcende une trame finalement assez basique, parce que dans chaque phrase, chaque petite description, il y a de la chaleur. Je me suis pris à relire plusieurs passages juste pour pouvoir faire tourner encore et encore les mots dans ma tête ; ce n'est d'ailleurs par étonnant que ce qui ressort principalement de ce que j'ai lu jusqu'ici dans l'univers de Le Guin, c'est l'importance du langage, la valeur des mots et leur poids. Cette thématique qui traverse le bouquin se ressent dans chaque adjectif, chaque virgule, chaque conjonction : il n'y a pas une phrase superflue, tout est d'une admirable concision qui ne se dépare pourtant jamais d'un sens aigu du beau.

Bref, je ne m'attendais pas à autant aimer un bouquin du genre le plus faible de la littérature de genre. Mais pour le moment, c'est une admirable découverte.

Un extrait, qui, je trouve, résume bien ce style qui me séduit tant :

West of Roke in a crowd between the two great lands Hosk and Ensmer lie the Ninety Isles. The nearest to Roke is Serd, and the farthest is Seppish, which lies almost in the Pelnish Sea; and whether the sum of them is ninety is a question never settled, for if you count only isles with freshwater springs you might have seventy, while if you count every rock you might have a hundred and still not be done; and then the tide would change. Narrow run the channels between the islets, and there the mild tides of the Inmost Sea, chafed and baffled, run high and fall low, so that where at high tide there might be three islands in one place, at low tide there might be one. Yet for all that danger of the tide, every child who can walk can paddle, and has his little rowboat; housewives row across the channel to take a cup of rushwash tea with the neighbor; peddlers call their wares in rhythm with the stroke of their oars. All roads there are salt water, blocked only by nets strung from house to house across the straits to catch the small fish called turbies, the oil of which is the wealth of the Ninety Isles. There are few bridges, and no great towns. Every islet is thick with farms and fishermen's houses, and these are gathered into townships each of ten or twenty islets. One such was Low Torning, the westernmost, looking not on the Inmost Sea but outward to empty ocean, that lonely corner of the Archipelago where only Pendor lies, the dragon-spoiled isle, and beyond it the waters of the West Reach, desolate.


3. Les poèmes de Carl Sandburg

Je parle très mal de poésie, donc je recopie juste un des poèmes de Sandburg :

At a window

Give me hunger,
O you gods that sit and give
The world its orders.
Give me hunger, pain and want,
Shut me out with shame and failure
From your doors of gold and fame,
Give me your shabbiest, weariest hunger!

But leave me a little love,
A voice to speak to me in the day end,
A hand to touch me in the dark room
Breaking the long loneliness.
In the dusk of day-shapes
Blurring the sunset,
One little wandering, western star
Thrust out from the changing shores of shadow.
Let me go to the window,
Watch there the day-shapes of dusk
And wait and know the coming
Of a little love.


4. L'homme qui regardait passer les trains, de Georges Simenon

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J'ai du mal à croire que Simenon pouvait écrire plusieurs romans par an quand je vois la qualité de celui-ci : c'est l'histoire d'un homme, qui, ayant tout perdu suite aux malversations de son patron, décide de tout plaquer et finit par tuer une femme qu'il désire. Simenon raconte sa cavale, de cafés en cafés, au coeur d'un Paris brumeux qui sent la cigarette et le café fort, un Paris froid de cabarets, de costumes froissés et d'hôtels de passe.
Très beau roman, court, posé, sérieux, puissant.

5. Vanity Fair de William Makepeace Thackeray

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Portrait au vitriol de la haute-société anglaise durant les guerres napoléoniennes, le magnus opus de Thackeray brille surtout par son obésité : c'est un livre interminable, capable de s'appesantir pendant des dizaines de pages sur des dîners mondains, des complots familiaux, et des atermoiements de mondains sans en dire quoi que ce soit d'intéressant, tout en parvenant, au détour d'une page, à produire quelques paragraphes d'une rare acuité et d'une drôlerie incomparable, avec cette ironie British si caractéristique.
C'est extrêmement inégal, mais ça vaut franchement le coup dès que Thackerey entreprend d'être vraiment méchant et vicieux : on sent que c'est à lui-même qu'il s'attaque, l'homme obèse qui aimait la haute société autant qu'il la haïssait, et ces pages-ci sont inestimables.

6. The Stand de Stephen King (Le Fléau en Vf)

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J'ai eu la grande idée de me procurer la version longue du bouquin, avec ses 1400 pages. Pfou.
Ce roman fleuve jongle allègrement entre les passages absolument brillants et la complète nullité. King, paradigme de l'écrivain populaire, est loin d'être un manchot avec les mots : il a un vrai style, et c'est quand il mélange une narration classique à un argot post-modern mâtiné de Faulknerisme qu'il est au sommet de son art. Un passage me reste, tout particulièrement : la destruction d'un entrepôt de pétrole par un pyromane à moitié fou dans la tête duquel King entre, décrivant de façon chaotique les mécanismes de sa folie, son amour du feu et de la destruction, ses névroses, sa souffrance. De superbes pages.
A coté de ça, dès qu'il s'essaie à décrire des personnages positifs, c'est d'une vacuité totale : ses héros sont plats, inutiles, sentiment encore renforcé par les plates tentatives de l'auteur de s'essayer à l'humour et à la romance en plein milieu d'une parabole biblique. King est un écrivain de la déviance avant tout, et en cela, ses tentatives de décrire le "Bien" échouent lamentablement.

Obèse et raté, donc, mais des fulgurances assez inattendues par moments.

Je pourrais encore rajouter deux trois bouquins, mais ça reste une année de lecture assez médiocre. J'espère avoir plus de temps l'année prochaine.

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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 27 Déc 2015, 14:39 
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Quel est ton livre de Mann préféré ? Il faut que je m'y mette.

Sinon, bien peu de fictions cette année, et je doute que mes lectures d'essais sur les systèmes distribués, le growth hacking ou l'urbanisme intéressent beaucoup de monde, donc je passe :)


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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 27 Déc 2015, 16:09 
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Marlo a écrit:
Quel est ton livre de Mann préféré ? Il faut que je m'y mette.


Les Buddenbrook. C'est son roman le plus accessible, je pense, donc il est bien pour commencer. La Montagne Magique, c'est super aussi, mais déjà plus ardu.

Il m'en reste quelques uns à lire, notamment la mastodonte Joseph et ses frères. Il y a une belle édition intégrale chez Everyman sur laquelle je lorgne, elle est plus sexy que l'édition française.

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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 27 Déc 2015, 16:13 
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Cette année, pas mal de mes lectures ont été consacrées à Donald Westlake, dont j'ai lu la série des Parker (écrits sous le pseudonyme de Richard Stark) et des Dortmunder en intégralité, quelque chose comme 38 romans en tout (il faut ajouter un spin-off dans la série des Parker et un recueil d'histoires courtes et fort amusantes pour Dortmunder).
Au point de vue du plaisir de la lecture, c'est difficilement surpassable, même si c'est forcément inégal et répétitif.


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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 30 Déc 2015, 13:34 
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Je ne saurais pas vraiment en parler mais cette année j'ai totalement adoré ca:

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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 30 Déc 2015, 14:31 
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Allez je m'y colle :

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Dans l'abîme du temps d'H.P Lovecraft : j'avais lâché Lovecraft après l'adolescence d'une manière un peu inexpliquée d'ailleurs puisque tout ce que j'avais lu de lui m'avait toujours enchanté. J'ai repris avec le diptyque, Montagnes hallucinées et Dans l'abîme du temps et le charme assez unique de son univers a continué d'opérer. Le premier est génial et d'une fascination sans bornes. Mais je me suis un chouïa ennuyé, on se farde quand même 50 pages de pure description entre le moment où ils découvrent la cité et la fin, excellente (en plus toutes les descriptions sont en pieds et en pouces et du coup j'étais sans cesse perdu quant à la description des bâtiments et de leur gigantisme). Par contre je n'ai aucune réserve sur le second qui est un plongée incroyable dans un univers à mi-chemin entre la folie pure et la description d'un monde pré-historique[i]. C'est d'une noirceur folle et il y a là quelque chose d'une aventure définitive et eschatologique où la fin du monde et des hommes n'est qu'une poussière de l'histoire de l'univers. C'est vraiment immense. J'ai beaucoup pensé à Borgés (du moins ce que je connais de lui).

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Les terres du couchant de Julien Gracq : Bon Gracq est mon auteur français préféré donc je partais plutôt confiant. Et je n'ai pas été déçu. A travers un récit assez simple de guerre indéfinie, Gracq déploie une fois de plus une prose au delà du sublime. Il peut me faire venir les larmes avec deux phrases tellement que c'est beau. Il y a un passage que j'avais pensé retranscrire ici (mais que je n'ai pas fait pas flemme) où le personnage, debout sur des remparts, lève la main et voit son ombre, au sol, faire de même. Ce n'est rien, c'est un geste banal mais dans les mots de Gracq cela devient immense et bouleversant. Gracq est obsédé par l'idée du voyage et de la géographie, chaque récit n'est au fond qu'un prétexte pour dérouler le monde. Et chacune de ses œuvres est un voyage dans la langue française, dans ce qu'elle recèle de plus pur et de plus harmonieux.

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Crime et châtiment de Dostoïevski : j'en avais parlé ici, j'ai été estomaqué par la simplicité de la prose de Dostoïevski qui parle pourtant de choses fondamentale. L'amour infini de l'auteur pour ses personnages est bouleversant. C'est d'une beauté humaniste totale en même temps que d'une noirceur terrible. Immense plaisir de lecture.

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Epépé de Ferenc Karinthy : une voyage hallucinée dans un pays où l'on ne comprend rien, dans un monde où l'on n'a plus aucun repère. Une grande œuvre de "science-fiction absurde" qui se lit comme un cauchemar dont on ne parvient pas à se réveiller. J'adorerais en réaliser une adaptation ciné.

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Sukwann Island de David Vann : un court roman sur un père et son fils qui vont s'installer sur une île en Alaska pour vivre comme des trappeurs. Derrière ce pitch se dissimule peut-être le livre le plus horriblement glauque que j'ai lu de ma vie. Dans une prose purement factuelle Vann propose une plongée sans concessions dans les méandres de l'horreur des relations humaines qui pourrissent, de la dépression, de la culpabilité, de la terreur d'être vivant. C'est très puissant, ça s'avale d'une traite comme une grande quantité d'alcool qui laisse malade et nauséeux.

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Madame Bovary de Flaubert : Pas déçu du tout par ce classique loin d'être poussiéreux. Grand plaisir de lecture de cette campagne française aussi charmante que détestable peuplé de personnages géniaux au premier rang duquel évidemment Emma Bovary, grande romantique tragique. L'écriture est superbe et la fougue romantique de l'ensemble brise le cœur.

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A rebours de Huysmans : le projet du roman est assez incroyable et la façon dont Huysmans s'y tient est magistrale. On le lit en 2015 tout en étant conscient de sa grande modernité. Je mentirai en disant que certains passages ne m'ont pas un peu emmerdé mais ça reste vraiment impressionnant, ce roman sans récit dont la seule matière narrative est l'Art et la construction aussi bien physique que mentale d'une [i]bibliothèque
idéale. Des Esseintes est un personnage aussi fascinant que ridicule dans lequel on se retrouve forcément (cette envie de se replier en soi-même avec pour seul bagage les œuvres qui nous transportent). Des scènes géniales restent en mémoire (la tortue, le voyage raté). Et c'est aussi sans doute la première œuvre de fiction à être autant un catalogue ouvert vers d'autres artistes et écrivains. Dire que je l'ai lu grâce au dernier Houellebecq a donné une forme de logique totale à sa lecture.

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Tendre est la nuit de Fitzgerald : j'avais lu Gatsby au lycée qui ne m'avais pas fait très forte impression. Mais là je suis immédiatement tombé amoureux de ce grand roman mélancolique où le luxe et la fête n'est jamais qu'un voile de fumée pour dissimuler une réalité plus sombre. C'est superbement écrit et on baigne constamment dans une espèce de nostalgie dépressive et fataliste comme si tout l'argent, toute la beauté du monde, tout l'amour même étaient bien incapables de mener à un quelconque bonheur, depuis longtemps disparu. Les personnages sont tous magnifiques, friables derrière les apparences. Un gros coup de coeur.

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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 30 Déc 2015, 18:08 
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Art Core a écrit:
j'avais lu Gatsby au lycée qui ne m'avais pas fait très forte impression. Mais là je suis immédiatement tombé amoureux de ce grand roman mélancolique où le luxe et la fête n'est jamais qu'un voile de fumée pour dissimuler une réalité plus sombre.


A mon avis, tu es mûr pour retenter Gatsby.

Tu me donnes envie de lire le Huysmans, même si c'est un auteur qui a priori ne m'attire pas (mais j'ai probablement des a priori à cause de Léon Bloy, qui ne le supportait pas).

Pas de bouquins de l'année dans ta liste ?

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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 30 Déc 2015, 19:28 
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Bloy était un des meilleurs amis de Huysmans. Puis ils se sont fâchés (définitivement au moment de la mort de Villiers de l'Isle-Adam, un de leurs amis communs, si je me souviens bien). Mais c'est marrant de lire le petit opuscule révisionniste que Bloy, qui avait dit du bien des premiers livres de Huysmans, lui a consacré une fois qu'ils se sont éloignés l'un de l'autre, parce que c'est plein de mauvaise foi motivée par la rancœur. Il n'a pas supporté la conversion de Huysmans au catholicisme non plus.


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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 30 Déc 2015, 19:44 
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Caribou a écrit:
Bloy était un des meilleurs amis de Huysmans. Puis ils se sont fâchés (définitivement au moment de la mort de Villiers de l'Isle-Adam, un de leurs amis communs, si je me souviens bien). Mais c'est marrant de lire le petit opuscule révisionniste que Bloy, qui avait dit du bien des premiers livres de Huysmans, lui a consacré une fois qu'ils se sont éloignés l'un de l'autre, parce que c'est plein de mauvaise foi motivée par la rancœur. Il n'a pas supporté la conversion de Huysmans au catholicisme non plus.


Oui, en fait j'ai lu le deuxième volume des journaux de Boy (excellente lecture), et il tape sur Huysmans à longueur de pages.

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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 31 Déc 2015, 01:16 
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Art Core a écrit:
Crime et châtiment de Dostoïevski : j'en avais parlé ici, j'ai été estomaqué par la simplicité de la prose de Dostoïevski qui parle pourtant de choses fondamentale. L'amour infini de l'auteur pour ses personnages est bouleversant. C'est d'une beauté humaniste totale en même temps que d'une noirceur terrible. Immense plaisir de lecture.

Lu aussi cette année, je ne suis pas bien sûr de comprendre ce que tu entends par "l'amour infini de l'auteur pour ses personnages" sachant que l'on (en tout cas moi) ressent une antipathie extrême pour Raskolnikov. J'ai eu le sentiment d'un livre écrit par un adolescent, quelque chose de non abouti ou de mal exprimé parfois, mais il n'empêche quelques mois après la lecture il m'en reste une impression forte. Je lirais d'autres livres de Dostoïevski je pense.

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La montée sociale d'un petit groom qui finit (petit) propriétaire de son hôtel restaurant sur fond de 2ème guerre mondiale, de sa découverte de la sexualité avec les prostituées de Prague à la procréation aryenne, c'est fou, c'est drôle, terriblement drôle, c'est tchèque et j'adore!

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Les vacances barcelonaises d'un jeune allemand, joueur professionnel de 3ème Reich, jeu de société de stratégie militaire, et de ses (drôles) de fréquentations. Bolaño est un auteur unique, qui aura finalement écris peu de livres. Celui-ci est mineur en rapport à ces autres œuvres, mais est tout de même très bien. Si vous ne connaissez pas je vous conseil très vivement Les détectives sauvages et 2666, livres tout à la fois policier, sociétaux, philosophique...

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Celui-là, pas besoin de le présenter. C'est long (environ 1500 pages), mais ce n'est que du bonheur, j'étais étonné qu'un livre aussi ancien soit aussi aisé à lire. Si vous ne l'avez pas encore lu, foncez!

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Dans la veine de Bukowski, j'oserais même dire "en mieux"


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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 31 Déc 2015, 10:20 
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Castorp a écrit:

Pas de bouquins de l'année dans ta liste ?


Non pas vraiment, ils sont tous assez géniaux chacun dans leur genre.

Erich Von a écrit:
Lu aussi cette année, je ne suis pas bien sûr de comprendre ce que tu entends par "l'amour infini de l'auteur pour ses personnages" sachant que l'on (en tout cas moi) ressent une antipathie extrême pour Raskolnikov. J'ai eu le sentiment d'un livre écrit par un adolescent, quelque chose de non abouti ou de mal exprimé parfois, mais il n'empêche quelques mois après la lecture il m'en reste une impression forte. Je lirais d'autres livres de Dostoïevski je pense.


Pour moi il y a une manière d'être sans cesse collé à ses personnages (Raskolnikov en premier) qui participe d'un grand élan humaniste. Il n'y a jamais de mépris ou de cynisme dans le regard de Dostoïevski et pourtant il présente des situations particulièrement sombres. J'ai le sentiment qu'il nous transmet un amour immense pour ses personnages (la fin m'a totalement bouleversé par exemple).

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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 31 Déc 2015, 10:58 
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Il faudrait que je me souvienne de tout, mais en vrac il y a eu :

- Revival de Stephen King,
- Voyage au bout de la nuit de Céline,
- Vernon Subutex t1 (pas lu le 2) de Despentes,
- Réparer les vivants de Maylis de Kerangal,
- 37°2 le matin de Djian,
- La Chute des princes de Robert Goolrick (petit bouquin que je conseille absolument à ceux qui ont aimé Le Loup de Wall Street)
- Bilqiss de Saphia Azzeddine

Pas encore lu Boussole ni Perfidia, et grosse déception pour 2084 et Quand le diable sortit de la salle de bain.

Année un peu chargée, donc peu de temps pour lire et peu de vrais coups de coeur :(


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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 31 Déc 2015, 11:07 
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Je suis en plein Vernon Subutex, c'est pas mal en effet (mon premier Despentes).

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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 31 Déc 2015, 11:14 
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C'est très répétitif, très systématique (j'ai voulu enchaîner avec un autre Despentes, ça m'est tombé des mains au bout de quelques pages). Mais c'est quand même très bien foutu, passé cet aspect bourratif.


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 Sujet du message: Re: Top Lectures 2015
MessagePosté: 31 Déc 2015, 11:16 
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Sinon, ça fait deux fois, avec ses deux derniers livres, que Grégoire Delacourt me surprend. C'est suffisamment incroyable pour être souligné.


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