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MessagePosté: 21 Mai 2021, 12:58 
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Robot in Disguise
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Dans le genre battu et rebattu du film de premiers émois sur fond de compétition sportive, SLALOM ne se distingue pas mais réussit néanmoins à avoir sa propre identité. Charlène Favier fait fi de certains tropes éculés du premier film français, du genre les caméra-épaule cinéma vérité et les ruptures abruptes (c'est le genre de film où je m'attendais à avoir des moments style elle danse à perdre la raison musique à fond et soudain CUT on est en plein jour et elle transporte des planches de bois jusqu'à la moto neige). Rien de tout ça. Favier vise quelque chose de plus élégant et fluide, portée par une belle musique de Low Entertainment (qui avaient déjà fait des bons trucs sur LOUE-MOI) et surtout appuyée par une magnifique photo (encore un film qui mériterait d'être nommé au César mais ne le sera pas).

Sur le plan narratif, si la première moitié fonctionne bien et qu'on se laisse porter par cette attraction naissante entre Abita et Rénier, la seconde moitié ne sait pas trop quoi raconter. "L'emprise" de Rénier semble relative et n'est même pas compensée par un amour éventuel pour elle qu'on pourrait déceler chez lui et qui viendrait créer du trouble. Ca semble rester un poil gentillet: pas assez stressant sur les enjeux sportifs, un chouille pas assez passionné ou fiévreux...

C'est un bon film mais ça reste français, avec cette once de trop évasif, ou bien de trop surligné, ou bien de trop modéré...

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Liam Engle: réalisateur de comédie, publicité, série, cinéma !
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MessagePosté: 21 Mai 2021, 13:40 
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tape dans ses mains sur La Compagnie créole
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Assez d'accord avec QGJ mais le film m'a vraiment plu. Certes il n'est pas tout à fait abouti (et la deuxième partie est moins prenante que la première) mais il réussit plein de choses, artistiques (l'esthétique générale, le casting..) mais aussi phychologiques (on évite plein de lourdeurs et j'ai été souvent surpris par la subtilité dans la caractérisation des personnages).
C'est pas génial mais franchement pour un premier film ça impose le respect. Talent à suivre!

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Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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MessagePosté: 23 Mai 2021, 12:52 
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Le canevas est en effet assez classique mais la manière, à certains moments, n'a rien d'anecdotique. Les deux scènes d'agression sexuelle et viol (autant nommer les choses) sont très convaincantes par ce glissement de l'affection mutuelle vers l'agression à sens unique. Montrer les fluides (sperme, sang) qui restent attachés au corps de la jeune fille, ça n'est pas si souvent filmé comme ça il me semble.

Surtout lorsque la sensualité est aussi assumée au préalable, par exemple dans la seconde scène. Car le sujet c'est ça: l'emprise est d'autant plus forte que la jeune fille tombe bel et bien amoureuse de son entraîneur. Le moment post agression aussi est remarquable, la fille qui tremble seule dans le vestiaire, tremblement redoublé dans une scène ultérieure par les stimulateurs de muscles collés aux cuisses. Le traumatisme ne se dévoile en tout cas pas au grand jour et la fille recherche même plutôt l'affection du coach dans un premier temps.

Dans un film jusque-là maîtrisé mais sans éclat particulier, tout le milieu est donc un décrochage esthétique frappant. Il y a notamment un beau raccord plan sur les nuages/plan fantasmatique de la main de la jeune fille engoncée dans la neige, si bien qu'on croirait avoir vu a posteriori la main saisir les nuages, avant d'être prisonnière de la glace: ça résume tout le film.

Le dernier tiers retombe dans une certaine platitude, à l'image de ce qui y est raconté (le retour de l'affection maternelle permet l'émancipation).


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MessagePosté: 24 Mai 2021, 15:23 
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Typique du film à thème construit autours d'une ou deux scènes clés qui préexistent à l'écriture du scénario. S'ensuit une artificialité de tous les instants, des personnages et une évolution globale du récit ultra programmatique, sans oublié un arc vu et rebattu, le vilain petit canard aux talents certains qui va, à force de travail, franchir tous les paliers pour atteindre les sommets de la gloire. Et pour bien coller à l'époque, ajouter une pincée d'abus sexuel dans le milieu du sport de haut niveau. Alors quand en plus la réalisation est digne du meilleur des production TV France 3, ça donne un truc insipide et qui ne fait absolument pas avancer le schmilblick.

1/6

Baptiste a écrit:
Les deux scènes d'agression sexuelle et viol (autant nommer les choses) sont très convaincantes par ce glissement de l'affection mutuelle vers l'agression à sens unique.

Le film n'avait pas besoin de ça mais par le plus grand des hasards j'ai vu juste avant La Puce d'Emmanuelle Bercot, qui traite justement du passage à l'acte entre un homme d'âge mur et une ado de 14 ans (Isild le Besco ne devait pas avoir plus de 16 ans lors du tournage). Bien que ça ne soit que son film de fin d'étude, la justesse et la délicatesse avec laquelle elle expose les atermoiements de son jeune personnage tranche avec leur totale absence ici. De Lyz Favier ne s'intéresse finalement qu'à ce qu'elle subit, nullement à ce qu'elle ressent.

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Qui-Gon Jinn a écrit:
La Belle et la bête - Jean Renoir - 1946


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MessagePosté: 25 Mai 2021, 09:20 
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Wow t'es dur, mais je te rejoins sur ce que j'ai nommé une certaine "platitude" d'ensemble.

Citation:
De Lyz Favier ne s'intéresse finalement qu'à ce qu'elle subit, nullement à ce qu'elle ressent.


Quand même: la scène où elle est seule dans le vestiaire à trembler après le viol est parlante. Pas besoin d'en faire des caisses. Et son trouble est palpable en permanence... Quand elle montre ses seins en disant "j'ai mal là", c'est pas anodin non plus...


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MessagePosté: 25 Mai 2021, 09:46 
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Baptiste a écrit:
Quand même: la scène où elle est seule dans le vestiaire à trembler après le viol est parlante. Pas besoin d'en faire des caisses.

Ah mais je trouve que c'est déjà en faire trop avec cette scène

Baptiste a écrit:
Et son trouble est palpable en permanence... Quand elle montre ses seins en disant "j'ai mal là", c'est pas anodin non plus...

Pour moi, comme pour les tremblements post-viol, ce sont deux symptômes qui sont montrés, ça rejoint ce que je disais, la réalisatrice ne nous montre que les conséquences, mais s'avère incapable de sonder la psyché de son personnage principal.

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Qui-Gon Jinn a écrit:
La Belle et la bête - Jean Renoir - 1946


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MessagePosté: 25 Mai 2021, 10:03 
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Moi je trouve que tout ce qu'on a besoin de savoir est bien là. Tu veux quoi de plus? Un plan sur des pleurs? Une explicitation par la parole de ce qu'elle est très malheureuse? Ou avant, de pourquoi elle tombe amoureuse?

Et je n'aime pas trop l'expression "sonder la psyché" d'un personnage, au cinéma si on s'appelle pas Bergman c'est tout de même périlleux...


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MessagePosté: 25 Mai 2021, 10:23 
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Baptiste a écrit:
Moi je trouve que tout ce qu'on a besoin de savoir est bien là. Tu veux quoi de plus? Un plan sur des pleurs? Une explicitation par la parole de ce qu'elle est très malheureuse? Ou avant, de pourquoi elle tombe amoureuse?

Je trouve au contraire que tout ce que l'on nous montre est très (trop) factuel, la progression de la championne, la trouble relation qui se noue entre elle et son coach, sans que l'on ne ressente vraiment (en tout cas c'est mon cas) comment ce trouble s'installe, comment la relation bascule et part en vrille. Pour un film aussi court il y a d'ailleurs beaucoup trop de séquences totalement inutiles, les descentes de ski c'est bien sympa mais au final c'est totalement nul, on a bien compris qu'elle fait du ski on a pas besoin de la voir descendre une piste 5 fois. Et pour que je puisse ressentir quelque chose, il aurait fallu que ces personnages existent au-delà de la fonction qui leur a été assignée dans le scénario (la mère absente parce qu'il faut que Lyz puisse aller vivre chez son coach, sa camarade qui souhaite uniquement obtenir son diplôme de monitrice pour que l'on saisisse mieux que Lyz a elle une mentalité de championne...). Le scénario me donne l'impression de basiquement cocher les cases attendues, mais au final je ne retire absolument rien de ce film, il est de son époque en traitant des abus sexuels dans le sport, et quoi?

Baptiste a écrit:
Et je n'aime pas trop l'expression "sonder la psyché" d'un personnage, au cinéma si on s'appelle pas Bergman c'est tout de même périlleux...

Si on a pas un minimum d'ambition et que l'on s'estime nécessairement non qualifié pour avoir un traitement sensible de son sujet, autant ne pas faire de films !

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Qui-Gon Jinn a écrit:
La Belle et la bête - Jean Renoir - 1946


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MessagePosté: 25 Mai 2021, 10:51 
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Moi ce qui m'a perturbé dans ce film, c'est qu'il n'y a quasiment aucun rire ; les jeunes ne se font pas de blague, pas de sourire, y a un truc mort-né ou mortifère, comme si le film ne pouvait à la fois développer son pitch et noyer le tout dans quelque chose de plus léger (vase clos sportif). Non, ici tout est pesant, taiseux, retenu. Ca m'a plutôt ennuyé en fait, malgré les 1h35, et je rejoins pas mal l'avis de Lohmann.

Mais très belle photo, et la montagne offre un cadre assez sublime.

2,5/6

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MessagePosté: 25 Mai 2021, 11:45 
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Lohmann a écrit:
Baptiste a écrit:
Moi je trouve que tout ce qu'on a besoin de savoir est bien là. Tu veux quoi de plus? Un plan sur des pleurs? Une explicitation par la parole de ce qu'elle est très malheureuse? Ou avant, de pourquoi elle tombe amoureuse?

Je trouve au contraire que tout ce que l'on nous montre est très (trop) factuel, la progression de la championne, la trouble relation qui se noue entre elle et son coach, sans que l'on ne ressente vraiment (en tout cas c'est mon cas) comment ce trouble s'installe, comment la relation bascule et part en vrille.


Le film montre quand même qu'en soi la relation d'un coach passionné qui veut gagner avec une fille de cet âge, les contacts physiques nécessaires voire recherchés, le rapport affectif qui est un moteur dans le sport de haut niveau en même temps qu'un piège potentiel, tout ça fait basculer la relation assez vite, par rapport au début où il la regarde à peine quand elle monte en sous-vêtements sur la balance pour se peser. Le film n'est pas qu'une critique du parcours d'un homme (sa blessure narcissique en même temps que physique d'avoir raté sa carrière), mais d'un système du sport de haut niveau qui a tendance à permettre qu'un entraîneur puisse avoir une totale emprise sur des jeunes au nom de l'efficacité.

Citation:
Si on a pas un minimum d'ambition et que l'on s'estime nécessairement non qualifié pour avoir un traitement sensible de son sujet, autant ne pas faire de films !


De l'ambition oui, mais pas sûr que le cinéma soit un art très à même de "sonder la psyché" d'un personnage en général. Il peut montrer des rapports entre individus, qui en donnent un indice, mais le fond de ce qu'ils pensent, les personnages, on ne le sait jamais totalement. J'avais fait la comparaison il y a des années entre Dogville et Barry Lyndon, pour critiquer le premier (que j'aime malgré tout mais dont le moralisme est à mille lieux du chef d'oeuvre de Kubrick).


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MessagePosté: 29 Mai 2021, 09:39 
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Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Je me situe entre les deux tendances. J'ai trouvé ça rond, bien interprété, mis en scène avec élégance mais au fond ça ne dépasse absolument pas ce qu'on pouvait attendre sur ce sujet. C'est vraiment pour moi, qui voit beaucoup de courts, le syndrome du premier long scolaire d'une courtmétragiste qui a pas grand-chose à raconter et qui s'empare d'un sujet actuel lambda. Là j'ai aimé le vague trouble de la première partie où l'emprise du coach est subtile et complexe, se construisant sur la solitude et le manque de confiance en elle du personnage principal. Mais passé la première partie, le film semble ne plus avoir de jus et ne fait que rester dans une espèce de statu quo qui n'évolue plus jusqu'à une fin que j'ai trouvé assez ratée et surtout terriblement underwhelming. C'est là où le film aurait pu être plus fort, plus trouble, plus ambigu mais il ne se passe rien. D'ailleurs j'ai trouvé ça assez lâche de la part de la réalisatrice de jouer d'ellipses au moment
où la copine de Rénier se barre. On ne sait plus très bien ce qui se passe entre les deux. J'ai pas compris la scène où elle montre qu'elle a plein de bleus partout. C'est le ski qui fait ça ? On la voit pas chuter ou quoi.


Après j'aime beaucoup Noée Abita et Rénier est très bien mais fondamentalement ça reste moyen avec quelques scènes obligées et maladresses (la scène je danse bourrée et je m'oublie dans une fête, la copine lesbienne...). Pas vraiment l'impression de voir l'éclosion d'une cinéaste à suivre pour tout dire.

3/6

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